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Constant Dozo

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Constant Dozo, né à Pontillas (Fernelmont) le et décédé à Namur le fut un militant et un homme politique wallon. Fils d'ouvrier, il est licencié et agrégé en sciences géographiques de l'Université Catholique de Louvain (UCL). Dès 1962 il adhère à Rénovation wallonne auprès de Robert Royer. Ce premier pas est fondateur d'un engagement politique dont il ne se détournera jamais. Il avait la très forte conviction qu'il fallait "des changements institutionnels profonds" pour que la Wallonie sorte de son déclin. Cette conviction se confirme alors qu'il est assistant à la Faculté de Géographie de Louvain. « J'étais idéalement placé pour observer et cartographier le déclin de la Wallonie » déclare-t-il à l'historien Paul Delforge dans l'Encyclopédie du Mouvement wallon[1].

Membre du comité exécutif de Rénovation wallonne où il est proche de Lucien Outers, il prend part au congrès d'Action wallonne en 1963. Il devient ensuite membre du Rassemblement Wallon (RW) et l'un des premiers élus de ce parti en 1968. Conseiller provincial et chef de groupe RW, Bourgmestre[2], et ensuite Echevin des finances à Fernelmont, il fut aussi administrateur des chemins de fer belges (SNCB). Il mena toutes ses campagnes électorales namuroises avec Fernand Massart[3].

De Rénovation wallonne au Rassemblement Wallon - RW (1962-1968)

Le déclin de la Wallonie sous la loupe du géographe mobilise l'engagement politique

Au sein de Rénovation wallonne il prépare les dossiers économiques et sociaux en lien avec ses compétences en géographie physique et plus précisément en aménagement du territoire et intervient lors de congrès ou journées d'étude. Très tôt il est convaincu qu'il faut pour la Wallonie des instances spécifiques dans le domaine de l'aménagement du territoire. Il observe que la Flandre, grâce à sa prééminence au sein de l'État unitaire belge, met de fait en place pareils outils et prépare déjà une forme "d'indépendance". A propos du projet de création, en 1962, d'un Institut flamand pour l'aménagement du territoire, il relève dans un échange de courrier avec Albert Delpérée que ce projet "présenté de manière assez anodine" montre bien que "les terres flamandes passeront de l'homogénéité linguistique à l'homogénéité économique". Sa conviction était qu'il fallait "réclamer la création d'une région wallonne".

Il représentera Rénovation wallonne lors de plusieurs manifestations importantes des mouvements wallons. C'est à ce titre qu'il participe au congrès du Mouvement populaire wallon et prépare le congrès d'Action wallonne en 1963. En 1965, le 9 novembre, il est l'un des principaux organisateurs de la manifestation des quatre mouvements wallons à Namur à laquelle participe une délégation fouronnaise. Il y invite le Professeur Léopold Génicot, d'ailleurs originaire de Forville, village voisin (archive: lettre du 25/10/1965).

La nécessaire reconversion économique de la Wallonie en attente des réformes institutionnelles

La deuxième loi de reconversion économique du 14 juillet 1966 fait couler beaucoup d'encre. Regrettant que les critères de sélection des communes bénéficiaires n'aient pas été concertés, il dénonce dans la rubrique économique de « Rénovation » que « les avantages prévus par la loi ne sont nullement accordés aux régions mais bien aux investisseurs qui s'installent dans les régions délimitées par la loi ». Il relève une fois de plus que les Wallons sont encore une fois « les dindons de la farce » car les régions dites défavorisées de la Flandre offrent des infrastructures bien plus attractives que celles de la Wallonie où autoroutes, électrifications, et autres modernisations nécessaires ne sont encore que projets. « Le seul espoir de reconversion économique des régions wallonnes réside dans l'attribution à celles-ci d'un pourcentage du budget total attribué à la reconversion […]». Enfin, considérant que cette « loi rudimentaire » n'en restait pas moins une occasion à saisir, il en appelle dans « Rénovation » d'octobre 1966 à « voir se créer une solidarité entre ces communes, tant au plan provincial qu'au plan wallon, pour qu'ensemble elles mettent sur pied un organisme chargé de prospecter […] afin de découvrir des investisseur éventuels.»[4]

"À partir de 1966, il fait partie de la Délégation provinciale des quatre mouvements wallons, ainsi que de la délégation permanente au niveau de Bruxelles et de la Wallonie. Il y jouera un rôle particulièrement actif (1966-1970) et sera aussi chargé de prendre des contacts avec le Congrès national wallon en vue d'un rapprochement avec la délégation permanente des quatre Mouvements wallons. Ces contacts n'aboutiront pas."[1].

