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Christophe Chomant

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Christophe Chomant né en 1963 à Caen (14) est enseignant, éditeur, écrivain, musicien et miliant politique socio-libéral.

Origines sociales

Chr. Chomant est issu par son père d'un prolétariat agricole et par sa mère d'une bourgeoisie gaulliste. Ces origines sociales contrastées l'inciteront à se passionner pour la sociologie, notamment politique. Elles le rendront méfiant à l'égard de tout sectarisme social ou politique et le guideront vers le centrisme.

Scolarité

Trois étapes marquent sa scolarité : une institutrice qui l'initie à l'écriture et à l'édition d'un journal de classe ; les classes musicales du Conservatoire de Rouen, à l'origine de son roman 1, rue Faucon ; un professeur au Lycée Corneille de Rouen, écrivain et homme politique camerounais, Alexandre Biyidi, alias Mongo Beti[1],[2], qui lui met le pied à l'étrier de l'écriture. Après un Bac C, Chr. Chomant passe, à 17 ans, le concours de l'École Normale d'instituteurs de Mont-Saint-Aignan (76), et poursuit parallèlement à son métier un cursus de Sciences de l'Éducation jusqu'au DEA et la rédaction d'une thèse de doctorat, un DEA de Sciences Sociales et philosophie de la connaissance (en anthropologie des valeurs et croyances) à Paris IV Sorbonne, ainsi qu'un DEA de Sciences cognitives (EHESS, Ens Ulm, Polytechnique).

L'enseignant

Christophe Chomant commence sa carrière d'enseignant en 1984 par deux années au Centre Départemental de l'Enfance de Canteleu, auprès d'adolescents présentant des troubles du comportement, associés ou non à une déficience cognitive, des adolescents malentendants ou en situation d'accueil d'urgence. Années difficiles qui l'éclaireront sur les comportements de souffrance et de violence chez l'être humain. De 1986 à 2002 il assure les fonctions de remplaçant en école maternelle ou élémentaire sur les secteurs de Rouen nord depuis la petite section de maternelle jusqu'au CM2 en passant par les classes spécialisées. Il obtient en 2002 une direction d'école maternelle à Quincampoix, au nord de Rouen[réf. nécessaire].

Sa pédagogie, exposée notamment dans Choix pédagogiques en école maternelle, proche de Montessori, repose sur les principes d'une relation de travail individualisée, quasi-préceptorale, la mise à libre disposition d'un matériel abondant et riche, et un certain libéralisme d'action visant à développer l'autonomie et la responsabilisation individuelle chez l'élève.

L'écrivain

Sa production alterne entre des textes de narration et de réflexion.

1997 : La Petite Lézarde : souvenirs d'enfance romancés à Carnac-plage.
2001 : L'histoire de la Crète et du Roi Minos : mythologie crétoise depuis la naissance de Zeus jusqu'à la mort de Minos. Pour le jeune public.
2002 : Les Fiancés du crépuscule : roman traitant du cycle ininterrompu de la mort et de la vie, que génèrent l'amour et le désir.
2003 : La Couleur du soir : roman dévoilant une vision désabusée de l'être humain et de la politique sur un mode faussement idéaliste.
2004 : Onze itinéraires du XXe siècle : recueil de portraits de militants politiques fictifs et emblématiques du XXe siècle.
2005 : Normale : vrais-faux « Souvenirs d'un vieil académicien ».

2006 : Qu'est-ce qu'une école ‘juste’ ? Diversité naturelle des potentialités cognitives et idées d'égalité scolaire et sociale

2006 : Guérir le collège, sans tabou ni langue de bois (2006)[3]
2012 : 1, rue Faucon : roman dénouant un drame enfoui au sein des classes musicales du conservatoire de Rouen dans les années 1970.

L'anthropologue

Matérialiste moniste, athée, Christophe Chomant essaie de comprendre les comportements humains, cherche un sens à l'existence de l'individu et de l'espèce humaine. La philosophie politique et les raisons qui fondent les opinions de chacun sont au cœur de ses interrogations.

