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Ernest de Rambaud

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Ernest de Rambaud
Conflits Guerre de Crimée
Campagne d'Italie
Guerre franco-allemande de 1870

Ernest de Rambaud (1er février 1819, Versailles - 25 février 1899, La Hauteville) est un officer supérieur militaire francais qui participa à de nombreux conflits majeurs du XIXe siècle.

Distinctions

Ernest a trois agrafes, correspondant aux trois batailles auxquelles il a participé.

Jeunesse

Ernest de Rambaud est né le 1er février 1819 dans l'hôtel du Gouvernement de Versailles. Il est baptisé dans la cathédrale Saint-Louis de Versailles. Il décède le 25 février 1899, à La Hauteville, et est enterré le 2 mars 1899 au cimetière Saint-Louis de Versailles.

Il est le fils d'Auguste de Rambaud et de Françoise Gaudelet d'Armenonville, beau-fils du comte Amédée d'Allonville

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Portrait de Charles X

Son père meurt le 9 janvier 1834, à Mexico, où il survivait en étant professeur de langues. Ernest est placé très jeune dans différents pensionnats à Paris, tandis que sa sœur, Ernestine de Rambaud, va vivre chez sa grand-mère Agathe de Rambaud qui accueille également Adèle de la Brousse, sa nièce. La jeune femme vient de perdre son fils et son mari du fait de l'épidémie de choléra de 1832. La mère d'Ernest de Rambaud, Françoise Gaudelet d'Armenonville, dès la mort de son mari, se remarie avec le comte Amédée d'Allonville, officier Garde du corps du roi, en 1836.

Son beau-père est né dans une famille qui a perdu plusieurs des siens pendant la Révolution pour défendre la famille royale. Le jeune comte d'Allonville est le descendant d'une maison dont le blason figure dans La salle des Croisades du château de Versailles [1].

Sa grand-mère, Agathe de Rambaud, les emmène, lui et sa sœur, aux Tuileries, lors du passage du roi de Naples en 1827, au château des Tuileries. Le roi Charles X pose sa main sur leurs têtes et leur demande leur âge. Marie Thérèse de France (1778-1851), duchesse d'Angoulême converse quelques instants avec leur grand-mère et s'informe de ce qui l'intéresse.

À Paris, Ernest fait de très brillantes études.

Polytechnique (1838-1839)

gravure, armes de l'École Polytechnique

Le 1er septembre 1838, il réussit l'examen pour être admis à l'École royale polytechnique qu'il passe à Paris. L'École polytechnique est installée sur le site rénové du collège de Navarre, dans le quartier de la Montagne Sainte-Geneviève. Elle est depuis sa création un centre d'agitation contre les pouvoirs en place. Ernest de Rambaud fait ses classes au 27e régiment d'infanterie de ligne.

L'École d'application du Corps royal d'état-major (1840)

Il n'y reste pas longtemps. Le 1er janvier 1840, après avoir réussit le concours de l'École d'application du Corps royal d'état-major, Ernest de Rambaud est 15e sur 25 élèves. Il a eu de très bons résultats en géométrie descriptive et Mathématiques appliquées, comme précédemment à Polytechnique.

Carrière

Sous la Monarchie de juillet

Ernest de Rambaud se retrouve à nouveau le 30 juin 1842 au 25e régiment d'infanterie de ligne, pour finir ses classes. Il est nommé le 6 janvier 1843, lieutenant au Corps d'Etat-major, qui est composé d'un nombre déterminé d'officiers de chaque grade.

Le 20 janvier 1843, Ernest de Rambaud est stagiaire au 59e régiment d'infanterie de ligne. Le 18 juillet 1843, il est provisoirement détaché comme Aide de camp, auprès du général Maximilien-Georges-Joseph Neumayer, jusqu'au 5 août 1845.

C'est à cette époque, le lundi 2 septembre 1844, que sa jeune sœur Ernestine de Rambaud, se marie avec un avocat et magistrat avignonnais, Léon Verger, dont le frère est au futur Cadre Noir, l'École royale de cavalerie de Saumur.

