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Benabdallah El Ouggouti

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Faqih Benabdellah ELOUGGOUTI, de son père ABOUKHALID Mohamed Ben El Houssine ELOUGGOUTI, est né le 19 juillet 1923 à Tanout (Maps : 34.888070, -2.228653) dans la tribu des Ouggout (34.89511,- 2.23678), située sur les monts Beni Snassen surplombant la ville Berkane. Il est le neuveu de Sidi Amar Ben El Houssine ELOUGGOUTI, dit « Al-Watani » disciple d’Abdelhamid BNOU-BADISS et de Bachir AL-IBRAHIMI. Située à 10 Km à l’est de Berkane, OUGGOUT abrite le sanctuaire du grand Soufi Sidi Al Haj Lahcen. Elle aurait été un des bastions des Almoravides sur leur route vers Tlemcen.

Sa formation : Très jeune, il apprit le Coran et étudia le Fiqh et la grammaire arabe à Berkane, (chez Al Fakih Laaroussi, lauréat de l’université Mazouna d’Algérie). Aux années 30, il intégra le mouvement nationaliste de la région dirigé par deux militant de la tribut Ouaggout, son oncle Sidi Amar «Al Watani» et Si Al Hassan Chatar. Il a 21 ans quand il rejoint en 1944 l’université Karaouiyne à Fès où des années durant, il passe le jour aux cours, et la nuit à faire le lien entre les cellules nationalistes du parti de l’Istiqlal.

Son activisme avant l’indépendance : Très vite il se rend à l’évidence que l’action politique seule - fondée sur les discours et les protestations telles que prônées à l’époque par le parti de l’Istiqlal - n’avait qu’un impact limité sur les forces d’occupation. A l’exception du docteur Bensalem El Kouhen, les dirigeants du parti de l’Istiqlal ne voulaient pas entendre parler de la résistance armée. Or, il fallait désormais combattre la violence par la violence. Après discussions avec Lem’allem Omar Rifi, Lem’allem Fadili Ismaili, et Abba Sidi les les premières cellules de résistance armée ont été constituées à Fès : à Kasbat Nouar, Ferran Kouicha, Chrabliyine, Fes jdid et madrast Al-bouanania,. Par la suite, il constitua d’autres cellules à Beni Snassen, puis à Gzennaya, à Ain Taoujdat et à Nador. Au mois de novembre 1953, Faqih Benabdellah ELOUGGOUTI fuit la police de l’occupation et s’installe à Kenitra où il enseigna dans une école privée. Arrêté, il est ramené enchainé à Berkane, où il subit, avec d’autres résistants, une torture méthodique, et condamné, pour acte de résistance armée, à 2 ans de prison et 5 ans d’exil. Avec l’aide de ses compagnons d’armes, il s’évade de la prison civile de Berkane, traverse la Moulouya et s’installe à Nador (sous domination espagnole), d’où il supervise et les actions de la résistance armée à Berkane, dans la plaine des Trifa et Gueznaya.

Après l’indépendance : Faqih Benabdellah ELOUGGOUTI est nommé super caïd à Oujda puis à Casablanca. Il est chargé de différentes missions à Rabat et à Nador par le Prince Héritier Moulay Hassan. Dans le prolongement politique légitime de la résistance et de l'Armée de libération, Faqih Benabdellah ELOUGGOUTI créa en 1957, avec Abdelkrim EL KHATIB et Mahjoubi AHARDHANE le parti du Mouvement Populaire, ouvrant ainsi la voie au multipartisme. Cette création fut d'abord interdite et combattue par le gouvernement de l'époque, qui ambitionnait d’instaurer au Maroc un régime de parti unique. Il s’en est suivi des règlements de compte sanglants. A la suite de quoi, SM le Roi feu Mohamed V a promulgué le 15 Novembre 1958, le dahir portant loi sur les libertés publiques instituant le multipartisme. Lors de la première expérience parlementaire marocaine de 1963 à 1965, Faqih Benabdallah ELOUGGOUTI est élu Vice Président de la Chambre des Représentants. En 1965, il s’indignera contre la réaction violente des autorités à l’égard des événements de Casablanca, et s’opposera la même année au recours à l’article 35 de la constitution instituant l’état d’exception. Il est désigné au Conseil National des Anciens Résistants et Membres de l’Armée de Libération. En 1967, Faqih Benabdallah ELOUGGOUTI, et Abdelkrim EL KHATIB quittent le Mouvement Populaire et créent le Mouvement Populaire Démocratique Constitutionnel (MPDC). Il en sera le président du Conseil National. Le nom du Parti faisait allusion à la vision qu’ils avaient de la monarchie marocaine, allusion qui prendra son sens dans le discours historique de Sa Majesté Mohamed VI prononcé le 9 mars 2011. En 1996, Mouvement de l’Unicité et de la Réforme (MUR) d’Abdelilah BENKIRANE est arrimé au Mouvement Populaire Démocratique Constitutionnel. Deux ans plus tard, la formation devient le Parti de la Justice et du Développement (PJD) dont le Conseil National était présidé par Faqih ELOUGGOUTI.

Faqih Benabdallah ELOUGGOUTI est mort le 19 février 2011. http://www.youtube.com/watch?v=V_yUoluhCPc

Action associative et humanitaire :

  • Membre fondateur de l’Association Marocaine de Soutien au Peuple Palestinien.
  • Membre fondateur de l’Association Marocaine de soutien aux Musulmans de Bosnie.
  • Membre fondateur de l’Association Marocaine de soutien aux Moudjahidine Afghan à l’époque de la domination de l’URSS.

Sources

Article publié sur Wikimonde Plus.