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Camps d'extermination polonais

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Camp d'extermination polonais ou camp de concentration polonais sont des termes trompeurs, utilisés dans certains médias internationaux, et par des personnalités publiques, en référence aux camps de concentration et d'extermination construits et gérés par l'Allemagne nazie dans le Gouvernement général et d'autres parties de la Pologne occupée pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 2016, le ministre de la Justice polonais Zbigniew Ziobro envisage la promulgation d'une loi permettant de condamner à cinq ans de prison les personnes qui utiliseraient cette expression.

Origines

L'expression apparaît avant la fin de la guerre, alors que la Pologne est toujours occupée. En 1944, le résistant polonais Jan Karski, dans ses écrits « Courrier de Pologne », évoque ces camps et utilise le terme « camps de la mort polonais  » sans avoir l'intention d'impliquer les Polonais dans la responsabilité de ces camps d'extermination. Après la guerre, selon le magasine The Times of Israel, l'agence 114 affiliée aux renseignements allemands, aurait mis en place le terme « camps de la mort polonais » dans des documents afin de blanchir certaines recrues qui seraient intervenues dans ces camps[1].

Histoire

L'utilisation de ces termes a été décrite en 2005 comme une insulte par le ministre des Affaires étrangères polonais Adam Daniel Rotfeld (lui-même juif et survivant de la Shoah), qui a également allégué que - intentionnellement ou non - elle déplace la responsabilité de la conception, de la planification, de la construction et de l'exploitation de ces camps de l'Allemagne vers le peuple polonais. L'utilisation de ces termes, en mentionnant explicitement "la Pologne" ou "polonais", a été découragée par les gouvernements polonais et israélien, les organisations de la diaspora polonaise dans le monde, et les organisations juives telles que l'American Jewish Committee[1].

En 2012, le président Barak Obama, lors d'un hommage posthume à Jan Karski, indique « Avant un voyage au travers des lignes ennemies, des résistants lui avaient raconté que les Juifs avaient été tués en masse, ils l'ont introduit en cachette dans le ghetto de Varsovie et dans un camp polonais de la mort pour qu'il voie lui-même ce qu'il en était ». Ces propos ont provoqué de vives réactions de la part de représentants polonais[2]. Toujours en 2012, l'ambassadeur de Pologne en France , Tomasz Orlowski est intervenu auprès de Pierre- Marie Chris directrice de France info, l'expression ayant été employée lors d'une émission[3].

En 2016, le ministère de la Justice dirigé par Zbigniew Ziobro dans le gouvernement de la conservatrice Beata Szydło envisage la promulgation d'une loi instituant une peine de prison de cinq ans pour l'utilisation de cette expression[4],[5]. Pour le ministre de la Justice polonais : « il s'agit d'un projet qui rencontre les attentes des Polonais, qui sont blasphémés dans le monde, en Europe, même en Allemagne [où l'on prétend] qu'ils sont les responsables de l'Holocauste, qu'en Pologne il y avait des camps de concentration polonais, des chambres à gaz polonaises »[6].

Un programme informatique permettant de détecter les expressions comme « camps nazis polonais » est mis au point par le Musée national Auschwitz-Birkenau. Le directeur du musée indique : « Lorsqu'ils mentionnent les camps allemands construits en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de médias écrivent encore ‘camps de la mort polonais’ ou ‘camps de concentration polonais’. Ces erreurs sont à la fois communes et très douloureuses pour les Polonais. Nous voulons donc faire en sorte que cette erreur cesse de se répandre et que cette falsification de l'Histoire prenne fin. »[7].

Références

Articles connexes

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