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Courant communisateur

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Le courant communisateur est un courant politique d'ultragauche apparu en France dans les années 1970. Ce courant marxiste et communiste est en rupture avec le conseillisme [1]. Pour les communisateurs, la démocratie directe des conseils ouvriers a échoué à réaliser le communisme. Les conseils ouvriers allemands de 1918, au lieu d'abolir les rapports marchands, n'ont fait que redonner leur pouvoir à la bourgeoisie après avoir arrêté la guerre. Les communisateurs remettent en question la notion de démocratie ouvrière à partir de ce constat pour aboutir finalement à un rejet de la notion de démocratie elle-même. Dans cette perspective, la révolution s'incarne dans le concept de "communisation". La communisation est le rejet de la phase de transition socialiste et le passage direct du capitalisme au communisme : elle abolit l'argent et les rapports marchands pour instaurer la gratuité généralisée des biens et des services. Rejet du modèle soviétique, la communisation est en fait un retour au Marx des Grundrisse [2].

En 1969, un groupe réuni autour de Gilles Dauvé publie un texte intitulé "Contribution à la critique de l'idéologie ultra-gauche". Ce texte critique le formalisme du conseillisme et pose la question du contenu du communisme. Pour ses auteurs, la révolution ne doit pas être conçue comme une gestion ouvrière de la société mais comme la fin de la loi de la valeur [3]. De 1972 à 1974, le groupe de Gilles Dauvé édite le bulletin Le Mouvement Communiste [4]. A partir de 1977, la revue Théorie Communiste développe une approche similaire. Pour Théorie Communiste, le prolétariat ne doit plus s'affirmer en tant que classe ouvrière mais au contraire « s'abolir en tant que classe », c'est-à-dire refuser sa condition sociale en abolissant le salariat. Le communisme devient alors synonyme d'abolition du prolétariat [5].

Le courant communisateur est représenté en France par l'Association Documentation- Edition-Liaison (ADEL, 1997), le site internet Trop Loin [6] (autour de Gilles Dauvé et Karl Nesic (1945-2016 ancien militant de Pouvoir Ouvrier scission de Socialisme ou Barbarie ) , Radio Vosstanie [7], les revues Théorie Communiste [8] (autour de Roland Simon), Meeting (2004-2008), et Sic [9] (2009-2015), ainsi que les Editions Senonevero [10]. Des revues communisatrices existent également dans d'autre pays : Riff-Raff en Suède, Endnotes en Angleterre, Pratelé komunizace en Tchéquie, et Blaumachen en Grèce.

Références

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Bibliographie

  • Jean Barrot, Le Mouvement communiste, Champ Libre, 1972.
  • Jean Barrot, Communisme et question russe, La Tête de Feuilles, 1972.
  • Philippe Riviale, Jean Barrot, Albert Borczuk, La légende de la gauche au pouvoir. Le Front populaire, La Tête de Feuilles, 1973.
  • Jean Barrot, La Gauche communiste en Allemagne, 1918-1921, Payot, 1976.
  • Gilles Dauvé, Quand meurent les Insurrections, ADEL, 1999.
  • Denis Authier, Gilles Dauvé, Ni parlement, ni syndicats : Les conseils ouvriers !, Les Nuits rouges, 2003.
  • Gilles Dauvé, Karl Nesic, Au-delà de la démocratie, L'Harmattan, 2009.
  • Roland Simon, Le démocratisme radical, Senonevero, 2001.
  • Roland Simon, Histoire critique de l'ultra-gauche, Senonevero, 2011.
  • François Danel, Rupture dans la théorie de la révolution, Senonevero, 2003.
  • Léon de Mattis, « Mort à la démocratie », le vote en question, L'Altiplano, 2007.
  • Gilles Dauvé, De la crise à la communisation, Entremonde, 2017.

Articles connexes

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  1. Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, Larousse, 2007, p. 263.
  2. Antonio Negri, Marx au-delà de Marx, Bourgois, 1979.
  3. Jean Barrot, Communisme et question russe, La Tête de feuilles, 1972, p. 137-178.
  4. Christophe Bourseiller, Histoire générale de l'ultra-gauche, Denoël, 2003, p. 425.
  5. Roland Simon, Fondements critiques d'une théorie de la révolution, Senonevero, 2001.
  6. Trop Loin
  7. Radio Vosstanie
  8. Théorie Communiste
  9. Sic
  10. Senonevero