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Exactions françaises en Algérie

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Les exactions françaises en Algérie ont été exercées à l'encontre de la population musulmane, particulièrement sous la conquête coloniale du fait de massacres, de déportations, de famines et d'épidémies[Lesquelles ?], puis lors des massacres de 1945, et pendant la guerre d'Algérie. Alors qu'il est revendiqué par l'État algérien et admis par quelques historiens français, l'existence et la reconnaissance d'un prétendu « génocide algérien » demeure débattue et a fait l'objet de diverses prises de position de la part d'hommes politiques et chefs d'État.

Historique

Trois phases différentes sont habituellement citées[Par qui ?] comme principales étapes d'un génocide dont la durée recouvre près d'un siècle et demi de présence coloniale.

XIXe siècle

Entre 1830 et 1871, lors de la conquête coloniale de l'Algérie par la France, un quart à un tiers de la population algérienne aurait trouvé la mort dans les massacres, exactions, déportations, famines et épidémies[réf. nécessaire], selon l'historien et militant anti-colonialiste Gilbert Meynier[1]. Jean-Louis Planche compare également cette conquête au génocide de la population indienne d'Amérique du Nord[2]. Olivier Le Cour Grandmaison estime également le nombre de morts à environ un tiers de la population initiale et y voit le résultat d'une politique d'extermination[3].

Outre le bilan humain, les discours tenus par les militaires français de la conquête coloniale dans la foulée de la politique de la terre brûlée du Général Bugeaud s'apparentent à une volonté d'extermination totale, comme ceux du Lieutenant-Colonel de Montagnac en 1842 : « Tout doit être saccagé, sans distinction d'âge ni de sexe. L'herbe ne doit plus pousser où l'armée française a mis le pied. Voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens[4]. »

Enfin, l'étude démographique du docteur Ricoux, en 1880[5] prévoit la «lente mais inéluctable disparition » des « indigènes » algériens, selon une loi de la sélection naturelle qui voue les races les « plus faibles » à disparaître devant les races dites supérieures.[non neutre]

Massacres de 1945

Les massacres perpétrés en mai 1945 par les autorités françaises visent à réprimer les manifestations nationalistes, indépendantistes et anti-colonialistes survenues en dans le Constantinois.

En février 2005, la France, par la voix de son ambassadeur en Algérie, Hubert Colin de Verdière, a reconnu sa responsabilité dans un discours officiel à Sétif, qui a décrit cet événement comme une « tragédie inexcusable »[6]. Puis, en avril 2015, le gouvernement français, représenté par le secrétaire d'État chargé des anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, a commémoré une nouvelle fois ces massacres à l'occasion d'un « voyage mémoriel »[7].

Guerre d'Algérie

Article connexe : Guerre d'Algérie.

La guerre d'indépendance de l'Algérie présente un bilan lourd, et se rapproche d'un génocide par les méthodes employées durant la guerre par l'armée français : torture, répression de la population civile algérienne. Les manuels scolaires en usage en Algérie depuis 1979 qualifient les crimes colonialistes français en Algérie de génocide et de crimes contre l'humanité. De même, un manuel d'histoire datant de 1985[évasif] qualifiait la colonisation de vaste processus de destruction de la vie et de la culture de l'homme sur terre.[réf. nécessaire]

De même, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a qualifié à de multiples reprises la colonisation française de génocide culturel et a appelé la France à assumer son histoire en présentant des excuses formelles. Ainsi a-t-il déclaré en 2009 : « Si, par le passé, l'occupant a bafoué les valeurs humaines en commettant des génocides collectifs parmi les populations et en perpétrant des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité par la spoliation de la terre et de la mémoire, la Révolution a, elle, respecté les lois régissant les situations de guerre et les clauses des conventions internationales dont celle de Genève[8]. »[non neutre] Déclaration par ailleurs sujette à caution depuis qu'il est clairement établi que la torture a été indistinctement pratiquée par l'armée française aussi bien que par les insurgés algériens[9],[10].

Bilan humain

Au total, le chiffre de 500 000 morts est un minimum admis pour la période 1830-1870[Par qui ?], auxquels s'ajoutent les nombreux morts de famines et d'épidémies entre la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, le total pouvant dépasser le million de morts au total [11][réf. non conforme].

Le nombre de victimes des massacres de 1945 est difficile à établir. En effet, Les autorités françaises de l'époque fixent le nombre de tués à 1 165, tandis que l'histoire officielle algérienne retient le chiffre de 45000 victimes. Entre ces deux extrêmes, il semble, suivant les recherches les plus récentes, que le nombre varie de 5 000 à 10000 victimes[12].

