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Abdoulaye Armin Kane

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Abdoulaye Armin Kane (de son surnom Minar), né à Dakar, est un artiste peintre, sculpteur et vidéaste sénégalais. Il vit et travaille à Dakar, où il a étudié à l'académie des Beaux-Arts.

Il a participé à plusieurs expositions au Sénégal et à l'étranger. Il a participé à Dak'Art, la Biennale de Dakar en 2008 avec l'animation Yaatal Kaddou ou l'événement, en analysant les questions de la mobilité urbaine. L'artiste représente dans sa vidéo d'animation la vie urbaine au Sénégal à partir d'une analyse des relations sociales et de la relation des habitants avec la ville.

Il est le premier artiste à avoir créé une œuvre spécialement conçue pour Wikipedia.

Il a lancé depuis 2005 une série d'ateliers d'expression visuelle au centre psychiatrique de Dakar.

Une œuvre pour Wikipédia de Abdoulaye Armin Kane

Biographie

Abdoulaye Armin Kane est né à Dakar dans le quartier de la médina, où il a grandi. À l'âge de 7 ans, il entre à l'actuelle école Ibrahima Diop jusqu'en 1978 ou il décroche son Certificat d'études primaires. Il entre ensuite en sixième secondaire (première année de cours moyens)au C.E.S Colobane qui l'accueillera pour ses études secondaires ainsi que les cours privées de l'Amitie jusqu'à la classe de seconde. À cette époque il s'intéresse de plus en plus au métier de dessinateur en bâtiment, au dessin industriel et aussi à la reproduction des éléments de son environnement.

Formation et carrière artistique

Abdoulaye Armin Kane à la présentation de WikiAfrica Art à Dakar, en mai 2008

De 1985 à 1988 il a eu à exécuter des travaux de confection et de décoration avec des artistes indépendants. Il s'est ensuite initié en soudure électrique, sanctionnée par un certificat de fin d'apprentissage.

En 1988, il est admis à l'École Nationale des Beaux-arts de Dakar d'où il sort diplômé en environnement en juin 1992.

En effet, à la fin de sa formation de base, il a opté pour le département environnement car il a été toujours tenté par l'aménagement et l'architecture.

Sa première année dans ce département (1989-1990) coïncide avec l'opération Set Setal qui marqua une très grande étape de la prise de conscience populaire sur la propreté à travers tout le pays. Armin Kane en profite pour mettre en œuvre une importante idée sur la conservation des objets empilés pour qu'ils durent plus longtemps. Il collabore avec le photographe sénégalais Bouna Medoune Seye pour interpréter en métal (fer) les objets combinés issus de l'opération. C'est à cette époque qu'il commence à travailler vraiment sur le fer en sculpture.

Sa thèse de fin d'étude s'intitule Intégration de la sculpture dans l'environnement.

