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Évolution du médium bande dessinée

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La bande dessinée, comme son nom l'indique est un récit constitué de dessins illustrant une action fragmentée en plusieurs séquences d'images. La bande dessinée est un art récent, apparu vers le milieu du XIXe siècle. Cette pratique n'est pas survenue subitement. Elle fut inspirée d'autres pratiques avant elle qui n'était pas forcément exécutées sur des manuscrits.

Origines de la bande dessinée

Pour mieux comprendre l'évolution de la bande dessinée il faut remonter aux racines et aux origines de l'art qui nous montrent ce qui existait avant les bandes dessinées. Aussi le support utilisé, ainsi que la technologie et la complexité du medium, dépendent toujours de l'époque en question.

Origines préhistoriques ?

À l'époque préhistorique les hommes s'exprimaient au moyen de peintures rupestres et de gravures sur les grottes et représentaient majoritairement des animaux et des scènes de chasse. Marc Azéma soutient une thèse[1] et publie deux articles en 2005[2]qui expliquent que la bande dessinée tire ses origines de la Préhistoire. Les parois des grottes servaient donc de supports pour dessiner et les hommes des cavernes à cette époque ne connaissaient pas le papier ils utilisaient donc les média qu'ils avaient à leur disposition à savoir les murs.

Apparition du volumen

Le volumen est un rouleau dépliant fait en papyrus. Il apparut aux environs du IIe siècle av. J.-C.. L'apparition de ce support changea la perception du texte et de l'image que l'on aurait pu en avoir. Car les représentations faites par la suite sur ce média vont mieux symboliser l'effet de mouvement dans l'action ou le récit puisque le support se déroule et laisse voir ses images une à une. Le volumen apporte une continuité au récit du simple fait qu'il se déroule. Cette bande d'images successives peut aussi être considérée comme un facteur de l'apparition de la bande dessinée. L'image postérieure est cachée mais s'ajoute à la précédente dès qu'elle est découverte.

Apparition du codex

Le codex survint lors du IIe siècle apr. J.-C., c'est un support composé de pages cousues ayant ainsi la forme d'un livre. Cependant le codex ne commença qu'à être utilisé vers le IVe siècle. Ce médium fut une véritable révolution dans le domaine de l'écriture parce qu'il donnait l'avantage d'avoir un recto et un verso contrairement au volumen et il facilitait la lecture. De plus ce nouveau médium possède une capacité de stockage beaucoup plus grande que le rouleau.

Bande dessinée au Moyen Âge ?

En observant l'exemple de la tapisserie de Bayeux,les théoriciens de la bande dessinée se sont reposés la question de ce qu'est réellement la bande dessinée. La tapisserie de Bayeux relate les moments clés de la conquête normande de l'Angleterre et la bataille de Hastings en utilisant des images explicites par exemple comme les messagers de Guillaume le Conquérant qui viennent trouver Guy de Ponthieu ou le navire d'Harold s'échouant sur le littoral du Ponthieu à la suite d'une tempête. Ces péripéties et d'autres encore semblent s'apparenter au système de la bande dessinée, en montrant plusieurs scènes d'actions qui déterminent un récit linéaire logique. Mais cette similitude et le doute qu'elle entraine sont tout de suite balayés, parce que dans la tapisserie en question ne réside aucune vignette, et ce sont elles qui normalement marquent un espace temporel entre deux actions. De plus aucun phylactère n'est relevé non plus ; par conséquent, la tapisserie de Bayeux ne peut être définie en tant que bande dessinée.

Pour Danièle Alexandre-Bidon[réf. nécessaire], c'est dix siècles avant les gravures XVe (période de dégénérescence du genre) que le récit en séquences d'images (la BD) a été mis au point et maîtrisé par les lettrés du Moyen Âge. Dans Le Triomphe de la Mort, fin XVe siècle peinture réalisée par Vittore Carpaccio où est inscrite l'onomatopée du corbeau « cras cras » qui est le cri du corbeau mais qui signifie aussi en latin, « demain demain ». Ceci est une référence à la bande dessinée mais ne rentre pas dans cette catégorie.

Apparition de la bande dessinée

Quand la BD fit-elle sa première apparition ?

Selon Dominique Dupuis[3], le Yellow Kid est le précurseur de la bande dessinée. En effet, dans Au début était le jaune, Dominique Dupuis déclare que Richard Felton Outcault en créant le comic-strip Yellow Kid paru dès 1896, fit le premier pas dans la bande dessinée. Cependant, il faut noter que déjà dans les années 1930, la bande dessinée était apparue puisque c'est en 1832, que le suisse Rodolphe Töpffer exécuta ses premières planches. C'est donc là les débuts de la bande dessinée. De plus Rick Marshall avec Harry Morgan a récapitulé les origines de la bande dessinée et a écarté le Yellow Kid de la catégorie de la BD.