Le bilan de la guerre d'Algérie est également discuté et varie selon les sources, de 350000 à 400000 morts pour Benjamin Stora, jusqu'à 1,5 millions de morts selon des sources algériennes sans bases historiques sérieuses[13].

Débats et contestations

Dans le monde scientifique, alors que les travaux d'historiens comme Gilbert Meynier ou Olivier Le Cour Grandmaison reconnaissent une volonté d'extermination de la part des autorités françaises en Algérie, et que la majorité des historiens algériens qualifie l'attitude de la France coloniale de crime contre l'humanité[réf. nécessaire], le géopoliticien Yves Lacoste livre une vision plus nuancée, estimant que la France a eu en Algérie une attitude « dure mais pas d'idée génocidaire ». Il admet cependant que la conquête coloniale et la politique de la terre brûlée du Général Bugeaud « a pris des formes de génocide dans l'ouest de l'Algérie »[14]. De même, il affirme qu'en 1962, « le nouveau gouvernement algérien de l'indépendance aurait pu en effet porter plainte aux Nations Unis et dénoncer un génocide de fait »[14].

Une controverse politique

En décembre 2011, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan a accusé la France de Génocide en Algérie, affirmant : « On estime que 15% de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s'agit d'un génocide[15]. »

Le 19 avril 2015, à l'issue de son apparition dans l'émission Le Supplément sur Canal+, le président français François Hollande est interpellé par une lycéenne sur la reconnaissance du génocide algérien. À celle-ci, il répond qu'il s'agissait non d'un génocide, mais de « la guerre d'Algérie et nous l'avons reconnue ». Pour lui, « Un génocide c'est si nous avions voulu tuer tous les Algériens », ce qu'il réfute[16].

Notes

  1. Le génocide algérien (1830-1871), 3 février 2012
  2. Jean-Louis Planche, Sétif 1945, Chronique d'un massacre annoncé, Paris, Perrin, 2010
  3. Coloniser Exterminer. Sur la guerre et l'État colonial, Paris, Fayard, 2005
  4. Cité in Marc Ferro, « La conquête de l'Algérie », in Le livre noir du colonialisme, Robert Laffont, p. 657
  5. La démographie figurée de l'Algérie. Paris, Masson, 1880
  6. L'hommage de la France aux victimes de Sétif, 19 avril 2015
  7. Massacre de Sétif : première visite d'un ministre français en Algérie en mémoire des victimes, 19 avril 2015
  8. Message pour la journée nationale du Moudjahid sur le site de la Présidence algérienne, 20 août 2009
  9. Voir Jean-Jacques Jordi, Un silence d'État, Paris, Soteca-Belin, 2011 ; compte-rendu : Jean-Jacques Jordi, Un silence d'Etat. Les disparus civils européens de la guerre d'Algérie (2011), Guy Pervillé, 19 décembre 2011
  10. Voir également Erreur Lua dans Module:Outils à la ligne 73 : attempt to index local 'frame' (a nil value).
  11. Kamel Kateb. Européens, «Indigènes» et Juifs en Algérie (1830-1962). Paris, Ined/Puf, 2001
  12. Isabelle Surun (dir), Les Sociétés coloniales à l'âge des Empires (1850-1960), Atlande, 2012, p. 198.
  13. Benjamin Stora, Les mots de la guerre d'Algérie, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2005, pp. 23-25
  14. 14,0 et 14,1 Guerre d'Algérie : "Dure mais pas d'idée génocidaire", 23 décembre 2011
  15. La Turquie accuse la France de "génocide" en Algérie, 23 décembre 2011
  16. François Hollande : Il n'y a pas eu de génocide en Algérie, 21 avril 2015

Références

  • Marc Ferro (dir.), Le livre noir du colonialisme, Paris, Robert Laffont, 2010
  • Olivier Le Cour Grandmaison, Coloniser Exterminer. Sur la guerre et l'État colonial, Paris, Fayard, 2005
  • Kamel Kateb, Européens, «Indigènes» et Juifs en Algérie (1830-1962), Paris, Ined/Puf, 2001
  • Jean-Louis Planche, Sétif 1945, Chronique d'un massacre annoncé, Paris, Perrin, 2010
  • Benjamin Stora, Les mots de la guerre d'Algérie, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2005
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Articles connexes

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