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Eudoxie ou la Clef des champs

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Eudoxie ou la Clef des champs
Auteur Hubert Monteilhet
Pays France
Genre roman historique
Éditeur Éditions de Fallois
Lieu de parution Paris
Date de parution 1992
Type de média texte imprimé (153 × 225 mm)
Couverture Fragonard, Le Baiser à la dérobée
Nombre de pages 306
ISBN 2-87706-150-7
Chronologie

Eudoxie ou la Clef des champs est un roman historique de l'auteur français Hubert Monteilhet, paru en 1992. La plus grande partie du récit se déroule en Périgord en 1788, au moment de l'agitation parlementaire qui conduit Louis XVI à convoquer les États généraux.

À travers le personnage hors du commun d'une jeune noble révoltée, le livre traite de la condition féminine et de l'institution du mariage.

Eudoxie défend sa liberté et sa dignité en refusant de transiger sur ce qui lui paraît essentiel. Elle reproche à l'Église de proclamer que la liberté de choix fonde le sacrement du mariage tout en tolérant — voire en encourageant – les unions entachées d'un défaut de consentement. Son « proxénète » de père voulant la marier contre son gré pour réparer sa toiture, Eudoxie puise dans cette forfaiture un droit à la désobéissance. Elle entame un long combat, abandonnant dans le sillage de ses « exigeantes vertus » un bon nombre de cadavres. Et les troubles de la Révolution lui permettent de régler encore quelques comptes.

Contexte éditorial

  • Dans les années 1980, Monteilhet se partage entre le roman historique (Les Derniers Feux, Néropolis, La Pucelle), la littérature de jeunesse (la série Gus) et le roman criminel (La Perte de vue). En 1990, il entame, avec le roman La Part des anges, une tétralogie criminelle située dans l'univers de la gastronomie.
  • En 1992, il revient au roman historique avec Eudoxie ou la Clef des champs, qui paraît aux Éditions de Fallois.
  • L'année suivante, il va publier un essai, Ce que je crois et pourquoi, puis Œdipe en Médoc, deuxième roman de sa tétralogie.
  • La Révolution et Napoléon sont évoqués dans Eudoxie. Monteilhet va y revenir de façon plus approfondie : il va consacrer un roman, Les Bouffons (2004), à la période révolutionnaire ; et un autre, Au vent du boulet (2008), aux temps napoléoniens.

Contexte historique

Le récit principal se déroule d'avril à novembre 1788. Mais c'est en 1816 qu'Eudoxie raconte cet épisode de sa jeunesse. Entre-temps, elle a vécu la Révolution, le Consulat, l'Empire et la Restauration. Elle juge l'Ancien Régime avec 28 ans de recul, à la lumière de tous ces changements. Les comparaisons abondent. Les défauts de l'Ancien Régime sont dénoncés, tandis que ses qualités sont reconnues. Si le manque de sérieux des nobles[1] est jugé sévèrement, le « dérèglement d'esprit[2] » et les crimes[3] de la « bande d'histrions sanguinaires[4] » de la Révolution sont condamnés sans appel. « Le Corse » est évoqué avec le dernier mépris. La Restauration est accueillie avec circonspection. Selon Eudoxie, le génie français consiste à « allier les Révolutions rhétoriques à une profonde stabilité des bourgeoises fortunes provinciales[5] ».

En avril 1788, l'agitation parlementaire se déchaîne, attisée par les demi-mesures et les décisions incertaines de Louis XVI. Cependant, nul ne voit venir la Révolution. Tout le monde fait confiance au roi « pour adapter des institutions vieillies à un nouvel état de la société ». Eudoxie n'est pas mêlée aux événements qui vont conduire à la Révolution. Mais elle est concernée dans la mesure où elle est une criminelle. Louis XVI, sous l'influence notamment de Voltaire, a supprimé la torture préparatoire huit ans plus tôt[6]. Pour ce qui concerne la torture préalable, celle qui précède l'exécution, son abolition est prévue dans le projet de réforme Lamoignon qui vise à restreindre le pouvoir des parlements sur les plans politique et judiciaire, et à humaniser la procédure judiciaire[7] : l'accusé bénéficierait de l'assistance d'un avocat[8] et la torture préalable serait abolie. Louis XVI a signé les six édits concernant cette réforme le 1er mai, 10 jours avant l'arrestation d'Eudoxie. Le lit de justice du 8 mai les a enregistrés. Cependant, pour qu'ils deviennent applicables, il faudrait que les parlements procèdent — une dernière fois — à un enregistrement. Or, les parlements entrent en rébellion, refusant de se condamner eux-mêmes en enregistrant ces édits. L'agitation prend une telle ampleur que Louis XVI se résout, en août, à convoquer les États généraux pour le 5 mai 1789.

Lieux du récit

Le récit se déroule, pour la plus grande partie, en Périgord. Le château de Caussenac n'existe pas. L'auteur le situe au nord de Sarlat, non loin de cette ville. Eudoxie est enfermée à Périgueux dans un établissement d'éducation tenu par les chanoinesses de Saint-Augustin. Cet établissement est fictif. Les chanoinesses de Saint-Augustin n'ont jamais eu de maison à Périgueux.

