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Art Ludique

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L’Art Ludique, que l'on peut traduire dans les pays anglophones comme l'« Entertainment Art », est un mouvement d’art contemporain issu de différentes formes de « divertissement ». Son principal théoricien est Jean-Jacques Launier[1], par ailleurs président d’Art Ludique - Le Musée.

Ce nouveau courant vise à faire reconnaître des œuvres d’art issues du divertissement, soit la bande dessinée, le jeu vidéo, le cinéma ou le manga, longtemps jugées indignes car associées au monde de l’enfance ou de l’adolescence et envisagées essentiellement sous un aspect économique et partant incompatible avec la portée artistique. En effet, la critique est souvent dédaigneuse vis-vis de ces œuvres bien souvent commanditées par des grands groupes apparentés aux industries culturelles.

Au sein de l’art ludique, les frontières sont abolies entre les différentes disciplines du divertissement. Jean-Jacques Launier estime ainsi que « l’idée originelle de l’art ludique réside dans le fait que la genèse commune de chaque film, album de bande dessinée ou jeu vidéo est toujours le dessin »[1]. Le mouvement rassemble ainsi les œuvres de créateurs qui ont marqué l’imaginaire collectif et influencé la culture du XXe et du XXIe siècle, d’Hergé à Stan Lee en passant par Hayao Miyazaki.

Naissance de l’art ludique

Si l’art ludique connaît aujourd’hui une diffusion internationale, le mouvement est apparu dans les trois bassins culturels que sont l’Europe francophone, le Japon et les États-Unis[1]. C’est en effet dans ces trois zones que s’est d’abord développée la bande dessinée (les mangas japonais, les comic-books américains, emmenés par Marvel et DC, et la bande dessinée franco-belge, avec Morris ou Peyo), mais aussi le cinéma (le théâtre optique et le cinématographe sont nés en France) et les jeux vidéo (Ubisoft en France, Atari aux États-Unis, ou Nintendo au Japon).

Ces trois régions ont cependant une vision de l’art ludique différente. En France, où l’art ludique est d’abord imaginé pour les enfants, les univers singuliers et indépendants prennent le pas sur les grandes licences à forte rentabilité, à l’inverse des États-Unis. Au Japon, l’art ludique est destiné à tous, et les mêmes personnages se déclinent avec succès sur les différents médias. Aujourd’hui toutefois, l’art ludique s’internationalise toujours davantage, grâce notamment à l’émergence de studios internationaux et à la mondialisation des échanges artistiques.

Caractéristiques de l’art ludique

L’art ludique possède des caractéristiques claires, outre la pluridisciplinarité. C’est un art figuratif et narratif, qui vise à raconter une histoire. De par les compétences spécialisées qu’il demande, l’art ludique est aussi un art collectif et collaboratif où il est parfois difficile d’identifier les artistes.

Reconnaissance du mouvement

La reconnaissance de créations issues de l’Entertainment comme œuvres d’art est récente et aujourd’hui encore sujette à des débats enflammés. En novembre 2012, l’exposition au Museum of Modern Art de New-York de quatorze jeux vidéo, parmi lesquels Space Invaders ou Donkey Kong, a ainsi fait couler beaucoup d’encre, de nombreux spécialistes étant réfractaires à l’idée de hisser le jeu vidéo au rang d’art[2].

En France, la création en 2003 de la Galerie Arludik peut être posée comme l'acte fondateur de la reconnaissance de l'art ludique[3]. Depuis le 16 novembre 2013[4], un musée est dédié à l’art ludique : « Art Ludique – le Musée », situé dans le XIIIe arrondissement de Paris[5].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 « Art Ludique », co-écrit par Jean-Jacques Launier, publié en 2011 aux Éditions Sonatines
  2. Audrey Dufour, « Le jeu vidéo rentre au MoMA qui le hisse au rang d'art », sur www.lefigaro.fr, (consulté le 3 avril 2014)
  3. http://www.cinechronicle.com/2011/10/fiac-vente-aux-encheres-d%E2%80%99oeuvres-de-lart-ludique-en-association-avec-arludik-36995/
  4. Nicolas Schiavi, « Musée Art ludique : "Un art enfin reconnu à sa juste valeur" », sur www.lci.tf1.fr, (consulté le 3 avril 2014)
  5. Nicolas Schiavi, « Musée Art ludique : "Montrer au public que ce qu'il aime, c'est de l'art" », sur www.lci.tf1.fr, (consulté le 3 avril 2014)

Voir aussi

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