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Flore et faune dans la commune d'Olne

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Céphalanthère, Cephalentera longifolia sur sol calcaire

La flore et la faune de la commune d'Olne sont une flore et une faune principalement typiques du Pays de Herve, sous région de l'Entre-Vesdre-et-Meuse.

Sur la partie nord de la commune d'Olne au sous-sol argileux s'est développé le bocage typique du Pays de Herve. Une zone calcaire détermine une flore différente au centre de la commune : du village d'Olne à la vallée de Vaux-sous-Olne et du Bola, le sous-sol karstique présente une flore typique des pelouses calcaires.

Les contreforts schisteux de la Vesdre et la rivière elle-même hébergent une flore particulière : l'industrie lainière de Verviers a apporté les graines séparées de la laine de mouton par les lavoirs de cette industrie. La pollution la Vesdre au XXe siècle a également favorisé l'implantation de plantes invasives.

Enfin, la flore et la faune aquatique sont particulièrement riches dans la mare de Hansé, réserve naturelle.

Les différents biotopes

Les gorges de la Magne

Colchique, Colchicum autumnale
Petazites, Petasites hybridus
Gagée, Gagea granatelli

À son entrée dans le territoire d'Olne, la Magne, venant du plateau de Herve, serpente dans la plaine alluviale tout le long de la Voie-des-Tailles. L'aulnaie, dont la composante principale, l'aulne, évoque l'origine du nom de la commune, ne s'y rencontre plus guère dans son intégralité. Elle est très fragmentaire et il est assez malaisé d'y dénicher le cortège de ses espèces herbacées caractéristiques.

Peu après La-Neuville, à l'endroit où la Magne sinueuse sort de la plaine alluviale pour entrer dans une vallée encaissée, derrière un épais rideau de saules et de trembles, il existe un groupement végétal assez typique, appelé «prairie à pétasites». Cette plante - en wallon des paraplû ou des tchapê d'êwe[1] s'y associe avec la reine des prés et la grande valériane[Quoi ?]. Les pétasites colonisent les bandes alluviales parfois sur de grandes étendues. Sur les contreforts, entre la prairie à pétasites et les plantes des bords du chemin affectionnées par de nombreux insectes, fleurissent l'été, le rhinanthe[Lequel ?] et la pimprenelle remplacés à l'automne par le colchique et une petite liliacée jaune : la gagée[Laquelle ?].

En s'engageant dans le vieux chemin qui rejoint Forêt, sur la rive gauche de la Magne, une petite bande boisée s'élance à la conquête de la colline. C'est le lieu-dit Bwè dès Cågnes, fierté des vieux Olnois qui y faisaient la cueillette des jonquilles, en wallon: les cågnes.

Les plantes qu'on rencontre dans ces petits bois évoquent une chênaie des régions atlantiques. En effet, on voit, dès le premier printemps, des taches de couleurs vives : le bleu des pervenches[Laquelle ?] et de la jacinthe des bois, le rose du fusain d'Europe, le blanc pur de la stellaire holostée, le jaune de la ficaire et de la primevère élevée. Chênes et charmes y sont associés.

Sur la rive gauche, à l'endroit où la Magne pénètre dans les gorges, la végétation des escarpements rocheux se modifie considérablement. Il s'agit, en ordre principal, d'un bois d'érables-frênes où l'on distingue deux groupements végétaux parfois entremêlés. Dans cet endroit marécageux, on observe la dorine[Laquelle ?] ainsi que la balsamine des bois. Plus loin, proche de la carrière, le bois d'érables-frênes se transforme en forêt de ravin plus typique, localisée sur les versants à faible luminosité exposés au nord-ouest.[précision nécessaire]. La flore des éboulis calcaires est particulièrement riche. Les grandes frondes vert brillant d'une fougère la scolopendre langue-de-cerf attirent le regard. On trouve rarement un pied de l'Hellébore vert ou, plus sporadiquement, la lunaire et l'aconit tue-loup.

