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Gabriel Chahine

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Gabriel Chahine, né en 1931 à Alexandrie (Égypte), mort le 13 février 1982 à Paris (France), était un artiste peintre (ou sculpteur selon différentes sources). Il est tombé sous les balles du groupe activiste Action directe (AD) sans qu'on puisse en déterminer les auteurs. Son assassinat, sur le pas de sa porte au 5 de la rue des Pruniers (Paris 20e), n'a jamais été revendiqué. Toutefois, dans les écrits laissés plus tard par les meneurs de AD dans Textes de prison 1992-1997, ceux-ci y indiquent que c'est un de leurs commandos qui s'est chargé de l'exécution[1]. D'après l'ancien policier Patrice Lastère, c'est Régis Schleicher, déguisé en postier, qui a assassiné Gabriel Chahine[2]. Aucun procès n'eut lieu quant à ce crime.

On apprendra bien plus tard que Chahine, piloté par la section anti-terroriste des Renseignements Généraux (RG), avait appâté le groupe d'ultra-gauche en affirmant connaître le terroriste international Ilich Ramírez Sánchez alias Carlos, leur laissant miroiter la possibilité d'organiser par son entremise un attentat visant le barrage d'Assouan (Égypte)[3]. Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, sa compagne de combat, furent interpellés rue Pergolese le 13 septembre 1980 à l'occasion d'un rendez-vous guet-apens (organisé en sous-main par les RG) entre les 2 membres d'AD et un faux émissaire d'Ilich Ramírez Sánchez.

Jean-Marc Rouillan sera libéré un an plus tard, à l'occasion de la récente arrivée au pouvoir de François Mitterrand, la Gauche souhaitant alors, de par le cadre d'une loi d'amnistie, signer avec le groupe une "paix des braves" en échange de leur garantie d'abandonner toute lutte armée. Nathalie Ménigon obtiendra peu après une grâce médicale après une grève de la faim et plusieurs manifestations réclamant sa libération. Les meneurs de AD à nouveau libres oublieront la promesse et leurs actions violentes iront crescendo jusqu'au démantèlement final du groupe en février 1987. C'est dans ce laps de temps qu'eut lieu l'assassinat de Gabriel Chahine.

Dans son ouvrage, Jean-Pierre Pochon, à l'époque commissaire de la Brigade Opérationnelle Centrale (BOC) des RG et instigateur de l'opération d'intoxication, affirme qu'une fuite eut lieu entre un de ses inspecteurs et l'Élysée, Élysée qui aurait alors, lors de cette libération, révélé à Rouillan, à sa demande, le nom de la "taupe" Chahine[4].

Les motivations de Chahine à tenir ce rôle d'infiltré restent à ce jour inconnues.

Sources

Références

  1. Action directe, Textes de prison 1992-1997, Éléments chronologiques http://www.juanasensio.com/media/00/01/594303545.pdf [archive]
  2. Patrice Lastère, Un flic passe aux aveux, JC Lattès, 2013
  3. Jean-Pierre Pochon, Les stores rouges, Édition des Équateurs 2008
  4. Cette opinion est partagée par l'ancien policier Serge Savoie, auteur de RG, la traque d'Action directe, Nouveau Monde éditions, 2011

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