Expérience personnelle et professionnelle

Tout juste à sa sortie des beaux-arts, il n'a pas tout de suite continué à travailler sur la sculpture, mais c'est l'atelier des jeunes artistes de la médina (AJAM) qui a fait appel à son expérience artistique et lui aussi, allait bénéficier de la connaissance d'une nouvelle technique de travail en bas-relief avec de la sciure de bois consistant à faire passer le matériau pour un autre, c'est-à-dire du bois pour du bronze d'où la collection sur le thème de l'esclavage ou traite négrière qui a pris quatre (4) années de travail pour une série de trente (30) toiles tous, relatant dans l'ordre chronologique, les grandes lignes de l'histoire de la traite des noirs. Cette collection a été exposée pour la première fois au centre culturel français de Dakar au mois de juin de l'année 1996 en hommage à MONSIEUR JOSEPH N'DIAYE conservateur de la maison des esclaves de l'île de GOREE et qui a consacré toute sa vie à la bonne compréhension de l'histoire de la traite négrière. Et cette exposition a été sa première sortie vers le public depuis qu'il a quitté les beaux –arts, donc une étape pleine d'importance et d'expérience. Finalement, le succès de la manifestation a poussé le directeur des programmes de l'époque MONSIEUR DIDIER BAUMLER de la prolonger encore d'une semaine. Quelque temps après, il décida de quitter l'atelier qui commençait déjà à perdre un peu de son élan du fait du départ de deux de ses membres qui détenaient des fonctions clés, pour des activités plus personnelles. Donc cela ne pouvait pas continuer bien que l'atelier commençait déjà à avoir sa renommée à travers tout le quartier surtout quand il a fait une apparition à la télévision sénégalaise lors d'une émission artistique (esquisses et créations) où ils ont parlé de l'exposition, sans compter ses passages au niveau des stations de radios de la capitale. Cette expérience à l'atelier de la médina a été très riche dans sa nouvelle vie d'artiste diplômé et il n'a cessé de lire et de rencontrer d'autres artistes professionnels afin d'approfondir sa connaissance sur le monde des arts en général. Ensuite, il sera contacté par XALAAT PRODUCTION, structure de promotion culturelle basée à la médina et dirigée par monsieur Boubacar Sall dit TESS qui a beaucoup contribué à l'émergence de beaucoup de nouveaux talents (peintres, musiciens entre autres)au niveau du quartier et de Dakar. Cette rencontre avec monsieur Sall était axé sur la réalisation, avec deux (2) autres artistes, d'une collection de peinture sur fond de vêtements (pantalons, vestes, tee shorts, manteaux…) Pour les besoins d'un défile de mode dans une grande artère de la capitale, donc dans la rue et en partenariat avec la communauté urbaine de Dakar, l'ambassade d'Allemagne au Sénégal, et le programme de soutien aux initiatives culturelles (psic). C'est d'ailleurs ce projet qui lui donnera le goût de peindre car c'était la première fois pour lui de sentir ce besoin de diversifier sa forme d'expression autre que la seule sculpture ou le design. Alors c'est à partir de cette année 1996 et jusqu'en l'an 2000 qu'il réalisera des toiles et participera à des expositions collectives aussi intéressantes les unes que les autres ; pleines d'expériences une fois de plus. En plus des expositions, il continua les recherches sur l'alliage du fer et du bois pour des travaux de confections de mobilier et d'immobilier, tout en restant dans le cadre africain afin d'enrichir son travail dans la décoration et l'aménagement interieur-exterireur. Mais l'an 2000 restera à jamais graver dans son cursus car, il marqua la date de sa première exposition personnelle à la Galerie Nationale d'Art de l'Avenue Albert Sarraut de Dakar avec plus de soixante quinze (75) toiles, comme pour montrer au public toutes ses facettes bien qu'auparavant, il a eu à participer à des expos au sein de cette même galerie. En ces moments, c'était l'expérience du passé qui le guidait dans sa démarche, ses thèmes et surtout sur l'expression de son travail. Il était à la recherche de sa propre personnalité car il était influencé par quelques grands artistes et cela lui donnait l'impression de faire du «déjà vu » comme pour reprendre la phrase du cinéaste burkinabé Idrissa Ouedraogo « A FORCE DE VOULOIR RESSEMBLER AUX AUTRES, FINALEMENT ON NE RESSEMBLE PLUS A RIEN DU TOUT ». Ainsi, il prendra de ce qui est essentiel chez eux, c'est-à-dire l'expérience technique (mais tout en essayant de la dépouiller de toute influence de leur part) et le résultat fut intéressant car c'est la transparence, techniquement parlant, qui apparaîtra dans son travail. Une transparence qui symbolisera le thème de son exposition de l'an 2000 : « AMOUR ET SEXUALITE DES JEUNES FACE AU SIDA. » TRANSPARENCE signifie UN VIDE dans le contexte de ce thème. Cela dit, le manque d'informations et la seule attirance physique pour la recherche égoïste du plaisir, font que l'acte passe d'abord, pour certains pour le plus important, alors que la base même de la sexualité repose sur l'amour mutuel, véritables piliers de LA VIE DE COUPLE. Cette vie de couple qui sera d'ailleurs un prétexte dans la continuité de son travail, point de départ de ses recherches esthétiques et approfondies qui tournent autour des thèmes suivants : Comme un dessin = Commun dessein Commun dessein = Comme un des seins Comme un des seins = Comme un des saints

