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Collège de Laval

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Le Collège de Laval était un établissement français d'enseignement situé à Laval (Mayenne). Il est à l'origine du Lycée de Laval

Origine

Dans le décret du 17 juillet 1170, par lequel Guillaume de Passavant, évêque du Mans, approuve la fondation du chapitre du château de Laval, on voit figurer un magister scholarum[1].

Chapitre de Saint-Tugal

Les écoles de Laval sont mentionnées dans la bulle du 9 juin 1183, par laquelle le pape Lucius III confirma l'érection du chapitre, qui deviendra plus tard celui de Saint-Tugal. Entre autres droits attribués aux chanoines, on trouve la nomination des directeurs des écoles, donationem reginiinis scholarum urbis Lavalli [2].

Article détaillé : Collégiale Saint-Tugal de Laval.

En 1425, Laval possède un collège, où on enseigne les humanités[3]. Dans un concordat du 25 juillet 1425 relatif à la fixation de la juridiction des curés de la Trinité et de Saint-Tugal, il est désigné comme étant de cette dernière paroisse.

Article détaillé : Histoire de Laval au XVe siècle.

Le chapitre de Saint-Tugal a pendant longtemps seul la direction du collège[4]. Le chapitre a, en 1480, un procès contre le prieur de Sainte-Catherine, qui prétendait avoir droit de tenir une école publique , pour les enfants du fief de son prieuré.

Les maîtres des écoles étaient considérés comme faisant partie des chapelains du chapitre[5]. Le 19 août 1491, Pierre Le Baud, chanoine, est chargé de trouver un maître plus capable que Robert Corbusson qui était alors à la tète de l'école, et dont on n'était pas content. On se détermine à lui associer Barthélémy Duperrier, et il est décidé qu'ils partageraient les revenus de l'emploi.

En 1547 Guillaume Le Lavaudier est élu principal. On lui adjoint, en 1552, Laurent Le Moulnier, et en 1555, Pierre de Houlière. Tous les trois prêtèrent les serments accoutumés et reconnurent qu'ils étaient, eux et leurs régents, ad nutum capitum[6].

Laurent Le Moulnier étant devenu curé de Saint-Tugal, à la recommandation du gouverneur de Laval, continua de rester.

L'influence des habitants

C'est en 1572 que les habitants de Laval commencent à se mêler des affaires du collège. Les officiers de l'hôtel de ville et les principaux, bourgeois se présentent au chapitre, le 5 mars, et l'engagent à faire venir de Paris un ou deux régents, avec offre de contribuer de leurs propres deniers aux appointements de ces régents, et d'y faire contribuer la ville, de 50 livres peur chacun, outre 40 sols de la part de chaque écolier, dont le paiement serait exécutoire contre les parents; ces propositions furent acceptées, et il vient un régent de Paris en 1573.

En 1586, le comté de Laval est saisi, et le roi Henri III de France est investi des droits du seigneur, et veut appliquer au chapitre de Saint-Tugal les dispositions des états d'Orléans, et de Blois, de 1579, qui établissent une prébende préceptoriale dans chaque église cathédrale ou collégiale. Eu conséquence, il accorde aux habitants de Laval, le 16 mai 1586, la première prébende vacante à Saint-Tugal pour être affectée au principal de leur collèges.

Anne d'Alègre, comme ayant la tutelle ou garde-noble de son fils mineur, confère la prébende vacante à Jean Froissard. Mais le roi la conféra à François Mehaignerie, prêtre, qui était principal depuis l'année précédente. Il s'ensuivit un procès devant le grand conseil qui jugea en faveur de Mehaignerie. Celui-ci est de nouveau nommé principal, en 1587, par le chapitre, sur la présentation des habitants. Il donne sa démission deux mois après sa réception.

L'hôtel de ville présente, et le chapitre nomme en 1588, Mathieu Rardoul qui fait et signe les serments d'usage sur l'observation des statuts et ordonnances du chapitre, qu'il jure reconnaître pour seul patron. Il assistait au chœur, disait les messes du chapitre, et faisait toutes les fonctions de chanoine, excepté quand l'heure de sa classe l'en empêchait. Il se démet le 27 septembre 1598 entre les mains du chapitre. Il n'est remplacé que le 27 mars 1602, par Raldouin Coulard qui fait les mêmes serments. On ne sait pas si ce dernier avait été présentè par les habitants. Dans la même année, Baldouin Coulard donne sa démission, et est remplacé par Jean Leprêtre, qui se démet aussi peu après.