De 1968 à 1982 : les succès électoraux

L'un des premiers élus du Rassemblement Wallon (RW)

Dès 1968 il s'investit pleinement dans le combat politique démocratique au sein du nouveau parti qu'est alors le Rassemblement Wallon. Cet engagement est le prolongement de l'action menée à Rénovation wallonne et est inhérent à son souhait d'un combat pluraliste pour la Wallonie.

"Lors de l'élection du 31 mars 1968, il est premier suppléant de la liste Rassemblement Wallon à la Chambre dans l'arrondissement de Namur et, surtout, il occupe la deuxième place sur la liste provinciale dans le district de Namur. Conseiller provincial namurois, Constant Dozo est l'un des tout premiers élus du RW (1968) et sera le tout premier administrateur de la SNCB à représenter ce même RW (1975-1981). Chef de groupe RW au Conseil provincial de Namur (1968-1973) où il restera élu jusqu'en 1978, il est le dernier bourgmestre de la commune de Pontillas (1970-1976)." [1]

L'intérêt de la Wallonie plutôt que les idées radicales

De 1972 à 1974, Constant Dozo dirige la Fédération RW de Namur avec Fernand Massart et Georges Neuray[5]. Ce « Triumvirat » fut nommé par François Perrin, en remplacement de la présidence de Paul Lannoye et pour garantir la cohésion à la suite d'un conflit interne révélateur des enjeux politiques de l'époque.

En effet, un risque d'éclatement était survenu à la suite de l'élection controversée de Paul Lannoye à la présidence de la fédération namuroise. Il était notamment reproché à ce dernier d'avoir fait voter, lors de cette assemblée élective, une règle de non-cumul absolu, au nom du principe de "démocratie intégrale". Cette règle écartait de fait tous les élus et mandataires des instances internes dont Fernand Massart et Constant Dozo.

Outre les stratégies de prise de contrôle au sein d'un jeune parti devenu la deuxième force politique de Wallonie au lendemain des élections de 1971, il faut souligner dans ce fait qui peut paraître anodin, l'émergence des prémices de l'écologie politique au sein du RW[5]. Ces idées n'étaient pas partagées par Constant Dozo et Fernand Massart qui y voyaient sans doute une dérive du combat historique et fondateur pour les intérêts de la Wallonie.

Le "radicalisme démocratique" porté par Paul Lannoye revient au sein du RW en 1976, porté par le président Paul-Henri Gendebien qui tenta d'inscrire ce parti dans la ligne d'un fédéralisme radical[6]. Cette nouvelle ligne politique ne fut apparemment pas comprise au vu des échecs électoraux qui s'en suivirent. Paul Lannoye quant à lui, après avoir fondé le mouvement Démocratie Nouvelle, rejoignit par la suite Ecolo.

Fusion des communes et le débat autour des Provinces

Soucieux d'autonomie communale il l'était aussi de la proximité et de l'accessibilité des institutions démocratiques et craignait que se mette en place une forme "unitarisme wallon". C'est pourquoi, à propos de l'utilité des provinces, mise en question avec l'application du fédéralisme, il souhaitait leur réforme, moyennant la suppression de leur exécutif (la Députation permanente)[7].

De 1977 à 1982 il est Echevin des finances de la commune de Fernelmont (entité fusionnée dont fait partie Pontillas). Il n'avait jamais caché ses idées en faveur de la fusion des communes, chemin devant conduire vers la restauration de l'autonomie communale. En 1982, il se rallie à un Parti Socialiste devenu entre-temps plus ouvert aux idées wallonnes[1]. Il contribue à des dossiers d'aménagement rural dans la commune de Fernelmont mais ne sera plus candidat à l'élection à partir de 1982. Il fut avec le Bourgmestre Jean-Claude Nihoul à l'initiative de la zone d'activité économique de Fernemont qui accueille aujourd'hui plus de 100 entreprises avec à la clé plus de 1100 emplois.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2 et 1,3 Paul Delforge, Encyclopédie du Mouvement wallon - Tome 1, Charleroi, Institut Jules Destrée, , 583 p. (ISBN 2870350171), pages 510-511
  2. C'était l'ancien maïeur de Pontillas, 14 avril 2010
  3. Fernand Massart, Salut et fraternité - Mémoires, Belgique, Fernand Massart, , 152 p. (ISBN 2960005805), pages 135-136
  4. Rénovation - n° 10 - octobre 1966
  5. 5,0 et 5,1 Lechat, Ecolo, la démocratie comme projet, Primento, , 384 p. (ISBN 2930558083, lire en ligne)
  6. Rassemblement wallon
  7. Extrait de presse : Vers l'Avenir - 8 octobre 1975 - Robert Nicolas

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