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Christiane Duparc

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Journaliste, écrivain, Christiane Duparc, Née en 1940, est issue d'une famille d'Afrique du Nord.

Biographie

Inscrite à la Sorbonne, elle suit des études de philosophie jusqu'à la licence. Elle y fréquente alors la mouvance de Clarté, faisant notamment la connaissance de Bernard Kouchner. Elle vit de traductions avant d'entrer au mensuel Réalités en 1964. Secrétaire de rédaction, elle y publie aussi quelques articles. Mais c'est par son goût pour l'art et le biais de son compagnon d'alors – qui est critique d'art – qu'elle en vient à fréquenter les milieux artistiques de la capitale et à rencontrer Claude Perdriel. Établissant de très bons rapports avec le directeur du Nouvel Obs, elle s'y fait embaucher en octobre 1967 comme critique d'art moderne. Bien qu'ouverte sur l'international comme sur la province, elle reste essentiellement centrée sur le milieu parisien, notamment sur celui du Maine - Montparnasse ou du Grand Magic Circus.

Une carrière mouvementée au Nouvel Observateur

Ses articles, souvent très critiques à l'égard de l'art institutionnel, lui valent très vite des inimitiés. Ainsi, en mars 1968, un de ses papiers critiquant les maisons de la culture n'est pas publié pour ne pas mécontenter Malraux. Mais soutenue par Claude Perdriel et peu freinée par Guy Dumur, elle fait preuve d'une certaine liberté qui se manifeste en mai 68 quand elle couvre pendant plusieurs semaines les artistes les plus alternatifs des Beaux-arts ou de la Sorbonne. Elle se situe alors dans la gauche du journal, proche de journalistes comme René Backmann, Mariella Righini, Claude Angéli ou Jean-Francis Held. Fréquentant par leur biais la mouvance maoïste, il lui arrive même de distribuer La Cause du peuple avec ses amis et Sartre.

Mais ses papiers provoquent l'ire des milieux institutionnels qui s'en plaignent auprès de Jean Daniel par le biais d'André Fermigier. Ainsi, lorsqu'elle publie un papier critique sur une exposition de Françoise Cachin qui estl'épouse de Pierre Nora, François Furet se plaint à Jean Daniel et elle reçoit sa lettre de licenciement. C'est alors que son ami Olivier Todd la reprend au service Notre époque. À partir de septembre 1970, elle intègre donc les pages société où elle publie des papiers surtout sur le design et l'urbanisme. Mais elle manifeste des difficultés à achever ses papiers, prenant près de trois mois pour un article sur Parly II (18 janvier 1971) ou pour une enquête sur l'école maternelle (novembre 1971).

Elle souhaite alors se recaser au desk mais Jean Daniel préfère l'adjoindre à Serge Lafaurie à la tête du service en l'absence momentanée d'Olivier Todd. Elle y fait ses preuves au point que ce dernier la prend comme adjointe à son retour.

Elle cesse alors de chercher un avenir dans d'autres entreprises professionnelles comme elle avait pu le faire en participant aux réunions préparatoires au lancement de Politique Hebdo ou de J'accuse. En effet, bien qu' hostile à l'embourgeoisement et à la ligne politique de L'Obs, elle se trouve en porte-à-faux avec le dogmatisme qui règne dans ces journaux. De plus, elle a, en 1973, l'occasion de prendre la direction de la section Notre époque grâce à Olivier Todd qui cherche à s'en décharger. Mais si ce dernier lui assure d'être dégagée de toute tutelle (notamment de Pierre Bénichou ou Serge Lafaurie), elle n'en a pas moins du mal à s'imposer auprès d'une base où certains (comme Mariella Righini et Hervé Chabalier) font circuler une pétition pour s'opposer à sa nomination.

Imposant donc d'abord son autorité avec douceur, elle s'appuie sur Anne Fohr pour assurer l'intendance de la rubrique. Parallèlement, elle entreprend une politique d'embauche très fructueuse comme l'illustrent les arrivées de Claire Bretécher (octobre 1973), de Delfeil de Ton (septembre 1975), de Pierre-Marie Doutrelant (septembre 1977), d'Alain Schifres (mai 1980), de Reiser (septembre 1980) et, plus tard, de Wolinski (mars 1984). Mais au fur et à mesure elle prend « de l'assurance et de l'arrogance[1] » alors que son manque de présence, de professionnalisme et de travail lui met à dos toute une partie des rédacteurs (François Caviglioli, François Dupuis, Hervé Chabalier, Patrice Lestrohan, Fabien Gruhier).

Des tensions internes

S'appuyant sur ses recrues et sur la direction de la rédaction, elle instaure une véritable terreur, surtout avec les femmes du service[2] comme Mariella Righini ou Chantal de Rudder. Mais son remplacement temporaire par Jean-Francis Held durant son congé de maternité (novembre 1977 – mai 1978) ne satisfait pas non plus une partie du service, notamment les hommes (Pierre-Marie Doutrelant, Gérard Petitjean, Fabien Gruhier). À son retour, elle réussit donc à imposer son autorité malgré les prétentions de Held qui, supportant mal son retour, quitte le journal le mois où elle est nommée rédactrice en chef-adjoint (septembre 1979), toujours en charge du service.

Proche de Franz-Olivier Giesbert, elle accueille avec enthousiasme sa nomination comme rédacteur en chef (1985) et très mal son départ (1988). Claude Perdriel lui offre alors d'assurer la Une du journal et un service dossier indépendant. Mais elle se heurte à l'opposition de Jean Daniel et de ses proches au point qu'en 1990, elle démissionne.

Bibliographie

  • " La Communauté européenne et les droits de l'homme" Editeur : Communauté Européenne (1993)

Notes

  1. Entretien de Mariella Righini avec François Kraus le 19 juillet 2004.
  2. Entretien de Mariella Righini avec François Kraus le 19 juillet 2004.


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