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Conisme

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Le conisme est un mouvement pictural fictif créé à Lyon, au début des années 2000 par un collectif d'artistes (à composition variable fictive ou réelle peu importe dans l'art contemporain reconnu actuellement). Il fut constitué à son origine par les peintres Sébastien Brunel et Thomas Girard[1],[2],[3],[4].

Sa mise en abîme de la réalité et de la fiction est faite à la façon pratiquée dans la littérature. Cela consiste à faire une œuvre dont le futur qui est une fiction n'a pas à avoir lieu tout comme leur passé n'a pas eu lieu: il s'applique à des personnages en friction permanentes avec la réalité de quelque nature qu'elle soit. Y compris avec une encyclopédie fédérative citée dans leur passé fictif. Roman polar et dérisoire, Art contemporain lyonnais dans la dérision à Lyon et conisme.

Le contexte artistique

Le contexte en France, et plus généralement

L'art de la dérision dans l'Art ne date pas d'hier, Ésope, Rabelais, Molière, Chaplin, Ben l'ont fait dans chaque art respectif philosophie, littérature, théâtre, cinéma,... Mais les Beaux-arts deviennent les Arts plastiques au XXeS. L'humour corrosif est une caractéristique des artistes modernes[5], mais atteint un extrême au XXIeS [6] il n'est pas autant présent pour ce qui concerne les autres médias (Pastel[7] par exemple) que dans les Arts plastiques[Cit. 1].

Dans le cas du conisme situé à Lyon

L'art dans Lyon est fait avec une composante contemporaine forte[Cit. 2]. Y compris pour la traditionnelle grande Fête des Lumières (Lyon)… mais dans ce cas « avec tendresse[Cit. 1] », réelle... Alors que le conisme est « dans la petitesse l'éphémère et la causticité stéréotypées[Cit. 1] », fictive "à-la-mode du contemporain" et avec une posture décrite/justifiée par ses auteurs comme une « auto-dérision » de leur part.

Le projet conisme

Objectifs

Le « conisme » relève du canular artistique et de l'autodérision[1],[2],[3],[4].

« Si le Conisme est un mouvement fictif, ses peintures sont elles bien réelles. Et par cette forme parodique et iconoclaste, nous partageons notre questionnement et tentons d'amener le spectateur à s'interroger sur son propre rapport à la peinture. »

— Thomas Girard, Sébastien Brunel, Le Conisme, 2010[8]

Style

Les conistes réalisent collectivement des peintures qui représentent de manière très détaillée des scènes du quotidien (Gigot flageolets), des décors urbains (la rue de la République pour El Condor pasa), des « sites romantiques et pittoresques » (zone commerciale et parking pour La Vie Auchan), tout en utilisant des références explicites à la peinture classique (Vénus beauté)[1],[2],[3],[4].

Chaque peintre coniste a un alter ego, qui est un archétype d'artiste (peintre maudit, peintre démiurge…) et qui vient s'inscrire dans un univers imaginaire complexe. Les expositions conistes mettent en scène cet univers, à travers les œuvres mais aussi des détournements de publications ou de reportages sur l'histoire de l'art et une scénographie parodiant les expositions institutionnelles. Les critiques sont dithyrambiques et les conistes sont parfois comparés à Hopper et Balthus[1],[2],[3],[4].

Artistes

Sébastien Brunel, dessinateur et graphiste, et Thomas Girard, illustrateur, tous deux artistes de l'école lyonnaise de peinture de renommée internationale et professeurs de dessins de nu, sont les deux fondateurs du « conisme » issu de leur sentiment que leurs œuvres sont « un peu con ». Avec l'humilité qui les caractérise ils déclarent : « On n'a pas une très haute idée de notre peinture ». Leur fulgurante rencontre a lieu en 1998 dans le bar du TGV en gare de Lyon-Part-Dieu. Ils poursuivent depuis lors leur but ultime : le canular artistique. Ils s'installent dans un atelier d'artistes à La Croix-Rousse et changent de nom pour échapper à la vindicte de leurs familles. Ils défrayent en effet la chronique et leurs peintures est un objet de scandale. Les œuvres pourtant s'arrachent — comme des sacs à main — et sont même volées — avant d'être retrouvées. Leurs quatorze toiles collectives ne sont d'ailleurs pas en vente[1],[2],[3],[4],[9].

