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Charles-Erick Labadille

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C E Labadille et prunier en fleurs

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Charles-Érick Labadille est un écrivain français, écologue, parolier satirique et compositeur. Ce dilettante, également graphiste et photographe, est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages littéraires et de 4 albums de chanson française.

Biographie

L'expérience graphique

Charles-Érick Labadille est né le 7 août 1955 à Caen (14, France) d'un père, Charles-Jacques Labadille, fonctionnaire, et d'une mère, Monique Bellat, journaliste puis enseignante. Il passe sa première jeunesse aux quatre coins de l'hexagone, au rythme des mutations professionnelles de ses parents : Alençon (61), Arras (62), Digne-les-Bains (04)… enfin Écouché (61) où sa mère vient se fixer en 1967. Il suit alors ses études secondaires à Argentan jusqu'au baccalauréat littéraire qu'il obtient dans sa seizième année. Il entre à l'Université de Rennes en licence d'Arts Plastiques. Ce choix est motivé par un environnement familial favorable et un intérêt pour le graphisme qui s'est précisé vers 1967. Du côté des grands-parents maternels, on est peintre-cartonnier[1] aux Tapisseries d'Aubusson depuis des générations ; du côté paternel, le grand-père homéopathe[2] peint pour son loisir, mais c'est surtout Charles-Jacques LABADILLE[3], artiste original, écrivain et coloriste de talent qui expose dans différentes galeries. Son fils se tourne plutôt vers le dessin et produit, de 1967 à 1979, des réalisations graphiques comme : deux B.D. inachevées en collaboration avec Philippe GUILBERT (1969-1974) ; des couvertures pour la revue de poésie L'Ecchymose n° 20-21-22 (1975-1976)[4] et les illustrations d'un recueil de poèmes « Voilà un brin de terre pour les ciels fauves de Ganagobie »[5] (1976) en collaboration avec son père ; la pochette du 33 tours du guitariste Michel MOULINIÉ, « Chrysalide »[6] (1978) et divers dessins en noir et blanc.

L'expérience musicale

Mais Labadille, à l'écoute d'une époque changeante, est enthousiasmé par la révolution musicale des années 68 : plutôt que vers le professorat de dessin auquel il s'était destiné, c'est donc vers la musique qu'il s'oriente désormais. En effet, il a commencé à apprendre en classe de première, avec un camarade de lycée, les chansons de Leonard Cohen[7], d'Hugues Aufray[8] et les rudiments de la guitare. L'apprentissage continue en autodidacte à partir de cette date. De 1973 à 1989, les expériences musicales se succèdent. À 19 ans (1974) il est enregistré à la SACEM[9] en tant qu'auteur-compositeur et dépose ses premières chansons. Il participe aux groupes locaux « Arkhàm » (1973-1976) et « Formes » (1977-1979), inscrits entre folk music et chanson française. Après une première période où travail (dessinateur en urbanisme) et activité artistique sont associés, il vit de la musique de 1980 à 1989, en se produisant en public et dispensant des cours de guitare dans les Maisons de la Culture de Caen. En 1978, deux rencontres essentielles vont orienter les choix du musicien, passant peu à peu de l'univers du folk-blues à ceux de la bossa-nova et du swing : celle de Michel MOULINIÉ[10], compositeur et guitariste de talent, ami de Francis CABREL[11] ; celle des frères GIVONE, Jean-Claude et Daniel[12], ce dernier également guitariste d'exception. Ces musiciens participent aux deux vinyles de Labadille produits à cette époque : « Chansons à Climats »[13] (1980) et « Pendre un enfant par le cou » (1986). Si la musique de Labadille évolue, les paroles de ses chansons restent fidèles à trois principes fondateurs : le choix de la langue française ; la défense d'une certaine exigence, inscrite dans la lignée d'auteurs comme Boris Vian, Claude Nougaro… ; le recours au second degré, à l'humour et à l'autodérision pour se démarquer des auteurs dits « à textes ». Ces chansons sont appréciées entre autres par l'animateur de France-Inter José ARTHUR qui les passe au pop-club. En 1984, le directeur artistique Jacques Canetti, à la retraite, l'invite néanmoins à rencontrer un ami producteur et propriétaire de cabaret parisien. Mais d'autres engagements, et certainement une résistance à partir vivre à la Capitale, en décident autrement…

