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Directoire National Rectifié de France-Grand Directoire des Gaules

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Le « Directoire National Rectifié de France-Grand Directoire des Gaules » (D.N.R.F.-G.D.D.G.), est un ordre maçonnique et chevaleresque constitué à Lyon le 15 décembre 2012 [1], héritier du « Grand Directoire des Gaules » fondé en mars 1935 [2] à l'initiative de Camille Savoire (1869-1951)[3] sous les auspices du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie[4], lié aujourd'hui à la Grande Loge Suisse Alpina.

L'Ordre décida, en 1778, lors du Convent des Gaules, de faire du Phénix son symbole par excellence : « L'emblème général des Loges rectifiées de France, est un Phénix renaissant de ses cendres avec la légende ‘‘Perit ut vivat’’ » (Cf. Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées, 1778, ch. XVI).

Histoire

Le Régime Ecossais Rectifié prit naissance en 1778 à Lyon, lors d'un Convent général de la Stricte Observance, dit « Convent des Gaules ». Du point de vue historique, si l'on veut comprendre ce que représente, tant dans son originalité que sa finalité, la Réforme de Lyon, il convient de souligner que les décisions qui furent prises lors du Convent des Gaules en 1778, sont véritablement à l'origine du Rite, ou plus exactement du « Régime Écossais Rectifié », transformant, réformant et, en effet, « rectifiant » en profondeur la Stricte Observance dite « Templière », nouveau Régime, ou système pensé et voulu par Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824).

On peut donc dire que le Convent des Gaules, qui se déroula de novembre à décembre 1778 à Lyon, dans ses décisions, établissait et constituait un Rite fondé sur quatre grades symboliques, conduisant à un Ordre de Chevalerie, dit « Ordre Intérieur », formé des Ecuyers Novices et des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, Ordre Intérieur auquel était adjoint une classe secrète, dite « non-ostensible », de Chevaliers Profès et Grands Profès [5].

Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France, Convent des Gaules, Lyon, 1778.

Ainsi était établi un nouveau système absolument original et novateur, extrêmement éloigné, même s'il en conservait plus ou moins le cadre général extérieur, de ce qu'avait été la Stricte Observance, mais également l'ensemble de la franc-maçonnerie, que le Régime nouvellement établi avait l'ambition de réformer et de « rectifier » afin de lui transmettre les lumières de la doctrine de la réintégration qui éclaire d'une manière unique ce que fut l'homme à son origine, son état actuel et sa destination future [6].

Extinction du Régime Écossais Rectifié en France au XIXe siècle

La vie de ce nouveau système initiatique fut brève, car les Provinces qui avaient, plus ou moins, repris force et vigueur après la Révolution, peu à peu s'éteignirent, les établissements fermèrent les uns après les autres entre 1820 et 1830. Fort heureusement, Jean-Baptiste Willermoz qui disparut le 29 mai 1824, laissa avant sa mort à Joseph Antoine Pont (+ 1838), Eq. a Ponte Alto, toutes ses archives et surtout le soin de faire survivre la transmission de l'Ordre. Ainsi, à partir du dernier quart du XIXe en raison de son extinction en France, le Régime Écossais Rectifié ne subsista que par le Grand Prieuré d'Helvétie, qui se voyait ainsi confier la charge extrêmement importante, de conservation et surtout de la continuité de l'Ordre.

Réveil du Régime rectifié au XXe siècle

Il faudra attendre le XXe siècle, à l'initiative de Frères du Grand Orient de France – et notamment grâce à la volonté de Camille Savoire (1869-1951) qui se tourna vers le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie, ultime et providentiel conservateur du Régime rectifié - pour que le système maçonnique fondé par Jean-Baptiste Willermoz, soit enfin réveillé sur le territoire qui l'avait vu naître au XVIIIe siècle. C'est ce qui advint les 20 et 23 mars 1935, lorsque le Grand Prieuré d'Helvétie, confirma par une Charte-constitutive accompagnée de Lettres Patentes [7], le réveil du Régime Écossais Rectifié en France sous l'obédience du Grand Directoire des Gaules en conformité avec les dispositions du Code des Loges Maçonniques Réunies et Rectifiées de France stipulant que c'est du Grand Directoire National, présidé par le Grand Maître National entouré des Administrateurs des Provinces, qu'émane toute autorité au sein d'une Nation : « Le Grand Directoire National est présidé par le Grand-Maître National, et composé des trois Administrateurs des provinces…. » [8].

