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Complexité structurelle

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La complexité structurelle est une notion développée dans le cadre de l'approche systémique (théorie des systèmes). Elle est à la base d'une méthode d'analyse qui définit de manière objective le développement des systèmes. Celui-ci n'est plus caractérisé par rapport à un objectif social spécifique, mais à une structure porteuse de potentiel évolutif. Cette notion de développement est donc universelle. Elle peut s'appliquer aussi bien à des systèmes physique que biologiques ou sociaux. Le sens de l'évolution est dit "positif" (développement durable) lorsque les structures se complexifient. À l'inverse l'évolution est dite "négative" lorsque les structures évoluent vers une décomplexification. Cette théorie a été développée par Yves Kocher dans le cadre d'une étude réalisée à l'IUED à Genève[1].

Elle débouche sur une méthode d'analyse qui permet de réaliser du management social et environnemental.

Principes

L'analyse se fonde sur les principes suivants:

Approche systémique

Les objets traités dans cette analyse sont des éléments ayants une dynamique évolutive autonome à l'intérieur d'un système. Les éléments peuvent eux-mêmes être des systèmes. Il existe donc un emboitement de systèmes. Chaque élément peut être intégré dans plusieurs systèmes. Les éléments peuvent être entre autres des objets, des individus biologiques, des ensembles sociaux (état, entreprise, famille, association, ...). La dynamique évolutive autonome est à l'origine du caractère émergeant du système, c'est-à-dire des nouvelles potentialités du système que les éléments ne peuvent avoir isolément.

Types d'interaction

Au sein d'un systèmes les éléments interagissent entre eux. Quatre types d'interactions permettent de décrire l'ensemble des relations entre les éléments. L'importance de chacune de ces interaction au sein des systèmes définit leur structure. Les interactions sont les suivantes:

  • L'interaction productive/reproductive
  • L'interaction différenciatrice
  • L'interaction hiérarchique/organisationnelle
  • L'interaction liante


Chaque interaction est caractérisée par un type de flux entre les éléments. Chaque type de flux est à l'origine d'une fonction. Ces quatre fonctions sont indispensables au sein d'un système pour qu'il ait une dynamique évolutive autonome.

Types de flux et fonctions

Chaque élément est caractérisé par un niveau hiérarchique en fonction de la quantité de flux dont il est l'objet. Les flux entre les éléments ont un sens. Les flux sont intégrés sur une échelle de temps non nuls. Ainsi quatre catégories apparaissent naturellement: Entre des éléments de hiérarchie différente, on distingue des flux unidirectionnels (interaction asymétrique verticale):

  • Les flux d'un élément de haute hiérarchie vers un élément de basse hiérarchie: produit de l'identité à travers une dynamique de REPRODUCTION
  • Les flux d'un élément de basse hiérarchie vers un élément de haute hiérarchie: permet l'acquisition des ressources à travers une dynamique d'ORGANISATION

Entre des éléments de hiérarchie identique, on distingue des flux réciproques à somme nulle (interaction symétrique horizontale);

  • Les flux réciproques sont instantanés: produit de la spécialité à travers une dynamique de DIFFÉRENCIATION
  • La réciprocité des flux est différée dans le temps : produit de la cohérence à travers une dynamique de LIAISON

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Quelques exemples et explications pris au domaine social

  • Production / reproduction: flux éducatifs

Les flux éducatifs sont les flux reproductifs des systèmes sociaux. Ils sont composés de tout ce qui est donné, respectivement reçu sans contrepartie direct. L'élément qui donne à une position hiérarchique plus élevée (pour ce qui concerne le flux) que celui qui reçoit. Ce que les parents donnent à leurs enfants, ce que l'État donne aux citoyens, ce que les entreprises donnent à leurs clients, ce que les riches donnent aux pauvres, ce que les doués donnent aux moins doués, ce que les forts donnent aux faibles, les subventions, la publicité, les rabais promotionnels, les aides, l'aumône, ... constituent des flux éducatifs.