La fugue d'Eudoxie l'entraîne dans la forêt de la Mothe-Clédou (qui fait partie de la forêt d'Horte), en Angoumois : l'attaque des brigands a lieu entre le Clédou (hameau de Rougnac) et Charras. Eudoxie se rend ensuite dans une abbaye de femmes qui est fictive. On trouve en effet les ruines d'un monastère près de Charras, celles de l'abbaye de Grosbot. Mais il s'agissait d'une abbaye d'hommes. La fugue s'interrompt à Nantes. Eudoxie est ramenée par bateau à Bordeaux, puis escortée jusqu'à Sarlat.

Elle est enfermée à Paris chez les dames de la Bienfaisance, qui prennent en main les anciennes prostituées. Cet ordre n'existe pas. Il peut faire penser aux sœurs de Notre-Dame de Charité, qui se donnaient une mission similaire, et dont l'un des huit monastères se trouvait à Paris[9].

Résumé

Chez les chanoinesses de Saint-Augustin

La famille de Caussenac a tenu le haut du pavé en Périgord depuis Charles VII. Mais le comte actuel, incapable de faire valoir son domaine, assiste impuissant à sa déroute financière. Menacé de déchéance, il ne voit d'autre issue pour garder son rang que de marier sa fille Eudoxie à quelque riche roturier. De 16 à 18 ans, Eudoxie refuse trois partis. Pour lui assouplir l'échine, son père l'enferme alors dans un établissement d'éducation tenu par les chanoinesses de Saint-Augustin.

La mère supérieure lui propose de la doter (la dot étant ici un droit d'entrée en religion[10]) si elle consent à prendre le voile pour se mettre à l'abri de la volonté paternelle. Eudoxie hésite, mais se laisse tenter par la liberté du monde : elle refuse ce chantage, ce mariage de raison avec Dieu[11]. Ne voulant pas se laisser gouverner par « la perspective déprimante et honteuse du moindre mal », elle aspire à un « souverain bien ». Elle attend donc de disposer d'une « vocation totale et libre » pour faire son choix entre le couvent et le mariage.

Un nouveau prétendant

Devant être mariée au « baron de Chasseneuil », elle quitte l'institution le 30 mars 1788. Elle a 19 ans. Dans une auberge, déguisée en soldat pour observer de près son nouveau prétendant, elle échappe aux assauts de celui-ci, qui est homosexuel. Découvrant que ses parents en étaient informés, elle est submergée par le dégoût : non seulement on la prostitue, mais on omet de lui avouer un détail qui a son importance. Elle perd le respect de son père, « parangon des vieux maquereaux de la Dordogne[12] ». Elle ne ressent plus la crainte qu'il lui avait toujours inspirée. Elle prend la décision « d'assumer désormais sans faiblesse » toute la liberté dont le Ciel lui a confié l'usage : « Ni père, ni roi, ni pape n'avait le droit d'attenter à ma propriété au nom de principes mal assurés ou par le jeu complice de désordres qui en faisaient bon marché[13]. »

La dérobade de l'Église

Le vieux curé, qui compte sur le prétendant pour financer les travaux de son église, fait valoir à Eudoxie que si elle refuse ce mariage son père sera ruiné. Elle se retrouvera religieuse non dotée, c'est-à-dire sœur converse, « faisant fonction de fille de service[14] », vouée « aux tâches serviles les plus rebutantes[15] », cloîtrée « jusqu'à ce que mort s'ensuive, à peler des racines et à frotter des parquets[15] ». Selon lui, « le martyre du mariage est quand même plus doux et a des chances de durer moins longtemps[15] ». L'Église romaine, par la voix du curé, se révèle donc impuissante à garantir la liberté de choix d'Eudoxie, liberté sans laquelle le mariage est nul[14]. Eudoxie rédige alors une déclaration, avec le curé pour témoin. Elle y précise qu'elle n'accepte de se marier avec Chasseneuil « que sous la menace d'un père dénaturé[14] ». Une telle pièce est en effet indispensable pour démontrer le défaut de consentement, en cas de demande ultérieure de reconnaissance de nullité en cour de Rome.

Quant à ses parents, elle leur dit d'une voix forte pour que les domestiques entendent : « Les pères ont tant maudit des filles rebelles à leurs vœux immondes qu'il me sera bien permis de vous maudire tous deux à mon tour. Je prierai Dieu jusqu'à mon dernier souffle qu'il s'occupe de vous comme vous le méritez[12]. »

La fugue

Mais Eudoxie finit par comprendre qu'elle n'a jamais eu l'intention d'épouser Chasseneuil.

Elle commet alors « la seule mauvaise action » de sa vie. Elle spécule honteusement sur le sentiment amoureux que lui porte son frère de lait, Jacques Cadouin, fils d'un ancien serf. Ayant volé de l'or, un cheval et une épée à son père, elle entraîne Jacques dans une fugue qui peut le mener à la potence.

À Périgueux, Jacques, déguisé en noble, joue trop bien son rôle et provoque un marquis en duel. Sa façon inattendue de combattre et l'aide non moins inattendue d'Eudoxie lui valent de l'emporter. Il tue le marquis.

Les deux jeunes gens poursuivent leur route en diligence. À Brantôme, ils sont rattrapés par Chasseneuil. Effondré d'être à l'origine d'un tel drame, celui-ci leur donne de l'argent et les prévient que le comte, qui paraît devenu fou, est à leurs trousses, à la tête d'hommes en armes. Délaissant la diligence, les deux jeunes gens se font accepter dans une berline d'ecclésiastiques qui va emprunter un chemin différent.