Le 5 décembre 1603, le chapitre nomme en sa place Julien Terrier. Cette nomination fut le signal d'une grande contestation avec les habitants, qui, à ce qu'il parait, n'avaient point concouru aux précédentes nominations, et qui voulurent ressaisir leurs droits. Ils nommèrent de leur côté Claude Husson, qui était un homme marié.

De là s'ensuit un procès qui est porté par appel au parlement. Au cours de l'instance, Anne d'Alègre, remet en avant ses prétentions, auxquelles elle n'avait point renoncé, sur la prébende déclarée préceptoriale, et elle y nomme Philippe Morin, clerc, fils de l'avocat fiscal au siège ordinaire du comté.

Le procès est terminé le 11 août 1607 par une transaction entre le chapitre, l'hôtel de ville, et Charlotte de Nassau, mère et tutrice du jeune duc de la Tremoille, qui avait depuis peu hérité du comté de Laval, après la mort de Guy XX de Laval[7].

Par le résultat d'un autre accord fait le 18 septembre 1607, il est réglé que le chapitre aurait la nomination du principal sur une liste de trois candidats que lui présenteraient les habitants; à condition que si l'élu manquait à ses devoirs il serait destitué d'accord par l'hôtel de ville et le chapitre.

Le 18 septembre 1625, les échevins vinrent en chapitre présenter le sieur Loriot pour principal. Il est reçu et installé par deux chanoines. Il présente François Mondière pour régent ; il meurt en 1627. François Duchemin lui succéde l'année suivante, et meurt le 1er mars 1647. On est longtemps sans lui donner un successeur.

Le procureur syndic apporte, le 30 décembre 1648, au chapitre une lettre du duc de la Tremoille qui ordonnait de surseoir à la nomination jusqu'à son arrivée à Laval. On obéit, mais le chapitre chargea deux chanoines de chercher des régents, et on poursuivit des particuliers qui s'ingéraient à enseigner sans permission. Michel Chelle fut enfin nommé, sur la présentation de la ville, le 22 mars 1652.

Principaux du Collège

Voici les noms de ses successeurs jusqu'à la Révolution française:

  • Jean Pinard 1655,
  • Jean Baptiste Rayer, 1699,
  • Esprit Briais, 1706,
  • Joseph-Louis Segretain, 1740,
  • Pierre-Jérôme Chatizel, (démis peu après), 1771,
  • Louis-Joseph Segretain[8], (neveu de l'autre Segretain), 1771,
  • Jean-Baptiste Bourlier, 17..,
  • Mathurin Denais, 17[9].

Le chapitre de Saint-Tugal conserve long-temps des droits très-étendus sur le collège[10].

Révolution française

Le collège de Laval n'avait que des élèves externes. Cet établissement accueille tout d'abord les élèves du collège de la rue Renaise, devenu trop petit.

À l'époque de la Révolution française et depuis longtemps, on y enseignait toutes les classes d'humanités. En 1791, le principal et cinq des régents étaient prêtres; tous refusèrent de faire le serment de la constitution civile du clergé. Ils sont remplacés après les vacances de 1791.

Doctrinaires

Noël-Gabriel-Luce Villar, l'évêque constitutionnel de la Mayenne, après sa nomination nomme des vicaires épiscopaux. Il fait aussi venir son frère, ancien génovéfain, et quatre Prêtres de la doctrine chrétienne, comme lui, qui proviennent du collège de La Flèche :

Rabard, Séguela et Sartre sont attachés au collège de Laval dont le premier était principal. Avec Laban, ils rédigent un journal qui paraissait chez l'imprimeur Michel Faur, sous le titre de Patriote, puis plus tard de Le Sans-Culotte du département de la Mayenne.. Vers le milieu de 1792, Villar nomme deux nouveaux vicaires épiscopaux, dont l'abbé Laigre qui devient professeur de rhétorique au collège de Laval.

Collège national

Vers novembre 1792, le collége de Laval prend une forme nouvelle et le titre de Collège national. Dominique Rabard, vicaire épiscopal, en était alors le principal, et qui avait avec lui plusieurs prêtres. Principal du collège de Laval, Rabard publie un Prospectus[11]. On y voit que les objets de renseignement sont : Les principes d'une saine morale, l explication des lois de la république, les langues, l'histoire, les mathématiques, l'éloquence et la poésie[12]. Dominique Rabard fait appel à François Huchedé et Augustin Garot, anciens élèves du Collège de Laval.

À la fin de 1792, le collège est transféré dans le couvent des Ursulines.