Sur la rive droite en venant de La-Neuville, le chemin s'évanouit au point où on rejoint la Magne. L'enchevêtrement est inextricable et en certains endroits des lianes de clématite évoquent une « forêt-galerie ». La progression à travers les éboulis est lente, parfois malaisée. Mais, en persévérant, on découvre quelques espèces d'orchidées dont l'étrange néottie nid-d'oiseau. Bien que les caractéristiques du sol des deux rives de la Magne soient semblables, le type de bois rencontré sur la rive droite est, surtout du fait de son orientation, très différent. Il s'agit ici de variante d'une forêt chêne-charme du centre de l'Europe, qui contient bon nombre d'espèces intéressantes dont la corydale[Laquelle ?] à fleurs mauves en touffes opulentes.

Signalons aussi l'ail des ours aux exhalaisons tenaces, le colchique d'automne et enfin, l'anémone fausse renoncule. Une variété de cette association est celle où l'on rencontre diverses orchidées[Lesquelles ?] ainsi que la violette hérissée. La couleuvre à collier y a été signalée.

Sur le plan d'eau, on peut observer le héron cendré et le canard colvert.

Les petits espaces boisés

Pulmonaire des montagnes, Pulmonaria montana
Orchis mâle, Orchis mascula

À proximité du village, vers le sud sur le sol calcaire des coteaux de La-Vaussalle s'étendent de petits bois pittoresques, riches en espèces végétales et animales : le Bois-Grosjean situé au lieu-dit Longues-Håyes ainsi que le Bois-Moïse au lieu-dit le Hez-des-Minières valent d'être décrits. Ce sont deux fragments de forêts de chênes-charmes, différents l'un de l'autre du fait de l'exposition : au sud pour le premier et à l'ouest dans le cas du second. Dans le Bois-Grosjean, le caractère médio-européen de la forêt de chênes-charmes est davantage marqué ; on trouve notamment la pulmonaire des montagnes dont l'origine dans la vallée de la Vesdre et de ses affluents reste mystérieuse. Elle apparaît aussi au pied de Froibermont. Sur le territoire d'Olne, on relève une dizaine d'espèces d'orchidées[Lesquelles ?] parmi la quarantaine décrites en Belgique. Ce petit bois recèle bien d'autres espèces : à côté de la primevère officinale, la violette élevée, le muscari et la jacinthe sauvage, mais aussi l'orchis mâle, l'orchis des montagnes et la céphalanthère à grandes fleurs. La mercuriale vivace très envahissante y voisine avec la campanule[Laquelle ?] « Gant de Notre-Dame » et, à l'orée du bois, on est attiré par le parfum du chèvrefeuille grimpant. Les parties les plus découvertes sont émaillées du bleu-violet des corolles de jasiones[Laquelle ?].

Le Bois-Moïse, longeant les escaliers de Vaux-sous-Olne et surplombant ses sources, bien qu'appartenant au même groupement végétal, se présente sous un aspect assez différent. Il est caractérisé par la prédominance de la mercuriale vivace avec quelques plages bleues de pervenches[Laquelle ?] mais est moins riche en espèces que le Bois-Grosjean.

Plusieurs espèces de champignons se développent dans tous ces bois. Au printemps, on peut y rencontrer la pézize veinée, le tricholome de la Saint-Georges, ainsi que plusieurs espèces printanières d'entolomes[Lesquels ?].

Le territoire de la commune est parsemé de divers bois et bosquets d'aspect voisin des précédents qui servent de repères à divers mammifères. Fouines, belettes et renards viennent faire leurs incursions dans les basses-cours des fermes encore en activité et autrefois, on y a même chassé le blaireau, dont deux individus ont été signalés en 2007.[réf. nécessaire] Cet habitat est aussi la providence des hérissons, des sangliers et des biches, signalée[Qui ?] entre Olne et Soiron[réf. nécessaire].

Les murs de moellons calcaires

Cymbalaire des murs, Cymbalaria muralis

Après que les joints ont été colonisés par des coussinets de mousses de rocaille, de petites fougères vert tendre s'installent dans les interstices. Ce sont de parfaites miniatures par rapport à la langue-de-cerf, les doradilles des murailles, qui répondent au nom de "rue des murailles". On y voit aussi une petite plante à port retombant, la cymbalaire des murs, voisine à fleurs minuscules du muflier «gueule-de-lion» qui colonise les anfractuosités restées libres. Ses fleurs rose-lilas sont l'objet des soins des nombreux bourdons du voisinage. Une corydale à fleur jaune et à feuillage léger s'échappe parfois des jardins et vient se joindre à cette florule.