Le temps de l'écologie

En effet en 1990, le musicien qui vient d'avoir 35 ans se découvre de nouvelles passions. Il se marie vers cette époque avec Odile, union bientôt suivie de la naissance de leurs enfants, Pierre (1992) et Mélanie (1994). Touche-à-tout par nature, il est également séduit depuis quelques années par un vaste champ d'investigation capable d'aiguiser sa curiosité et d'assouvir son irrésistible besoin d'activité : il s'agit de l'écologie et du patrimoine naturel auxquels il consacre désormais tout son temps. Cette immersion dans ce nouveau domaine de compétence débute par la reprise d'études supérieures où il se passionne, entre autres, pour la botanique. Il est initié à cette discipline par deux enseignants avec lesquels il tisse des liens d'amitié : Alain LECOINTE[14], éminent bryologue et Michel PROVOST, auteur de la « Nouvelle flore vasculaire de Normandie »[15]. Ce cursus, la rencontre de naturalistes et son implication dans diverses associations de protection de la nature l'amènent à s'intéresser au caractère indicateur de la végétation et à entamer une recherche doctorale qu'il achève en 2000. Cette thèse de biologie, consacrée à l'étude des associations et des paysages végétaux d'une zone de contact entre le Massif Armoricain et le Bassin Parisien, est conduite sous la direction de Bruno de FOUCAULT, l'un des théoriciens majeurs de la nouvelle phytosociologie synusiale. Par la suite, LABADILLE consacre son travail, pendant près de 25 années, à l'identification et la préservation du patrimoine naturel et à la gestion conservatoire. À partir de 1997, LABADILLE entame en parallèle une activité d'auteur, avec la publication de communications scientifiques et de livres (« Montagnes de Normandie »[16], « Fleurs et milieux naturels de Normandie »[17]…) dont le dixième paraîtra en 2015. Cette production marque, de 2008 à nos jours, l'enclenchement d'une nouvelle période où l'auteur souhaite rapprocher les deux voies qu'il a suivi tour à tour, celles de l'imaginaire et du rationalisme, de la culture et de la nature...

L'édition et la production

En 2009, parallèlement à l'activité d'ingénierie écologique, Charles-Érick LABADILLE crée une petite maison d'édition et son site de diffusion culturelle sur internet, le Bazar des Arts[18]. Cette nouvelle orientation l'amène d'abord à poursuivre son activité littéraire, avec une période particulièrement productive puisque les années 2008 à 2013 voient l'écriture de 5 ouvrages, chronologiquement : « Les médicinales de nos campagnes »[19], « Paroles z'ou musique »[20], « De la nature à votre table »[21] (avec A. Hastain), ainsi que deux ouvrages à paraître pour 2014-2015. Ces cinq années sont également consacrées à la création musicale avec la réalisation de 2 nouveaux albums : « Paroles z'à musique »[22] (2009, sous le pseudonyme de CÉLAB[23]) et « Chansons d'humour »[24] (2013) débouchent sur la formation du groupe de chanson swing, les LARIGOTS qu'il crée avec les frères GIVONE retrouvés pour l'occasion. Dans le cadre des Éditions de l'Inconnu, il édite le premier album « Tales of the human race » du groupe ALCHEMICAL WEDDING[25] et coédite le CD de musique du monde « Prayer for peace » du TAR CHALA GROUP[26], un ensemble réuni autour du joueur de sarangi népalais Bharat NEPALI.

