Encyclopédie Wikimonde

Daniel Blanchard

Aller à : navigation, rechercher

Daniel Blanchard est un écrivain français, né le 3 mai 1934 à Paris.

Biographie

Daniel Blanchard passe son enfance dans les Alpes du sud, notamment à Barcelonnette où son père, Louis Blanchard, est nommé professeur de lycée, et où pendant la guerre, ses parents participent activement à la résistance. A l'arrivée annoncée de l'armée allemande, le père rejoint le maquis et la famille se réfugie chez des paysans dans un hameau de montagne très reculé[1], pour y séjourner plusieurs mois. La résistance, le séjour auprès de ces paysans aux grandes qualités humaines, vivant dans une simplicité d'un autre âge dans un site exaltant, ont joué un rôle important dans sa vie et dans ses écrits[2].

En 1957 il devient membre du groupe Socialisme ou Barbarie sous le pseudonyme de P. Canjuers. En 1959 l'Internationale situationniste prend contact avec Socialisme ou Barbarie et Daniel Blanchard et Guy Debord, au nom des deux groupes mais aussi s'étant liés d'amitié, entament des discussions approfondies qui aboutissent à la rédaction d'un texte programmatique, « Préliminaires pour une définition de l'unité du programme révolutionnaire », qu'ils co-signent[3]. Il reste membre du groupe Socialisme ou Barbarie jusqu'en 1965[4], quelque temps avant l'auto-dissolution du groupe.

Il enseigne pendant l'année scolaire 1960-61 à Labé, dans le Fouta-Djalon, en République de Guinée, au lendemain de l'indépendance du pays. Au retour, il travaille à l'Agence France-Presse comme rédacteur de 1962 à 1966, puis à l'ORTF de 1967 à 1971[5].

Introduit à la revue L'Éphémère par Francis Ponge et André du Bouchet il y publie des poèmes[6]. Un premier livre de poèmes, Cartes, paraît au Mercure de France en 1970[7].

En mai 68 il rejoint le Mouvement du 22-Mars quand le groupe se transfère à Paris, début mai, et y participe activement, ainsi qu'au comité d'action des 3e-4e » arrondissements de Paris, comité qui a maintenu une activité militante de quartier pendant plusieurs années[8].

En 1971-72, il réside aux États-Unis, à Burlington dans le Vermont, un des foyers de la contre-culture américaine[2],[9].

En 1973 il rejoint l'Imprimerie Quotidienne, récemment fondée à Fontenay-sous-bois, où il apprend le métier d'imprimeur et participe à l'aventure collective de cette entreprise d'expérimentation artistique et sociale en même temps qu'imprimerie commerciale[10]. Il y publiera un livre, Table claire (poèmes et proses), 1978, ainsi qu'une revue, Liasse[11], qu'il anime avec Jean-Pierre Burgart entre 1974 et 1986, et où sont publies des textes, souvent illustrés de dessins et d'estampes, d'auteurs et d'artistes proches de leur sensibiité, aussi bien que leurs propres textes. A également publié, avec sa compagne Helen Arnold, un texte de Murray Bookchin, sous forme de brochure imprimée à l'Imprimerie Quotidienne[12], qui mènera par la suite à la traduction et présentation, toujours avec Helen Arnold, de divers essais de cet auteur dans Pour une société écologique[13], qui représente la première tentative d'introduire la pensée de cet anarchiste-écologiste bien connu aux États-Unis auprès du public français[14].

Pendant la même période il participe à la revue-groupe Utopie[15], en compagnie, entre autres, de Jean Baudrillard, Hubert Tonka, Isabelle Auricoste, Michel Guillou[16].

Depuis le début des années 80 il travaille essentiellement comme traducteur[17], tout en publiant des livres de poésie[18][19][20]. et d'essais[21] ainsi que des romans,[2],. Il donne également des contributions à plusieurs revues de poésie, et notamment La Nouvelle Revue Française (1969), Recueil, Le Nouveau Recueil, La Revue des Belles Lettres, l'Animal, et est invité à de nombreuses émissions de radio (essentiellement à France Culture), telles que Poésie ininterrompue, Le Panorama, Nuits magnétiques[22], Du jour au lendemain[23].

Entre 2005 et 2008 il participe à divers colloques sur Cornelius Castoriadis, Socialisme ou Barbarie ou mai 68 (en France au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle[24], en Belgique, à l'Université Saint-Louis-Bruxelles[25], au Mexique à l'Université nationale autonome de Mexique (UNAM)[26], en Ukraine (groupe Praxis/Bibliothèque Victor Serge[27]) et en Espagne à San Sebastian[28], Séville[29] et Barcelone[30]).

