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Babylone la Grande chez les Témoins de Jéhovah

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Pour les Témoins de Jéhovah, Babylone la Grande, qui est mentionnée sous les traits d'une prostituée dans le livre de la Révélation, représente l'ensemble des religions du monde hormis la leur. Selon leur doctrine, elles seront toutes détruites par les éléments politiques et par l'Organisation des Nations unies, laquelle serait représentée dans la Bible sous les traits d'une bête sauvage à sept têtes et dix cornes sur laquelle la prostituée était auparavant assise.

Définition

Les Témoins de Jéhovah définissent ainsi Babylone la Grande[1] :

« [Il s'agit de l']empire mondial des fausses religions, qui englobe toutes les religions dont les enseignements et les pratiques ne sont pas en harmonie avec le culte pur de Jéhovah, le seul vrai Dieu. Le faux culte a vu le jour à Babel (connue plus tard sous le nom de Babylone), peu de temps après le déluge (Gen. 10:8-10; 11:4-9). Petit à petit, les croyances et les pratiques de la religion babylonienne se sont répandues dans de nombreux pays. C'est pourquoi Babylone la Grande est un nom qui convient bien aux fausses religions considérées dans leur ensemble. »

Historique

À l'instar de George Storrs et des premiers Adventistes qui l'ont influencé, Charles Taze Russell, le fondateur des Étudiants de la Bible (qui sont les ancêtres des Témoins de Jéhovah), a affiché un dégoût pour les Églises de la chrétienté qu'il considérait comme étant Babylone la Grande. Il pensait toutefois qu'il était possible d'être engendré de l'esprit saint de la véritable Église et obtenir ainsi le salut tout en adhérant à l'une des institutions de la chrétienté (particulièrement au Protestantisme[2]).

Cependant, tout en déclarant qu'on n'a pas généralement observé la plus grande simplicité du Christ excepté parmi les membres de l'Association des étudiants de la Bible, Russell a pensé qu'il incombait à chaque chrétien de quitter la confession chrétienne à laquelle il appartient, en particulier après 1881, et de s'associer aux autres véritables chrétiens, membres de la Nouvelle Création, à savoir les Étudiants de la Bible[3]. Vers la fin de sa vie, bien qu'il ait manifesté de la sympathie envers les Juifs et le sionisme en général, Russell est devenu de plus en plus critique envers la plupart des religions qu'il a considérées comme Babylone la Grande, la mère des prostituées[4]. Toutefois, au départ, cette dernière ne concernait que les Églises de la chrétienté, et en particulier l'Église catholique.

Afin de dénoncer la fausseté de Babylone la Grande, la Société Watchtower a fréquemment cité dans ses publications l'ouvrage du Dr Alexander Hyslop intitulé Les Deux Babylones ; d'après les Frères de Plymouth qui en sont à l'origine, les Témoins de Jéhovah seraient les principaux acheteurs de ce livre[5].

Caractéristiques

Les Témoins de Jéhovah rejettent les idées avancées par bon nombre de biblistes, selon lesquelles Babylone la Grande serait un empire politique, tels que Babylone ou Rome.[réf. nécessaire] Ils estiment qu'il ne peut s'agir de l'ancienne ville de Babylone, car pour eux, le livre de la Révélation a été écrit à la fin du premier siècle de notre ère et elle décrit des événements qui se prolongeraient jusqu'à l'époque contemporaine et au-delà[6]. Ils notent que lorsque Babylone la Grande subit l'attaque dévastatrice des dix cornes de la bête sauvage symbolique, sa chute est déplorée par ses compagnons de fornication, les rois de la terre, ainsi que par les marchands itinérants qui lui fournissaient des produits de luxe ; toutefois, comme aucun représentant religieux ne mène deuil avec les autres sur sa chute[7] et que la Bible mentionne que les nations sont égarées par ses pratiques spirites[8] les Témoins de Jéhovah en concluent qu'elle est un empire religieux[9].

Pour défendre cet enseignement, le mouvement religieux avance différents arguments permettant d'identifier Babylone la Grande[10] :

  • la Babylone antique était connue pour la religion païenne qui a pris naissance en son sein. Les Témoins citent à cet égard des sources profanes qui démontreraient que cette ville antique était un haut lieu du paganisme[11].
  • Les croyances et les pratiques religieuses de la Babylone antique se retrouvent dans les religions du monde entier, à savoir ses divinités, son emploi d'images, les croyances relatives à la survie de l'âme après la mort, l'institution de la prêtrise, la pratique de l'astrologie, de la divination, de la magie et de la sorcellerie. De même, ils utilisent des citations illustrant leurs dires[12].
  • Babylone la Grande est selon le récit biblique[13] comparée à une prostituée qui vit dans un luxe scandaleux, et pour eux les organisations religieuses, notamment le clergé, vivent dans l'opulence au détriment du commun peuple.

En s'appuyant sur Révélation 18:4, les Témoins de Jéhovah pensent qu'il est urgent pour chacun de sortir de Babylone la Grande, autrement dit de quitter sa religion pour rejoindre la leur.

Voir aussi

Articles connexes

Notes et références

  1. Comment raisonner à partir des Écritures, 1985, p. 42
  2. Apocalypse delayed : The story of the Jehovah's Witnesses, James Penton, Toronto : University of Toronto Press, 1997, p. 5
  3. Apocalypse delayed : The story of the Jehovah's Witnesses, James Penton, Toronto : University of Toronto Press, 1997, p. 29
  4. Apocalypse delayed : The story of the Jehovah's Witnesses, James Penton, Toronto : University of Toronto Press, 1997, p. 127
  5. Apocalypse delayed : The story of the Jehovah's Witnesses, James Penton, Toronto : University of Toronto Press, 1997, pp. 183, 373
  6. The Encyclopedia Americana, 1956, tome III, p. 7 :

    « La ville [Babylone] fut prise par les Perses sous les ordres de Cyrus le Grand en 539 avant notre ère. Par la suite, Alexandre le Grand projeta d'en faire la capitale de son empire oriental, mais après sa mort elle perdit peu à peu de son importance. »

  7. Révélation 17:16, 17 ; 18:9-19
  8. Révélation 18: 23
  9. Étude perspicace des Écritures, 1988, pp. 256-7
  10. Comment raisonner à partir des Ecritures, 1985, pp. 42-4
  11. Par exemple La Bible arrachée aux sables, Werner Keller, 1962, Paris, p. 256 :

    « [Il y avait à Babylone] cinquante-trois temples consacrés aux grands dieux, cinquante-cinq chapelles de Marduk, trois cents chapelles pour les divinités de la terre, six cents pour celles du ciel, cent quatre-vingts autels pour la déesse Ishtar, cent quatre-vingts pour les dieux Nergal et Adad, et douze pour d'autres divinités. »

  12. Par exemple The Religion of Babylonia and Assyria, M.Jastrow Jr, 1898, Boston, pp. 699, 700 :

    « L'Égypte, la Perse et la Grèce subirent l'influence de la religion babylonienne. (...) La présence d'une forte dose d'éléments sémites dans la mythologie grecque primitive et dans les cultes grecs est reconnue par un si grand nombre d'érudits qu'il n'est nul besoin d'autres considérations. Dans une grande mesure, ces éléments sémites sont plus particulièrement babyloniens. »

  13. Révélation 17:1-5 ; 18:7

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