Œuvres

Parmi les œuvres du mouvement coniste, les scandaleuses et controversées Gigot flageolet, scène figurative du quotidien, et Vénus Beauté, montrant la fille de leur mécène, Sabine Capitan, dans la pose de la Vénus d'Urbino du Titien, sont les plus représentatives. On trouve encore des titres tels que Jeune Couple LCR devant le vidéomatique, La Joueuse de Rapido, Mon épicier est un type formidable, El condor pasa, La Vie Auchan, etc. Leurs tableaux sont peints à l'huile dans un grand format[1],[2],[3],[4],[9].

Mécénat

Ernest-Antoine Capitan, homme d'affaires et collectionneur d'art moderne et contemporain, devient le mécène du mouvement « coniste » à la suite de la rencontre entre les artistes et sa fille Sabine au Quick de La Croix-Rousse. C'est la fille de leur mécène qui pose pour leur chef-d'œuvre, Vénus Beauté dans une scène « d'épilation définitive ». Cette toile qui avait failli quitter la France a été sauvée grâce au mécénat de la Fondation d'entreprise Capitan[1],[2],[3],[4],[9].

Musée(s)

Le groupe annonce en 2014 l'ouverture prochaine, dans le futur quartier Saint-Ringo de Lyon, du Musée national d'art coniste de la Convergence (MNAC) conçu par l'architecte Hiro Horigami dont la structure en forme de cocotte en papier vient remplacer le nuage de cristal du musée des Confluences, la « skyline de Lyon » sous le mandat de Gérard Collomb, sénateur-maire de la ville. Les salles d'exposition du Musée virtuel-canular (50 020 m2, trois galeries de 11 500 m2, une grande nef de 12 000 m2) sont complétées par un auditorium de 1 440 places, une boutique-librairie proposant des objets décorés par des reproductions de tableaux comme des tongs ou un briquet-décpasuleur, un restaurant, le Croupion, un parking de 20 000 places et un héliport[1],[2],[3],[4].

Le musée des Confluences (devenu illustre au plan local surtout par ses aléas de formulation de son objet et les aléas de sa construction avec vice de réalisation de la structure acier depuis le projet de transfert du musée d'histoire naturelle - Guimet), salue pour son ouverture des portes au dernier mois de 2014 la parodie ou l'aubaine de la parodie devenue feu d'artifice joyeux sur Internet sur son propre site Internet. Son confrère satyrique de la Convergence virtuelle éphémère est pris en compte par le musée réel en proposant à ses visiteurs réels « des cocottes de toutes sortes en écho à l'architecture visionnaire de Hiro Horigami Architects, des objets coniques de toutes les périodes phares du Conisme, quelques beetles en hommage à la cathédrale Saint-Ringo » présents dans ses propres collections permanentes[10].

Site internet

Le musée coniste de la Convergence est associé à un site web conçu à l'image du site internet du musée des beaux-arts de Lyon[11] mis en ligne en 2011 et présentant, entre autres rubriques, le bâtiment, les œuvres, les artistes, le mouvement et son mécénat. Des vidéos proposent diverses rétrospectives, vernissages et interviews des peintres, de leur muse de 90 ans, de la famille de mécènes ou d'un commissaire d'exposition[1],[2],[3],[4].

Expositions

Canular artistique

Sébastien Brunel et Thomas Girard expliquent ce « canular artistique » par une volonté de tourner en dérision les « cafouillages » dans le « bourbier politico-financier » du musée lyonnais inauguré le  : « On a plus entendu parler du Musée des Confluences en raison des retards du chantier, de son coût spectaculaire, que par les collections qu'il allait renfermer. » Leur musée virtuel en est la parfaite caricature tout comme leur site web est une exacte imitation de celui du musée des beaux-arts de Lyon[1],[2],[3],[4],[9].

En les détournant, leur démarche désacralise le discours officiel et la terminologie convenue des institutions muséales et des représentants du monde de l'art, commissaires d'expositions, critiques, historiens d'art ou mécènes. S'ils ironisent à propos du marketing et des objets dérivés des musées, ils se moquent également des nouveaux espaces culturels que sont certains lieux de la rue de la République[1],[2],[3],[4],[9] :

« Ses cinématographes, son grand magasin Go-Sport, ses lieux comme le restaurant Hippopotamus ou le libraire disquaire Fnac, les grands événements culturels comme le lancement du petit paumé ou la coupe du monde de repassage ont fait la renommée de la prestigieuse rue de la République, colonne vertébrale de l'hyper-centre lyonnais . C'est dans ce cadre que Girard et Brunel ont ouvert la voie au « Conisme en majesté ». »