Le parolier

Côté paroles, LABADILLE a choisi le sourire, car comme le disait Jacques STERNBERG, il est « moins une littérature qu'une façon de voir les choses, une vision déformée, déformante, et la faculté de traduire cette vision, non avec des hurlements lyriques, mais avec un sourire, glacé de préférence, parfois méprisant. Mais poli. Un peu condescendant. »[27]. De là à brosser un tableau général de la vie dont chaque chanson est une saynète, un morceau choisi dans nos existences anonymes, un peu désabusées, un peu dérisoires mais souriantes, il n'y a qu'un pas que l'auteur franchit à la manière d'un Jean de LA FONTAINE, d'un Raymond QUENEAU, d'un Claude NOUGARO, rares auteurs dont LABADILLE aime à se reconnaître. Le style de LABADILLE, plutôt classique dans la forme, se reconnait à la concision de ses courtes fables et à ses chutes comiques soigneusement préparées :

« Moi je me sers de l'autobus Car j'y voyage sans problèmes
J'ai un chauffeur comm’ le Négus Pour le mêm’ prix j'ai un harem
Mais avoir autant de compagnes Ne m'empêch’ pas d'êtr’ prévenant
Et tous les soirs je raccompagne Un nombr’ de fill's impressionnant… »
Extraits de « Transports z'urbains », 1986

Bibliographie

Ouvrages

  • 1998 « Découverte des bois de la Normandie armoricaine »[28], livre, 132 p., éditions CÈDRE.
  • 2006 « Montagnes de Normandie », guide touristique, 192 p., édition CORLET.
  • 2006 « Autour de la Roche d'Oëtre en Suisse Normande »[29], livret touristique, 32 p., éditions OREP.
  • 2007 « Fleurs et milieux naturels de Normandie », livre naturaliste, 216 p., éditions OREP.
  • 2008 « Les médicinales de nos campagnes », livre, 128 p., éditions OREP.
  • 2009 « Nature, plantes et santé »[30], guide, 44 p., éditions OREP.
  • 2010 « Paroles z'ou musique », essai humoristique et recueil de chansons, 160 p., éditions de l'INCONNU.
  • 2010 « De la nature à votre table », en collaboration avec Alain HASTAIN, livre, 160 p., éditions OREP.

Communications et recherches scientifiques

  • 1997 « Données complémentaires sur la végétation des terrains arides de la Normandie armoricaine ». En coll. avec Bruno DE FOUCAULT. Bull. de la société botanique du Centre-Ouest, tome 28, p. 77-106.
  • 1999 « Les frênaies-érablières de ravin de la Normandie armoricaine ». Acta Botanica Gallica, volume 146 (4), p. 319-352.
  • 1999 « De la notion d'associations intermédiaires : vers une analyse des communautés végétales de contact ». Bull. de la Société Linnéenne de Normandie, vol. 117, p. 21-28.
  • 2000 « Le système intermédiaire dans le Val d'Orne (14, 61, France), associations, paysages végétaux et valeur patrimoniale d'une zone de contact géomorphologique »[31]. Thèse de doctorat en sciences biologiques, 580 p., 2 tomes, laboratoire de botanique, Université de Lille II.
  • 2000 « Escarpements siliceux des terres intérieures », p. 138-145. La Manche sauvage, collectif de 18 scientifiques, 160 p., éditions OUEST-FRANCE.
  • 2001 « Contribution à l'étude malacologique du haut bassin siliceux de l'Orne : nouvelles données sur la présence de Margaritifera margaritifera et de Unio crassus ». En collaboration avec G. COCHET, G. EVEN et O. HESNARD. Bull. de la Société Linnéenne de Normandie, vol. 119, p. 110-132.

Discographie

  • 1980 « Chansons à climats », Labadille.
  • 1986 « Pendre un enfant par le cou », Labadille / Givone.
  • 2009 « Chansons à climats-Chansons mathématiques ». Réédition CD 1980-1986[32].
  • 2009 « Paroles z'à musique, Musiques sans paroles », Célab.
  • 2013 « Chansons d'humour ». Les Larigots.
  • 2013 « Long gloomy songs »[33]. Réédition de 9 titres de 2009. Les Larigots.