Ernest de Rambaud fait un an de stage comme lieutenant du 5 avril 1845 au 15 avril 1846 au 7e régiment de Hussards. Jusqu'ici Ernest était dans l'infanterie, il se retrouve dans la cavalerie. Et il y reste. Le 15 avril 1846, à 27 ans, il est capitaine de 2e classe dans ce même régiment. Son avancement est donc rapide. Du 30 juin 1842 au 15 avril 1846, il n'y a que quatre années à peine. Ce beau début de carrière dans l'armée va être ralenti par la fin de la monarchie de juillet.

Sous laSeconde République 1848-1851

Le 21 avril 1847, il est nommé à l'état-major de la 4e division militaire, la Division militaire territoriale de Tours. La situation politique est catastrophique. C'est la campagne des banquets organisée par les républicains. À Paris, le 23 février 1848, place des Victoires, la garde nationale passe subitement aux côtés des manifestants et les protège contre les cuirassiers. Paris se couvre de barricades. Adolphe Thiers succède à François Guizot. Il veut réprimer l'insurrection et offre au roi d'évacuer Paris pour l'attaquer ensuite avec l'armée. Louis-Philippe Ier refuse et reprend la route de l'exil, vers l'Angleterre. Il laisse derrière lui un gouvernement provisoire qui va tenter d'escamoter la république. Mais, François-Vincent Raspail au nom de l'insurrection parisienne, exige la proclamation de la république. Les insurgés de 1839, les fous qui attaquaient sa caserne sont au pouvoir. Certes, Alphonse de Lamartine, ministre des Affaires étrangères, assure le charger d'affaires du Tsar que le gouvernement français va s'employer à contenir les fanatiques des clubs en introduisant dans la capitale vingt mille hommes de troupe nécessaires au maintien de l'ordre. Toutefois le ministère met à nouveau Ernest en disponibilité, le 10 mai 1848. Dès juin 1848, sa grand-mère, Agathe de Rambaud et sa mère Françoise Gaudelet d'Armenonville ne touchent plus leurs pensions de retraite. Le 3 juin 1848, Ernest de Rambaud est nommé aide-comptable du général Alphonse de Grouchy. D'après l'Annuaire militaire de la République française de 1850 (p. 66), Grouchy est général de brigade à Versailles, et Ernest est lui-aussi cité. Ils font partie de l'état-major de la 2e division active. Ce marquis est l'un des organisateurs du coup d'État du 2 décembre 1851, mais il agit dans l'ombre. C'est seulement après la victoire qu'il figurera sur la liste des principaux soutiens de l'empereur. Ernest sera de nouveau son aide de camp sous l'Empire.

Sa participation au coup d'État du 2 décembre 1851

Son dossier au SHAT établit qu'il participe à cette campagne à Paris. Comment pourrait-il en être autrement ? Il est officier, noble, beau-fils d'un châtelain et il a été élevé par sa grand-mère paternelle, Agathe de Rambaud qui a échappé de peu à la prison de l'abbaye, en fuyant les Tuileries le 10 août 1792.

Le 8 septembre 1851, Ernest de Rambaud est employé à l'état-major de la division de cavalerie de réserve de Paris, à Versailles. Puis, le 20 janvier 1851, il est enfin nommé capitaine de 1re classe, le 20 janvier 1852.

La guerre de Crimée (1854-1855)

Le 27 mars 1854, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à la Russie. C'est le début de la guerre de Crimée. Napoléon III et le tsar Nicolas Ier de Russie se disputent pour assurer la protection des Lieux Saints de Jérusalem, partie intégrante de l'empire turc. Ernest de Rambaud est envoyé dès le 28 février 1854, comme capitaine de 1ère classe à l'état-major de l'armée d'Orient, ce qui démontre que la guerre a été préparée depuis longtemps. Sous les commandements des généraux Armand Jacques Leroy de Saint-Arnaud et Lord FitzRoy Somerset, Français et Anglais débarquent à Eupatoria, dans la presqu'île de Crimée, le 14 septembre 1854.