La vie à deux a toujours constitué depuis la nuit des temps l'idéale harmonie quand, bien sûr, les deux personnes tendent vers la perfection et s'ils s'y ajoutent les deux éléments que sont le garçon et la fille, cela débouche sur l'équilibre parfait du couple. Ainsi, le couple fait le dessin de sa bonne et parfaite évolution dans le temps et dans l'espace, ce qui sera, forcément leur commun dessein, pour ne pas dire leur destin. Et puisque c'est l'image qui continue tout message là où s'arrête la parole, il a cru nécessaire de participer, en tant qu'artiste, du moins à sa manière, à la réflexion d'un monde meilleur.

Nouvelle démarche plastique

Pour parler concrètement de l'évolution dans son travail technique, pédagogique et sur sa démarche plastique, il décida en l'an 2002, d'exposer avec SADA TALL (artiste Sénégalais) pour montrer ensemble leur travail au public sous le thème : «  DUO DE CHOC » Une rencontre qu'ils ont toujours souhaité depuis l'an 2001 parce qu'ils avaient trouvé que leur travail à chacun était presque une complémentarité dans leur démarche artistique.

Au tout début de son travail pictural, il essayait de traduire une parfaite maîtrise des canons du corps humain, ce qui lui permettait de représenter des personnages, tout en maintenant les traits caractéristiques pour ne pas dire les reproduire textuellement. Il regardait « en travers » les personnages pour ne pas ressortir la texture de l'image, mais seulement sa forme générale en transparence. Mais depuis ces temps, son travail a évolué et a pris un bon niveau et pour mieux comprendre sa démarche, il faudra tenir compte de son passage aux Beaux - Arts et de son Département de fin de formation académique «ENVIRONNEMENT» mais aussi de sa fonction de sculpteur. Parce que s'il y a une influence au niveau de la finesse et des formes dans son travail pictural, c'est parce que dans sa tête, il regarde et analyse les éléments qu'il représente en ronde bosse, en bas-relief, et en peinture, ce qui fait entrevoir cette sensation de profondeurs et de saillies. Il essaie de représenter le plus fidèlement possible les éléments qu'il voit et qu'il intègre dans ses toiles en pensant tantôt au fer, au bois, à la pierre, etc.

Armin s'identifie en tant qu'artiste africain, mais il est effectivement ouvert aux autres techniques d'horizons différents pour emmener une touche particulière dans son travail, c'est-à-dire une touche qui se veut universelle. Si l'art n'a pas de frontières, néanmoins chaque artiste a son appartenance et c'est cette appartenance qui fait et sa richesse culturelle et sa personnalité artistique. Dans son travail, il cherche, dit-il, la perfection dans l'imperfection, comme qui dirait l'ordre dans le désordre, car la notion d'imperfection n'existe pas en lui. Peut-on parler d'imperfection là où on sent une harmonie ? C'est pourquoi les traits caractéristiques du corps humain n'existent pas dans son travail (mains, pieds, yeux, etc.) mais seulement les parties essentielles pour marquer, à sa façon, cette notion d'imperfection, car, s'il fallait représenter la perfection comme nous la concevons, mieux fallait se limiter à la photographie. Selon lui, il est au même titre que l'architecte qui fait le plan d'une maison, l'habille, et l'aménage avec des formes de décor plus ou moins variées pour équilibrer et embellir l'espace. C'est pour cette raison que les formes géométriques qu'il a adoptées dans son travail rappellent cette idée de construction et d'aménagement comme pour dire que ces personnages sont admis dans leur environnement naturel en tenant compte de l'évolution de la décoration dans les arts plastiques. Son travail pictural se définit comme suit : Har-libre et Equi-monie comme pour dire Harmonie et Équilibre dans la vie de couple.

