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David Bosc (1816 - 1875)

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David Bosc
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Un portrait rare de David Bosc vers 1870, extraite d'une page d'une revue historique du début du XX°siècle
Naissance
Nîmes
Décès
Marseille
Activité principale
Négociant, armateur et homme politique français
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
homme politique

David Bosc est né à Nîmes en 1816, dans une famille de tanneurs et d’industriels. En 1850, il s’installe à Marseille où il devient un armateur et un notable respecté. Conseiller municipal en 1870 dans la municipalité de Jacques-Thomas Bory, il est en septembre 1870, l’un des 12 membres de la commission départementale dirigée par l’avocat Gaston Crémieux. Accusé injustement d’arrestation arbitraire et de pillage, il comparaît en 1874, devant le conseil de guerre. Il est acquitté mais contraint à l’exil. De retour à Marseille en 1875, il meurt en octobre.

Origines et jeunesse

Les Bosc sont une famille de terriens très attachée au sol et à leur ville natale, propriétaire de nombreux immeubles, de maisons avec jardin, de vignobles et de champs d’oliviers et descendante des huguenots cévenols qui avaient l’habitude des combats et de l’aventure. David Bosc hérite de la ténacité et de l’esprit d’initiative de ses ancêtres.

Une brillante ascension

En 1850, il s’installe à Marseille avec sa femme Anne Arnassan et leur fils Louis, âgé de deux ans, au N° 11 de la rue Stanislas-Torrents, dans le but de fonder avec son frère aîné Jean-Jacques, une entreprise dans la lignée de la tradition familiale. Il se spécialise dans le négoce des cuirs et peaux et établit bientôt des relations suivies avec les grands pays d’élevage, fournisseurs de l’indispensable matière première, et notamment ceux d’Amérique du Sud. Progressivement, en moins de dix ans, la Maison Bosc se dotera de plusieurs voiliers long-courriers, et comme il apparaissait nécessaire de remplir ces navires pour le voyage aller, notre négociant en cuirs devient armateur, et il fera bientôt son entrée dans le cénacle prestigieux des commerçants, banquiers et armateurs de Marseille. Sous le Second Empire, bénéficiant des avancées scientifiques et techniques de cette seconde moitié de siècle, les commerçants et les industriels allaient faire prospérer de façon significative leurs affaires et s’enrichir, ce qui provoqua un effet « boule de neige » dans le reste de la population, et contribua à l’euphorie générale qui s’empara du pays de 1850 à 1865. David Bosc est désormais un notable respecté et estimé de tous dans la cité phocéenne. Il habite avec sa famille, rue Sylvabelle, au n° 83, dans une belle maison ancienne et spacieuse, qui conserve encore un air du XVIII° siècle.

Engagement politique

Républicain ardent, David Bosc approuve la création par Toussaint Samat d’un journal qui devint Le Petit Marseillais et qui ne dissimulait guère son hostilité au régime. Puis, il soutient la création d’un autre journal républicain, L’Egalité. Il commence également à s’engager politiquement et se fait élire en août 1870 conseiller municipal sur la liste d’opposition démocratique. À la chute de l’Empire, Il devient l’adjoint du maire Jacques-Thomas Bory dans la première municipalité républicaine. Celle-ci entend bien apporter des changements significatifs mais dans le cadre existant et la légalité. Toutefois, le 4 septembre, à l’annonce du désastre de Sedan et de la proclamation de la République à Paris, les esprits s’échauffent. La préfecture est envahie et le préfet Charles Alphonse Levert molesté et menacé de mort. Grâce à l’intervention musclée de David Bosc, il parvint à s’échapper mais doit laisser la place, à son corps défendant, à un nouveau préfet, Alexandre Labadié. Des républicains plus radicaux souhaitent une véritable révolution comme le jeune typographe, André Bastelica. La police étant dissoute, seuls les sapeurs-pompiers peuvent encore résister aux assauts de ces hommes déterminés. Le 5 septembre, le conseil municipal nomme une commission départementale de 12 membres dont David Bosc, dirigée par le jeune avocat, d’origine israélite, Gaston Crémieux, qui fait ainsi son entrée sur la scène politique marseillaise. Ce même jour, de retour du palais de la Bourse, alors qu’il rentre chez lui, à la hauteur de la rue Breteuil, il assiste à l’arrestation sans réel motif d’un agent de police par un groupe d’hommes armés et menaçants. Homme de concertation, il tente d’abord d’apaiser la fureur de la foule et d’engager le dialogue, mais en vain. L’agent est solidement ligoté par une demi-douzaine de jeunes hommes déterminés. Il promet alors à la femme de l’agent de faire relâcher son mari dès le lendemain, ce qu’il fit. Jamais il n’imagine alors que cette affaire allait le mener dans quelques années devant un Conseil de Guerre.

