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Armée noire

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Armée noire est un groupe d'artistes protéiformes organisant performances, interventions surprises, lectures, éditions, etc., avec (notamment, et dans l'Ordre alphabétique) Édith Azam, Antoine Boute, Armelle Caron, Quentin Faucompré, Charles Pennequin, Cécile Richard...

Armée noire est avant tout un groupe d'amis, pour la plupart poètes, qui ont décidé un jour de faire une petite gazette en travaillant ensemble.

L'Armée noire est aussi une revue à la périodicité inconnue et dont, jusqu'à présent, un seul numéro a paru[1].

Un peu d'hist(n)oire...

Charles Pennequin, Jérôme Bertin, Christian Edziré Déquesnes, Antoine Boute et Cécile Richard se retrouvent chez cette dernière et décident de faire une petite gazette (« plutôt que picoler, picolons en travaillant », déclaraient-ils alors). Peu de temps après ils décident de faire une soirée où tout pourrait se passer, où les Arabes pourraient entrer dans les lieux de création, où l'on pourrait aussi lire dans la rue, donner la gazette, des jolis tickets de boisson, faire une tombola et offrir des canettes écrasées ramassées dans les terrains vagues ou, sous plastique, des poils pubiens d'artistes.

Les gens peuvent aussi participer à la création de la soirée.

Celle-ci se déroule le 13 juin 2007 à Lille et c'est un fiasco. Armée noire ne peut pas lire dans la rue, les spectateurs restent des spectateurs, les dessins ne sont pas exposés comme prévu, certains n'en peuvent plus d'exister, d'autres disent que ce n'est pas leurs oignons, la seule personne du public qui n'est ni un artiste, ni un poète, ni un galeriste, ni quelqu'un de l'institution culturelle se fait mettre dehors par une police musicale & improvisée.

Armée noire se réfugie alors en Belgique et participe à la Nuit Blanche de Bruxelles, où elle provoque le scandale devant la maison du Roi des Belges. Armée noire trouve sa base aux Marolles mais garde son siège social dans la forêt de Tervuren ainsi que, pour la France, au terrain vague Porte de Valenciennes à Lille.

Charles Pennequin écrit La France pue, puis Armée noire rejaillit de nouveau grâce à des amis de Dunkerque, notamment François Lewyllie, artiste contemporain, et Anna Czapski. Deux soirées se déroulent à La Plateforme en mars 2010.

Des artistes se sont associés au fur et à mesure du temps à Armée noire (qui n'est pas un « collectif d'artistes »), tels que Pakito Bolino, Quentin Faucompré, Didier Calléja, Anne-Claire Hello, Benjamin Monti, Fabien Bassas, John Troubody, Thierry Rat, Thomas Sidoli, Éléonore Lebidois, Martin Gosset...

La dernière intervention de l'Armée noire s'est déroulée à Nantes, du 28 au 31 mars[2]. Invitée par la Maison de la Poésie de Nantes, elle a réalisée des lectures au pôle étudiant de l'université puis différentes performances dans la rue[3] ainsi qu'une soirée au Pannonica.

Signification d'Armée noire

À sa création, Armée noire ignorait que l'armée de Nestor Makhno portait le même nom. L'armée noire n'est pas un escadron de la mort ou de combattants noirs datant de 14-18, et est tout le contraire d'un collectif fascisant. Sa signification ne vient pas non plus d'un jeu de rôle...

Armée noire est une expression du Nord de la France et plus particulièrement du Cambrésis, désignant un groupe d'individus louches, des familles de chapardeurs, des gens pas lavés, des reclus de la société, des pauvres gens qu'on rejette de plus en plus hors de France et d'Europe. La poésie de l'armée noire parle à ceux-là, mais aussi aux animaux, aux plantes, aux mauvais élèves, aux ignorants... Elle cause au type de base en général, car tout ce qui se croit au dessus de lui est son ennemi.

Extrait d'un texte poétique signé par Armée noire

et se trouvant dans le tome 1 de la revue[4] :

l'armée noire c'est les gens qui sentent sous les bras
l'armée noire c'est les familles
les familles sous fortes aisselles
les aisselles grasses et grosses
les poils gros et grands et gris
et les grosses grasses grises et grandes aisselles
qui puent des familles tuyau d'poêle
les familles dans les rues tuyau d'poèle
que maman dit faut pas les fréquenter
parce que c'est de l'armée noire !
l'armée noire c'est les gens qui chapardent
l'armée noire c'est les voisins qui se lavent pas
dans la ville est un trou
bienvenue dans la france est un trou
et que ça pue dedans !
[…]
sauf pour aller voter le dimanche après la messe
après la messe on dit « a voté »
et on remonte la ruelle
on remonte toutes les ruelles de l'europe qui pue
et on voit des gros camionneurs sur leur mobylette
et qui veulent embrasser les jeunes goulûment
goulûment et à pleine dent.

Revue L'Armée noire

Sous-titre : collection printemps de merde
ISBN 9 782847 618730 (« dépôt légal au second trimestre 2010. NO COPYRIGHT. »[5])

Lors de l'appel à souscription en 2009, les membres d'Armée noire avaient écrit :

« L'armée noire vient de fabriquer une revue (reste à la mettre dans le four de l'imprimeur) de 400 pages tout en couleur, avec plein de dessinateurs et de poètes et de textes et d'images trouvées par terre ou sur Internet. C'est rigolo. C'est politique. C'est vieux comme le monde. »

La revue a été faite par Quentin Faucompré et Charles Pennequin, avec l'aide technique d'Anne-Claire Hello puis de l'éditeur. Publiée par Al Dante en 2010, elle a recueilli des souscriptions[5]. La revue fait plus de 400 pages (432 si on veut être précis) et peut être commandée sur le site de l'éditeur ou chez le libraire.

Notes et références

  1. http://remue.net/spip.php?article3636
  2. http://remue.net/spip.php?article4198
  3. http://www.youtube.com/watch?v=rNiWpvfO0Jk&feature=related
  4. Pages 6 et 7 ; l'orthographe et la typographie ont été respectés.
  5. 5,0 et 5,1 Cf. achevé d'imprimer page 431.

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