L'ancien parc

Anémone hépatique, Hepatica triloba

Au bout du chemin des Trîhes - surplombant la vallée de La-Vaussale - le Bois-Terwagne est quasiment visible de toutes parts à cause de sa haute futaie et sa situation. Par sa localisation sur sol calcaire, on pourrait rapprocher ce petit bois (d'une superficie d'environ un hectare) d'un lambeau de forêt de chênes-charmes, bien que fortement modelée. Un coup d'œil à la futaie donne d'emblée une impression d'organisation en parc ce qui se confirme par l'identification de l'une ou l'autre espèce, manifestement introduite. Il est vrai qu'au début du XIXe siècle, un médecin habitait la propriété. À quand remonte l'introduction de ces plantes singulières?

On est en cette matière, réduit à des hypothèses. Bien que le botaniste F. Crespin en 1882[2] considère l'existence de certaines de ces espèces en tant qu'indigènes comme étant très problématique, son successeur J. Goffart les signale à Olne en 1934[3] (notamment au Bois-Terwagne) sans mentionner l'éventualité d'une introduction délibérée.

Quelles sont-elles? L'anémone hépatique forme encore des plages de fleurs bleu-azur soulignées par le vert foncé de la feuille trilobée qui justifie son nom scientifique. Certaines années, elle colonise la lisière du bois, allant même jusqu'à affirmer sa vitalité en s'infiltrant dans les prairies adjacentes. Elle est déjà mentionnée par Lejeune dans sa Flore des environs de Spa vers 1812[4] qui stipule que cette espèce « est signalée dans les bois ombragés de Limbourg entre Verviers et Ensival, à un endroit nommé Hez-de-Pepinster et du côté de Pepinster ». Elle est signalée ultérieurement comme cultivée dans les jardins ombragés de la vallée de la Vesdre par M. Michel en 1877 dans sa Flore de Nessonvaux[5]. On ignore si la petite population du Bois-Terwagne provient d'un de ces refuges de la vallée de la Vesdre ou si elle est issue d'une population tout à fait indépendante et, à quel moment l'introduction de l'espèce a eu lieu. L'hellébore ou Rose de Noël qui, l'hiver déploie ses grandes fleurs blanches ourlées de rose à même le sol, est aussi l'hôte du Bois-Terwagne. Un muscari en est souvent le compagnon. Quelques touffes seulement émaillent le bois de ses grappes bleu foncé. Dans le voisinage, il existe aussi quelques touffes de grandes jonquilles.

Le fragon, Ruscus aculeatus - petit houx - est bien une des curiosités les plus étonnantes que l'on rencontre dans ce petit bois, bien qu'il ait été introduit dans le bois voisin, le Bois-Grosjean où il participe à une association intéressante avec la «Rose de Noël». Le fragon plante à sexes séparés, fleurit en effet parfaitement bien et fructifie même quelquefois. Cette espèce était déjà signalée au Bois-Terwagne dans la première édition de la Flore belge de Goffart en 1934. Nul doute cependant qu'elle y fut connue depuis plus longue date, sa présence au Bois-Terwagne se transmettant alors par tradition orale.

Comme pour souligner que pendant une partie de son histoire, ce petit bois fut utilisé comme parc, quelques petits ifs se dressent auprès des ruines d'une gloriette disparue sous la végétation.

Quant aux raisons de l'introduction de ces espèces, il semble que les seules préoccupations esthétiques les aient justifiées. Il existe dans la région un nombre plus considérable d'espèces : c'est probablement le cas de quelques espèces signalées à Olne ou aux environs dans la Flore de Michel en 1877[5]: le myrrhe odorant à Saint-Hadelin et peut-être aussi l'actée en épi à Olne et à Hansé et la gagée à Saint-Hadelin. Quant à la mélisse, elle a peut-être été introduite pour une raison officinale. Elle est signalée par Lejeune entre Soiron et le Fond-de-Gotte et retrouvée en d'autres points du territoire de la commune, au cours du dernier quart du XXe siècle.