Il est sous les ordres d'un cousin de son beau-père, le général Armand-Octave-Marie d'Allonville, qui dirige une brigade de cavalerie en Crimée. Après la Charge de la brigade légère de Cardigan à Balaclava, ils dégagent les restes de la brigade légère. D'allonville devient général de division et obtient le commandant supérieur d'Eupatoria. Lui et ses hommes battent à nouveau la cavalerie russe.

A cette époque, Ernest est admis dans la 2e section de l'Etat-major général de l'armée, par décret du 5 septembre 1854 avec effet du 6 septembre 1854. Ses collègues sont les chefs d'escadron Ranson et Osmont et les capitaines d'Orléans et de la Hitte. (1) Ernest de Rambaud participe à cette guerre jusqu'au 20 mars 1855. Il revient en France et est disponible dix jours. Du fait de nos victoires, le tsar doit demander la paix. Il signe le traité de Paris, le 30 mars 1856.

Ernest de Rambaud est fait chevalier de la Légion d'honneur et recevra la médaille instituée en 1856 par la reine Victoria en commémoration du siège de Sébastopol et de la campagne de Crimée contre les Russes. Elles sont attribuées individuellement, avec le nom, prénom et la fonction du titulaire marqué sur la tranche. Le ruban bleu pâle bordé d'un liseré jaune citron est agrémenté de 9 agrafes : 4 pour l'armée de terre (Alma, Balaclava, bataille d'Inkerman, Sébastopol), 2 pour la Marine (Azov, Sébastopol), mais on en trouve trois autres (Tratkir, Kinburm, Moulin Vert). Ernest a trois agrafes, correspondant aux trois batailles auxquelles il a participé. Les Français reçoivent normalement leurs médailles sans agrafes.

Le général Armand d'Allonville

Aide de camp (1855-1859)

Ernest de Rambaud n'a pas d'avancement. Il devient l'aide de camp du général de Grouchy, dont il a déjà été l'aide-comptable sous la Seconde République. Ce Grouchy est le fils du célèbre maréchal Emmanuel de Grouchy.

Ernest est ensuite l'aide de camp du général de division Armand-Octave-Marie d'Allonville, cousin de son beau-père, du 28 février 1857 au 11 mars 1858. Sur un tableau au Musée des Beaux-Arts de Rennes, le général est représenté à cheval avec son état-major. Ernest de Rambaud chevauche bien entendu juste derrière lui. Il était à ses côtés dans toutes ses batailles, ou parfois capitaine d'état-major rattaché à l'état-major général.

La Campagne d'Italie (1859)

Achille Baraguey d'Hilliers en 1870

Ernest de Rambaud occupe ensuite divers commandements en France. La guerre vient troubler la monotonie de la vie de garnison à Tours. Le capitaine de Rambaud, le 24 avril 1859, est à l'état-major général du 1er corps de l'Armée d'Italie. Il est toujours le 9 juin 1859, l'aide de camp du maréchal Achille Baraguey d'Hilliers (1795-1878) Achille Baraguey d'Hilliers est un homme énergique, difficile, aussi dur aux autres qu'à lui-même, il a été l'un des chefs de la droite monarchiste.

Le maréchal Achille Baraguey d'Hilliers recommande à nouveau Ernest de Rambaud à l'Empereur, dans un courrier datant du 10 juin 1859, après la bataille de Melegnano : Sire, Votre Majesté m'a donné l'ordre hier, de me porter avec le 1er corps sur la route de Lodi, de chasser l'ennemi de San Juliano et de Melegnano [...] Je lui recommanderai particulièrement le colonel Anselme, mon chef d'état-major, proposé pour général de brigade; le commandant Foy, dont le cheval a été blessé [...] le capitaine de Rambaud, pour lequel j'ai demandé déjà de l'avancement [...] Les pertes de l'ennemi sont considérables: les rues et les terrains avoisinant la ville étaient jonchés de leurs morts; 1200 blessés autrichiens ont été portés à nos ambulances; nous avons fait de 8 à 900 prisonniers et pris une pièce de canon. Nos pertes s'élèvent à 943 hommes tués ou blessés, mais comme dans tous les engagements précédents, les officiers ont été frappés dans une large proportion.