La bande dessinée dans ses premières parutions n'était pas le sujet de récit d'aventure ; elle fut en fait influencée par le cinéma. « […] dès lors que l'on considère les premières bandes dessinées, avant que celles-ci ne subissent l'influence stérilisante du cinéma, des feuilletons radiophoniques, et ne se laissent entraîner vers les années 1920, sur la voie du récit d'aventure.» déclare Pierre Fresnault Deruelle dans Récits et discours par la Bande[4].

BD sur album imprimé

Le support livre imprimé apporte quelques changements. En effet, la colorisation change, on est à présent capable d'utiliser l'ordinateur pour modifier les images de la bande dessinée, les mettre en couleurs, leurs donner différents types d'effets (vitesse, flou…). De plus la brillance des pages est accentuée, le papier glacé est maintenant utilisé, le blanc de la feuille fait mieux ressortir l'image qui est soit colorée soit en nuance de gris. La réalisation de la bande dessinée se voit alors facilitée. Mais surtout le fait que l'album soit imprimé globalise la bande dessinée et en facilite l'accès. Car comme le dit Vanderdope : «Au moment où, grâce à l'imprimerie, le livre commence à devenir un média de masse, son statut semble encore se renforcer comme objet culturel. ». La bande dessinée subit donc une consommation de masse plus accrue sur livre imprimé que sur codex, puisqu'elle est créée des exemplaires plus efficacement, plus rapidement et en plus grand nombre.

Nouveau média : l'écran

Mais encore la bande dessinée subit récemment une nouvelle modification de média. Elle est passée du livre imprimé à l'écran d'ordinateur. En effet on a maintenant la possibilité de regarder des bandes dessinées via l'écran de son ordinateur. Et ce changement radical bouleverse à nouveau la définition que l'on avait construite de la bande dessinée car l'écran apporte de nouveaux éléments dans la section BD. Ce changement est si radical que les BD lisibles sur écran d'ordinateur sont à présent bien distinctes des bandes dessinées sur papier et sont alors nommées : bandes dessinées numériques. Les mutations apportées à ce neuvième art sont si spécifiques, qu'elles brouillent les frontières avec le cinéma, le dessin animé, le jeu vidéo. La BD était déjà comparable au cinéma comme le fait remarquer Benoît Peeters[5] : « Loin d'être une forme pauvre et bâtarde, unissant tant bien que mal le littéraire et le pictural, la BD. n'apparaît-elle pas comme une synthèse particulièrement efficace et cohérente, un langage plein, aussi solide que le cinéma ? ». Mais en y ajoutant des éléments multimédias tels que le son, l'animation, et modifiant la mise en page, la BD numérique devient une sorte d'hybride, mixant bande dessinée et cinéma ou jeu vidéo.

Bibliographie

  • Thierry Groensteen (dir), Bande dessinée, récit et modernité, actes du colloque de Cerisy, Paris, Fururopolis, 1988
  • Pierre Fresnault-Deruelle, Récits et discours par la Bande (essais sur les comics), Hachette Essais, 1977
  • Christian Vanderdope, Du papyrus à l'hypertexte, Paris, La Découverte, 1999
  • Agnès Deyzieux et Philippe Marcel, Le Cas des cases (informations, études et bibliographies sur la bande dessinée), janvier 1993
  • Sous la direction de Gloria Origgi et Noga Arikha, Le Texte à l'heure de l'internet, Paris, 2003

Notes et références

  1. La représentation du mouvement dans l'art pariétal paléolithique de la France. Approche éthologique du bestiaire. Université d'Aix-Marseille
  2. Les origines préhistoriques de la bande dessinée et du dessin animé, Science et Vie, février 2005, p. 135. Et si... les hommes préhistoriques avaient inventé le dessin animé et la bande dessinée ? Préhistoire, Art et Sociétés, 2005, tome LIX, p. 55-69
  3. Éditions PLG, 2005, collection : Mémoire vive, 263 p., ISBN 978-2952272902.
  4. Hachette littérature & sciences humaines, 1977, 253 p., ISBN 978-2010033681
  5. PEETERS Benoît, Case, planche, récit : comment lire une bande dessinée, Paris-Tournai, Casterman, 1991, réédition Lire la bande dessinée, Paris : Flammarion, collection « Champs », 2002.

Voir aussi

Articles connexes

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