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Cimetière militaire de Navenne

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Tombes chrétiennes du Cimetière militaire de Navenne
Tombes musulmanes du Cimetière militaire de Navenne
Tombes chrétiennes
Tombes musulmanes
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Vesoul Tombes musulmanes du cimetière militaire de Navenne 3.jpg
Vesoul Tombes musulmanes du cimetière militaire de Navenne 4.jpg
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Le cimetière militaire est un cimetière communal avec un carré militaire de la Seconde Guerre mondiale, situé sur le territoire de la commune de Navenne dans le département de la Haute-Saône.

Histoire

Fondation du carré militaire

Initialement, le cimetière de Navenne est un cimetière destiné seulement aux civils navennois. Le 26 janvier 1936, le conseil municipal de Navenne avec comme président, Monsieur Jehlen, décide à l'unanimité l'extension du cimetière communal du fait de sa capacité insuffisante. Une grande partie des familles achètent des concessions perpétuelles. L'extension est organisée par le conseil municipal, qui installe une commission. Cette commission doit acheter les terrains avoisinant le cimetière et engager les travaux. Le 26 août 1939, jour de la délibération du conseil municipal, pour la fin des travaux de l'extension du cimetière. Juin 1940 voit la défaite de l'Armée française et l'occupation allemande en France ; des milliers de personnes furent faites prisonnières. Vesoul possède des militaires du 11e régiment de chasseurs à cheval qui sont logés dans le Quartier général du Luxembourg de Vesoul depuis 1919. Les militaires du régiment quittèrent la ville en 1939 et partirent à la guerre. L'armée allemande, qui occupe une bonne partie de la France, est logée dans les casernes du Quartier général du Luxembourg. Le quartier général deviendra par la suite un camp d'internement pour les prisonniers français. Parmi ces prisonniers, de nombreux blessés s'y trouvent et, plus tard, décèderont malheureusement. Les funérailles de ces prisonniers français décédés sont à la charge de la ville de Vesoul. C'est alors qu'un carré militaire est ouvert dans l'Ancien cimetière à Vesoul. Le maire, Paul Heymès, décide d'enterrer les morts de la guerre dans le carré militaire ouvert en 1914. Dans ce cimetière, se trouvent 210 tombes de 14-18, personnes mortes pour la France. Durant l'année 1942, l'armée allemande oblige le maire de Vesoul de déterrer les corps des militaires français et de les inhumer dans un autre cimetière. Les sépultures libérées seront, par la suite, occupées par les morts de l'armée du grand Reich. C'est alors que le maire chercha l'endroit où il pourra ré-inhumer les militaires de l'Ancien cimetière de Vesoul. La maire ne pouvait pas les ré-inhumer dans un cimetière de Vesoul étant donné qu'à cette époque, la ville ne possède qu'un cimetière, le Ancien cimetière de Vesoul. Cependant, il est prévu en 1942 d'aménager un nouveau cimetière sur le flanc Est de la colline de la Motte, à Vesoul. La création d'un autre cimetière dans la ville fut demandée par les Vésuliens pour prévoir le nombre importants de personnes mortes lors de la Seconde Guerre mondiale. Le 5 juin 1944, le Nouveau cimetière de Vesoul est ouvert rue Miroudot Saint Ferjeux, à proximité des Villas du Grand Grésil. Mais la création du Nouveau cimetière de Vesoul qui fut demandée par les habitants de la ville pour leurs familles, ne servit à rien pour les militaires défunts puisque le Nouveau cimetière de Vesoul ne devait abriter que les personnes civiles et non militaires. Paul Heymès étant alors dans l'embarras, il apprit que la commune de Navenne, limitrophe à Vesoul, dispose d'un cimetière neuf et élargit complètement durant l'année 1939. Monsieur Jehlen, le maire de Navenne, connaissait très bien Paul Heymès, le maire de Vesoul et le côtoyait régulièrement. C'est alors que Paul Heymès demanda à monsieur Jehlen si les militaires audacieux morts pour la France à Vesoul, pourraient être enterrés dans le cimetière de Navenne. Du fait des problèmes de la Seconde Guerre mondiale, les deux maires ne se fréquentèrent pas. Cependant, une certaine Andrée Hamel, habitante de Navenne favorisa toutefois l'instauration d'un dialogue entre les deux édiles, et servit d'intermédiaire. Monsieur Jehlen averti par madame Hamel, accepta la proposition.