Mac Mahon s'arrête devant le promontoire de Cavriana solidement tenu par l'ennemi. Il ne sait plus ce qu'il doit commander à ses troupes. À sa gauche, Achille Baraguey d'Hilliers est le seul chef qui ait montré quelque prévoyance et s'attaque aux collines échelonnées devant Solferino. Ernest, officier d'état-major, a tracé les plans de bataille qui permettent à nos troupes d'être victorieuses. Il participe à presque toutes les batailles de la campagne jusqu'à la suspension d'armes le 8 juillet 1859. Il reste en Italie jusqu'à fin août. Ernest de Rambaud devient quatre jours plus tard, le 13 juin 1859, chef d'escadron du fait de sa conduite lors de cette bataille. Vus ses exploits et sa contribution à la victoire, Ernest a de l'avancement et est décoré de différentes médailles, dont certaines, les Italiennes, ne sont pas distribuées à n'importe quel officier du corps expéditionnaire. Il figure désormais sur la Liste des officiers de la Légion d'honneur.

Ernest devient l'ami de Henri Dunant, le fondateur de la Croix-Rouge. Quand il va se retrouver à la retraite, ce dernier lui confiera des responsabilités importantes au sein de la Croix-Rouge française.

La bague du comte de Chambord

Henri d'Artois, comte de Chambord

Le comte de Chambord (11820-1883) demande à rencontrer Ernest de Rambaud. Il part pour l'Autriche, bien des années après sa mère, Agathe de Rambaud. Le prince essaie vainement de le rallier à sa cause et pose surtout beaucoup de questions sur Louis XVII - Charles-Guillaume Naundorff, paraît-il très ému. Henri d'Artois lui fait jurer de ne rien révéler sur leurs longs entretiens et lui fait cadeau d'une bague en argent avec une fleur de lys en or. Ernest de Rambaud tiendra parole et ses descendants conserveront ce cadeau princier. Mais ses convictions en sortent renforcées. En 1859, Ernest de Rambaud reconnaît le fils aîné de Louis XVII - Charles-Guillaume Naundorff, Charles Edmond, Charles X de droit. Cet acte très politique va bien entendu avoir de fâcheuses conséquences sur son avancement.

Le Comte de Chambord, prétendant au trône, malgré tous, les problèmes de légitimité dynastique est très aimé de tous les membres de la Famille de Rambaud et de leurs cousins germains, les Gaillard de Saint-Germain. C'est un Prince très intelligent et profondément bon, comme Louis XVI et la duchesse de Berry, Caroline de Bourbon (1798-1870).

La sœur aînée du comte de Chambord, Louise d'Artois (1819-1864), qui a épousé en 1845, le duc Charles III de Parme avait eu comme nourrice une fille d'Henri Nicolas Moreau de Champlieux et Nicole Constance Pommery, des cousins d'Ernest de Rambaud. Louise d'Artois est la grand-mère paternelle de l'impératrice d'Autriche Zita de Bourbon-Parme.

Tours 1859-1867

Le chef d'escadron Ernest de Rambaud et le maréchal Achille Baraguey d'Hilliers reviennent à Tours. Pendant des années, il reste l'aide de camp du maréchal Baraguey d'Hilliers qui commande à Tours le 5e corps d'armée qu'il avait quitté pour faire la guerre en Italie. Ils figureront tous les ans dans l'Annuaire militaire de l'Empire français. Dans celui de 1859, il est cité p. 49 : il est le 16e au niveau de l'ancienneté, comme chef d'escadron (commandant dans la cavalerie). Le 1er août 1867, Ernest de Rambaud est enfin élevé au grade de lieutenant-colonel.

Son mariage (1868)

Le 1er octobre 1867, Ernest de Rambaud est disponible. Il en profite pour épouser Marguerite Le Clerc, fille de Frédéric Le Clerc et Marie Eugénie Meusnier, le 2 mars 1868 à Versailles. Marguerite est née le 22 juillet 1845 à Tours. Elle a 23 ans, est très jolie, lui en a 49. Cette famille descend de nobles protestants qui n'ont plus été confirmés dans leur noblesse. Leurs cousins proches sont les comtes Leclerc de Pulligny, dont l'entre eux, Jean, est polytechnicien. Marguerite descend par les femmes de saint Louis. Leur mariage fait l'objet d'un page entière article dans le calendrier de la noblesse de Touraine de 1868, de Carré de Busseroles. La généalogie de la famille Le Clerc occupe également une place importante dans cet ouvrage.