Le numérique comme forme d'expression

Diplômé du département, il a axé au début des années 2000 déjà, des recherches sur la conception sur papier de nouveaux produits mobiliers et immobiliers pour la décoration intérieure et extérieure consistant à mélanger le fer et le bois en tant que supports.

Techniquement, la création de ces produits est une suite logique de sa démarche plastique car il procède de la même manière que dans son travail pictural, c'est-à-dire s'inspirant beaucoup des figures géométriques qui restent, selon lui, les seuls éléments de notre univers vivant. Mais les masques sont également présents dans la mise en forme pour marquer son attachement aux principes de la personnalité artistique africaine, bien que son travail se veuille universel.

C'est une des raisons pour lesquelles il considère ses produits comme des œuvres d'art au même titre que la toile que l'on accroche dans son salon ou la sculpture dans son jardin alors que mieux, ils ont une double fonction par rapport à la toile de peinture ou à la sculpture : ils ont d'abord, bien entendu, un aspect décoratif et esthétique mais aussi les deux autres importants aspects qui restent la sécurité et l'originalité.

Afin de pouvoir bénéficier d'une certaine maîtrise dans le travail du métal, il a suivi un stage théorique et pratique dans une entreprise de Menuiserie métallique où il a eu à participer aux travaux de confections. Une expérience qui lui permettra d'avoir une large vision des possibilités que puisse nous fournir le travail du fer et du métal, en général.

C'est à partir de 2005-2006 véritablement que son intérêt dans le travail de la vidéo a commencé juste après avoir vu l'exposition sur les arts numériques à la biennale DAK'ART 2004. il a été convaincu sur les possibilités que puissent-nous donner les nouvelles technologies dans notre travail de vulgarisation et de sensibilisation.

Dans la vie pratique artistique depuis plusieurs années déjà, il étais pourtant plus que jamais convaincu qu'il lui restait encore beaucoup de choses à apprendre dans les arts par rapport à son immensité afin d'accroître ses modestes connaissances de base ; même s'il pense avoir peut-être trouvé une voie dans son travail plastique.

C'est ainsi qu'en fin 2004 et début 2005, il participa à plusieurs séances d'initiation aux différentes techniques de la Programmation Assistée par Ordinateur en travaillant avec des logiciels de création graphique, de conception et de montage.

Ensuite, armé de sa seule expérience de quelques mois de pratique, ( il n'a pas fait de formation académique pour la maitrise des outils numériques) il réalisera une vidéo de sept (07) minutes, ce qui lui donnera par la suite une très bonne expérience pratiques pour aborder avec efficacité tous les projets qu'il a entamé jusque là.

C'est le cas, par exemple, lors du Salon National des Artistes Plasticiens du Sénégal en 2007, où il présentera pour la première fois dans une exposition officielle, une vidéo. Il s'agissait d'une œuvre de 2,08mn intitulée « le rêve du masque » et qui aborde, dans le style de l'animation, l'univers onirique d'un masque.

Après le succès enregistré durant ce salon, il a présenté à la Biennale DAK'ART 2008, une vidéo où il aborde cette fois-ci la problématique de la distribution de l'énergie électrique et ses conséquences dans notre société.

Cette œuvre sera sélectionnée et lui a valu une reconnaissance au niveau du milieu des arts et même au-delà du Sénégal. D'ailleurs elle continue jusqu'à présent d'être montrer dans de grandes expositions internationales à travers le monde.

Après ce succès il participera depuis 2009 à des résidences (en Martinique et en Belgique à l'atelier GRAPHOUI), expositions (Maroc à deux reprises, Mali, Pays-Bas) et festivals (France) numériques..

Œuvre d'Abdoulaye Armin Kane

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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