Dès l'automne le Bois-Terwagne retrouve davantage son allure de parc, l'if seul apportant encore une tache vert sombre. Autrefois, au printemps, des bandes de corneilles lui conféraient un aspect quelque peu angoissant. Maintenant, on ne perçoit, à l'aube, que le parfum des violettes odorantes.

Les vallées du Bola et de la Hazienne

Un bois d'un tout autre type, le Bois de Longbur, situé sur le versant sud de la vallée du ruisseau du Bola se prolonge vers le village de Soiron. Quoique assez complexe, c'est en majeure partie, une variante acidophile et plus sèche d'une chênaie atlantique avec quelques espèces caractéristiques dont une graminée : la houlque molle, ainsi que le maïanthème à deux feuilles, et une grande fougère : la fougère aigle.

À la partie supérieure, le bois prend davantage l'allure d'une chênaie à bouleaux. À l'arrière-saison, lorsque le sol est détrempé, le bois étant orienté vers le sud quoique protégé par le versant opposé de la vallée, devient alors le refuge d'une grande variété de champignons, parmi lesquels le clitocybe nébuleux, marasme guêtré, le bolet pomme-de-pin, la trompette de la mort, l'amanite phalloïde et l'amanite tue-mouche. Les arbres sont quelquefois la proie des champignons parasites tel que le polypore du bouleau.

Les coteaux de la Vesdre

En descendant le Thièr-de-Hansé par le petit sentier qui serpente à travers le massif de Coucoumont, on est frappé par le caractère plus aride de la végétation. Cette aridité relative peut être attribuée à la nature généralement schisteuse du sol ainsi qu'à l'exposition du versant. Dans cette variété de bois de chênes poussent la germandrée et la verge d'or parsemée dans les tapis de myrtilles et de muguets. D'épais coussins de mousses, principalement des polytrics, surgissent les longs épis d'une graminée : la canche cespiteuse.

En remontant le Thièr-des-Maréchaux un petit promontoire appartient à l'Ardenne liégeoise : la présence des genêts-à-balais évoque cette Ardenne toute proche.

Enfin, le massif boisé du Noirhez, en pente forte vers la Vesdre se déroule de Gomélèvai à Goffontaine et possède les mêmes caractères que le précédent. Il ne manque pas d'intérêt mais reste cependant inexploré du fait que son escarpement abrupt lui confère une protection naturelle[6].

Flore adventice de l'industrie de la laine de la vallée de la Vesdre

Balsamine de l'Himalaya, Impatiens glandulifera

La faune et parfois la flore ont été tributaires des industries lainières installées en aval de Dolhain-Limbourg. Près de sept kilomètres du cours de la Vesdre serpentent le long de la commune d'Olne en deux tronçons successifs. Lors des opérations de lavage - l'eau acide des sources de la Vesdre dégraisse facilement - les graines apportées par la laine et le coton sont libérées et s'implantent avec des fortunes diverses, constituant ainsi une véritable flore adventice des berges. À la fin du XXe siècle une période de pollution de la Vesdre a provoqué une forte destruction de la faune aquatique, mais on y retrouve déjà du poisson et on bénéficie à nouveau d'un accroissement important de la végétation adventice. Bien que l'industrie lainière se soit installée avant le XIXe siècle, c'est surtout vers le milieu de celui-ci que s'est développée cette flore étonnante. Sur la commune d'Olne, le tronçon de la Vesdre qui abrite cette flore, quoique moins dense que dans les communes riveraines avoisinantes, s'étend de Goffontaine à Nessonvaux jusqu'à la filature d'Olne. En raison de la fin des lavages de laines, une partie de cette flore a régressé. Cependant, certaines espèces ont réussi à s'implanter solidement le long des berges. Elles ont ainsi échappé à l'anéantissement qu'impliquaient souvent les conditions atmosphériques défavorables, même si les crues ont quasi disparu. C'est le cas d'une grande composée: le topinambour qui, amené par le coton d'Amérique du nord, doit avoir été naturalisé de longue date. D'autres espèces sont dans le même cas. À l'automne, une imposante espèce de balsamine étend souvent ses rameaux au-dessus des berges à plus de deux mètres de hauteur. Cette géante provient des contreforts de l'Himalaya[7]. Elle s'est tellement bien adaptée qu'on la retrouve assez abondante sur les bords de la Meuse et est déclarée invasive comme la renouée du Japon.