  • Différenciation / spécialisation: flux économiques

Les flux économiques sont les flux de différenciation/spécialisation des systèmes sociaux. Ils sont composés de tout ce qui est échangé dans une réciprocité immédiate. L'égalité en valeur de ce qui est échangé indique une hiérarchie identique des acteurs. Le prix des biens et services inclut souvent un bénéfice pour le vendeur, parfois une perte, montrant ainsi que le prix de vente est composé de plusieurs types de flux.

  • Hiérarchisation / organisation: flux hiérarchiques

Les flux de bénéfices sont les flux hiérarchiques / organisationnels des systèmes sociaux. Ils sont composés de tout ce qui est pris d'autorité, respectivement de tout ce qui est cédé par obligation. Les ressources que l'on prend à la nature, les animaux que l'on consomme, les impôts, les taxes, le racket, le contraventions, la marge bénéficiaire, ... constituent les flux hiérarchiques.

  • Liaison: flux sociaux

Les flux sociaux sont les flux liants de systèmes sociaux. Ils sont composés de tout ce qui est donné et reçu et qui correspond ou va correspondre à une contre prestation différée dans le temps (contre don) et égale en valeur. Cela correspond à des biens et services partagés. L'alternance de hiérarchie créé par l'alternance des flux, égal en valeur mais différé dans le temps, est à l'origine de la fonction de lien. Ils sont constitués notamment des cadeaux, des invitations mutuelles, des tournées de bistrot, des rabais de quantités.

Structure des systèmes

Les systèmes sont structurés en plusieurs niveaux en fonction de la dimension de l'espace qu'ils contrôlent. Contrôler un niveau signifie posséder une dynamique autonome (caractéristique du système tel que nous l'avons définit) capable de s'affranchir des contraintes du niveau. Ainsi, les propriétés de la nature (principes universels) sont définit dans un espace à dimensions nulle. Les systèmes physiques sont définit dans un espace à 1 ou 2 dimensions. Les systèmes biologiques dans un espace à 3 dimensions. Les systèmes sociaux dans un espace à 4 dimensions. Et les systèmes spirituels dans un espace à 5 dimensions.

La construction de chaque niveau permet l'émergence d'une propriété et d'un potentiel nouveau. Celui de contrôler une nouvelle dimensions de la nature. Ainsi, sur le niveau virtuel sont définit les principes universels de la natures. Sur le 1er niveau physique émerge l'énergie. Sur le second niveau physique émerge l'espace. Sur le niveau biologique émerge la vie. Sur le niveau social émerge les symboles. Sur le niveau spirituel émerge la croyance. Chacun de ces niveau possède un capital spécifique auquel est associé une unité de mesure.

Chaque niveau est auto-organisé par un système. Ainsi, le système peux complexifier le niveau et le porter localement à un état d'entropie plus faible, quand bien même la tendance naturelle générale fait évoluer le niveau vers une entropie plus grande. Mais aussi, les niveaux supérieurs contrôlent et utilisent les niveaux inférieurs. Ils transfert donc de l'énergie vers les niveaux supérieurs permettant la construction de la complexité dans le respect des lois thermodynamiques. Pour modifier physiquement un environnement (2D), il faut des outils (3D) qui produisent des contrainte et agissent sur l'environnement. Les outils doivent être utilisé par des actes (4D) (actions) pour produire l'effet désiré. Et enfin, la croyance (5D) définit le projet désiré.

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Chaque niveau est caractérisé par un capital qui correspond à l'émergence systémique du niveau. En montant d'un niveau à l'autre on rajoute une dimension qui permet l'émergence de nouvelles potentialités.

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  • SYSTEME VIRTUEL

On postule (croyance scientifique) que les propriétés fondamentales de la nature peuvent être formalisées par une approche logique, donc mathématique. C'est le fondement de notre connaissance scientifique. Il en résulte que les propriétés de la nature existent en dehors de leurs manifestations puisque l'on peux les formaliser dans un langage symbolique. Il s'agit donc d'une réalité virtuelle.