Oeuvres

Poésie

  • Cartes (poèmes, Mercure de France, Paris, 1970);
  • Table claire (poèmes et proses, A l'Imprimerie Quotidienne, Fontenay-sous-bois, 1978);
  • Idéal portrait (poèmes, P.O.L., Paris, 1984);
  • La Conversation reprend (poèmes, Deyrolle éditeur, Paris, 1993);
  • Battant, dormant (poèmes, Sens et Tonka, Paris, 2005);
  • A l'air libre (poèmes, L'Une & l'autre éditeur, Paris, 2013).

Récits

- Halte sur la rive orientale du lac Champlain, Vermont (récit, Julliard, Paris, 1990);

- Fugitif (récit, Deyrolle Editeur, Paris, 1994);

- Ici (récit, Sens et Tonka, Paris, 2001);

- Ces Éclats de liberté (récit, L'Une & l'Autre éditeur, Paris, 2009).

Essais

- Debord, dans le bruit de la cataracte du temps, suivi de "Préliminaires pour une définition de l'unité du programme révolutionnaire" (1960) par Canjuers et Debord (Sens et Tonka, Paris, 2000). (Première publication dans la revue Futur Antérieur, 39-40, septembre 1997, puis en anglais : “Debord in the Resounding Cataract of Time” in Revolutionary Romanticism, City Lights Books, San Francisco, USA, 1999);

- Vide-poches (citations et notes, Sens et Tonka, Paris, 2003);

- (es) Crisis de palabras (essais, Acuarella-A.Machado, Madrid, 2007);

- Crise de mots (essai, Editions du Sandre, Paris, 2013).

Articles divers

- Contributions à la revue Socialisme ou Barbarie (articles et notules) signées P. Canjuers, entre 1957 et 1965;

- Préface, avec Helen Arnold, à Pour une société écologique (Christian Bourgois Editeur, Paris, 1976) ;

- Préface à l'Anthologie de Socialisme ou Barbarie (Editions Acratie, La Bussière, 2007);

  • (es) « La idea de autonomía. Socialismo o barbarie, y el mundo actual », in La autonomía posible, reinvención de la politica y emancipación, Claudio Albertani, Guiomar Rovira y Massimo Modonesi, coordinadores (Universidad Autónoma de la Ciudad de México, Mexico, 2009) ;
  • (it) « Socialisme ou Barbarie : Prospettiva rivoluzionaria e modernità » in L'Altro Novecento, Communismo critico e pensiero critico, Vol. II : Il Sistema e i movimenti ; Europa 1945-1989 (Editoriale Jaca Book, Milano, 2011) ;

- “Le groupe ‘Socialisme ou Barbarie’. Notes sur une expérience personnelle” in Socialisme ou Barbarie aujourd'hui, Analyses et témoignages, (Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles, 2012);

- “L'idée de révolution chez Castoriadis”(n° 2), Actualité de Mai (n° 20) dans la revue Réfractions, recherches et expressions anarchistes.