Liens externes

Notes et références

  1. Jean Bellat, Émile Duron, Georges Bellat, peintres-cartonniers aux manufactures d'Aubusson. [1] [2]
  2. Docteur Charles Labadille, ancien interne de l'hôpital civil de Versailles. Les Dilatations anévrismales de l'oreillette gauche. Travail du service du docteur Lutembacher. [3]
  3. Charles-Jacques Labadille, biographie
  4. L'Ecchymose-Didier Michel Bidard. Archives
  5. Charles-Jacques Labadille, V'là un brin de terre pour les ciels fauves de Ganagobie : chants et poèmes. Illustrations de Charles Labadille. 40 p., Caen, édition D.-M. Bidard-l'Ecchymose, 1976. Ganagobie
  6. Michel Moulinié, Chrysalide, album produit par Francis Decamps (Ange), 1978. [4]
  7. Léonard Cohen. Songs of Léonard Cohen, Columbia Records, 1967
  8. Hugues Aufray chante Dylan. 45 tours, Barclay (70 938), 1966
  9. SACEM. Qui a créé quoi ? Les œuvres soumises au droit d'auteur de Charles Labadille. [5]
  10. Michel Moulinié. « Lente course », YouTube, 2011
  11. L'orchestre « Les Gaulois », M. Moulinié, F. Cabrel, Nérac, années 1970. [6]
  12. Daniel Givone, discographie
  13. C. É. Labadille, « Chansons à climats », vinyle. Revue Rock and Folk, Fous du Folk, "De Normandie et d'ailleurs", critique de Jacques VASSAL, septembre 1983. [7]
  14. Alain Lecointe (1943-1998). Nécrologie, Bulletin de la Société Botanique du Centre-Ouest, tome 29, p. 661-664. 1998.
  15. Michel Provost. Flore vasculaire de Basse-Normandie, Tomes 1 et 2, Presses Universitaires de Caen, (2ème édition), 2013. [8]
  16. Éditions Corlet. « Montagnes de Normandie », beau livre, résumé, 2006
  17. Conservatoire des jardins et des paysages. Compte-rendu d'ouvrage : « Fleurs et milieux naturels de Normandie », 2007. [9]
  18. Le Bazar des Arts : une vitrine à la disposition des créateurs régionaux. [10]
  19. Éditions Orep. Thématique : médecines naturelles. Les Médicinales de nos campagnes. 2008. [11]
  20. BNF. 9, histoire, géographie et biographies : « Paroles z'ou musique », résumé, 2009. [12]
  21. Le choix des libraires. Jean Morzadec, directeur de programme à France-Inter. Compte-rendu de « De la nature à votre table ». [13]
  22. Friendship-first. Paroles z'à musique – musiques sans paroles 2009
  23. Artistes normands : discographie de Célab
  24. Django Station. Article critique de « Chansons d'humour du Trio Larigot. [14]
  25. Éditions de l'Inconnu : « Tales of the human race » du groupe Alchemical Wedding, 2011. [15]
  26. Éditions de l'Inconnu : « Prayer for peace » du Tar Chala Group, 2010
  27. Jacques Sternberg. Préface de « Les chefs-d'œuvre du sourire », 478 p., Anthologie Planète, 1964.
  28. Maison de la recherche en sciences humaines. Petit-Berghem Y. Compte-rendu d'ouvrage 1999. « Découverte des bois de la Normandie armoricaine (de Charles-Érick Labadille) », A.F.F.O. Cèdre Val-d'Orne-Environnement, 1998, 132 p. Histoire et Sociétés Rurales, 11, 244-245. [16]
  29. Bazar des Arts. Fiche descriptive : « Autour de la Roche d'Oëtre en Suisse Normande », 2006. [17] (http://www.bazardesarts.com/la-boutique/litterature/charles-erick-labadille/autour-de-la-roche-doetre-en-suisse-normande.html)
  30. Éditions OREP. Fiche descriptive « Nature, plantes et santé », 2009
  31. Orlabs. OCLC. Worldcat identities. Publications : Le système intermédiaire dans le Val d'orne, 2000. [18]
  32. Bazar des Arts. « Pendre un enfant » 1986 et réédition 2009 (http://www.bazardesarts.com/la-boutique/musique/chanson-dauteur-celab/cel996-climats-mathematiques-double-cd.html)
  33. Deezer. Long gloomy songs, 2013

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