Les étangs

Le crapaud accoucheur, réintroduit dans les mur calcaires en 1978, Alytes obstetricans

Si, au début du XIXe siècle, on rencontrait sur le territoire d'Olne ainsi que dans les communes avoisinantes, de nombreuses mares d'étendue fort variable servant d'abreuvoir, peu après 1955, on attribuait à ces étangs d'être responsables de la recrudescence de la poliomyélite. Il convenait donc de les combler. La mise au point de nouveaux vaccins permis à certaines mares d'échapper à ce décret. Mais l'étang de Riessonsart bordé de balustrades - comme ceux proches de notre commune - du centre du village de Forêt et des Trois-Chênes à Retinne subissent le même sort et sont comblés. Des deux mares de Hansé[8], la plus grande subsiste encore à l'heure actuelle et a été remise en valeur.. Ces mares constituent un refuge indispensable à de nombreuses espèces tant de plantes que d'animaux aquatiques et notamment des batraciens et des insectes. Parmi les batraciens présents sur la commune, outre les grenouilles verte et rousse et la salamandre commune,Salamandra salamandra, on trouve le triton alpestre, Triturus alpestris, le triton ponctué, Triturus vulgaris, et plus rarement le triton crêté Triturus cristatus. Le crapaud accoucheur, Alytes obstetricans, habitué des anfractuosités des murs de moellons calcaires, cité au XIXe, appelé en wallon liégeois clouktê, par analogie avec son cri "clou-clou" avait disparu, mais il a été réintroduit avec succès[1]). Il est loin d'être la seule espèce qui profitera de la rénovation des étangs et de création de petites mares dans les nombreux jardins. On peut y inclure la grosse majorité des batraciens; tritons et grenouilles, et la salamandre, qui se rencontrent de plus en plus fréquemment[9].

Un entomologiste olnois, Marcel Dahmen, a fait une étude complète des insectes de la commune[réf. nécessaire]. La mare de Hansé présente une riche faune de coléoptères, diptères et odonates.

Le bocage

La commune d'Olne étant à la limite sud du bocage du Pays de Herve, outre les arbres fruitiers des vergers en fort déclin, certaine espèces typiques de cet écotope sont particulièrement présentes. En effet l'utilisation de plantes défensives - pour assurer un enclos efficace au bétail - a favorisé leur développement dans quelques bosquets et friches des coteaux, l'élevage du mouton et des chèvres étant abandonné depuis le XIXe siècle. Citons principalement l'aubépine blanche et rose, le prunelier, le coudrier, dont la souplesse est utilisée aussi pour les perches et le murier sauvage[10].

Plantes invasives

Les Plantes invasives ou exogènes on différentes origines mais il ne fait aucun doute que la main de l'homme est directe ou sous-jacente. On trouve :

Modifications floristiques

L'existence de quelques documents du XIXe siècle permet quoique partiellement, d'apprécier diverses modifications floristiques et en corollaire, faunistiques survenues au cours d'une période de moins d'un siècle. Dans sa Flore des environs de Spa [1811-1813], A. L. Lejeune mentionne une trentaine d'espèces intéressantes, typiques de la région. Dans la majorité des cas, il est cependant malaisé de déduire à quel endroit il a fait référence car aucun lieu-dit n'est précisé. On garde souvent l'impression d'une certaine confusion de limites communales avec Nessonvaux et Fraipont. Dans les quelques cas où il y est fait référence cependant, il nous apporte des renseignements utiles.

L'astragale signalé à Olne, se trouvait encore au lieu-dit Les-Fosses dans les années 1960. La belle mélisse officinale mentionnée entre Soiron et Olne et à l'endroit dit le Fond-de-Gotte à Ayeneux a dû être plus abondante au XIXe siècle. On l'a néanmoins rencontrée aux cours des récentes décennies entre Saint-Hadelin et Froidhez. L'érythrée rameuse, plante rarissime en Belgique, est signalée entre Soiron et La-Bouteille.

