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Amanda Todd

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Amanda Michelle Todd (née le 27 novembre 1996 en Colombie-Britannique, Canada) était une adolescente canadienne. Elle s'est suicidée le 10 octobre 2012 à sa maison de Port Coquitlam (Colombie-Britannique, Canada). Peu avant sa mort, Todd avait posté sur Youtube dans laquelle elle utilisait une série de post-its pour raconter son expérience en matière de chantage, d'harcèlement et d'agression physique. La vidéo a fait le tour du monde après sa mort, au point que l'affaire a été relayée par la presse internationale. La Gendarmerie Royale du Canada et le Service des médecins légistes de la Colombie-Britannique ont alors lancé une enquête sur son suicide.

Au moment de sa mort, Todd était en Seconde, au CABE Secondary de Coquiltam, une école qui s'occupe d'étudiants ayant vécu des problèmes sociaux ou de comportement dans d'autres établissements au préalable.

En réaction à sa mort, Christy Clark, Premier Ministre de la Colombie-Britannique, a publié en ligne une déclaration dans laquelle il exprimait ses condoléances et appelait à un débat national sur la criminalisation du cyberharcèlement. Par ailleurs, une motion a été introduite à la Chambre des Communes du Canada : celle-ci visait à proposer une enquête sur l'impact du harcèlement au Canada d'une part et d'autre part, à renforcer le financement et le soutien aux associations luttant contre ce phénomène. Carol, la mère d'Amanda, a créé la Fondation Amanda Todd. Cette organisation s'emploie à recueillir des dons, en faveur de programmes de sensibilisation à la lutte contre le harcèlement. Elle soutient également des programmes destinés aux jeunes souffrant de problèmes de santé mentale.

Contexte et suicide

Le 7 septembre 2012, Amanda Todd a publié une vidéo de 9 minutes sur Youtube intitulée « My Story : Struggling, bullying, suicide and self-harm » (« Mon Histoire : lutte, harcèlement, suicide et auto-mutilation »). Elle y montrait une série de post-its racontant son vécu en matière de harcèlement. La vidéo a fait le tour du monde et a été visionnée plus de 1 600 000 fois, relayée par des sites d'informations à travers le monde.

Dans la vidéo, Amanda Todd écrivait qu'en Cinquième, alors qu'elle emménageait avec son père, elle utilisait les chats « video » pour rencontrer de nouvelles personnes sur Internet et qu'elle recevait des compliments sur son physique. Un inconnu l'a alors convaincue de lui montrer sa poitrine sur la web-cam. L'individu l'avait ensuite soumise à un chantage, la menaçant de diffuser une photo d'elle « topless » à ses amis, à moins qu'elle ne se dénude encore plus.

Après deux ans, A. Todd est retournée vivre chez sa mère en mars 2012. Elle écrivait que, durant les congés de Noël de cette année-là, la police l'avait informée, à 4 h du matin, que la photo circulait sur Internet. Elle écrivait également qu'elle faisait face à des problèmes d'anxiété, de dépression et à des attaques de panique, suite à cette histoire. Sa famille a alors emménagé dans une nouvelle maison, où Amanda Todd déclara plus tard avoir commencé à consommer de l'alcool et des drogues.

Un an plus tard, l'individu a réapparu : il avait créé un profil Facebook avec la photo topless d'Amanda en guise d'avatar, tout en contactant ses camarades de classe dans sa nouvelle école. A nouveau perturbée, Amanda finit par changer d'école pour la seconde fois. Elle écrivait ensuite qu'elle avait commencé à « chatter » à un « vieux ami » qui l'avait contactée. L'ami l'avait invitée chez lui, où ils eurent une expérience sexuelle, alors que la petite amie du garçon était en vacances. La semaine suivante, la petite amie et un groupe d'autres personnes l'agressèrent physiquement en lui criant des insultes et en lui donnant des coups de poing jusqu'à ce qu'elle s'écroule au sol. Suite à l'agression, Amanda fit une tentative de suicide en ingérant de l'eau de Javel, mais survécut après un transfert aux urgences de l'hôpital où elle subit un lavage d'estomac. Dans la vidéo, elle commentait cet épisode : « Cela m'a tué intérieurement et je pensais que j'allais mourir ».