Inhumation des militaires

Dans le cimetière se trouvent une section civile et un carré militaire. Le carré militaire du cimetière contient 226 tombes dont 150 musulmanes et 76 chrétiennes.

Les corps des militaires français seront, par la suite, inhumées à Navenne. Andrée Hamel était une résistante active contre les nazis. Par chance, les Allemands et les hommes de la Gestapo ne connaissaient pas Andrée Hamel et ses activités. Andrée Hamel assista aux funérailles des militaires français car c'est un devoir avoua-t-elle. Dans le camp d'internement du Luxembourg, deux officiers français tentèrent de s'évader de la présence allemande dans le QG, le lieutenant Tissier et un capitaine. Mais, ils furent repérés et le lieutenant fut tué et le capitaine capturé. Lors des funérailles du lieutenant Tissier, le corbillard fut emmené par des soldats allemands, acte qui est très rare lors de cette période de guerre. Comme lors de tous les enterrements des militaires français, la résistante André Hamel participa à cet enterrement. Lors de ces funérailles, un silence règne, gardé par plusieurs soldats français, des commandements et une salve d'armes à feu entourent la tombe. Toutes les personnes pleuraient. Le détachement allemand a rendu honneur au corps du lieutenant Tissier. Le mois de septembre 1944 marque la libération allemande de la région comtoise. Vesoul est officiellement libéré le 12 septembre 1944. Les familles des morts de la Première Guerre mondiale seront autorisées à inhumer leurs victimes dans leurs communes respectives. La région de Vesoul est libérée mais la France est encore sous l'occupation allemande. Les militaires décédés sont inhumés dans le cimetière national de Villersexel, proche de Vesoul. Cependant, le cimetière manque rapidement de places. Les tombes devenues libres à Navenne sont alors à nouveau occupées. Le carré militaire du cimetière de Navenne contient 226 tombes dont 150 musulmanes et 76 chrétiennes. En 1957, le cimetière fut inauguré en tant que cimetière national lors d'une cérémonie dirigé par André Maroselli, secrétaire d'État à l'Armée de L'Air. Le 8 mai et le 1er novembre de chaque année, des cérémonies commémoratives sont organisées dans le cimetière pour rendre hommage au défunt disparu pour la France. Des autorités civiles et militaires, la population navennoise, des élèves et des enseignants des écoles assistent à ces cérémonies commémoratives. Les élèves réalisent un geste d'affection à la mémoire des morts, en déposant une rose sur chaque tombe, acte qui suit les sonneries règlementaires réalisées par l'harmonie municipale de Vesoul. Tous ces gestes lors des cérémonies, commémorent amplement et dignement la mémoire des courageux disparus, venant de tous lieux[1].

Vandalisme

Le 19 août 2010, le cimetière a été profané par des personnes qui sembleraient habiter la commune. Bilan des dégâts : une quinzaine de tombes ont été saccagées, une plaque funéraire a été détruite, une croix en bois a été pliée et des pots de fleurs ont été renversés. Les familles des personnes inhumées furent averties par Alain Boudot, le maire de Navenne. Selon la police municipale, cet acte horrible fut réalisé par des jeunes sans domicile fixe de la commune ou des villes aux alentours telles Vesoul, Échenoz-la-Méline ou Noidans-lès-Vesoul[2].

Personnalités enterrées

  1. Maurice Georges Marie de Courson de La Villeneuve (1879-1940)[3]
  2. Plus de 200 soldats français

Notes et références

Liens externes

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