— « Œuvres choisies : El condor pasa », Musée Conisme Convergence[14]

Notes et références

  1. 1,00, 1,01, 1,02, 1,03, 1,04, 1,05, 1,06, 1,07, 1,08, 1,09 et 1,10 « Musée des Confluences : la parodie sur le web », Steven Belfils, Lyon Capitale, 23 novembre 2014 (lire en ligne)
  2. 2,00, 2,01, 2,02, 2,03, 2,04, 2,05, 2,06, 2,07, 2,08, 2,09 et 2,10 « Lyon: Le Musée des confluences parodié en cocotte en papier », Caroline Girardon, 20 minutes, 24 novembre 2014 (lire en ligne)
  3. 3,00, 3,01, 3,02, 3,03, 3,04, 3,05, 3,06, 3,07, 3,08, 3,09 et 3,10 « Canular artistique : Le Musée des Confluences devient le Musée de la Convergence », LyonMag, 25 novembre 2014 (lire en ligne)
  4. 4,00, 4,01, 4,02, 4,03, 4,04, 4,05, 4,06, 4,07, 4,08, 4,09 et 4,10 « Conisme.com tourne en dérision les musées des Confluences et des beaux-arts de Lyon », Dalya Daoud, Rue89, 2 décembre 2014 (lire en ligne)
  5. René Magritte,Ben...
  6. Paul McCarthy et sa crotte de chien géante - sculpture gonflable, Piero Manzoni et sa Merde d'Artiste, différentes peintures faite avec de l'excrément "merde"-à symbolique négative en Occident-ou du vomi; et même une machine à faire de l'excrément à partir des comestibles. Voir Art contemporain.
  7. Pastel média à thèmes modernes aussi, cf: Exposition-3°-Biennale-Internationale-du-Pastel.
  8. Thomas Girard, Sébastien Brunel, Le Conisme, 2010 (lire en ligne)
  9. 9,0, 9,1, 9,2, 9,3, 9,4 et 9,5 « L'art aurait-il besoin de décalage pour se faire aimer ? », actuartlyon.com, 8 juin 2010 (lire en ligne)
  10. « Cocottes et conisme », Musée des Confluences (voir et lire en ligne)
  11. Musée des beaux-arts de Lyon, site internet (voir et lire en ligne)
  12. « Conisme et (con)isme », Eric Poindron, Curiosa etc, janvier 2014 (lire en ligne)
  13. « Expo. Renaissance du conisme à la Condition des soies, Lyon 1er », Tribune de Lyon, 4 mars 2014 (lire en ligne)
  14. « Œuvres choisies : El condor pasa », Musée Conisme Convergence (voir et lire en ligne)

Citations

  1. 1,0, 1,1 et 1,2

    « La valeur symbolique du geste - Section l'art et la vraie vie -
    p 44: ... L'œuvre repose donc sur un détournement et une appropriation non d'un objet comme dans le cas des ready-made de Marcel Duchamp, mais d'un geste que l'artiste isole dans sa complète littéralité pour lui donner sa pleine valeur symbolique.

    Portraits anonymes où chacun se reconnaîtra - Section l'art et les gens -
    p 54: ... Dans le contexte parfois inhumain et hostile de nos cités modernes, au milieu de cette foule sans repères () il s'agit d'exister. ...Nombre d'œuvres contemporaines s'attachent aujourd'hui à commenter les conditions sociales, économiques et politiques de notre existence. Les œuvres () s'attaquent à nos modèles identitaires et à nos représentations stéréotypées avec, selon les cas tendresse ou sarcasme.
    p 56: Face aux fières Lapines Univers de Valérie Favre qui s'affichent dans des poses évocatrices, on sourit en pensant aux multiples situations de concours de beauté et d'élégance...l'image () de l'homme moderne est brocardée avec tout autant d'ironie par Claude Closky (pour l'œuvre) Mon Père.  »

    — Philippe Coubetergues, Une introduction à l'art contemporain, Les Éditions Cercle d'art.2005.

  2. « "Laissez la jeunesse rugir": Pour sa douzième édition, la Biennale a confié à des artistes nés avec le numérique la tâche d'explorer les formes du récit. -El Pais.  »

    — Cahier interne Lyon vu par la presse étrangère , Courrier international 1205 décembre 2013.

    .

Articles connexes

Liens externes

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