La Commune de Marseille

Le 22 mars 1871, à Paris, un nouveau gouvernement est formé, sous le signe de la Commune et le gouvernement d’Adolphe Thiers se replie à Versailles. Pour beaucoup de Marseillais, l’amalgame est aussitôt fait entre Thiers et les monarchistes, et la Commune fait tâche d’huile. C’est sous le nom de Commission gouvernementale, que la Commune de Marseille, réplique de la Commune parisienne, s’installe à la préfecture de Marseille, présidée par Gaston Crémieux. La situation est explosive. Gaston Crémieux s’efforce, bien maladroitement de calmer les esprits. Le 3 avril, Marseille est en pleine ébullition. Le conseil municipal qui reste toujours une autorité légale, ne parvient pas à redresser la situation et ne peut que déplorer son impuissance devant un tel déchaînement de passion et de violence. Les insurgés de la Commune occupent bientôt la préfecture et le drapeau rouge flotte aussitôt sur le monument. Le préfet et le procureur sont prisonniers ainsi que la délégation du conseil que dirige David Bosc qui est menacé de mort : « Livrez-nous le fort Saint-Nicolas, sinon... » Imperturbable, David Bosc refusera avec détermination de livrer le fort aux civiques car s’il est l’homme de la concertation, il ne sera jamais l’homme des compromissions. Les troupes régulières se replient alors sur Aubagne qui devient le Versailles du général Henri Espivent de La Villesboisnet (ou Villeboisnet), lequel déclare immédiatement le département des Bouches-du-Rhône en état de siège. La confusion est la plus totale. La « transition douce » souhaitée ardemment par David Bosc, se solde définitivement par un échec qu’il ressentira durement. Le 4 avril, les troupes régulières du général Espivent de la Villeboisnet rentrent à Marseille. La préfecture est bombardée depuis le fort Saint-Nicolas et la colline de la Garde. Les Marseillais qui conservent leur sens de l’humour, même dans les circonstances les plus dramatiques, rebaptisent la « Bonne Mère » : « Notre Dame de la Bombarde ». On dénombrera plus de 150 morts et on ne comptera pas moins de 600 arrestations ! Une page sanglante de l’histoire de Marseille vient d’être tournée ! Le 12 juin 1871, 17 accusés comparaissent devant le conseil de guerre, dont le principal leader de la Commune marseillaise, Gaston Crémieux. Le « factieux incorrigible » est fusillé le 30 novembre 1871, à 7 heures du matin, dans les jardins du palais du Pharo. Le feu du peloton fait une veuve de 22 ans et trois petits orphelins. David Bosc est indigné par « l’assassinat » de « l’avocat des pauvres ». Il déplore aussi les nombreuses déportations au bagne de Cayenne et les exécutions sommaires.

Le procès

Trois ans plus tard, en septembre 1874, à la surprise générale, David Bosc qui est devenu l’un des chefs du parti radical à Marseille, est arrêté et traduit devant le Conseil de Guerre, pour un motif invraisemblable. Il est inculpé d’arrestation illégale et de complicité de pillage, le 5 septembre 1870, « en la personne et au domicile de l’agent de police Marty Jauret ». Les faits sont graves et il risque même sa tête. Le pillage en question consiste en un « revolver, un pistolet, un casse-tête, un képi, un chapeau, un manteau, un pantalon et une somme de 45 francs », la parfaite panoplie d’agent de police sous Napoléon III. David Bosc récuse les accusations grotesques contenues dans le rapport de police et expose simplement les faits et sa vaine intervention pour tenter de ramener le calme ce fameux jour et empêcher l’arrestation de Marty Jauret. Son avocat Me Hornbostel dénonce un procès politique contre un homme qui est une figure emblématique de la société marseillaise. En fait, c’est le général Espivent qui voulait la tête de David Bosc comme il avait voulu celle de Gaston Crémieux. Il représentait tout ce qu’il exécrait : la réussite, la popularité, l’esprit de conciliation et les idées républicaines. À travers David Bosc, c’est aussi Marseille, « la ville rebelle » qui se trouve sur le banc des accusés. Au cours du procès, Me Hornbostel exhibe un volumineux cahier comportant une interminable liste de signatures en faveur de l’accusé. Ce « cahier de la solidarité » désamorce aussitôt la bombe qui était destinée à faire disparaître une innocente victime d’une sorte de « raison d’état ».

Exil et mort

David Bosc est acquitté sous les acclamations, mais le général Espivent ressent cet acquittement comme un camouflet et entend bien prendre sa revanche. Moins d’un mois après son acquittement, David Bosc décide, pour éviter une nouvelle arrestation, de s’exiler en Italie, et s’installe avec sa famille à Bordighera.

Mais ses problèmes de santé dus en partie à ses six mois de détention, se multiplient et il finit par rentrer à Marseille où il meurt le 14 octobre 1875. Un interminable cortège se déroula sur plus de trois kilomètres, le long de l’avenue du Prado.

Citations

« Marseille a voulu prévenir la guerre civile. Elle soutiendra le Gouvernement républicain régulièrement constitué qui siégera dans la capitale. La Commission départementale formée avec le concours de tous les groupes républicains, veillera sur la République jusqu’à ce qu’une nouvelle autorité émanant d’un gouvernement régulier siégeant à Paris, vienne la relever ». David Bosc, membre de la Commission départementale dirigée par Gaston Crémieux, en septembre 1870.

«  Ce n’est pas l’avocat qui plaide, c’est l’homme indigné qui se dresse ... Ce n’est pas moi qui parle, ce sont tous ceux qui ont signé le texte impérieux que je vous ai lu... Je demande la justice, j’exige la justice, c’est la justice que je réclame, c’est sur elle que je dois compter ! » Me Hornbostel, au cours du procès de David Bosc.

Sources et Bibliographie

  • Archives de la ville de Marseille,
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône,
  • Revues historiques et Journaux d’époque,

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