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Gaston Fardeau

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Plaque de la rue portant le nom du Dr Gaston Fardeau, en Ville haute, au Blanc (Indre)

Gaston Fardeau, né à Le Blanc (Indre) le 16 janvier 1901 et mort le 17 octobre 1945, est un résistant français. Il fut médecin à Paris puis, pendant la seconde guerre mondiale, au Blanc. Il a été membre des F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur), membre de l'Armée secrète de l'Indre, membre du Comité de Libération de la ville du Blanc, premier adjoint au Maire du Blanc, Ferdinand Séville. Il est décédé de maladie le 14 octobre 1945. Une rue de Ville-Haute au Blanc porte son nom.

Jeunesse

Gaston Fardeau est né au Blanc. Son père, Auguste Fardeau, était maitre cordonnier au 68e régiment d'infanterie, et sa mère, Lucie (Léonie Augustine Lucie Lépine), une famille d'aubergistes-cafetiers qui possédait le café du Centre sur la place du Blanc. En fonction des affectations de son père, Gaston Fardeau a étudié à Issoudun puis au Blanc. Il part à Paris en 1918.

Études

Étudiant en médecine à Paris après la Première Guerre mondiale, il sera élève à l'Institut Pasteur. Sa thèse lui vaudra d'être lauréat de l'académie de médecine en 1931[1]. Il effectuera son service militaire en 1927 au camp de la Martinerie près de Châteauroux.

Vie familiale et professionnelle

Marié en 1929 à Georgette Sizun, ils auront trois enfants, Michel, Jean-Pierre et Marie-Claire. Gaston Fardeau ouvre un cabinet rue Saint-Maur dans le 11e arrondissement de Paris. Il ouvrira également un cabinet de phlébologie à Mantes (Yvelines)

En 1939, il est mobilisé sur Paris (car il avait trois enfants à charge). En 1940, il est affecté à l'infirmerie de la poudrerie de Migné-Auxances (Vienne). Après avoir été démobilisé, il s'installe, à l'automne 1941, avec sa famille au Blanc. En plus de son travail de médecin auprès d'une population qui avait doublée (Le Blanc se trouvait en zone libre), Il s'occupa aussi de soigner des réfugiés espagnols emprisonnés au camp de Douadic (Indre)[2].

Le résistant

Entré très tôt dans la Résistance, le docteur Gaston Fardeau a su tout au long de la guerre, allier une activité professionnelle publique et une activité de résistance totalement secrète. Il fut actif au sein de l'Armée secrète (Indre) auprès d'Henri Lomer (ingénieur des Ponts et Chaussées, mort en déportation), Réné Pech, professeur au collège du Blanc, et de Théo Borredon, postier, animateurs et organisateurs des premiers réseaux de résistance dans la région du Blanc.

Gaston Fardeau apportait son aide aux réseaux de passeurs qui exfiltraient les aviateurs alliés vers l'Espagne. Au printemps 44, il entrepose dans son grenier du matériel médical d'origine anglaise, parachuté dans la région. La direction de son groupement de l'Armée secrète au Blanc était assurée par M. Denniet (fonctionnaire des impôts), le chef du secteur était Paul Mirguet, alias Surcouf.

Le 4 juin 1944, des agents de la Gestapo se présentent au domicile du Dr Fardeau pour l'arrêter. Son épouse, Georgette, répond qu'il est en visite auprès de malades. En fait, il est caché chez un voisin, M. Gaudin.

Le docteur Gaston Fardeau apportait son appui médical aux différents groupes de résistance, notamment les Francs-tireurs et partisans (FTP), d'obédience communiste, dirigé localement par Guy Lebon, mécanicien.

La Libération

À l'été 1944, Gaston Fardeau est désigné membre du Comité de libération de la ville et délégué au Comité départemental de Libération à Châteauroux. Il s'opposera aux excès revanchards de la libération, notamment la tonte des femmes qui avaient fréquenté des Allemands.

Décès

Frappé par une pneumonie en octobre 1945, il s'éteint le 14 octobre. Ses obsèques, le 17 octobre, rassemblèrent une foule considérable. Lors de ses obsèques, le président du comité de Libération, Me Charles Rousset, déclara : "Le docteur Fardeau était le médecin populaire, le médecin des pauvres, et sa compréhension des misères, qu'il côtoyait quotidiennement, l'amenait souvent à pratiquer l'aumône à ceux auxquels il prodiguait ses soins. Mais ce geste, il l'effectuait avec délicatesse dont son grand cœur, seul, était capable. Aussi sa popularité était-elle devenue grande car dépassant les limites du Blanc, elle s'étendait jusque dans les hameaux les plus éloignés dans lesquels il n'hésitait pas à se rendre, de jour et de nuit, au premier appel.

Homme de bien, certes, il le fut. Mais il fut encore davantage : il fut ce que l'on est tenu d'appeler un Français. Pendant la période trouble , et alors que chacun pouvait craindre dans son entourage un milicien ou un agent dénonciateur à la solde de l'ennemi, il n'a pas hésité à prendre courageusement position contre le Service du travail obligatoire (STO). Puis dès la formation des groupes de résistance, il est devenu dans le maquis de Guy Lebon et Diennet, celui qu'on appelait familièrement "Toubib". "[3]

Notes et références

  1. Gaston Fardeau, Les tumeurs spontanées chez le lapin - Revue critique, Paris, (lire en ligne)
  2. Léandre Boizeau, « Gaston Fardeau, toubib courageux », "Au fil du temps" - Revue des Amis du Blanc et de sa région,‎ (ISSN 1620-4549)
  3. Extrait du discours prononcé le 17 octobre 1945 par Me Rousset, président du Comité de Libération du Blanc (Indre) lors des obsèques du Dr Gaston Fardeau (archive familiale)

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