  • SYSTEMES PHYSIQUES

La description des systèmes physiques peut se ramener à une description dans un espace à une (1D; une ligne) et à deux dimensions (2D; une surface). Le premier niveau (1D) décrit l'interaction entre deux éléments virtuels. L'énergie (ou la masse) est l'unité de mesure utilisée pour définir ce niveau physique. Elle est, dans sa forme primaire, la mesure de la distance séparant deux particules (liaison). Le deuxième niveau (2D) décrit des champs, c'est-à-dire des hétérogénéités dans un espace à deux dimensions (2D). L'espace primaire ainsi définit permet de décrire des forces ou contraintes. Les capitaux et les unités associées peuvent mesurer des éléments plus complexes dans les niveaux supérieurs.

  • SYSTEMES BIOLOGIQUES

Les systèmes biologiques ont une dynamique qui se déroule dans un espace à 3 dimensions (3D; volume). Ils sont caractérisés par des fonctions internes et externes liées à leurs formes tridimensionnelles. Les systèmes biologiques permettent de produire et reproduire, différencier, organiser et lier des formes (4 fonctions systémiques). En effet, l'action des protéines dépend de leurs structures tridimensionnelles, les fonctions biologiques dépendent des formes des organes, la mémoire génétique est inscrite dans un espace de complémentarité spatial. Les outils sont un prolongement de cette dynamique biologique. Le capital réside dans la forme de la matière. C'est cette manipulation et ce contrôle des formes opéré par les systèmes biologiques qui permet de transformer l'environnement en captant l'énergie, en modifiant les champs de contraintes et en modelant l'environnement à sa convenance. La mesure de ce capital se fait par la notion de travail, c'est-à-dire d'efficacité des formes pour asservir son environnement.

Les systèmes biologiques évoluent évidemment dans un environnement à 4 dimensions ses métabolismes étant faits de processus dynamiques. Cependant les systèmes biologiques n'anticipent pas ces dynamiques, comme le fait un système social, mais les utilise au hasard de leurs apparitions.

  • SYSTEMES SOCIAUX

Les systèmes sociaux sont caractérisés par l'émergence des symboles. Les systèmes sociaux produisent et reproduisent, différencient, organisent et associent des symboles. Ils sont une représentation et une description des phénomènes, des objets (3D), des dynamiques (rites) ou tout autres éléments abstraits (théorie) mais qui fait appel en dernier ressort à des pratiques ou à des expériences pratiques. Les symboles sont mesurés par rapport à leurs valeurs liées à leur caractère d'anticipation, d'explication. En s'appuyant sur ce système descriptif symbolique, on peut anticiper et planifier l'avenir, donc intérioriser dans le système une variable, le temps, qui était extérieur dans les systèmes biologique. L'utilité des symboles est la maîtrise des processus spatio-temporels, par la connaissance. La valeur des savoirs n'a pas de sens dans l'absolu. Les systèmes sociaux définissent entre eux la valeur des éléments vecteurs des interactions sociales. Cette valeur, dans le système social humain mondialisé est la valeur monétaire.

  • SYSTEMES SPIRITUELS

L'existence des systèmes spirituels (esprit), liés aux individus, introduit une cinquième dimension qui permet, non plus de maîtriser un temps qui s'écoule régulièrement et de manière unidirectionnel, comme c'est le cas dans les systèmes sociaux, mais de rendre cette dimension variable (retour sur le passé, intuition sur l'avenir, etc.) à travers la dynamique fractale des échelles. Ce niveau est caractérisé par l'émergence de la croyance, c'est-à-dire d'un invariant temporel. La croyance permet de donner du sens aux actes puisqu'elle définit des règles et des projets intemporels à travers les multiples croyance des hommes.

Dynamique des systèmes

Chaque type d'interaction à une dynamique propre. La dynamique des phases.