Dans la forêt d'Horte, attaqués par des brigands, ils sont sauvés par l'intervention du comte et de ses hommes, qui ont retrouvé leurs traces. Après le combat, le comte se dispose, si l'on en croit ses paroles, à tuer sa fille réfugiée dans une cabane. Eudoxie lui fracasse le crâne d'un coup de tabouret. Le meurtre est attribué à deux des bandits, qui ont réussi à s'enfuir.

Mais une plainte a été déposée à Sarlat pour rapt et vol ; et une autre à Périgueux pour assassinat. Eudoxie, qui a des connaissances juridiques, fait valoir aux compagnons du comte qu'ils n'ont nullement le droit de l'arrêter. Il faut un décret de prise de corps. Les simples particuliers ne peuvent intervenir que dans le cas d'un flagrant délit.

Les deux jeunes gens poursuivent leur route déguisés en abbés. Peu après Sainte-Hermine, Eudoxie est contrainte de confesser un mourant, et de l'absoudre. Les fuyards arrivent à Nantes, où ils espèrent trouver un bateau pour le Nouveau Monde. Le 11 mai 1788, Eudoxie est arrêtée, tandis que Jacques réussit à s'enfuir.

Aux mains de la justice

Eudoxie embarque sous bonne garde sur un navire marchand qui doit la conduire à Bordeaux, d'où elle sera menée à Sarlat. Durant la traversée, elle fait la connaissance du jeune avocat Beaufort, qui lui prodigue des conseils. Selon lui, le tribunal va se refuser à considérer qu'il s'agit d'une fuite, puisque Eudoxie était accompagnée. Il parlera de rapt, et voudra établir qui a enlevé qui. Et il ne trouvera pas vraisemblable « qu'un rustre sans instruction ni moyen d'aucune sorte ait eu l'ambition de faire sa vie avec une demoiselle de condition, et le talent oratoire de la pousser à la fuite[16] ». Le tribunal risque donc de concevoir un soupçon des plus dangereux : Eudoxie ne se serait-elle pas servie de son charme et de son ascendant pour tourner la tête d'un malheureux « disposé à admettre aveuglément » tout ce qui sortait de sa bouche[16] ? Pour écarter ce risque, l'avocat propose de faire porter le chapeau à Jacques. Il faut en donner l'image d'« un coq de village aventureux qui aura tourné la tête d'une sotte[16] ». Ce schéma classique va rassurer un tribunal plus disposé à condamner un homme de rien qu'une fille de haute noblesse — même s'il ne croit pas réellement à cette fable[16].

Mais Eudoxie rédige, à l'attention du lieutenant criminel de Sarlat, une lettre digne et courageuse où elle décharge totalement Jacques. Épouvanté, l'avocat lui suggère un mensonge : dire plutôt qu'il est de notoriété publique que le père de Jacques n'est autre que le défunt comte, ce qui exclut toute idée de relation amoureuse, et par conséquent de rapt. Eudoxie est séduite par l'idée. Elle déchire sa lettre, et accepte de prendre Beaufort pour avocat. Sur le chemin de Sarlat, elle rend visite à la mère de Jacques et lui fait déclarer par écrit que son garçon est le fils du comte.

Au présidial de Sarlat, Eudoxie est interrogée par le lieutenant criminel, qui va instruire personnellement son affaire. Il lui apprend que sa belle-mère a hérité du comte. Les pères ont le droit de déshériter une fille ingrate, et à plus forte raison une fugueuse. Le comte a donc rédigé un nouveau testament. Son notaire étant en déplacement, il l'a signé en présence de trois témoins — à ce que prétend la marâtre. Celle-ci propose d'accueillir Eudoxie au château le temps du procès. La jeune fille sera tenue sous clef, et ne sortira que sous la surveillance d'un homme de confiance.

Chasseneuil, son ancien prétendant, se montre particulièrement généreux. Il paie l'avocat Beaufort et il va user en faveur d'Eudoxie de sa double influence de franc-maçon et d'homosexuel[17].

Eudoxie demande à Beaufort de lui procurer un passe-partout. Elle finit par comprendre que l'avocat est totalement épris d'elle. Ce séducteur se laisse dévorer par une passion maladive. Ayant obtenu la clef, Eudoxie peut sortir secrètement de la bibliothèque. Elle trouve le testament de son père, dont la signature a été imitée. Elle fait une grosse tache d'encre sur cette signature.

Les deux brigands de la forêt d'Horte qui avaient réussi à s'enfuir ont été retrouvés et exécutés. Les parlements refusant d'enregistrer les édits de la réforme Lamoignon qui abolit la question préalable, les deux hommes ont été torturés. Ils ont avoué quantité de méfaits, mais ne se rappelaient absolument pas avoir tué le comte de Caussenac — et encore moins à l'aide d'un objet contondant, puisqu'ils étaient armés. Un soupçon de parricide pèse donc sur Jacques, et Eudoxie pourrait en avoir été complice.

La tante Agathe, tutrice d'Eudoxie, meurt. Sa marâtre devient sa tutrice. La jeune fille est acquittée, tandis que Jacques est condamné à mort par contumace pour vol (dont il est innocent) et pour duel (car il est roturier).

Enfermée chez les dames de la Bienfaisance

Beaufort demande la main d'Eudoxie. Mais la belle-mère refuse, car il n'est pas noble et n'a aucune fortune. Il propose alors à Eudoxie de l'enlever. Eudoxie refuse. Il met fin à ses jours. Chasseneuil demande une nouvelle fois Eudoxie en mariage. Elle refuse.

