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Écosociétalisme

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L'écosociétalisme est une théorie économique récente - proposée en 2003 par l'économiste André-Jacques Holbecq - qui affirme et propose que :

1 - Chaque production de bien ou de service est la somme de l'ensemble des activités humaines ou mécaniques nécessaire à sa réalisation, "l'arbre" inversé des activités directes ou indirectes ayant abouti à cette production.

2 - Le coût d'une production est donc la somme des coûts cumulés.

3 - De ce fait, il n'y a pas besoin de capital monétaire pour engager une production souhaitée par les individus ou la collectivité, mais seulement de rémunérer le travail (au fur et à mesure de la production) par une création monétaire (électronique) permanente, dont l'unité de compte équivaut à six minutes de travail.

4 - La monnaie est seulement la représentation "symbolique" d'un bien ou d'un service "réel". De ce fait la notion de crédit bancaire et d'intérêt devient totalement obsolète.

5 - Puisque le travail est rémunéré par une création monétaire, la consommation du produit d'un quelconque travail doit correspondre à l'inverse à une "destruction" monétaire équivalente sur le compte de celui qui l'utilise. Bien que cette idée puisse sembler incongrue elle ne l'est pas tant que cela: c'est bien ce qui se passe au niveau de votre porte monnaie qui se remplit lorsque vous travaillez et se vide lorsque vous achetez, ou au niveau de la création monétaire par l'émission d'un crédit bancaire, monnaie détruite lorsque le crédit est remboursé.

6 - La monnaie devient totalement virtuelle et temporaire et il n'y a donc plus aucune possibilité d'accumulation de capital productif (les outils de production) ou financier, aux mains de quelque personne physique ou morale que ce soit (en dehors de l'épargne individuelle) ni de valises de billets de banque, générateurs "d'argent noir".

7 – Chacun reste totalement libre du choix de son activité, et le travail, à toute étape d'une production, est rémunéré au prorata de son effet direct sur le bien être collectif. Au plus l'activité est sociétale, au plus élevé sera la rémunération de celui qui produit (dans des limites prédéterminées au choix - politique et démocratique - de la société)

8 - Les productions de biens et de services sont taxées (la C.E.S. / Contribution Eco Sociétale) en tenant compte de leurs effets " sociétaux" afin d'orienter la demande vers des consommations les plus sociétales et écologiques, compte tenu des souhaits de la population régulièrement consultée et non plus des souhaits des marchands.

9 - Cette contribution (C.E.S.) prélevée lors de la consommation équilibre la masse monétaire, d'une part pour couvrir la Rémunération d'Activité de ceux qui produisent les biens et services d'utilité publique qui n'entrent pas dans un circuit commercial, d'autre part pour offrir à chacun un montant égal de Revenu Social (le "Revenu Citoyen"), lui permettant, sans condition, de vivre décemment. Cette contribution est le seul "impôt" du système écosociétal en plus des loyers fonciers .

10 – Si leurs choix est d'être propriétaire de leur habitation, les citoyens auront à payer un loyer (similaire à l'impôt foncier actuel) d'utilisation du foncier à la collectivité (bail emphythéotique transmissible sans limitation de durée).

11 – Les "outils de production" ( foncier agricole ou industriel, sous-sol, bâtiments d'exploitation, outillages, etc.) sont mis gracieusement à la disposition des coopératives et des entrepreneurs sous réserve de la pertinence de leur projet. De ce fait, la propriété privée du capital productif disparait, ainsi que l'actionnariat et la Bourse, puisque l'ensemble de la population est "copropriétaire indivise".

12 – Les transmissions d'épargne sont limitées à une génération, afin d'empêcher le cumul générationnel générateur d'importantes inégalités.

13 - Le crédit est gratuit et l'intérêt est limité au droit de le percevoir sur le prêt d'une épargne individuelle préalable.

14 - Les transferts monétaires entre comptes particuliers sont autorisés, que ce soit en réglements d'achats de biens d'occasion ou de dons manuels, via l'IEM (Institut d'Emission Monétaire). C'est la loi qui déterminera les limites et les régles s'il doit y en avoir.


Les auteurs formulent l'hypothèse que le capitalisme dit "ultra" ou néolibéral vit ses dernières années, et qu'une crise majeure imposera de le remettre en question, car, au minimum:

- Les limites écologiques, en recyclage ou en disponibilité de matières premières, sur notre planète rendent impossible le « rêve » capitaliste de voir 7 ou 8 milliards d'individus accéder à une consommation sans limite. Il s'agit donc, du point de vue des auteurs, de proposer la mise en place d'un système autocorrecteur orientant la consommation vers les productions les plus sociétales.

- La spirale sans fin de la création monétaire fondée sur le crédit, lequel doit être remboursé avec intérêt, qui serait lui-même créateur de nouveaux crédits et intérêts, et faisant que, une aberration selon certains, 95 % des échanges financiers actuels sur la planète n'ont plus rien à voir avec les échanges de biens et de services, rôle principal de la monnaie.

Les auteurs de ce modèle sociétal considèrent donc que l'écosociétalisme est une alternative complète au système économique et monétaire actuel, sous forme d'un modèle qui pourra (peut-être) inspirer les instances dirigeantes lorsqu'elles devront remettre à plat le système actuel, ce qui, tôt ou tard, arriverait.

Bibliographie

  • Une alternative de société: l'écosociétalisme André-Jacques Holbecq ed. Yves Michel 2005

Voir aussi

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Notes et références


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