Éducation

Dans le domaine de l'éducation, après une jeunesse empreinte de pensée marxiste et bourdieusienne, selon laquelle les différences de résultats scolaires seraient essentiellement déterminées par des cercles vicieux liés à l'environnement (comme cela transparaît dans ses articles parus dans la revue anarcho-syndicaliste L'Ecole Emancipée au début des années 1980), un cursus de sciences de l'éducation jusqu'à la rédaction d'une thèse de doctorat l'amène à s'interroger sur les causes des inégalités de résultats scolaires et leurs possibles remèdes. Transgressant les dogmes et tabous en vigueur au sein des sciences de l'éducation, il explore les domaines de la neurobiologie cognitive et de la génétique. Les résultats de ses travaux suggèrent des facteurs naturels de transmission des potentialités cognitives qui se démarquent du dogme environnementaliste et « complotiste » bourdieusien. Sa thèse est mal reçue par les milieux des sciences de l'éducation. Malgré le feu vert des rapporteurs, décidé à ne pas devoir renier le contenu de ses travaux, il choisira de ne pas la soutenir.

Poursuivant ce même thème des inégalités d'éducation, il explorera en DEA de sciences sociales et philosophie de la connaissance à Paris IV Sorbonne l'anthropologie des valeurs et croyances égalitaires. Son mémoire de recherche, "Quelles inégalités l'École peut-elle réduire ? Les implications de la neurobiologie cognitive dans le champ de la mobilité sociale, de l'anthropologie des croyances et de la philosophie politique", est dirigé par le sociologue Raymond Boudon[4].

Il suit par ailleurs, au cours de ce même DEA, le cours de logique épistémique de Pascal Engel, qui lui fait découvrir l'approche matérialiste moniste des idées individuelles et collectives exposée par l'anthropologue Dan Sperber dans son ouvrage La contagion des idées.

Attaché aux valeurs de gauche (justice, équité, solidarité), Chr. Chomant rédige en aval de ce DEA un ouvrage intitulé Guérir le collège, sans tabou ni langue de bois (2006)[3], dans lequel il expose la nécessité de créer des classes de niveau, d'éradiquer la violence et d'imposer le travail et la culture de l'excellence au collège, dans l'objectif de permettre aux potentialités cognitives et motivations des élèves issus des milieux défavorisés et immigrés de s'épanouir pleinement, ceci permettant de fluidifier la mobilité sociale intergénérationnelle et de renforcer la méritocratie sociale.

Christophe Chomant est consulté sur les évolutions souhaitables au collège par Jean-Pierre Villain, conseiller du Ministre de l'Éducation Jack Lang, et par Michel Vignal, Secrétaire national à l'Éducation du Mouvement des Citoyens présidé par Jean-Pierre Chevènement, dans la perspective des élections présidentielles de 2002.

Idées de « temps »

S'appuyant sur les écrits d'Aristote et Saint Augustin, sur l'expérience ordinaire, sur les sciences cognitives et sur la neurobiologie évolutionniste, Chr. Chomant développe l'hypothèse selon laquelle le « temps » ne serait pas un phénomène appartenant au monde mais un ensemble d'idées construites par la cognition à l'insu de la « conscience » (mémoire de travail) sur la base des mouvements de mobiles perçus dans le monde – un monde qui ne serait constitué en réalité que d'espace, de matière et de mouvement peuplant un éternel « présent ». Ces idées sont exposées de façon synthétique d'abord dans un Entretien entre un étudiant et un professeur sur les idées de ‘temps’, dans une perspective cognitiviste, matérialiste et atemporaliste (2005), puis de façon plus détaillée dans un Exposé sur les idées de « temps » (2011).

L'éditeur

Première initiation aux différentes étapes de l'édition de textes en fin d'école primaire. Edition et publication de la revue du Lycée Corneille de Rouen Ellipses (1980-81). Début de l'activité d'édition en 1997 avec l'auto-édition de La Petite Lézarde. Développement de la maison d'édition par le biais des salons du livre et la rencontre d'auteurs.

A partir de 2000, Chr. Chomant imprime et façonne lui-même les livres (imprimantes laser recto-verso et jet d'encre, agrafeuse, massicot). Sont créées les collections : roman, poésie, théâtre, textes anciens, mémoire, témoignage, ateliers d'écriture, productions scolaires, jeunesse, livres d'artiste, politique…

Son catalogue compte des auteurs hauts-normands, nationaux ou internationaux, parmi lesquels Luis Porquet, Patrick Verschueren, Christophe Ronel, Jean Rocchi, Juliette Speranza, Jean-François Kosta-Théfaine, Renata Scant, Jean-Marie Bockel, Dominique Caillat, Dmytro Tchystiak... ou du domaine public, tels que Ptahhotep, Ovide, Longus, Marie de France, Jane Austen, Zola, Maupassant, Frédéric Bastiat...