La marâtre décide de l'enfermer chez les dames de la Bienfaisance de Paris, qui « rééduquent » durement les prostituées. Elle demande même à la supérieure de la garder au-delà de ses 25 ans comme fille de service. Eudoxie tue sa belle-mère d'un coup de chandelier, la dispose tête dans l'âtre pour faire disparaître les traces du coup, et ferme la porte de la chambre à l'aide de son passe. Puis elle s'enferme dans sa propre chambre et jette le passe dans les douves.

Le lendemain, 10 novembre 1788, trois hommes viennent la chercher pour la conduire à Paris. Comme Eudoxie est vierge et que sa marâtre l'a présentée à la supérieure comme une dévergondée, ils sont chargés de la violer en chemin.

Un neveu de la marâtre devient le tuteur d'Eudoxie. Il refuse d'ordonner sa libération, craignant qu'elle ne fasse valoir ses droits sur l'héritage. Elle mène chez les dames de la Bienfaisance une « existence affreusement misérable[18] ».

Elle est sauvée par la Révolution. C'est « avec une fougue vengeresse[18] » qu'elle se jette dans les bras du conventionnel qui la tire de ce lieu abject et qui expédie à la guillotine la mère supérieure et le tuteur indélicat. Eudoxie rentre dans ses biens. Elle va les faire fructifier par des mariages opportuns tout au long de la période troublée qui mène à la Seconde Restauration.

