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Bureaux vivants

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Bureaux vivants est une locution qui désigne un concept d’architecture d’intérieur créé par l’agence Eliel Arnold Architectes d’Intérieur[1], pour l’aménagement des espaces de travail. Un bureau vivant est un espace de travail qui répond à quatre critères :

  1. Le respect des usages
  2. L'adaptation aux situations professionnelles variées
  3. La mise en valeur des conditions naturelles du lieu
  4. Le respect de l’âme du lieu

Ce concept a été explicité dans plusieurs articles de presse : introduit dans la revue L'ADN[2], il a ensuite fait l'objet d'un article de fond dans la revue de référence sur l'aménagement des espaces de travail, Office et Culture[3].

Les caractéristiques du concept

Le respect des usages

Depuis quelques années, le travail de bureau est marqué par un éclatement des usages, notamment dû aux progrès technologiques charriés par la révolution numérique[4].

En conséquence, l’espace de travail classique n’est plus la norme du marché. En France, la dernière décennie a ainsi vu apparaître les bureaux partagés, ou espaces de coworking (espaces de travail partagé, ou espaces de cotravail). Le marché de ces espaces partagés a rapidement crû : les opérateurs de coworking ont ainsi connu une progression de 80% de l’activité de leur activité entre 2016 et 2017, selon une étude JLL[5].

L'explosion du nombre de travailleurs indépendants dans le domaine tertiaire (ou freelances) notamment depuis la création du statut d’auto-entrepreneur en France[6],[7], ainsi que du nombre de startups est une des causes de ce succès. En effet, les petites entreprises, qui croissent rapidement, et les travailleurs indépendants, cherchent avant tout un espace aux conditions de location flexibles, et au loyer peu élevé[8].

Dans ce contexte, la première caractéristique d’un bureau vivant est l’adaptation de l’espace aux usages collectifs et individuels qui y ont cours. Il est ainsi important, lorsqu’on aménage l’espace, de connaître les habitudes des usagers : micro-réunions fréquentes, appels téléphoniques simultanés, conférences, besoin de calme, etc. Dans un bureau, toutes les activités individuelles et collectives doivent ainsi pouvoir se déployer dans un environnement favorable[2],[3].

La prise en compte du bien-être dans des situations professionnelles variées

Si le concept de bien-être au travail date des années 1970, cet enjeu a pris une forte importance en France depuis les années 2010[9].

Selon l’Agence Nationale pour l’amélioration des conditions de travail, «au même titre que le management ou l’organisation du travail, l’espace de travail constitue un élément essentiel à la qualité de vie au travail (QVT) et à la performance de l’entreprise[10]».

La deuxième caractéristique d’un bureau vivant renvoie à cet enjeu : c’est un espace dont l’agencement cherche à maximiser le bien-être des usagers au travail, y compris dans les situations informelles (pauses, circulation, déjeuner…). Cela peut passer par l’aménagement d’espaces de repos, l’installation de cabines téléphoniques ergonomiques et insonorisées, l’attention portée à la décoration et la luminosité des lieux de passage, etc[2],[3].

La mise en valeur des conditions naturelles du lieu

Les exemples d’aménagement d’intérieurs privés s’inspirant de la nature ne manquent pas. Dérivé du terme “biophilie”, qui désigne l’attraction innée des êtres humains pour la nature, on parle de design biophilique[11] pour nommer cette tendance.

Cette tendance s’invite également dans les espaces de travail. Des études ont ainsi prouvé l’impact positif des éléments biologiques sur le bien-être des travailleurs et sur leur productivité[12],[13], et notamment de l’importance d’un accès à la lumière naturelle[14].

S’inspirant du design biophilique, mais sans en faire une caractéristique nécessaire, un bureau vivant est aménagé de façon à mettre en valeur les conditions naturelles du lieu d’accueil. Cela implique de privilégier au maximum la lumière naturelle, utiliser les matériaux adéquats et opter pour un design à la fois chaleureux et sobre, compromis entre une ambiance trop artificielle et une décoration absente[2],[3].

Le respect de l’âme du lieu

Dernier critère d’un bureau vivant : le respect de l’âme du lieu d’accueil. S’inspirer de l’histoire du lieu pour mettre en valeur l’existant permet non seulement aux donneurs d’ordre de faire des économies, mais aussi et surtout, de créer un espace avec une véritable identité. Poutres apparentes, mur de pierres qu’on garde, ou encore, conservation d’une pièce ronde, c’est ce type de détails qui signent le cachet d’un espace et participent du bien-être général des usagers[2],[3].

Notes et références

  1. « Notre concept ? Des bureaux vivants ! », sur elielarnold.com, (consulté le 10 octobre 18)
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3 et 2,4 « Coworking, coffice, open space, flexoffice... comment créer un smart office ? », sur ladn.eu, (consulté le 10 octobre 18)
  3. 3,0, 3,1, 3,2, 3,3 et 3,4 « De l’influence de l’aménagement sur le travail », sur office-et-culture.fr, (consulté le 2 janvier 2019)
  4. « L'influence du numérique sur les conditions de travail », sur letransformateur.fr, (consulté le 12 octobre 2018)
  5. « Coworking, les nouveaux bureaux flexibles », sur jll.fr, (consulté le 12 octobre 2018)
  6. « Après plusieurs années de stagnation, l'autoentrepreunariat repart en flèche », sur lesechos.fr, (consulté le 12 octobre 2018)
  7. « Travailleur indépendant ou « freelance » : un statut qui attire de plus en plus les candidats », sur hr-voice.com, (consulté le 12 octobre 2018)
  8. « Le développement du coworking s'accélère en France », sur lepoint.fr, (consulté le 12 octobre 2018)
  9. « QVT : brève histoire d'un concept », sur anact.fr, (consulté le 24 octobre 2018)
  10. « Espaces de travail : un élément essentiel à la qualité de vie au travail », sur anact.fr (consulté le 24 octobre 2018)
  11. « Incidence global du design biophilique sur l'environnement au travail », sur interfaceinc.scene7.com, (consulté le 24 octobre 2018)
  12. « Incidence globale du design biophilique sur l'environnement au travail », sur interfaceinc.scene7.com, (consulté le 24 octobre 2018)
  13. « Jardins, potagers...Des bureaux plus verts pour des salariés plus performants. », sur capital.fr, (consulté le 24 octobre 2018)
  14. « Lumière naturelle : une fenêtre sur la productivité de l'entreprise », sur greenme.fr (consulté le 24 octobre 2018)

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