Comme dans tous les dossiers d'officiers retrouvés SHAT, il y a eu enquête sur la fiancée et sa famille. Le trousseau de sa femme est d'une valeur de cinq mille francs, sa dot de cinquante mille francs. Le beau-père d'Ernest, le comte Amédée d'Allonville lui fait cadeau du château de La Hauteville et des terres.

Le camp de Châlons (1868)

Le lieutenant-colonel Ernest de Rambaud rejoint le Camp de Châlons le 31 mai 1868, après 8 mois de disponibilité, C'est son ami, Achille Baraguey d'Hilliers, qui commande le Camp de Châlons. Ernest de Rambaud fait partie des officiers brillants et hommes du monde recherchés comme aides de camp, dont parle le général Thoumas. La guerre menace, Guillaume Ier d'Allemagne possède une armée bien plus nombreuse et mieux équipée que la notre. Elle a des réservistes bien entraînés.

• Le 31 mai 1868, Ernest est nommé chef d'état-major de la 1re division d'infanterie du 2e camp de Chalons.

• Le 21 août 1868, il devient le chef d'état-major de la 7e division militaire d'infanterie.

• Le 19 septembre 1869, il est le chef d'état-major de la 2e division militaire d'infanterie.

• Le 16 juillet 1870, Ernest est chef d'état-major de la 2e division d'infanterie du 4ème corps d'armée du Rhin.

La Guerre franco-allemande de 1870

La déclaration de guerre par la France est signée par Napoléon III le 19 juillet 1870. Le maréchal Edmond Le Bœuf. Le 16 juillet 1870, Ernest est nommé chef d'état-major de la 2e division d'infanterie du 4e corps d'armée du Rhin. Le général de Ladmirault, son commandant en chef envoie la 1re division et la brigade légère de sa division de cavalerie à Sierck-les-Bains pour surveiller la frontière.

Le lieutenant-colonel Ernest de Rambaud arrive, malgré les trains des compagnies du Nord et de l'Est, avec la 2e division d'infanterie du camp de Châlons, le 22 juillet. Le 4e corps d'armée du Rhin est au complet. Il comprend 1.208 officiers, 27.702 hommes, 5.536 chevaux, répartis en 39 bataillons (dont trois de chasseurs), 18 escadrons, 15 batteries (dont 3 de mitrailleuses) et 4 compagnies du génie. La 2e division d'infanterie est composée de :

La 2e division d'infanterie à peine débarquée du train est envoyée à marche forcée à Filstroff, c'est à dire à l'avant-garde du 4e corps d'armée, à 15 km de la ville de Saarlouis, que les stratèges de l'armée française veulent conquérir en premier. Nous sommes le 23 juillet. Ernest de Rambaud, comme tous les officiers au courant de la puissance militaire allemande, est atterré en apprenant la neutralité des Autrichiens et des Italiens.

Premiers combats

Mais toutes ces marches fatiguent notre infanterie et font penser à l'ennemi que le 4e corps bat en retraite. Arrivé à Boulay Ernest apprend à son général qu'ils doivent repartir en direction de Boucheporn, à côté de Saint-Avold. Les désastres que connaît l'armée française à l'est de leurs positions font que l'état-major décide d'envoyer le 4e corps d'armée défendre Metz. Ils attaquent même l'ennemi en criant : vive la France !.

Ernest de Rambaud sera cité à l'ordre du jour n° 20 du 4e corps d'armée du Rhin comme s'étant particulièrement distingué pendant les combats du 14 août.

Pendant ce temps l'Empereur et son fils se soucient de leurs bagages...