Personnages

  • Eudoxie de Caussenac, 19 ans en 1788 (lors de sa fugue), 47 ans en 1816 (lorsqu'elle livre son récit). Fruit du deuxième mariage du comte de Caussenac, dont elle est l'unique héritière. Orpheline de mère. En grande partie autodidacte. Des charmes peu courants, selon son avocat. « Une instruction des plus variées et des plus éclairées, un caractère ferme et intrépide, une intelligence vive et alerte[19]. » Une tête bien faite, « prudente jusque dans ses excès[20] ». Elle sait nager. Elle est d'abord « une adolescente sentimentale, éprise de beauté et d'harmonie[21] ». La laideur et la méchanceté des humains la transforment en une combattante calculatrice. Quatre mariages de circonstance lui permettent de sauver sa tête et de grossir sa fortune…
    • Elle épouse en 1793 (sous la Terreur) le conventionnel Dupont de la Meurthe, oratorien défroqué, ardent guillotineur, régicide, Enragé mort sur l'échafaud en 1794.
    • Elle épouse en 1796 (sous le Directoire), le douteux banquier Esposito, qui se suicide en 1798.
    • Elle épouse en 1800 (sous le Consulat) le « palefrenier traîneur de sabre » Huet, qui va devenir baron sous l'Empire. Il se fait couper en morceaux par des moines espagnols[22].
    • Elle épouse en 1816 (sous la Seconde Restauration) le comte de Launay.
  • Jacques Cadouin, frère de lait d'Eudoxie. Fils d'un ancien serf[23] et de la nourrice d'Eudoxie. « Bien fait de sa personne et portant beau, l'œil clair et franc, un bon sourire auquel ne manque aucune dent. » En 1787, à 18 ans, il est enrôlé dans le régiment d'Anjou. L'année suivante, il est entraîné par Eudoxie dans sa fugue. Amoureux depuis toujours de la jeune fille, qui a toujours fait de lui tout ce qu'elle a voulu. Le trouvant « attachant, mais un peu fruste », elle a « l'égoïsme ou la sagesse » de repousser fermement ses avances. Ayant échappé à la police nantaise, il mène une vie aventureuse, séjourne sur un ponton anglais, fait fortune dans la guerre de course et même, prétend la rumeur, dans la flibuste, dans la contrebande et dans l'héritage d'une beauté créole qu'il aurait fait périr de chagrin. Ses gains lui permettent de devenir armateur à Saint-Pierre, en Martinique, et d'acquérir une immense plantation dans la plaine du Lamentin. Il possède un nombre impressionnant d'esclaves. En 1815, veuf, toujours amoureux d'Eudoxie, il essuie un dernier refus de celle-ci. Elle a cependant l'idée saugrenue de coucher avec lui « par procuration » en lui donnant sa fille en mariage. Mais Gisèle, malgré une ressemblance frappante avec sa mère, ne le consolera jamais de n'avoir pas obtenu la « vraie » Eudoxie. Il meurt dans une révolte d'esclaves, trois mois après son mariage.
  • Comte de Launay, 45 ans en janvier 1816. Émigré de la première heure. Perd un bras à Austerlitz. Quatrième époux d'Eudoxie. Bien en cour. Pair de France. Eudoxie ne tarit pas d'éloges à son sujet. Elle lui fait lire son récit, épreuve qu'il encaisse superbement.
  • Gisèle, fille d'Eudoxie, née en 1795. Vu le désordre qui régnait au moment de sa conception, sa mère hésite encore sur l'identité du père. Elle a séjourné en 1814 et 1815 dans un couvent de Compiègne.
  • Ferdinand, comte de Caussenac, 70 ans passés, père d'Eudoxie. Personnage étrange, aussi sec de corps que d'âme. Féroce, sauvage, indépendant. Combat à Fontenoy en 1745, puis se retire sur ses terres. Parfait ignorant en matière d'agronomie, « et entretenant cette ignorance avec une morgue imbécile et satisfaite ». Se passionne pour la chasse, l'héraldique, la généalogie et l'outrage aux paysannes des alentours. Auteur d'un viol en réunion sur une fillette de treize ans. Selon la mère de la fillette, il en serait le père[24]. « En trois mariages, il avait tué deux femmes sous lui à force de grossesses[25]. » Lorsqu'elle découvre que son père l'a vendue à son insu à un homosexuel, Eudoxie perd le respect de « cet individu » : « Ce n'était ni un Agamemnon ni un Brutus, mais un hareng saur à âme de boutiquier[26]. »
  • La nourrice d'Eudoxie, mère de Jacques Cadouin. Comme bien d'autres paysannes, elle a subi autrefois les assauts du comte de Caussenac.
  • Le père Cadouin, époux de la nourrice.
  • Gertrude, troisième épouse du comte de Caussenac. Boulotte. Un âge incertain. Revêche. Déteste la joie des humbles. Envieuse, avare. D'une méchanceté recuite, fertile en pensées égoïstes et en mots désagréables. Une « grasse vipère », selon Eudoxie. Une âme « aussi fausse que ses dents ». Ses jumeaux périssent noyés : « injuste et inconséquente », elle se prend à haïr Eudoxie comme si la jeune fille était responsable de l'accident. Cette haine va tourner bientôt à la démence.
  • Sœur Ursule, une trentaine d'années. Elle fait des avances à Eudoxie, qui les repousse. Elle en meurt de désespoir.
  • Sœur Faustine, maladive jeune femme affligée d'un pied bot. Elle éprouve, à prendre en faute les pensionnaires, « les seules jouissances de sa vie sacrifiée[27] ».
  • La mère supérieure des chanoinesses de Saint-Augustin de Périgueux. Sein flétri, carcasse usée par les ans. Du temps où elle était jeune et belle, elle a été mariée deux fois. Ses deux maris lui ont mangé les quatre cinquièmes de sa fortune. Alors qu'elle était enceinte de quatre mois, Louis XV lui a mis « la main au panier », mais elle a refusé l'hommage : « Avoir refusé le roi lui était un impérissable titre de gloire[28]. »
  • Le médecin, vieux praticien bon marché « dont les yeux clignotants s'abritaient derrière des verres épais ». Eudoxie lui broie les testicules « avec une énergie de lutteur forain[29] ».
  • Minet, dit le « baron de Chasseneuil », 38 ans, quatrième prétendant d'Eudoxie. Il possède une importante fonderie à Nontron. Homosexuel. Franc-maçon. En 1786, il a acquis un fief noble tombé en déshérence, non loin de Brantôme. Un caractère « libéral et enjoué ». « Fort bien fait de sa personne », selon la belle-mère d'Eudoxie. Élégant, « d'une beauté saisissante », selon Eudoxie. D'« une grâce particulière, qu'on eût dit féminine […] la jambe admirablement faite et le cou-de-pied bien galbé ». Eudoxie finit par apprendre à le connaître, à l'estimer, à le juger comme « le meilleur des hommes ». Il est assassiné durant l'été 1789.
  • Agathe de Senlisse, sœur aînée du comte de Caussenac. Deux fois veuve. Ne prête jamais un sol à son frère, qui est son seul héritier. Impotente, la vue basse, elle ne sort plus de sa chambre. Sourde, elle a recours à un cornet acoustique. Eudoxie lui fait la lecture. Son esprit demeure assez vif. « Dénuée d'illusions comme de méchanceté », sceptique, malicieuse, caustique. Un franc-parler savoureux. Elle appelle un chat un chat « avec une liberté de grande dame ». C'est avec des mots crus, hurlés fenêtre ouverte, qu'elle apprend à Eudoxie de quelle façon les homosexuels honorent leur partenaire[30].
  • Armand Bénard, vieux curé de Caussenac. Homme « fort estimable, devenu chaste avec le poids des ans[31] ». Il donne à Eudoxie ses premières leçons de grammaire, de latin et de catéchisme. La perspective du mariage de la jeune fille le réjouit : le mari ne manquera pas de consolider les bâtiments lézardés de l'église et de la cure.
  • Marquis du Terme, une quarantaine d'années.
  • Vicomte de Beauregard, neveu du marquis du Terme.
  • Un gras chanoine entre deux âges. Goinfre.
  • D'Artigues, petit abbé de cour au rabat bien repassé. Fluet, concupiscent. Directeur de conscience et aumônier d'une abbaye de femmes, près de Charras. Envoyé là sans doute par punition.
  • L'abbesse. Élégante, très jolie, elle touche « au terme de la première jeunesse ».
  • Briscard, le chef des brigands. Ancien commis des gabelles. Perdu par les femmes et le jeu. Cruel, licencieux.
  • Moustier, intendant prévaricateur du domaine de Caussenac.
  • Le comte de Saint-Pardoux, vieux cornard dont la jeune épouse fait scandale.
  • Un jeune phtisique. Il va mourir dans une auberge, n'ayant jamais connu de femme. Il a la satisfaction d'en connaître une, au tout dernier moment de sa vie, puisque c'est Eudoxie, travestie en abbé, qui vient le confesser et l'absoudre en plein milieu de la nuit, ayant revêtu en hâte sa soutanelle et oublié sa culotte : « des années d'aspirations fébriles » se concrétisent aux yeux du mourant[32].
  • Le commandant du Phénix, sorte de vieux pirate de la Nouvelle-Angleterre.
  • Le commandant de L'Intrépide, laid comme un singe. Alcoolique, comme tout son équipage.
  • Bertrand Beaufort, dit « de Beaufort », 27 ans, avocat nantais. Prétend être le fils d'un gros marchand de grain, et avoir épousé la fille d'un procureur bordelais. Il est en réalité célibataire, perdu de dettes, et le fils d'un modeste boulanger. Sa petite extraction le rend glorieux, soucieux de paraître. Il cherche à s'élever « en jetant de la poudre aux yeux ». Il colore ses ambitions brouillonnes « d'un tour altier ». Enragé du sexe, il a quitté Nantes en toute hâte, poursuivi par des frères et des pères mécontents. Il n'est pas un don Juan calculateur et cynique, il est plus dangereux que cela : il est un « collectionneur de passions dévastatrices qui s'imagine à chaque aventure avoir découvert l'élue de sa vie[33] ». Il fait lui-même la distinction : il aime avec son cœur, tandis qu'Eudoxie, qui moque la sensiblerie du préromantisme, aime avec sa tête. Comme tout avocat, il évolue dans un univers de mensonges, où cependant subsistent des éclairs de conscience « comme des feux follets dans une nuit profonde ».
  • Chaunes, lieutenant criminel de Sarlat. Maigre, vieillissant, veuf, misogyne.
  • Un jeune substitut. Eudoxie le fascine. Face à elle, il rougit, bégaye et s'embrouille « dans ses transparentes manœuvres ». Il cache bien son jeu, et finit par se révéler aux yeux d'Eudoxie comme une « petite vipère ».
  • La Framboise et Fifrelin, complices du bandit Briscard.
  • La mère supérieure des dames de la Bienfaisance de Paris. Elle nourrit les filles à coups de trique, et les fait « crever de froid en hiver[4] ».
  • Trois individus chargés par la marâtre de conduire Eudoxie à Paris, et de la violer en chemin. Bien plus tard, grâce à Fouché, Eudoxie va retrouver les trois hommes : l'un va mourir au bagne, le deuxième sera tué lors de son arrestation et le troisième sera guillotiné.
  • Un neveu de la marâtre d'Eudoxie. Il devient tuteur de cette dernière.