A son retour chez elle, Amanda Todd découvrit sur Facebook des messages injurieux à propos de sa tentative de suicide ratée. Sa famille déménagea dans une autre ville pour repartir à zéro, mais Amanda était incapable d'échapper à son passé. Selon sa mère, « à chaque fois qu'elle changeait d'école, il s'inflitrait et devenait un ami Facebook. Il se présentait ‘online’ aux élèves de la nouvelle école en prétendant qu'il allait être un nouvel étudiant dans celle-ci, qu'il commençait la semaine suivante et qu'il voulait des amis, s'ils pouvaient l'accepter en tant que tel sur Facebook, etc. Il finissait par réunir les noms des gens et envoyait la vidéo d'Amanda à sa nouvelle école », aux étudiants, professeurs et parents. Six mois plus tard, d'autres messages et injures étaient toujours postés sur les (sites de) réseaux sociaux. L'état mental d'Amanda empirait : elle commença à s'automutiler. Bien qu'elle prenait les anti-dépresseurs prescrits et bénéficiait d'un suivi psychologique, elle fit une overdose et fut hospitalisée deux jours.

Amanda avait été tourmentée par d'autres étudiants à l'école pour ses mauvaises notes, une conséquence de ses troubles du langage et de l'apprentissage et du temps passé à l'hôpital pour soigner sa grave dépression. « Ca ne l'a guère aidé : à sa sortie de l'hôpital, ces temps-ci, les enfants avaient commencé à la traiter de psychopathe, en disant qu'elle avait été dans un hôpital pour les fous », disait sa mère. « Elle est allée à l'hôpital, a eu une thérapie, était suivie psychologiquement, elle était sur la bonne voie. Le jour où elle est sortie, cela s'est passé comme ça. Je secoue la tête et pense, ‘Ces enfants sont-ils donc si méchants, ne songent-ils pas vraiment à ce que cela serait, si c’était eux ?’ ».

Le 10 octobre 2012, vers 18 h, Amanda Todd a été retrouvée pendue chez elle.

Enquête

Une enquête préliminaire, menée par le Service des médecins légistes de la Colombie-Britannique, indique que la mort d'Amanda Todd était bien un suicide. Les enquêteurs connaissent les moyens qu'elle a utilisé pour mourir, mais refusent de rendre l'information publique. La cause de la mort a été rapportée par les médias comme étant un suicide par pendaison. La Gendarmerie Royale du Canada et le Service des médecins légistes de la Colombie-Britannique ont lancé tous les deux une enquête avec vingt enquêteurs travaillant à temps plein sur l'affaire. Les brigades criminelles de Coquitlam et Ridge Meadows collaborent dans le cadre de l'enquête, mènent des interrogatoires et examinent les facteurs potentiels qui ont pu contribuer au décès d'Amanda Todd.

Les enquêteurs passent en revue le contenu des (sites de) réseaux sociaux et contrôlent activement les pages concernées.

L'organisation nationale canadienne Cybertip.ca signale avoir reçu une info concernant Amanda Todd, il y a environ un an. L'association contre l'exploitation des enfants a déclaré qu'en novembre 2011, un citoyen inquiet a signalé que des images de A. Todd circulaient sur Internet. Cette information avait été fournie à la police ainsi qu'aux agences de protection de l'enfant.

Réaction

Le suicide d'Amanda Todd a reçu une couverture médiatique internationale, de tous bords. La plupart des organes de presse ont fourni un lien vers la vidéo YouTube d'Amanda, ainsi qu'une adresse e-mail fournie par la Gendarmerie Royale du Canada, qui lançait ainsi un appel à témoins au public. Dans les 24 heures qui ont suivi l'appel, plus de 400 témoignages ont été reçus. La GRC a déclaré que cette enquête avait été entravée par une grande quantité de fausses informations, trouvées dans les commentaires postés au sujet de la mort d'Amanda, mais aussi par des arnaques prétendant réunir des fonds pour sa famille.

Le 9 octobre 2012, une série de veilles ont eu lieu à travers le Canada et dans le monde, en mémoire d'Amanda Todd et des autres victimes de harcèlement. Une minute de silence a été observée par 250 000 étudiants du Conseil scolaire du district de Toronto. Le même jour, la mère d'Amanda était invitée à l'évènement WeDay 2012 à Vancouver, une semaine après la mort de sa fille. Le harcèlement y comptait déjà parmi les sujets à aborder, avant le décès d'Amanda Todd ; il a été abordé par des intervenants tels que Magic Johnson, le musicien et avocat dévoué à la cause anti-harcèlement Demi Lovato et le Premier Ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark.