La bataille de Mars-la-Tour ou Rezonville (16 août 1870)

Battle-Mars-Le-Tour-large.jpg

Les forces du 4e corps sont divisées en deux. Ce matin du 16, le lieutenant-colonel Ernest de Rambaud est encore avec les défenseurs de Metz. La 3e division, des éléments de la division de cavalerie et l'état-major sont avec les assaillants sur le plateau de Gravelotte. Le lieutenant-colonel Ernest de Rambaud malgré les pertes dues à l'artillerie prussienne attaque l'ennemi avec des rescapés de ces terribles affrontements. La 24e division prussienne s'enfuit au pas de course. Le général Ladmirault, en faisant repasser le ravin à ses troupes les empêche de s'emparer d'une batterie prussienne. Ernest de Rambaud sera cité à l'ordre du jour du 4e corps d'armée du Rhin comme s'étant particulièrement distingué pendant les combats du 16 août.

32 749 hommes sont morts en une seule journée !!!

La bataille de Gravelotte ou Bataille de Saint-Privat (18 août) ou le vrai sens de l'expression il pleut comme à Gravelotte

La 2e division défend Montigny et Amanvillers. Les Français ce cette division Grenier font mieux que se défendre : ils repoussent l'ennemi qui éprouve de lourdes est contraint d'engager ses réserves pour empêcher les Français de percer sa ligne.

Mais, François Achille Bazaine, obnubilé par les combats qui ont lieu sur son aile gauche (au sud), sous-estime ce qui se passe sur son aile droite (au nord) et oublie de soutenir Canrobert en difficulté

Le siège de Metz (1870)

L'ennemi reconnaît que les troupes françaises se sont bien battues et sont habilement commandées. Les dernières troupes du camp de Châlons sont envoyées sur le front. L'armée du Rhin est bloquée sous les murs de Metz à partir du 18 août. Il faudrait rejoindre l'armée de secours en ne laissant que 50 000 hommes pour défendre Metz, et faire face aux Allemands à Verdun. Mais, là-encore, l'Empereur laisse une grande armée de 150 000 hommes se faire encercler.

Prisonnier en Allemagne (novembre 1870-15 février 1871)

Depuis le 19 juillet, Ernest de Rambaud fait campagne contre l'Allemagne, mais, le 29 octobre 1870, après une centaine de jours de combats, gravement malade et blessé, il est fait prisonnier de guerre, à Metz. Ernest parle l'allemand avec ses geôliers, langue qu'il a longtemps étudiée au lycée et à Polytechnique. C'est la matière où il avait ses meilleures notes. Les officiers conservent leurs armes et les objets leur appartenant en propre. Sous réserve de prêter serment de ne plus prendre les armes contre la Prusse, les officiers français sont autorisés à rentrer chez eux. Ernest de Rambaud est détenu à Cologne et devient l'ami du dernier marquis de Martigues, la petite patrie des Rambaud, le général et futur ministre Galliffet.

De son côté, la Croix-Rouge se mobilise pour créer des services adaptés aux besoins des prisonniers. Ernest de Rambaud saura se souvenir du travail de son ami Dunant et de la Croix-Rouge après la guerre en acceptant de devenir directeur du service hospitalier de la Croix-Rouge, pour la France et ses colonies.

Paris, affamé, épuisé, bombardé, après la bataille de Buzenval se rend le 28 janvier 1871. Ernest de Rambaud, soigné depuis trois mois et demi à Cologne, peut enfin repartir en France.

La liberté et la Commune de Paris (1871)

Chute de la colonne Vendôme de André Adolphe Eugène Disderi (1819 - 1889)

Le 15 février 1871, Ernest convalescent est libre sur parole. La situation à Paris correspond au mensonge fait par Otto von Bismarck au général Boyer. Une partie du peuple de Paris, désespéré par la misère résultant du siège et des nouvelles lois qui l'accablent, se fédèrent avec de nombreux bataillons de la Garde nationale, puis avec une partie des troupes de Paris, ils forment le 26 mars 1871, le Conseil de la Commune de Paris. Le gouvernement légal se retire à Versailles où siège l'Assemblée et décide avec l'aide d'une armée formée avec les prisonniers revenus d'Allemagne et des paysans de faire le siège de la capitale. Cette armée est commandée par le général Galliffet, qui l'ami d'Ernest de Rambaud.