Les 4 types d'interaction (4 phases) ont une dynamique évolutive commune. La dynamique système-environnement.

  • Représentation des systèmes

On effectue un graphique dans l'espace des phases. Chaque axe représente une phase. L'ovoïde représente le système. La valeur de chaque phase est le report sur l'axe de la tangente de l'ovoïde.

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Dynamique des phases

À chaque phase, une interaction, marquée par un flux, est liée à une autre interaction marquée par un contre flux. Cela en raison de la conservation de l'énergie et du respect des lois thermodynamiques. Cette logique des flux et des contre flux s'observe au niveau de chaque phase. Ainsi, un flux qui va diminuer l'entropie dans un systèmes, sera accompagné d'un flux qui va augmenter l'entropie dans un autre systèmes (l'environnement du système). Un flux qui va complexifier un système sera accompagné d'un flux qui va dé-complexifier l'environnement du système. Un flux qui va concentrer de l'énergie dans un système sera accompagné d'un prélèvement énergétique dans l'environnement du système. La développement des systèmes se fait donc toujours au détriment de l'environnement c'est-à-dire d'autres systèmes. Ce qui est un produit pour le système est une charge pour l'environnement.

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  • REPRODUCTION: Production - Consommation

La dynamique de production est associé à une dynamique de consommation. Cette phase construit le capital d'identité du systèmes au moyen des flux de cette double dynamique. Ces flux accumulent des produits identiques dans le systèmes au détriment de produit consommées dans l'environnement du système (charges). L'identité du système correspond à ce qu'il produit, sa raison d'être par rapport aux autre systèmes, ce qui justifie sa place dans l'environnement.

Au niveau social, l'identité d'une entreprise est ce qu'elle produit pour être commercialisé, l'identité d'une université est la connaissance qu'elle enseigne, l'identité d'un groupe religieux est sa croyance, l'identité d'un état est l'organisation qu'il produit, l'identité d'une famille est l'éducation qu'elle donne, .... Au niveau social, le capital d'identité est le capital culturel. Nous pouvons définir le développement culturel au sens large, de la même manière que le développement économique, par l'importance des flux qui sont échangés dans cette phase. Ainsi définit, le développement culturel est la capacité d'un système à transmettre son identité pour être reconnu utile par son environnement.

  • DIFFERENCIATION: Innovation - Diffusion

La dynamique de différenciation est associé à une dynamique dé-différenciation. La différenciation d'un système est sa dynamique d'innovation et de spécialisation. Le système se transforme, occupe une nouvelle place dans son environnement, change d'environnement, ou acquiert une nouvelle identité. Cette différenciation du système est associée à une dé-différenciation de son environnement à travers la dynamique de diffusion de son identité. De concentré qu'elle était dans le système, l'identité échangée ou donnée, va diffuser dans son environnement. Plus un système est spécialisé, plus il doit diffuser dans l'environnement son identité (produits, services).

Pour les systèmes sociaux, l'innovation est le fruit de la recherche et développement. La diffusion des biens et service (identité) sur un marché (environnement) est le vaste domaine de la commercialisation. Le développement économique est cette démarche parallèle d'innovation/spécialisation et de commercialisation. Le capital de différence d'un système (capital économique) résulte à la fois de la capacité à être différent, mais aussi à pouvoir diffuser et donc rendre utile sa différence à son environnement. À quoi servirait une différence qui n'a aucune utilité pour l'environnement.

  • HIERARCHISATION: Organisation - Désorganisation

La hiérarchie des éléments est à l'origine de l'organisation des systèmes. La hiérarchisation est une différenciation verticale. La'dynamique d'organisation est associée à une dynamique de désorganisation. L'organisation d'un système engendre une certaine désorganisation des éléments du système. En effet, l'organisation du système produit des contraintes auxquelles les éléments sont obligé de s'adapter. Le degré de liberté des éléments est diminué.

