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Épilation de la vulve

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L'épilation des parties génitales féminines (ou plutôt de la peau les entourant) est un phénomène récent pratiqué essentiellement dans les pays occidentaux et tendant à s'y propager de plus en plus, tout en demeurant tout de même minoritaire à l'échelle de la planète.

Débuts

L'épilation (et le rasage) des parties génitales féminines ne s'est développée que récemment, même s'il semble que les Égyptiens et les musulmans la préconisaient à leurs femmes dans l'Antiquité, pour des raisons qu'ils jugeaient hygiéniques (à tort) ou religieuses. Cette habitude reste marginale jusqu'à la fin du XXe siècle, car l'épilation tout court n'est pas perçue en elle-même comme relevant d'une nécessité de la part des femmes et de la société[1].

C'est dans les pays occidentaux que l'épilation de la région pubienne — appelée aussi mont de Vénus — et des parties environnantes de la vulve (grandes lèvres, aines, intérieur des cuisses...) est apparue dans la deuxième moitié du XXe siècle. Cette pratique s'est amplifiée à partir des années 1990 au point de devenir la norme pour un nombre croissant de (jeunes) femmes dans certaines sociétés occidentales[2]. L'épilation s'étendit d'abord aux aisselles, puis gagna les jambes et la vulve, tendant vers un idéal de corps lisse et glabre[3].

La pornographie, dans laquelle les actrices sont souvent intégralement épilées, a contribué à accélérer la propagation de cette pratique[4],[5]. Le retour de la pudibonderie en constitue un autre facteur dans une société où, paradoxalement, les femmes prémunissent les parties naturelles de leur corps contre toute forme de pilosité, devenue honteuse.

Au début partielle, l'épilation de la vulve a pris le surnom d'épilation maillot, car les femmes enlevaient à la base ce qui dépassait de leur maillot de bain, par pudeur afin que, sur la plage, par exemple, aucun poil ne soit visible. La mode des maillots de bain échancrés a contribué à la diffusion de cette pratique. Les instituts de beauté ont rapidement exploité le filon en proposant alors divers types d'épilations maillot : classique (uniquement la partie supérieure du pubis), échancré, brésilien, américain, « ticket de métro »[6].

L'épilation intégrale a pris sa place et fut également proposée par les esthéticiennes, à partir des années 1990[7].

Risques

L'épilation ou le rasage ne sont pas anodins ; c'est pourquoi il est plutôt déconseillé pour des raisons gynécologiques. Les poils constituent une petite barrière contre certaines infections et offrent au sexe une humidité qui lui est nécessaire[8].

De plus, le rasage provoque de fortes irritations de la peau et, s'il est répété, il peut l'abîmer ou la rendre fort sensible. Il provoque une inflammation des pores de la peau qui gonflent, grattent, et dans lesquels repoussent des poils drus, d'une texture plus désagréable au toucher et même piquants pendant les premiers jours. Rougeurs, démangeaisons quand on marche, voire en permanence ; parfois, des mycoses sont à craindre[9].

La technologie actuelle propose même une méthode définitive au laser, pourtant risquée, car les rayons détruisent les cellules et peuvent endommager la peau[10].

Notes et références

  1. (en) Leigha Winters, Pubic Hair Removal: Shaving, Palo Alto Medical Foundation : « Pubic shaving actually originated in ancient Egypt and Greece when prostitutes had to shave for both hygienic reasons and as a clear sign of their profession. Although female body shaving was established as the norm between 1915 and 1945, pubic hair removal did not gain a strong foothold until the 1980s. »
  2. Bernard Jean, La tyrannie de l'épilation, sur le site Oser être soi, 8 novembre 2010.
  3. Alexie Geers, Quand mon minou est tout doux, il fait miaou, sur le site L'appareil des apparences, 4 mai 2011.
  4. Bernard Jean, op. cit..
  5. Pubic Hair Removal: Shaving, op. cit. : « pubic hair removal did not gain a strong foothold until the 1980s. In part, this was due to a trend in the porn industry where it was common for women to shave the pubic area As pornography has become more accepted in the general public, more women have mimiced what they have seen. In this way, pubic hair shaving has become mainstream. »
  6. Alexie Geers, op. cit..
  7. Alexie Geers, op. cit..
  8. Renée Greusard, Epilation intégrale : critiqué, Veet coupe son « minou tout doux, sur Rue 69, 6 mai 2011.
  9. Pubic Hair Removal: Shaving, op. cit. : « Shaving your pubic region can vary by the amount of skin you shave in each of these areas. However, shaving of any kind can have some health consequences. Possible Consequences:Itching - Razor burn - Nicks - Cuts - Bumps - Blisters/Pimples - Genital infections - Ingrown hairs - Folliculitis. »
  10. Pubic Hair Removal: Shaving, op. cit. : « There can be health consequences associated with any type of depilation: shaving, waxing, clipping, tweezing, threading or laser treatment. »

Voir aussi

Bibliographie

  • Stéphane Rose, Défense du poil - Contre la dictature de l'épilation intime, L'attrape-corps - La Musardine, 2010


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