Le papetier

Avec les chutes de papier vierge issus du massicot, Chr. Chomant puise à la cuve des feuilles de papier artisanal, à partir desquelles sont produits des livres objets uniques.

Le militant politique

Marxisme originel

Issu de parents militants de gauche (père radical libertaire, mère oscillant entre communisme et socialisme) et d'un environnement socio-culturel marxiste et associatif, Christophe Chomant est, à quinze ans, partagé entre marxisme, humanisme, individualisme libertaire et pacifisme. Il lit les classiques marxistes et s'intéresse de près au fonctionnement du communisme, qui le séduit.

Un voyage dans les pays ex-socialistes (Tchécoslovaquie, Pologne, Hongrie) à l'issue de la chute du Mur, au début des années 1990, lui fait découvrir le quotidien du système communiste : pénurie, pauvreté, retard technologique, déresponsabilisation des individus, dégradation des biens communs, assistanat, emploi public pléthorique… Restant attaché aux valeurs de gauche de justice, d'équité et de solidarité, il se détache des conceptions communistes en matière d'économie et d'emploi.

Partage du temps de travail

Attiré par l'action politique, il s'engage auprès de Pierre Larrouturou dans son projet de « Semaine de 4 jours », par lequel les entreprises s'engageant à réduire le temps de travail à 32 h et à embaucher 10 % de personnel seraient exonérées de charges Unedic. Il est candidat sous la bannière de Pierre Larrouturou aux élections européennes de 1999, puis aux élections législatives de 2002 dans la 10e circonscription de Seine-Maritime sous la bannière "Nouvelle Donne" [5]. Ce mouvement politique, ensuite, s'essouffle financièrement et s'évanouit.

Social-libéralisme

Recevant l'enseignement économique libéral de Raymond Boudon en DEA à Paris IV Sorbonne, il prend ses distances avec la conception du "gâteau fini" de l'emploi, selon laquelle il suffirait de réduire le temps de travail pour le répartir. Il découvre Smith, Tocqueville, Rawls, Walzer, Hayek, Nozick… et envisage la question de l'emploi comme étant liée au dynamisme, à la liberté et à la capacité d'embauche des entreprises.

Ce chemin le conduit vers la fraction sociale-libérale du Parti socialiste, incarnée par le sénateur et maire de Mulhouse Jean-Marie Bockel. Rejoignant le groupe de la « motion 4 » (sociale-libérale) du Congrès du Mans en 2005[6] (dont il publie le texte, Pour un socialisme libéral), puis le mouvement social-libéral « Réformisme et Rénovation » animé par Jean-François Pascal, il co-anime la boucle de discussion e-mails et conçoit et coordonne la rédaction collégiale du recueil d'articles Le ‘programme social-libéral ; responsabiliser l’individu pour améliorer la société (2007). Il aspire à la création d'un grand parti social-libéral (ou social-démocrate) français qui serait plus en phase que le Parti socialiste avec les aspirations et attentes des électeurs français aux scrutins nationaux (présidentielles et législatives). Ce parti concilierait les valeurs de gauche – justice, équité, solidarité –, la responsabilisation des individus et la dynamisation des entreprises. Sa finalité serait le retour au plein emploi et la résorption de l'extrême droite. Ces aspirations politiques sont exprimées dans Le libéralisme de progrès expliqué à mes amis de gauche (2007) ainsi que dans le cadre du Mouvement Libéral et Républicain de Progrès, une ébauche de mouvement politique n'ayant d'existence que sur le net.

Il est en novembre 2008 l'un des membres fondateurs du parti La Gauche Moderne présidé par Jean-Marie Bockel, alors nommé par Nicolas Sarkozy Secrétaire d'État à la Francophonie. Membre du Bureau National de La Gauche Moderne et responsable du département de Seine-Maritime, il se présente aux élections cantonales françaises de 2011 sous la bannière LGM dans le canton de Rouen 6[7], puis en 2012 aux élections législatives dans la 3ème circonscription de Seine-Maritime[8].

Références

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