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Déclaration des jeunes francophones et francophiles

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La Déclaration de la jeunesse francophone et francophile est un manifeste d'intérêt international écrit à l'issue du premier Forum mondial de la langue française s'étant déroulé à Québec du 2 au 6 juillet 2012.

Contexte

C'est à la suite de l'invitation lancée par le Secrétaire Général de l'Organisation internationale de la francophonie Abdou Diouf à la jeunesse lors de son discours d'ouverture du premier Forum mondial de la langue française de Québec 2012 déclarant : « Je forme donc le vœu, en terminant, que ce Forum soit le lieu d'un dialogue ouvert et franc, le lieu d'expression d'une parole libre, dérangeante même, car c'est dans cet esprit que nous avons voulu vous entendre, vous les jeunes, vous la société civile, loin des précautions oratoires du langage diplomatique. Alors bousculez-nous, étonnez-nous, inspirez-nous pour le présent et pour l'avenir ! »[1], qu'une soixantaine de jeunes participants se sont réunis de manière informelle pour discuter de leurs préoccupations quant à l'avenir de la francophonie, de la francophilie et de la langue française d'une façon générale.

Après avoir défini quatre priorités, un comité de rédaction a été mis sur pied afin de proposer une première mouture de la déclaration. 24 heures plus tard, cette première version était présentée de façon « citoyenne » à tous les jeunes sur l'esplanade du Centre des Congrès de Québec. Afin de finaliser le texte, le comité de rédaction initial a été élargi. Il fut composé de trois Québécois, d'un Haïtien, d'un Togolais, d'un Sénégalais, d'un Camerounais, d'un Congolais, d'un Nigérien et d'un Belge

Le document a par la suite été sanctionné par environ deux-cents jeunes présents au Forum, un nombre sans cesse en augmentation à ce jour. Il a été lu dans le cadre de la période consacrée aux « Orientations à adopter » par tous les participants à la première rencontre de ce type, à la fin de cette dernière.

Finalement, le document, applaudi et ayant connu une excellente réception de la part des gens présents, a été déposé auprès du commissaire général du Forum, après que ses auteurs aient exprimé la volonté qu'un comité de suivi[2] soit formé, notamment en vue du XIVe Sommet de la francophonie, organisé à Kinshasa en République démocratique du Congo, au mois d'octobre 2012.

Texte intégral

Drapeaux des nations présentes au premier Forum mondial de la langue française.

FORUM MONDIAL DE LA LANGUE FRANÇAISE

QUÉBEC 2012

DÉCLARATION DES JEUNES FRANCOPHONES ET FRANCOPHILES

Réponse à l'appel lancé par Son Excellence Monsieur Abdou Diouf, Secrétaire Général de l'Organisation Internationale de la Francophonie

À toutes les personnes ayant en commun l'usage, la connaissance ou l'amour de la langue française ;

Aux Chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français en partage ;

Avec l'intime conviction de représenter la jeunesse francophone et francophile mondiale, nous, forces émergentes réunies à Québec à l'occasion du premier Forum mondial de la langue française, aspirons à une fraternité francophone tangible et durable.

Dans cette optique, nous vous présentons le sens que recèle pour nous l'avenir en français.

Conscients des enjeux socioculturels, économiques et géopolitiques contemporains, nous ressentons la responsabilité d'ajouter nos voix à celles qui revendiquent déjà l'attention des instances nationales et internationales sur les quatre (4) défis suivants qui nous préoccupent :

  1. Libre circulation dans l'espace francophone ;
  2. Éducation et formation en français ;
  3. Francisation et « francophilisation » de l'univers numérique ;
  4. Diversité culturelle.

Libre circulation dans l'espace francophone
Dans le but de favoriser la coopération décentralisée entre les oasis de la langue française du monde entier, nous soutenons la nécessité de mettre en place un passeport francophone opérationnel qui favorise d'une part, la circulation des personnes et, d'autre part, qui légitime l'identification des francophones et francophiles à la francophonie mondiale qui se veut libre, égalitaire et fraternelle.

Éducation et formation en français
Convaincus qu'une langue n'est apprise que si elle est utile pour l'élaboration du savoir et la transmission des connaissances, il est capital que celles et ceux qui ont les moyens acceptent de soutenir humainement, techniquement et financièrement la formation, la recherche, la traduction d'œuvres et le développement d'opportunités professionnelles dans l'espace francophone.

Francisation et « francophilisation » de l'univers numérique
Ayant la certitude que les potentialités de l'univers virtuel ne sont pas encore exploitées à leur pleine capacité par la francophonie, alors que seulement 5 % du contenu numérique se présente en français, il est impératif qu'un effort supplémentaire soit fait par tous les acteurs afin de rattraper ce retard. Il importe donc de « francophiliser » la toile.

Diversité culturelle
Dans le contexte d'une mondialisation orientée vers l'hégémonie de l'unilinguisme, il est culturellement légitime d'exiger de la francophonie prudence et réserve afin que la langue française n'apparaisse comme une langue d'invasion. D'où l'importance pour la francophonie de considérer la diversité culturelle comme valeur ajoutée à toutes les civilisations et l'interculturalité comme carrefour identitaire où chacun enrichit de son expérience personnelle la réalité de l'autre, sans la dénigrer.

Enfin, soucieux de maintenir la proximité engendrée par le Forum mondial de la langue française, les jeunes annoncent leur ferme intention de poursuivre leur engagement pour la protection et la promotion de la francophonie dans un esprit de solidarité.

Nous nous engageons à assister la Francophonie à travers un comité pour le suivi et la mise en œuvre des recommandations de Québec 2012.

Pour la jeunesse francophone et francophile, le silence n'est pas une option.

Québec, le 6 juillet 2012

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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