Mais Ernest de Rambaud du 15 février 1871 au 26 octobre 1872 sur dossier SHAT est dit disponible. Ce qui veut dire qu'il n'a pas participé à la répression de l'insurrection communarde.

Officier au début de la IIIe République (1872-1877)

La France veut un retour à la monarchie, mais le prétendant ne veut pas du drapeau tricolore, pour lequel tant de jeunes Français viennent de mourir. Ernest a 53 ans, le 26 octobre 1872, quand il est nommé au poste de sous-chef d'état-major général du 7e corps d'armée commandée par le duc d'Aumale, Henri d'Orléans (1822-1897). Le 1er novembre 1873, le ministère nomme Ernest chef d'état-major de la 18e division d'infanterie du 9e corps. Ernest figure comme tel dans l'Annuaire de l'Armée française de 1876 et sur des documents publiés par le Ministère de la guerre de 1873. Ernest est toujours au même poste le 7 mars 1874 quand naît son fils Jean dans la maison où il vit alors 14, rue des Amandiers à Tours.

Une retraite très active, la Croix-Rouge (1877-1899)

Henri Dunant, son ami, lui confie la direction du service hospitalier de la Croix-Rouge, pour la France et ses colonies

Ernest n'a plus d'avancement de 1872 à la retraite. Il est pourtant le plus ancien lieutenant-colonel de l'état-major français, et un polytechnicien. Un courrier dans son dossier SHAT précise qu'une loi de la IIIe République condamne les prisonniers de Sedan et de Metz à ne plus avoir d'avancement. Finalement, le 14 février 1877, Ernest de Rambaud est admis à faire valoir ses droits à la retraite, à titre d'ancienneté de services. Il cesse ses activités en avril 1877. À cette époque de nombreux nobles et royalistes ou partisans de l'empereur sont chassés de l'armée. Ils sont remplacés très souvent par des officiers sortis du rang.

Du fait de son amitié avec Henry Dunant rencontré sur les champs de batailles italiens et de son beau-père clinicien, il devient directeur du service hospitalier de la Croix-Rouge, pour la France et ses colonies dossier [2]. Ernest s'occupe également de l'éducation de ses enfants. Il fait des travaux forestiers et agricoles à La Hauteville. La ferme de La Hauteville se compose de 150 hectares de riches terres et de bois. Il cultive aussi 40 hectares, devant la gare de Montfort-l'Amaury dont il a hérité de sa grand-tante Tocquiny de Villarceaux. Parfois, il retourne en Touraine, visiter ses vignes à Montlouis, héritées de son arrière-grand-père Armand Joseph Dubernad. Pour se distraire, il résout des équations mathématiques.

Sa mort (1899)

Le 16 février 1899, il est à La Hauteville et il propose à Germaine, sa fille d'aller assister aux cérémonies militaires, à l'occasion de l'élection d'Émile Loubet.

Il décède le 25 février 1899, à La Hauteville, et est enterré le 2 mars 1899 au cimetière Saint-Louis de Versailles. Son décès est signalé par l'Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1900, p. 404, [1]

Voir aussi

Source

  • Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, Anovi 2005, ISBN : 2-91418-02-5, biographie d'Agathe de Rambaud [2]
  • Guy de Rambaud, Les Rambaud, mille ans d'histoire (manuscrit)
  • Son dossier au SHAT
  • Résultat de recherche du nom DE RAMBAUD dans l'Annuaire militaire de l'Empire Français pour l'année 1870, publié sur les documents communiqués par le Ministère de la Guerre. Liste des Officiers et Fonctionnaires qui ont été inscrits d'après les actes de naissance qu'ils ont produits au Ministère de la Guerre. Chaque militaire peut être identifié par son nom, son prénom, ses décorations, son grade, son rang d'ancienneté et son corps d'armée.
  • 1870 Rambaud, Ernest (de) & Mme née de Pulligny ... Château de la Hauteville ... Condé-sur-Vegres, Houdan (Seine-et-Oise).
  1. Source
  2. SHAT/Ernest de Rambaud, et faire-part décès

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