Le Grand Directoire des Gaules (23 mars 1935)

Il est cependant à noter que le nom « Grand Directoire des Gaules », pourtant celui-là seul au bénéfice duquel furent rédigées la Charte-constitutive et Lettres-patentes du 23 mars 1935 [9] établie par le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie, nom qui lui aurait dû être maintenu en chacun de ses actes par l'instance du réveil, a été étrangement éclipsé au profit d'une désignation inexacte, qui devint celle utilisée, notamment de 1946 à nos jours. En effet, le 15 décembre 1946 Camille Savoire, après guerre, réveilla bien le Grand Directoire des Gaules mis en sommeil le 3 septembre 1939, mais en le déclarant en Préfecture de Nanterre (Haut-de-Seine) sous la dénomination fautive, créée in abstracto, de « Grand Prieuré des Gaules » (sic)[10].

Après plusieurs décennies d'un fonctionnement contestable, eu égard à l'éloignement constant des critères rectifiés et aux libertés considérables que l'on s'était autorisé à son encontre, libertés qui allaient jusqu'à en menacer la nature et l'essence doctrinale, ayant de la sorte pris acte du non-respect qui était advenu avec le temps de « l'engagement solennel » qui accompagnait le réveil du Régime Écossais Rectifié effectué le 23 mars 1935 par le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie - en érigeant le Grand Directoire des Gaules, afin que le Régime soit pratiqué et maintenu en conformité avec les Statuts de l'Ordre et les décisions de ses Convents fondateurs, il a donc été décidé de procéder au réveil officiel du Grand Directoire des Gaules [11].

Phénix, gravure XIXe.

Réveil du Grand Directoire des Gaules le 15 décembre 2012 à Lyon

Le Directoire National Rectifié de France-Grand Directoire des Gaules (DNRF-GDDG), a ainsi été réveillé par des Frères provenant en majorité du Grand Prieuré des Gaules et d'autre part du Grand Prieuré Indépendant de France (Grand Orient de France) - en s'appuyant sur les qualifications et la légitimité de la transmission de l'ancien Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules (2005-2009) Eq. Ab Insula Alba, et de celui qui en fut le Porte-parole officiel ces dernières années (2005-2012) Eq. A Crucis Mysterio - en souhaitant revenir et conserver en fidélité les fondements initiatiques du Régime Écossais Rectifié selon la conception willermozienne, ceci dans le respect de ce ce que voulut Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) pour le Régime rectifié, en se rattachant à la conception organisationnelle, spirituelle et doctrinale[12] de la Réforme de Lyon engagée au Convent des Gaules (1778), entérinée au Convent de Wilhelmsbad (1782).

Le retour à la dénomination « Grand Directoire des Gaules », est de ce fait à la fois une façon de manifester une volonté de respecter les termes de la Charte du réveil de 1935 [13], mais surtout de signaler que c'est l'instance même du réveil du Régime en France – quoique non oublieuse de ce qui relève des épisodes antérieurs aux 15 décembre 2012 à Lyon – qui retrouve aujourd'hui ses fondements historiques.