Plus significative que les apports des flores citées ci-dessus, est la contribution d'une société locale de naturalistes : la Société de botanique de Fraipont et Nessonvaux qui a publié sous la direction de M. Michel une étude assez détaillée des plantes récoltées entre 1869 et 1876[5]. Une cinquantaine d'espèces sans y inclure les espèces adventices de la Vesdre, concernent spécifiquement Olne.

Les localisations sont mentionnées tantôt de manière vague (Olne ou ses faubourgs, Hansé, Saint-Hadelin, Gelivau), tantôt plus précise (Froidhez, Coucoumont, ou la Croix-Renard). Ce document ajoute que certaines espèces ont disparu. C'est le cas de diverses crucifères. Certaines espèces se sont manifestement échappées des jardins comme la perce-neige ou le narcisse des poètes et le phénomène a sans doute été récurrent.

Il est cependant rassurant de constater que dans tous les habitats envisagés dans ce petit ouvrage, qu'il s'agisse de groupements rudéraux, rupestres, alluviaux ou arborescents, plus de la moitié des espèces considérées comme remarquables dans la seconde moitié du XIXe ont été retrouvées au début de ce siècle et plusieurs habitants de la commune se proposent de les conserver. Curieusement, au cours de l'évolution de l'habitat naturel, ce sont surtout les espèces végétales les plus banales qui ont le plus souffert au cours des dernières décennies. Cette constatation peut s'étendre à certains groupes d'animaux.

Il est regrettable que les naturalistes du XIXe siècle se soient trop exclusivement penchés sur les espèces méconnues ou exceptionnelles et n'aient pas exercé leur esprit sagace à observer les espèces les plus communes permettant ainsi des comparaisons d'une valeur écologique inestimable. Au moins ont-ils souligné que la région était riche en curiosités animales et végétales, ce dont notre siècle et plus particulièrement notre commune a pris conscience.

Ressources naturelles

Au XIXe siècle, tout autant qu'au début du XXe siècle, on avait réalisé que diverses plantes s'étaient échappées des jardins où elles étaient parfois cultivées en abondance.

On aimerait être renseigné sur les raisons esthétiques ou autres qui incitèrent nos ancêtres à rechercher telle espèce ou tel spécimen de préférence à tel autre. De quels lointains pays provenaient-elles? Une fois échappées de ces clôtures où l'homme les avait reléguées parfois dans l'intention de les dorloter amoureusement, quel impact ont-elles pu exercer sur la flore et la faune des alentours où elles se sont amalgamées, souvent avec bonheur? Faut-il dès lors déplorer que de notre temps, on introduise aussi de nouvelles espèces? Lorsqu'une plantation vient entraver le développement harmonieux de notre patrimoine forestier, c'est peut-être un geste malencontreux. Une « barrière » de conifères empêche sans aucun doute l'épanouissement de nos bois naturels d'érables-frênes.

Par contre, c'est un effort louable que celui des Olnois qui introduisent des variétés cultivées dans leur propriété, qu'il s'agisse des riverains des routes d'accès au village, ou des habitants d'Olne ainsi que des autorités communales pour l'aménagement de ces petits espaces le long des anciens chemins. Certains qualifieront d'hétéroclites ces ensembles où le thuya, par exemple - une variété horticole - se mélange au bouleau blanc.

Ces alliances n'ont-elles pas de tout temps séduit les poètes lorsqu'elles sont élaborées avec goût, et en quoi un arbre aux écus, transfuge quasi symbolique du lointain Japon, viendrait-il dépareiller nos sites?

N'espérant guère coloniser ni altérer nos forêts, ces arbres ne peuvent qu'augmenter l'attrait du paysage sans ébranler ses fondements naturels. L'église d'Olne, par exemple, n'a-t-elle pas plus de charme depuis que l'on a introduit des arbres dans le vieux cimetière qui l'entoure, mettant ainsi en valeur le rose de la brique ? Ces plantations, à première vue anarchiques, effectuées au cours des dernières décennies, ne nous ont-elles pas ramené une quantité d'animaux qui avaient presque complètement disparu depuis longtemps ? Et il est évident que le rétablissement des arbres le long des routes, s'il servaient jadis d'ombrage aux nombreux lents voyageurs ne peut qu'aider à éviter l'érosion et recréer un lien ou mieux encore, un refuge pour la faune.