Le capital hiérarchique ou organisationnel (capital politique dans un système social), avec sa structure verticale différenciée, engendre des flux hiérarchiques qui concentre les valeurs au sommet de la pyramide hiérarchique. C'est une dynamique interne au système, mais également externe. C'est ce qui permet l'acquisition des ressources pour les systèmes. Les flux hiérarchiques constituent le bénéfice des systèmes. Plus le système ou l'élément domine, plus il accumule de bénéfice. Le pouvoir sur la nature, sur les outils, sur les savoirs ou sur les hommes permet d'en tirer des ressources. L'accumulation et la concentration de pouvoir dans les systèmes hiérarchiquement supérieurs est ce qui permet la complexification des systèmes et de la nature en général. Le développement politique est celui qui garanti une bonne organisation du système tout en minimisant les contraintes sur ses éléments.

  • LIAISON: Liaison - Rupture

La dynamique de liaison entre les éléments du système est associé à une dynamique de rupture avec l'environnement. Les liens produisent la cohérence du système à travers un capital de collaboration. La rupture avec l'environnement permet de différencier l'environnement du système.

Sur le niveau social, le capital social (ces deux mêmes termes sont à différencier lorsque l'on parle de système ou niveau social et de phase ou aspect social d'un système) est construit par les flux sociaux constitués des dons et contre-dons. Ces flux construisent un réseau correspondant à un ensemble d'éléments liés par des interactions symétriques et égalitaires, mais diversifié en raison de la multiplicité des identités des éléments. Le développement social est la capacité à partager des biens et services et à collaborer pour des objectifs communs. Il est la mesure de la cohérence du système de son degré d'intégration, de dépendance et de lien entre les éléments.

Dynamique système -environnement

En assemblant sur un même schéma les dynamiques individuelles des 4 phases on peut visualiser la dynamique générale des systèmes.

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  • Suite logique des interactions

Le centre de la figure (en rouge) correspond au système. Les interactions qui construisent ce système sont la productions, l'innovation, l'organisation et la liaison. Il s'agit de fonctions qui complexifient et qui diminue l'entropie des systèmes. L'extérieur de la figure, (en bleu) correspond à l'environnement. Les fonctions de rupture, désorganisation, diffusion et consommation dé-complexifient et augmentent l'entropie de cet environnement. Deux mouvement apparaissent sur la figure. Celui du système pour lequel la suite logique des phases est : R → D → H→ L → R → (sens des aiguilles d'une montre) qui évolue dans le sens de la complexité. Et celui de l'environnement : R → L → H → D → R → (sens inverse des aiguilles d'une montre) qui fait évoluer l'environnement dans le sens de la décomplexification. Les systèmes ont une dynamique productive lorsque la logique est de type complexifiant. Les systèmes ont une dynamique cumulative lorsque la logique est inverse. Elle concentre les capitaux sans production de complexité.

  • Déséquilibre des systèmes

Les système sont en permanent déséquilibre, avec leur environnement d'une part (externe) et au sein même du système (interne). Ce déséquilibre qui est générateur d'évolution.

  • Réaction en chaîne vers la complexité

Les déséquilibres internes font passer les systèmes d'une phase dominante à une autre pour assurer la croissance du système. Ainsi une réaction en chaîne mène les systèmes à se complexifier selon l'ordre logique suivant; R → D → H→ L → R → Ainsi, l'identité des systèmes, ce qu'ils produisent (R) (biens et services) doivent être diffusé dans l'environnement (D) afin de capter du bénéfice (H). Ces ressources produisent du lien et de la cohérence (L) (objectifs communs, ...) permettant de produire à nouveau de l'identité (R)...

  • Minimisation des contraintes

Le deuxième principe de la thermodynamique nous enseigne que l'énergie se dégrade invariablement. Il y a homogénéisation et uniformisation de l'espace (entropie en augmentation) par le principe de la minimisation des contraintes spatiales. Avec la même logique la nature cherche à homogénéiser l'énergie dans le temps au moyen de la minimisation des contraintes temporelles. Ce principe est générateur de complexité. Il freine l'écoulement de l'énergie dans le temps en accumulant et en figeant cette énergie sous forme de capital. La construction de la complexité s'oppose ainsi à la dégradation de l'énergie et à l'augmentation d'entropie qui en résulte.