Dans un premier temps, la mère d'Amanda Todd s'était vue refuser l'accès à une conférence anti-harcèlement, par crainte de susciter des sentiments extrêmes parmi les autres participants. La famille a été par la suite invitée aux évènements postérieurs.

Le 18 novembre 2012, 600 personnes se sont réunies à une cérémonie d'adieu finale au Red Robison Theatre à Coquitlam, près de chez elle. Carol, la mère d'Amanda, déclara à la foule que sa fille avait laissé derrière elle « un message majeur qui avait éveillé le monde et l'avait fait ouvrir les yeux, les oreilles et le cœur ».

Le mouvement hacktiviste Anonymous a prétendu qu'un homme de 32 ans serait le maître-chanteur et le principal harceleur d'Amanda Todd. Le groupe a publié le nom et l'adresse de l'homme sur Internet, le situant dans la région de Vancouver, si bien que celui-ci reçut des menaces virtuelles de justiciers. Après avoir enquêté sur cette information, la police a conclu à des allégations injustifiées et a dit que « les fausses informations, répandues par des gens qui semblent essayer d'utiliser l'histoire d'Amanda, pour nuire ou par appât du gain, n'était qu'un des défis auxquels ils faisaient face ». Selon une interview avec le Vancouver Sun, la publication de son identité sur les (sites des) réseaux sociaux a débouché sur plus de 50 e-mails et des milliers de menaces de mort sur Facebook. Un membre d'Anonymous avait tenté de dissuader le groupe de publier l'information, en précisant qu'ils avaient la bonne personne mais que l'adresse publiée appartenait à quelqu'un d'autre (et non au coupable). Le magazine Slate a signalé que la personne qui était en réalité le vrai coupable, s'était révélée être âgée de 19 et non de 32 ans.

Réseaux sociaux

Depuis le suicide d'Amanda Todd, plus d'un million d'utilisateurs ont « aimé » la page Facebook honorant sa mémoire. Parmi les commentaires positifs et les messages de soutien ont été relevés des posts agressifs, des images d'étrangers ou de personnes prétendant avoir été ses camarades de classe . Après la mise en ligne de commentaires désobligeants sur le sujet, par un de ses employés, la chaîne de vêtements Grafton-Faser Mr. Big & Tall a confirmé qu'il ne faisait désormais plus partie du personnel.

Le 19 octobre 2012, la police en Nouvelle-Zélande a déclaré qu'ils questionnaient un garçon de 17 ans originaire de Raglan : celui-ci avait prétendument mis en ligne des images inappropriées et dérangeantes sur la page en mémoire d'Amanda Todd. La police a supprimé les images et fermé le compte Facebook du garçon.

Fondation Amanda Todd

La mère d'Amanda, Carol, a créé la Fondation Amanda Todd à la Banque Royale du Canada, destinée à recevoir des dons en faveur de programmes de sensibilisation à la lutte contre le harcèlement. Elle soutient également des programmes destinés aux jeunes souffrant de problèmes de santé mentale. Une semaine après la mort d'Amanda, ABC News a signalé que des sites frauduleux avaient été créés prétendument pour solliciter des dons, citant une déclaration du Sergent Peter Thiessen de la GRC : « Profiter de la douleur d'une famille était méprisable… Nous voulons faire passer le mot sur le fait qu'il n'y ait qu'un seul compte réel et que n'importe quel intéressé pouvait faire un don à la Fondation Amanda Todd via n'importe quelle branche de la Banque Royale du Canada. ».

Motion parlementaire

En réponse à la mort d'Amanda Todd, une mention a été introduite à la Chambre des Communes du Canada par le parlementaire Dany Morin du New Democratic Party. Elle visait à proposer une enquête sur l'impact du harcèlement au Canada d'une part et d'autre part, à renforcer le financement et le soutien aux associations luttant contre ce phénomène. Il était également prévu de préparer le terrain pour une stratégie nationale de prévention contre le harcèlement. Morin avait lui-même vécu le harcèlement pendant sa scolarité.

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