Notes et Références

  1. Ces faits sont évoqués dans la biographie de Pierre-Gilles de Gennes, Prix Nobel de Chimie, qui a été l'élève de Louis Blanchard : Pierre-Gilles de Gennes : A Life in Science, de Laurence Plévert (World Scientific, Hackensack New Jersey, 2011). Voir aussi www.asianscientist.com/books/wp-content/.../8182_chap01.pdf
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Émission Le Cercle littéraire de la BNF 26 octobre 2009
  3. L'exposition “Guy Debord, un art de la guerre” (BnF du 27 mars 2013 au 13 juillet 2013) projette trois vidéos de Daniel Blanchard parlant de la vie et l'oeuvre de Debord.
  4. Contributions à la revue Socialisme ou Barbarie (articles et notules) signées P. Canjuers, entre 1957 et 1965.
  5. Biographie chez l'éditeur P.O.L.
  6. L'Éphémère, numéros 2, 6 et 12.
  7. La Quinzaine Littéraire du 16-28 février 1971, p. 10 : « Cinq Plaquettes »., de Serge Fauchereau.
  8. La vie de ce comité est documentée dans le livre Mai 68, Des révolutionnaires dans un village parisien de Nicolas Daum (Londreys, 1988), republié comme Mai 68 raconté par des anonymes (éditions Amsterdam, Paris, 2008).
  9. Cette période a inspiré son roman, Halte sur la rive orientale du lac Champlain, Vermont.
  10. L'imprimerie édite, sous le label "À l'Imprimerie Quotidienne" des revues (Utopie, Liasse) et des livres (Serge Utge-Royo, Gisèle Prassinos, Pierre Chappuis, J.-P. Burgart avec dessins de Otto Schauer), .
  11. Fiche de Liasse sur le site Revues Littéraires
  12. Vers une technologie libératrice de Murray Bookchin traduit par H. Arnold et D. Blanchard (Parallèles, éditeur, Paris, 1974).
  13. Christian Bourgois Editeur, Paris, 1976.
  14. Cf. : http://fra.anarchopedia.org/Murray_Bookchin et http://refractions.plusloin.org/IMG/pdf/1808.pdf
  15. Voir en particulier, les numéros d'avril 1977 et de décembre 1977-janvier 1978 de la revue (Utopie, A l'Imprimerie Quotidienne).
  16. Sur la revue Utopie, voir http://www.mercieretassocies.com/artiste.php?id=41
  17. Ses traductions les plus récentes sont La nuit mexicaine de Lawrence Ferlinghetti (L'Une et l'autre, Paris, 2013), Théorie du film - La rédemption de la réalité matérielle de Siegfried Kracauer, Daniel Blanchard et Claude Orsoni (Traducteurs) (Flammarion, Paris, 2010). Autres traductions notoires : Une vie dans son siècle, mémoires de John Kenneth Galbraith (Éditions Gallimard, Paris); Jack le Noir et Jack le Blanc, contes afro-américains (Éditions du Seuil, Paris); Restavec enfant-esclave en Haïti, une autobiographie de Jean-Robert Cadet (Éditions du Seuil, Paris ).
  18. Sur Idéal-Portrait : Le Monde des Livres du 22 novembre 1984, « Daniel Blanchard, Du calcaire plein la gorge », de Geneviève Brissac.
  19. Sur Battant-dormant : Le Nouveau Recueil N° 79, juin 2006, page 188-189.
  20. http://www.humanite.fr/node/229583 L'Humanité du 8 avril 1994, rubrique Le poète aujourd'hui, « La conversation reprend » de Dominique Grandmont.
  21. Le Monde des Livres du 08 mars 2013, “Sur la crête des mots”, de Jean Birnbaum
  22. France Culture, "Nuits Magnétiques du 7 juin 1994.
  23. Notamment, le 17 décembre 2009 et, dernière émission en date, le 26 avril 2013: France Culture, “Du jour au lendemain” Alain Veinstein s'entretient avec Daniel Blanchard.
  24. « L'idée de révolution et Castoriadis », donné au colloque Cornelius Castoriadis et l'imaginaire, Cerisy, 6-10 juin 2003, actes non publiés.
  25. “Le groupe ‘Socialisme ou Barbarie’. Notes sur une expérience personnelle” donné au colloque « Socialisme ou Barbarie aujourd'hui, Analyses et témoignages », tenu les 6 et 7 mai 2010 aux Facultés universitaires Saint-Louis de Bruxelles.
  26. (es) « La idea de autonomía. Socialismo o barbarie, y el mundo actual », au colloque sur La autonomía posible, reinvención de la politica y emancipación, (Universidad Autónoma de la Ciudad de México, Mexico, 24-26 octobre 2009).
  27. « Perspective révolutionnaire et modernité : La démarche de ‘Socialisme ou Barbarie’ » au Forum International de Pensée Critique, colloque tenu à Pestchanoïé, Ukraine du 18 au 22 juillet 2010. Actes publiés en russe. (http://www.praxiscenter.ru)
  28. Colloque “Castoriadis. Dilemmes de la création”, organisé par le Centre d'Art Contemporain Arteleku, à San Sebastian, du 4 au 19 mai 2007.
  29. Colloque “Mayo del 68: el comienzo de una época (1). Semillas y gérmenes” organisé par UNIA, Universidad Internacional de Andalucia à Séville du 12 au 16 novembre 2007. (http://ayp.unia.es/index.php?option=com_content&task=view&id=84)
  30. “Debord ‘avec et contre le cinéma’”, colloque Con y contra el cine. En torno a Mayo del 68 organisé par la Fondation Tapies et l'Institut français de Barcelone du 14 au 29 mai 2008 (http://www.fundaciotapies.org/site/spip.php?article5692&var_recherche=conference%202008).


Liens externes

Article publié sur Wikimonde Plus.

Erreur Lua dans Module:Suivi_des_biographies à la ligne 189 : attempt to index field 'wikibase' (a nil value).