Bibliographie

  • Steel-Maret (Bouchet et Boccard), Archives secrètes de la Franc-Maçonnerie, Collège métropolitain de France à Lyon, IIe Province dite d'Auvergne 1765-1852, Librairie de la Préfecture, 1893. (Nouvelle édition et introduction par Robert Amadou avec une étude de Jean Saunier, Slatkine, 1985).
  • René Le Forestier, La Franc-Maçonnerie Templière et Occultiste (1929). 3e éd. Milan, Archè, 2003, (ISBN 978-8872522455) texte édité et préfacé par Antoine Faivre, introduit par Alex Mellor [1]
  • Paul Vulliaud, Les Rose-Croix lyonnais au XVIIIe siècle, Emile Nourry, 1929.
  • Alice Joly, Un mystique Lyonnais et les secrets de la Franc-Maçonnerie, Jean-Baptiste Willermoz, 1730-1824, Protat Frères, 1938.
  • Jean Saunier, [Ostabat], Les Chevaliers Profès de la Stricte Observance Templière et du Régime Écossais Rectifié, Le Symbolisme n° 389, 1969.
  • Jean Tourniac, Principes et problèmes spirituels du rite écossais rectifié et de sa chevalerie templière, Paris, Dervy, Histoire et tradition, 1969.
  • René Guilly, & Roger Dachez, Essai sur la chronologie des rituels du Régime Écossais Rectifié pour les grades symboliques jusqu'en 1809, Renaissance Traditionnelle nos 80-81, 1989-1990.
  • Robert Amadou, Illuminisme et contre-illuminisme au XVIIIe siècle, Cariscript, 1989.
  • Daniel Ligou Histoire des Francs-Maçons en France, volume 1, de 1725 à 1815, Privat, 2000.
  • Jean-Marc Vivenza, Les élus coëns et le Régime Écossais Rectifié : de l'influence de la doctrine de Martinès de Pasqually sur Jean-Baptiste Willermoz, Le Mercure Dauphinois, 2010.
  • Roger Dachez, Jean-Marc Pétillot, Le Rite Écossais Rectifié, Que sais-je ?, Éditions Puf, 2010.
  • Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, Paris, PUF, coll. « Que sais-je? », , 5e éd., 128 p. (ISBN 978-2130589174)
  • Jean-Marc Vivenza, Histoire du Grand Prieuré des Gaules, "Le Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours", Les Éditions du Simorgh, 2011.
  • Jean-Marc Vivenza, Jean-Baptiste Willermoz, Fondateur du Régime Écossais Rectifié, Textes choisis et présentés par Jean-Marc Vivenza, Éditions Signatura, 2012.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Annonce de la constitution du DNRF-GDDG
  2. La tenue officielle de la Préfecture de Genève pour le réveil du Régime en France, présidée par Ernest Rochat, Grand Prieur du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie, eut lieu à Neuilly-sur-Seine, le samedi 23 mars 1935, dans le Temple de la Loge La Lumière à l'Orient de Neuilly, Villa de l'Acacia.
  3. Camille Savoire', fut Grand Commandeur du Grand Collège des Rites du Grand Orient de France, de 1923 à 1935.
  4. Lors du Convent des Gaules en 1778, les sièges des Prieurés provinciaux furent modifiés, et la Préfecture de Zurich représentée au Convent par Rodolphe Salzmann (1749-1821) Eq. A Hedera, se vit élevée au rang de « Grand Prieuré d'Helvétie ». Ce Grand Prieuré, constitué le 14 août 1779, sera celui qui veillera sur la conservation du Régime rectifié après son extinction en France au XIXe siècle, et qui contribuera à son réveil dans sa terre d'origine au début du XXe siècle, en transmettant en 1910 à Camille Savoire et Pierre de Ribaucourt, les éléments initiatiques indispensables à sa réédification.
  5. Georg Kloss résume, dans son Histoire de la Franc-maçonnerie en France (1852-1853), en une phrase l'origine et la nature des deux professions : « Quand Willermoz modifia en 1778 au Convent de Lyon le Rituel de la Stricte Observance, il y ajouta les deux grades théosophiques de Chevalier Profès et Grand Profès, dans lesquels étaient élaborées les idées de Martinez Pasqualis, mais purifiées et anoblies. La pierre de fond en était le Traité de la Réintégration.» (Cf. G. Van Rijnberk, Martines de Pasqually, Sa vie, son œuvre, son ordre, Derain-Raclet, 1938, tome 1er, p. 102).