Dominique Rabard est nommé le 24 avril 1793 au Collège de Château-Gontier et assisté des citoyens François Huchedé, Augustin Garot, Cordier, Epiard[13]. Au mois de septembre, il s'enrôle dans le bataillon des volontaires de la Mayenne et se fait tuer dans une rencontre avec les Vendéens, le 19 octobre.

École centrale

Fondation

La loi du 3 brumaire an IV avait créé dans chaque département une école centrale ; celle de Laval est installée dans les bâtiments de l'ancien Collège. Il s'agissait de la transformation du collège, d'après les nouvelles lois sur l'instruction publique.

Le personnel resta le même; on changea seulement les qualifications officielles des professeurs. C'étaient toujours les anciens vicaires épiscopaux Laban, Laigre, Réveil et Sartre, auxquels s'étaient joints quelques laïques, presque tous anciens doctrinaires, attirés par Laban à Laval.

Article détaillé : Lycée de Laval.

Sources

  • Mémorial de la Mayenne, 1845, Godbert, Laval, p. 223.

Notes et références

  1. Il était probablement le maître des écoles de cette ville.
  2. La bulle attribue Donationem regiminis scholarum urbis Lavalli, qui paraît être le droit de nommer les maîtres d'école, plutôt que la direction de l'enseignement. Le Collège de Laval était situé rue Renaise, où sa chapelle existait encore au XIXe siècle.
  3. Le mot collège ou collegium ne s'appliquait pas alors aux établissements d'instruction publique, mais à certains corps ecclésiastiques, et surtout aux chapitres, qu'on nomme encore collégiales quand ils ne sont point attachés à une cathédrale. Il existe un décret dAdam Châtelain, évêque du Mans, de l'an 1319, qui décide que les prêtres habitués de la Trinité ne forment point un collège.
  4. Les curés de la Trinité, ayant prétendu avoir droit d'y concourir, sont déboulés de leurs demandes par deux sentences de l'official du Mans, du 14 octobre 1451 et du 15 novembre 1457. Elles portent que le choix du maître des régents appartenait au chapitre seul.
  5. En 1483, pendant des vacances extraordinaires que le chapitre donna aux écoliers, à cause d'une maladie épidémique, on obligea Pierre Belin et Jean Geli ou Gelé, qui étaient ensemble à la tête de l'établissement, à assister au chœur, comme les autres chapelains, avec une rétribution de 10 sous par semaine.
  6. Tous leurs offices n'étaient point perpétuels et que le chapitre pouvait les révoquer à volonté.Pierre Belin en 1481, Jean Geli, en 1482, et Gui d'Ance, ville, en 1486, avaient fait la même déclaration.
  7. Cet acte portait que la première prébende vacante serait affectée au principal du collège, qui serait affranchi de toute résidence et de tout service à Saint-Tugal; et que pour cette prébende il lui serait payé en tout une somme de 200 livres par an. Jacques Fourreau, chanoine, étant mort peu après, sa prébende fut donnée le 9 janvier 1608, aux conditions Ci-dessus, à Julien Terrier, qui était resté principal. Philippe Morin demeura en possession de de la sienne , sur laquelle il avait été réglé que Claude Husson recevrait une pension.
  8. Il est conduit à Rambouillet pendant la Révolution française où il meurt.
  9. C'est ce dernier qui était à la tête du collège quand la révolution éclate. Né à Grenoux, il est déporté en Angleterre où il meurt.
  10. Dans un mémoire de 1746, ils sont tous énumérés, et indépendamment de ce qui concerne la nomination du principal, on cite les suivants: 1° Celui d'examiner la capacité, la doctrine et les mœurs des régents avant qu'ils soient reçus. 2° Celui de faire les règlements sur la discipline et l'instruction. 3° Celui de nommer des commissaires pour faire la visite. 4° Celui de faire examiner, par des commissaires , les compositions pour les prix. 5° Enfin celui de présider la distribution des prix alternativement avec l'hôtel de ville.
  11. Dans lequel le mot de religion ne se trouve pas une seule fois.
  12. Voici quelques passages de ce prospectus: Pour faire goûter leurs leçons, les maîtres n'emploieront que la voie de la douceur, de l'amitié et de la raison. Ces leions sont les seules qui jettent de profondes racines dans le cœur de la jeunesse, et habituent facilement le caractère à la pratique de toutes les vertus. L'exercice militaire et plusieurs autres exercices du corps se feront deux fois la semaine. À différentes époques de l'année, on célébrera des fêtes civiques, où des prix seront distribués aux élèves qui, par leur tenue, leur application et leur conduite, auront mérite les suffrages de leurs condiciples., signé : Le citoyen Rabard.
  13. Qu'on lui avait expédiés de Laval

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