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  • Stratégie: sérielle - parallèle

L'accumulation et la recherche de la domination semblent être une stratégie très générale pour accéder au contrôle des ressources et ainsi freiner sa dégradation dans le temps en assurant ainsi la survie et le développement des systèmes complexes dans le long terme. Elle peut s'exprimer par des stratégies différentes dont les deux principales sont la stratégie sérielle, par la spécialisation et la stratégie parallèle par le lien et la production identitaire de masse.

Ces deux types de stratégies s'opposent continuellement de sorte qu'un équilibre dynamique s'installe. La forte reproduction des insectes associés à leur vulnérabilité est en opposition avec force de l'éléphant et sa faible reproduction. Sur le plan social l'opposition droite et gauche en politique est l'incarnation de ces deux stratégies pour la gestion de la société. Sur le plan psychologique l'altruisme est en opposition avec l'esprit de développement.

  • Stratégie: domination - soumission

Ces deux stratégies verticales (flux asymétriques) sont opposées et permettent l'acquisition des ressources. L'une par la domination, c'est-à-dire par les flux hiérarchique. L'autre par la soumission, c'est-à-dire par les flux de types éducatifs, (redistribution et conditionnement qui y est associé).La première permet de transformer son environnement. La seconde oblige à s'y adapter.

  • Dynamique: complexité - capitalisation

Les stratégies complexifiantes sont des stratégies de long terme car elle construisent un capital complexe qui constitue un potentiel de développement pour l'avenir. Les stratégie capitalistes sont des stratégies court terme, car elle cherchent à maximiser un capital au détriment des autres. Elles spécialisent les systèmes dans un domaine spécifique (une des quatre phase) et se rend dépendant pour les autre phases de son environnement. Ces deux dynamiques sont concurrente et complémentaire de sorte qu'un équilibre doit être recherché.

Les flux produisent les capitaux et les capitaux engendre des flux. Les capitaux sont calculés à partir des flux. Le capital d'une phase (capital identitaire, économique, organisationnel et social) est le carré du flux qu'il engendre. Le capital global est la somme des capitaux des 4 phases. La complexité est le produit des flux des 4 phases. Elle est donc maximum lorsque les 4 phases sont identiques. Plus la complexité est grande plus le potentiel de développement existe à long terme, sans savoir, évidemment, dans quelle direction (quel produit, quel marché, quelle connaissance, quelle pratiques, ...) ce développement peut évoluer.

  • Naissance et mort des systèmes

Les systèmes naissent en émergeant d'un autre système. Différents scénario existent pour leur mort. Nous en avons symbolisés deux. La mort est déclarée lorsque le système n'est plus décrit dans les 4 phases. Il n'est plus autonome. Soit il disparait, soit il est assisté par un autre système dont il devient dépendant.

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Dynamique des niveaux

La dynamique interne des systèmes se visualise bien avec la représentation de l'espace des phases. Pour visualiser les interactions des systèmes avec leur environnement ou les relations des systèmes entre les niveaux on a recours à une représentation systémique cellulaire.

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Les systèmes sont représentés par des cellules qui échangent leur liquide, les flux issus des capitaux, par 4 types de pompes (équivalence avec les protéines membranaires) représentant chacune un type d'interaction donc un type de flux. La hiérarchie des systèmes est définie par la différence de hauteur des niveaux. Les flux remplissent et vident les cellules. De plus, l'importance de chaque type de flux permet de dimensionner les cellules et de les positionner dans l'environnement.