L'écureuil ne craint plus de dérober les noisettes dans nos jardins et la chauve-souris « pipistrelle » projette de nouveau son ombre vespérale saccadée sur nos pelouses. Comme dans les pays où les richesses naturelles sont protégées et où l'homme s'intègre lui-même à la nature, les oiseaux deviennent beaucoup moins farouches. Ils ont retrouvé un habitat intermédiaire entre le bocage et le bois. Vous verrez non seulement les petits passereaux familiers comme les mésanges (cinq espèces observées dans le village même) ou le rouge-gorge, mais le pic-vert et le pic-épeiche, (un pic bigarré noir et blanc joliment relevé de rouge sur le dessus de la tête et au bas-ventre), explorent de nouveau l'écorce de nos arbres ou se régalent de graines de conifères. Ajoutons la gracieuse sittelle torchepot rose saumoné, le troglodyte, le pinson, le rouge-queue, le chardonneret sans oublier la horde bavarde de merles et de moineaux.

Comparativement aux espèces végétales, peu d'espèces animales ont été introduites et ce fut généralement de manière fugace. Des essais d'introduction ont été réalisés avec le triton marbré mais il se croise avec chacune de nos trois espèces indigènes.

Une remarquable espèce végétale introduite est certes l'orme qui, il y a peu de temps encore, formait à l'entrée nord du village, près de l'ancien château d'Olne, une superbe allée. La date d'introduction de cette espèce, probablement fortement hybridée, pose un problème. En effet, cette allée figure déjà sur une estampe datant de 1738, et il est apparent, sur une photographie prise au début de ce siècle, que les ormes avaient déjà atteint une taille comparable à celle qu'ils avaient quand, malades, on a dû les abattre en 1983. La plantation de cette variété est donc nettement antérieure à l'introduction des ormes champêtres qui envahirent nos forêts d'aulnes notamment, il y a deux siècles. Comme la plupart des ormes européens, ils sont attaqués par une redoutable moisissure transmise par un insecte coléoptère qui s'installe partout où elle rencontre un terrain fragilisé. Malgré des soins attentifs et réitérés consistant en l'injection de substances fongicides, il n'était pas possible de sauver cette allée; mais pourquoi ne pas tenter de la rétablir ?

Arbres remarquables

Le Tilleul de justice de Saint-Hadelin (>1690)

Certainement âgé de plus de 300 ans, situé à la croisée de la voie de Liège à Olne et de la voie des Herviens, il était l'arbre de justice de Saint-Hadelin. Il donne son nom à la campagne du Tiyou où l'armée française établit son campement en 1690 et apparaît sur la carte de Ferraris de 1771. Réduit de nos jours presque exclusivement à un tronc creux, il porte encore vaillamment son beau feuillage. Le point de vue est saisissant.

Le Tilleul à clou de Saint-Hadelin (>1621)

Le vieux tilleul dit « arbre à clous », déjà cité en 1621, devant la chapelle de Saint-Hadelin en 1676. La croyance populaire suivant laquelle le fait d'enfoncer un clou dans l'écorce guérissait les maux de dents valut à ce bel arbre plus d'une blessure. Bien qu'il en reste quelques séquelles, il y a survécu. Un successeur a été planté à proximité en l'an 2000.

Autres arbres

Au sommet des ruelles de Vaux-sous-Olne, deux majestueux tilleuls encadrent un calvaire visible de loin, autant de la Croix-du-Renard que du carrefour des Six-Chemins. Des anecdotes souvent tragiques sont attachées à ces deux vieux tilleuls. Il faut enfin mentionner les hêtres pourpres ancestraux qui ombragent encore quelques beaux parcs: à la Belle-Maison à Saint-Hadelin, la maison Regnier et le château de Terwagne au village d'Olne ainsi qu'en bordure de la Vesdre à Gomélèvai. Des cornouillers multicentenaires forment un berceau dans un jardin du centre du village.

Sites classés

La mare de Hansé

Article détaillé : Mare de Hansé.

Pelouse calcaire des Fosses

Classée par arrêté royal du 26 mai 1975, le site des " fosses", de plus de 2 ha (350x70 m) abritait la riche flore d'une pelouse calcaire, et une faune de nombreux oiseaux, batraciens, orvets, et quelques petits mammifères, ainsi que de nombreux insectes dont certains très rares.