Construction

Le livre est construit en trois parties.

  • La première, la plus courte (une trentaine de pages), est un échange de lettres qui permet de découvrir ce que sont devenus 28 ans après, sous la Seconde Restauration, les deux héros du récit principal. En 1816, Eudoxie a 47 ans, et vient de traverser une période d'invraisemblables bouleversements. Sa fille, veuve de Jacques Cadouin, se trouve en Martinique. Elle se plaint d'avoir été mariée sans avoir été préalablement informée des réalités du mariage. Eudoxie lui annonce alors qu'elle va lui raconter une affaire criminelle extraordinaire, qu'elle considère comme l'honneur de sa vie : sa fuite du domicile paternel à 19 ans. Son récit — son « traité de saine morale » — couvre les deuxième et troisième parties du livre.
  • La deuxième partie traite principalement de la condition féminine à la fin de l'Ancien Régime, et de l'institution du mariage.
  • La troisième partie fait découvrir le système judiciaire à la même époque, système judiciaire qu'en arrière-plan Lamoignon tente vainement de réformer.

Eudoxie, femme du XVIIIe siècle, recommande à sa fille de toujours garder la tête froide en matière d'hommes. Mais les liaisons maritimes sont aléatoires, et son récit va arriver trop tard en Martinique : sa fille, qui est du XIXe siècle, cède à une inclination romantique.

Thèmes principaux

Ne jamais transiger sur l'essentiel

Eudoxie est déterminée à défendre sa liberté par tous les moyens « honnêtes » que les circonstances lui offrent[34] : « Je crois qu'en sus de la fermeté d'âme, la bonne et droite volonté de ne jamais transiger sur l'essentiel est la première des vertus[35]. » Le lieutenant criminel de Sarlat voit en Eudoxie « une de ces révoltées de la pire espèce, une sympathique révoltée à principes, par l'activité desquelles la société et la famille sont mises en péril[36] ».

Tyrannie des pères

La révolte d'Eudoxie prend corps lorsqu'elle découvre que son père veut la marier par bas intérêt, sans lui préciser que le prétendant est homosexuel. « Les droits ne sont rien, dit-elle au lieutenant criminel, sans les écrasants devoirs qu'ils impliquent. Et plus un père a de droits, plus il est permis d'être exigeant sur ses devoirs. Mon père était prêt à me martyriser pour mieux me vendre à un homme que je n'aimais point. Crime contre Dieu et ses sacrements, crime contre la nature. J'avais un père proxénète, qui appelait toutes les ressources de l'hypocrisie au secours de ses misérables intérêts[37]. » Le lieutenant criminel ne peut rien opposer à cela. Il sait, par expérience, que les lois n'assurent aucune protection efficace contre les abus paternels[38].