  • Les flux de type R élargissent la cellule ; elle augmente sa surface de contact avec l'environnement car son identité est plus généralement partagée.
  • Les flux de type D augmente la hauteur du récipient ; elle augmente ainsi sa spécificité dans l'environnement et son potentiel hiérarchique
  • Les flux de type H élèvent le niveau de la cellule dans l'environnement, augmentant ainsi sa hiérarchie par rapport à son environnement
  • Les flux de type L détermine la place horizontalement en s'intégrant plus ou moins dans les systèmes de son environnement.

On peut ainsi analyser et visualiser les relations entre les systèmes, les stratégie d'investissement, d'intégration et de rupture, allant des problèmes globaux d'environnement d'ordre écologique ou de ressources par exemple, aux problème plus restreint des relations internationales, des petites entreprises ou des stratégies personnelles.

Une représentation générale des systèmes sociaux, biologiques et physique permet de visualiser l'impact de chaque niveaux sur le système social. Les différentes activités qui se déroulent dans la société permettent de modeler et de contrôler les niveaux inférieurs.

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Modèle d'analyse

Le modèle d'analyse est appelé développement complexe. Il permet, à partir des mesure de flux et de leur typologie, de caractériser les systèmes selon les critères de la théorie de la complexité structurelle. La mesure des flux se fait au sein d'une comptabilité complexe. Chaque système et l'environnement dans lequel il évolue, est caractérisé par plusieurs représentations dans l'espace des phases (ovoïde sur un référentiel à deux axes). Une dynamique évolutives est déterminée avec la mesure (la complexité du système) du potentiel à long terme du système. Des simulations permettent de déterminer quel sera la meilleure structure en relation avec l'environnement du système. Nous parlons toujours de structure et de potentiel de structure car l'actualisation du potentiel dans le contexte du système ne peut être anticipé ni par cette approche structurelle, ni par une approches scientifiques. Elle est du ressort de la chance ou de l'intuition en relation avec le niveau 5D.

Capitaux

Les systèmes sont, comme nous l'avons définit précédemment, représentés par des réservoirs. Le réservoir est, en lui-même un capital (position dans les autres réservoirs et dimensions) Mais le liquide qu'il contient est également un capital. Des flux modifient à la fois les caractéristiques du réservoir, et son remplissage.

Le capital est construit par des flux et les flux sont engendrés par des capitaux. Nous avons définit 4 phases. À chacune d'elle nous avons associé 2 dynamiques. De ce fait, nous définissons 8 types de capitaux. 4 types sont interne au système et correspondent aux dynamiques qui construisent le système. 4 types sont externes car ils sont en rapport avec l'impact du système sur son environnement.

Le capital est une valeur qui s'exprime par rapport à l'identité d'un système. Cette identité assure au système des flux hiérarchiques en provenance de l'environnement indispensables à sa survie et à son développement. Ainsi, un même objet pourra constituer un capital différent en fonction du système dans lequel il se trouve. Le capital est donc lié à un critère de mesure. Le capital peut être de type symbolique lorsqu'il est en rapport avec la connaissance (niveau social). Il peut être fonctionnel (niveau biologique) lorsqu'il assure une fonction ou physique (niveau physique) lorsqu'il est composé d'énergie-matière.

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Le capital d'identité assure une fonction de continuité et de constance des systèmes. Il permet d'assumer sa reproduction et la conservation de son identité dans le temps. L'identité est un capital externe car il constitue pour l'environnement un élément stable, un produit de consommation standard qui permet à d'autres systèmes de se construire. Il doit produire en permanence cet identité pour son environnement. La capacité de production de cet identité est un capital interne au système.

Le capital de spécialité assure la fonction d'adaptation des systèmes. L'environnement change et les systèmes doivent s'y adapter. Les systèmes se spécialisent ce qui les rends plus performant, mais aussi plus dépendant. Il doivent donc échanger. La spécificité des systèmes est un capital externe car il permet une complémentarité des systèmes dans l'environnement. La capacité à innover, à se spécialiser est un capital interne au système.