La plantation de pins a quasi complètement dégradé le site.

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Dahmen 1937
  2. F. Crespin - Manuel de la flore de Belgique (4e éd.) Monyolez Éd. , Bruxelles; 1882.
  3. J. Goffart - Nouveau manuel de la flore de Belgique et des régions limitrophes. C. Desoer, éd., Liège; 1934.
  4. A. L. S. Lejeune - Flore des environs de Spa ou distribution selon le système Linnaeus. Liège; 1 : 1811; 2 : 1813.
  5. 5,0, 5,1 et 5,2 Michel 1877
  6. A. Noirfalize et N. Sougnez, - Les forêts riveraines de Belgique. Bulletin Jard. Bot. Etat, Bruxelles, 30: 199-288.
  7. A. Visé - La Flore adventice de la région de Verviers. Lejeunia, Revue de Botanique 6 (6): 99-119; 1942.
  8. Jean et Madeleine Moutschen-Dahmen - La grande mare de Hansez, (Olne), Chronique Société Royale «Le Vieux-Liège», T.II, 72: 429-430; 1972.
  9. G. F. de Witte - Faunes des vertébrés de la Belgique, Batraciens et Reptiles (Patrimoine du Musée Royal d'Histoire Naturelle de Belgique; 1942
  10. Bolly et al. 2006, p. 27-66

Bibliographie

Ouvrages généraux

  • A. L. S. Lejeune - Flore des environs de Spa ou distribution selon le système Linnaeus. Liège; 1 : 1811; 2 : 1813.
  • Erreur Lua dans Module:Outils à la ligne 73 : attempt to index local 'frame' (a nil value)..
  • F. Crespin - Manuel de la flore de Belgique (4e éd.) Monyolez Éd. , Bruxelles; 1882.
  • E. de Wildeman et Th. Durand, - Prodrome de la flore de Belgique. Tome III. Phanérogames par Th. Durand, A. Castaigne, Éd. , Bruxelles; 1889.
  • R. Roncart - Quelques particularités de la Flore des environs de Verviers. Société Royale Sciences Liege, 3, 16 (3-4):4-28; 1931.
  • J. Goffart - Nouveau manuel de la flore de Belgique et des régions limitrophes. C. Desoer, éd., Liège; 1934.
  • A. Lameere - Les animaux de la Belgique. Tome I. Spongiaires, Cœlentérés, Vertébrés. Les Naturalistes Belges; 1936.
  • Erreur Lua dans Module:Outils à la ligne 73 : attempt to index local 'frame' (a nil value).
  • G. F. de Witte - Faunes des vertébrés de la Belgique, Batraciens et Reptiles (Patrimoine du Musée Royal d'Histoire Naturelle de Belgique; 1942.
  • A. Visé - La Flore adventice de la région de Verviers. Lejeunia, Revue de Botanique 6 (6): 99-119; 1942.
  • H. Fonsny - Florule de Verviers et de ses environs (1885). (Cité in A. VISÉ, 1942).
  • A. Noirfalize et N. Sougnez, - Les forêts riveraines de Belgique. Bulletin Jard. Bot. Etat, Bruxelles, 30: 199-288.
  • J. C. Winnand - Le chantoir de la Falise à Olne. L'électron, 3 : 87-88; 1970.
  • Jean et Madeleine Moutschen-Dahmen - La grande mare de Hansez, (Olne), Chronique Société Royale «Le Vieux-Liège», T.II, 72: 429-430; 1972.
  • Dominique Dauby - Olne Le charme d'un terroir du pays de Herve, Centre d'Éducation Permanente pour la Protection de la Nature; 1997- 1997
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Documents spécifiques

  • Olnois, conservez le site des Fosses!, Chronique de la Société Royale «Le Vieux-Liège», Tome II, n° 74 : 445-446; 1973.
  • La mare de Hansez, à Olne, est classée», Chronique de la Société Royale «Le Vieux-Liège», Tome II, n° 85 : 529; 1975.
  • Olne: Le site des Fosses est classé!, Chronique de la Société Royale «Le Vieux-Liège», Tome II, n° 89: 557-558; 1975.

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