Manque de fermeté de l'Église

Eudoxie se défend d'avoir adopté une attitude « révolutionnaire avant la lettre[39] ». Elle ne dénie pas à l'Église le droit de jouer un rôle dans l'organisation de la société. Elle lui demande seulement de jouer ce rôle en toute conséquence, en ne tolérant pas que la doctrine qu'elle énonce soit foulée aux pieds. Eudoxie rappelle que le libre consentement fonde le sacrement du mariage. Pour elle, l'indissolubilité du mariage est « vide de tout contenu moral si la parfaite liberté de choisir son conjoint n'est pas assurée par une société vraiment chrétienne[39]. » Ce n'est pas sa faute, dit-elle, si l'Église et l'État ont trahi l'Évangile « en souffrant que certains pères déploient une autorité excessive et malsaine[39]. »

Lorsqu'elle réclame le secours du curé, celui-ci se contente de lui prêcher la soumission à l'autorité paternelle. L'Église tolère — voire encourage – les unions entachées d'un défaut de consentement. Plus tard, Eudoxie revoit le prêtre. « J'enterrais ton pauvre père il y peu, dit le vieux curé. Tu vois où mène la rébellion. » Eudoxie, furieuse, réplique : « Si vous aviez pris ma défense et convaincu le comte de se conduire honnêtement, il serait encore en vie. Épargnez-moi donc vos conseils[40]. »

Défendre sa liberté et sa dignité

Eudoxie se trouve seule « dans un monde résolument hostile à ceux qui veulent sauvegarder leur liberté et leur dignité[41] ». Elle observe qu'il n'est pas de tout repos de sortir des sentiers battus, « de lutter solitaire contre un univers d'outrageantes sottises, de battre en brèche les autorités les mieux établies dès que le manteau du droit formel » pallie « des abus qu'aucune conscience droite ne saurait souffrir[42] ».

Eudoxie choisit la désobéissance, mais une désobéissance qu'elle veut « intelligente » : dans un État chrétien, il convient de mettre l'autorité face à ses contradictions en renvoyant à la doctrine religieuse ou en se fondant « sur une bonne exégèse des Écritures[43] ».

« Elle s'est échappée, dit son avocat, pour se soustraire à un mariage évidemment déplacé auquel son père prétendait la contraindre pour motif de bas intérêt. Défendre sa liberté dans ce cas, fût-ce au prix d'un délit formel, n'est-ce pas, au fond, défendre le droit et la morale de toujours, conformes à la nature humaine comme aux vœux de l'Église[19] ? »

Légitime défense

« La belle expression de légitime défense, demande Eudoxie, n'a-t-elle point commandé toute ma conduite dès l'origine ? Lorsqu'une tyrannie s'arroge la prétention de mépriser le droit naturel, ce sans quoi la vie n'est plus digne d'être vécue, l'être humain a l'ineffaçable privilège de résister et de réagir par tous les moyens dont il dispose[44]. » Elle exerce son droit à la fuite, « première mesure de défense ». Et, quand « le tyran » (son père), « devenu fou de sa propre tyrannie », prétend l'assassiner, elle le rappelle à la raison « en lui faisant sauter la cervelle »[44].

Hécatombe

L'attitude intransigeante d'Eudoxie aura fait bien des morts : son père, sa marâtre, le marquis du Terme, le brigand Briscard et ses cinq complices, les trois hommes qui l'ont violée, la mère supérieure des dames de la Bienfaisance, le neveu de la marâtre : « Quelle hécatombe […] sur les traces de mes exigeantes vertus ! […] Tel fut le prix de ma liberté[4]. »

Espoirs fondés sur la Révolution

Si le récit principal n'occupe que la période d'avril à novembre 1788, les profonds bouleversements qui vont suivre sont bien présents par toutes les allusions qu'y fait la narratrice. Celles-ci permettent, par comparaison, de mieux juger mœurs et institutions de la fin de l'Ancien Régime :

« La grande Révolution, qui parlera beaucoup de tyrannie, au lieu de s'en prendre à la seule tyrannie des pères, dont la faiblesse de l'Église et la corruption des mœurs étaient encore plus responsables que le roi, mettra en fait de la tyrannie partout, remplaçant le décret de prise de corps, si long à obtenir, par de simples mandats d'amener à la discrétion de bureaucrates quelconques, supprimant les lettres de cachet, réglées de façon coutumière et sage, pour multiplier les arrestations arbitraires, livrant enfin l'individu isolé et sans force à la toute-puissance d'un État sectaire et sanguinaire, qu'il fût jacobin ou bonapartiste[39]. »

Enfermée par sa marâtre dans une sinistre institution religieuse prétendant rééduquer les prostituées, Eudoxie se montre furieuse envers un roi et un régime qui tolèrent « d'un certain clergé de tels abus[18] ». Aussi accueille-t-elle avec « une joie sans limites[45] » la Révolution, qui est d'abord libérale[18]. Mais elle parle de ces débuts de la Révolution comme d'une époque de « folles espérances vite démenties par les faits[18] ».

Vient le temps où l'intransigeante Eudoxie doit sacrifier aux compromissions pour sauver sa vie[45]. Ayant survécu, elle dénonce « une certaine bourgeoisie », celle qui va pleurer aux comédies moralisantes de Diderot « avant d'assassiner au nom de toutes les vertus et de tirer des troubles tous les profits possibles[46] ».

Cette bourgeoisie, elle la retrouve en 1816 : « Ces monstres de bourgeois sont aujourd'hui plus présents que jamais et il est à craindre qu'ils n'impriment à notre siècle les stigmates de l'argent et de l'ennui[46]. » Eudoxie constate que « tout a changé en bien ou en mal depuis Louis XVI, exception faite des hommes d'argent qui ont traversé tous les régimes en brouillant les traces de leurs malversations. Cela est bien rassurant quant aux origines de ma fortune, qui a gravi un échelon de mari en mari[47] ! »

Quant aux droits des femmes, le Code Napoléon, toujours en vigueur pour l'essentiel, leur est aussi défavorable, parfois même plus, que ne l'était la législation royale[48].