  6. « La Grande Profession conserve en son entier le dépôt de la doctrine de la réintégration, voilà qui la définit philosophiquement. Le Régime ou le Rite écossais rectifié, dans la foulée énigmatique de Martines de Pasqually et sous l'action de Jean-Baptiste Willermoz, a spécifié la science spécifique de la franc-maçonnerie – qui est ‘‘la science de l’homme, selon Joseph de Maistre – en la doctrine de la réintégration, commune aux élus cohen, à Louis-Claude de Saint-Martin et aux ordres martinistes dignes de ce nom. » (R. Amadou, Martinisme, CIREM, 1997, p. 37 & 40).
  7. Charte-constitutive et Lettres Patentes, 23 mars 1935.
  8. Cf.Code des Loges Maçonniques Réunies et Rectifiées de France, Chap. III., 1778.
  9. Charte-constitutive et Lettres Patentes, 23 mars 1935.
  10. Si le Code de 1778 prévoit bien comme seule instance dirigeante et représentative du Régime rectifié sur le plan national, un « Conseil d'administration nationale ou Grand Directoire Écossais de France » (Cf. Code Général des règlements de l'Ordre des C.B.C.S, Titre 5, Art. III), cependant le terme « Grand Prieuré » ne peut s'appliquer, selon le Code Général (Titre 3, Art. III), qu'à une Province et non à une Nation, sauf si cette dernière y est assimilée, ce qui n'est évidemment pas le cas pour la France qui compte trois Provinces (IIe d'Auvergne, IIIe d'Occitanie, Ve de Bourgogne). L'expression « Gaules » désigne la France en son appellation romaine ancienne (lat. Gallia), englobant ses trois Provinces (IIe Alvernia, IIIe Occitania, Ve Burdundia), mais n'est évidemment rattachée à aucun Grand Prieuré portant le nom « des Gaules », inscrit à la matricule de la Réforme de Lyon.
  11. La Charte-constitutive & Lettres-patentes pour le réveil du Régime Écossais Rectifié en France, sous l'obédience du Grand Directoire des Gaules, stipule : « Voulant assurer définitivement le réveil en France du Rite Écossais Rectifié, tel qu'il y fut jadis pratiqué (…) après que les requérants eurent pris, tant en leur nom qu'au nom de leurs mandants, l'engagement solennel de pratiquer le Rite Écossais Rectifié en conformité des statuts de l'Ordre tel qu'il est encore en usage en Suisse, et notamment de maintenir dans leur intégralité les décisions arrêtées aux divers Convents de Kohlo, en 1772, de Wilhelmsbad, en 1782, et des Gaules, en 1778, tendant à assurer au Rite Rectifié son uniformité. (…) Le Grand Prieur d'Helvétie, ès qualité, a expressément reconnu le Grand Directoire des Gaules comme puissance régulière, autonome et indépendante du Régime Rectifié en France (…).» (Fait et signé sous les Sceaux du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie, du Grand Directoire Écossais Rectifié et de la Préfecture de Genève, à Genève, et à Paris, les 20 et 23 mars 1935).
  12. Le Régime rectifié se singularise au sein du monde maçonnique, de par le lien étroit qui fut scellé lors du Convent des Gaules en 1778 entre la pensée de Martinès de Pasqually et le nouveau système édifié par Jean-Baptiste Willermoz, en le rendant dépositaire d'une « doctrine » fondée sur l'idée de « réintégration » : «  Le but de Willermoz était de préserver la doctrine dont Martines de Pasqually avait été, selon que ce dernier lui avait enseigné, l'un des relais seulement ; maintenir, quand sombrait l'ordre des Élus Cohen, la vraie Maçonnerie selon le modèle que Martinès de Pasqually lui avait révélé comme l'archétype et que garantit une conformité doctrinale avec la doctrine de la réintégration. » (Robert Amadou, Martinisme, CIREM, 1997, p. 36).
  13. Cf. Charte Constitutive pour le réveil du Régime Écossais Rectifié en France, 23 mars 1935.
  • Jean-Marc Vivenza, Histoire du Grand Prieuré des Gaules, "Le Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours", Les Éditions du Simorgh, 2011.
  • Jean-Marc Vivenza, Jean-Baptiste Willermoz, Fondateur du Régime Écossais Rectifié, Textes choisis et présentés par Jean-Marc Vivenza, Éditions Signatura, 2012.

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