Le capital hiérarchique assume une fonction d'organisation. Sa position hiérarchique supérieure, sa domination lui permet de prélever des ressources (sociales, biologiques ou physiques) dans l'environnement. Elle est dans ce sens en opposition avec le capital d'identité qui donne des ressources à son environnement pour la rendre dépendante de son identité. Cette domination est un capital externe. L'organisation est un capital interne au système.

Le capital de lien permet de constituer des réseaux et d'assurer la cohérence à travers la fonction de collaboration. La collaboration permet d'assembler une certaine diversité sur un objectif commun, celui du système. C'est un capital interne. La capacité du système à être indépendant de son environnement, est un capital externe. Elle est en opposition avec la dépendance que confère la spécificité du capital de spécialité.

Le capital est naturellement engendrée par la logique de la minimisation des contraintes temporelles. Ce principe stipule que l'écoulement de l'énergie est minimisée dans le temps par son immobilisation sous forme de capital. Elle produit de la complexité à travers une réaction en chaîne. Dans la nature, la construction d'éléments complexes peut se faire par apparition spontanée et sélection. Dans un système autonome, cette complexité émerge naturellement en raison des économies que chaque type de capital permet de réaliser. Ces économies d'énergie, en dernier ressort, sont le moteur de l'évolution complexe en permettant au capitaux de se stabiliser dans des bassins d'attraction où l'énergie est minimum.

  • Le capital d'identité permet de réaliser des économie d'échelles. Plus la production est importante, plus le prix de revient est faible. Cette hiérarchie de masse est un pouvoir quantitatif.

Plus une identité est forte (objet, connaissance, croyance, idée, pratiques...) plus la différenciation sera active. Une forte identité engendre donc la spécialisation. R→D

  • Le capital de spécialisation permet de réaliser des économies de complémentarité, car il concentre la production dans des environnements plus favorables et plus spécialisés. Elle permet une division des fonctions et une production plus performante. Elle permet l'adaptation à de nouvelles conditions environnementale et à de nouvelles contraintes. Une augmentation de la dépendance est le corolaire de la spécialisation. (opposition D↔L). Le capital de spécialisation engendre une hiérarchie fonctionnelle.

Plus la hiérarchie et la diversité fonctionnelle (horizontale) est importante plus il peut apparaître une hiérarchie organisationnelle (verticale). D→H

  • Le capital hiérarchique permet de réaliser des économies organisationnelles. Elle est une différenciation verticale à la différence de la spécialisation qui est une différenciation horizontale. Les niveaux supérieurs produisent un cadre performant pour les niveaux inférieurs. Plus le niveau est élevé, plus il gère des contraintes d'ordre globale. Plus les systèmes sont différenciés horizontalement, plus ils ont besoin d'une organisation verticale qui produira de la hiérarchie organisationnelle.

Plus la hiérarchie verticale est importante, plus les contraintes sur les niveaux inférieurs sont fort et plus une dynamique de lien va émerger. H→L

  • Le capital liant permet de réaliser des économies de partage car elle permet une meilleure performance des éléments mis en commun (objets, savoirs, pratiques, ...). La dépendance que produit le lien permet de partager des risques insurmontables individuellement.

Plus les éléments sont liés, plus leurs objectifs se rapprochent et plus une identité commune va émerger du système ainsi lié. L→R

Flux

Les capitaux sont construits par des flux. Les flux engendrent des capitaux. Les flux sont des variables de mouvement. Ils sont des mouvements de capitaux.

En relation avec la typologie des capitaux, nous distinguons plusieurs types de flux. Il existe des flux entre le système et son environnement, les flux externes et des flux internes au système. Le fonctionnement d'un système autonome exige, sur le long terme, que la somme des flux qui entrent et qui sortent du système soit positif de manière à construire ou au minimum à entretenir la complexité du système. Cette résultante positive des flux constitue les ressources que le système peut utiliser en interne pour construire ses capitaux. Cette affectation interne des ressources permet au système de développer sa stratégie évolutive propre.

Mesures

Dynamiques

Notes et références

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