Liberté : les Noirs ne sont pas concernés

En 1778, lorsque Benjamin Franklin parle de liberté à Louis XVI[49], ni l'un ni l'autre ne songe que le mot pourrait concerner les Noirs. En 1816, rien n'a changé : le commerce triangulaire et l'esclavage sont toujours là. Gisèle, la fille d'Eudoxie, possède des esclaves, et semble trouver cela parfaitement normal[50].

Notes et références

  1. Hubert Monteilhet, Eudoxie ou la Clef des champs, Paris, Fallois, 1992, p. 53.
  2. Eudoxie, p. 170.
  3. Eudoxie, p. 79.
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 Eudoxie, p. 302.
  5. Eudoxie, p. 290.
  6. « Déclaration du roi, portant abolition de la question préparatoire », sur gallica.bnf.fr, 24 août 1780. — La question préalable a lieu pendant l'instruction. Elle est destinée à obtenir des aveux et les noms de complices. La question préparatoire a lieu juste avant l'exécution. Elle est destinée à s'assurer que les noms de tous les complices ont été livrés. Ces deux tortures n'ont rien à voir avec les diverses tortures prévues par la sentence, qui sont comprises dans le processus d'exécution. Eudoxie, p. 219 et 220.
  7. « Chrétien François Guillaume Lamoignon de Basville », sur criminocorpus.org.
  8. À cette époque, au civil, les avocats ont toute latitude de rencontrer leurs clients. En revanche, au criminel (à « l'extraordinaire »), l'instruction est secrète et l'avocat n'a pas le droit de communiquer avec son client. Il doit se contenter d'interroger des tiers. Il peut rédiger une plaidoirie, mais il sera absent du procès. Eudoxie, p. 217 et 218.
  9. Ce sont les sœurs de Notre-Dame de Charité qui ramènent les prostituées dans le droit chemin. L'ordre compte, à la veille de la Révolution, huit monastères. « Qui est Jean Eudes ? Ses combats et ses victoires », sur eudistes.org.
  10. Sans dot, on était sœur converse, c'est-à-dire reléguée aux tâches domestiques. Eudoxie, p. 114 et 115. — La dot comme droit d'entrée en religion fut considérée comme une pratique simoniaque par le deuxième concile de Nicée et par le concile de Trente. Elle était malgré tout exigée dans certaines congrégations. Dominique Dinet, « Les dots de religion en France aux XVIIe et XVIIIe siècles », in Les Églises et l'Argent, sur books.google.fr, Paris, Association des historiens modernistes des universités, bull. n° 13, 1989, p. 37-65.— Sur la dot chez les chanoinesses de Saint-Augustin, voir Marie-Thérèse Notter, « Les contrats de dot des religieuses à Blois (1580-1670) », Revue Mabillon, 1991, t. LXIII, p. 241-266. — Pour le Québec : Micheline d'Allaire, Les Dots des religieuses au Canada français : 1639-1800, Montréal, Hurtubise HMH, 1986.
  11. Eudoxie, p. 75.
  12. 12,0 et 12,1 Eudoxie, p. 125.
  13. Eudoxie, p. 111 et 112.
  14. 14,0, 14,1 et 14,2 Eudoxie, p. 115.
  15. 15,0, 15,1 et 15,2 Eudoxie, p. 114.
  16. 16,0, 16,1, 16,2 et 16,3 Eudoxie, p. 228.
  17. Eudoxie, p. 252 et 253.
  18. 18,0, 18,1, 18,2, 18,3 et 18,4 Eudoxie, p. 301.
  19. 19,0 et 19,1 Eudoxie, p. 282.
  20. Eudoxie, p. 283.
  21. Eudoxie, p. 130.
  22. Les moines espagnols se dressent violemment contre les décrets napoléoniens de Chamartín de la Rosa (es) du 2 décembre 1808 qui ferment les deux tiers des monastères. Joseph Pérez, « Napoléon et l'Espagne », sur clio.fr, 2015.
  23. Le servage a été aboli par Louis XVI le 8 août 1779, soit neuf ans avant la fugue d'Eudoxie.
  24. Eudoxie, p. 179.
  25. Eudoxie, p. 50.
  26. Eudoxie, p. 92.
  27. Eudoxie, p. 65.
  28. Eudoxie, p. 70.
  29. Eudoxie, p. 68.
  30. Eudoxie, p. 120.
  31. Eudoxie, p. 112.
  32. Eudoxie, p. 210.
  33. Eudoxie, p. 268.
  34. Eudoxie, p. 296 et 297.
  35. Eudoxie, p. 297.
  36. Eudoxie, p. 250.
  37. Eudoxie, p. 265.
  38. Eudoxie, p. 266.
  39. 39,0, 39,1, 39,2 et 39,3 Eudoxie, p. 204.
  40. Eudoxie, p. 270.
  41. Eudoxie, p. 246.
  42. Eudoxie, p. 207.
  43. Eudoxie, p. 141.
  44. 44,0 et 44,1 Eudoxie, p. 203.
  45. 45,0 et 45,1 Eudoxie, p. 301 et 302.
  46. 46,0 et 46,1 Eudoxie, p. 131.
  47. Eudoxie, p. 38.
  48. Eudoxie, p. 46 et 47.
  49. « 1778-1783 : Versailles et les États-Unis », sur chateauversailles.fr.
  50. Eudoxie, p. 150 et 151.

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Hubert Monteilhet

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