Encyclopédie Wikimonde

Habitats analogues

Aller à : navigation, rechercher

Habitat analogue au sens strict du terme selon le dictionnaire (Larousse)[1], correspond à un habitat (milieu) ayant des ressemblances (analogies) physico-chimiques (étude des caractéristiques physiques et chimiques des milieux ainsi que les systèmes associés) avec un milieu que l'on peut qualifier d'ancestral.

Introduction

La place de la nature en ville n'a cessé d'évoluer au fil du temps avec l'histoire de l'homme et des villes. En effet, au Moyen-Age la nature en ville était avant tout utilitaire, en complément d'une enveloppe naturelle et rurale nourricière. À la fin du XIXème siècle, en réponse à une urbanisation chaotique et aux objectifs de santé publique, des espaces de nature ont été réintroduits en ville. Cependant, c'est uniquement à la fin du XXème siècle que « L'urbanisme durable regarde l'urbain comme un paysage et la présence de la nature comme un enjeu de gestion de la biodiversité et de qualité du cadre de vie » (UNIL, 2010[2]). Le paradoxe auparavant discuté entre « Nature » et « Ville » est donc remis en question avec cette nouvelle vision et l'apparition de nouveaux concepts environnementaux.

Considérer l'urbain comme un cadre de gestion de biodiversité amène donc de nouveaux questionnements et amène à se demander si les activités humaines favorisent ou non l'apparition de biodiversité spécifique à un milieu naturel en ville.

Définition approfondie : application au milieu urbain

Selon les travaux de Eversham, Roy, & Telfer en 1996 [3], la notion d'habitats analogues serait la réflexion proposant une réponse pour la réconciliation de la nature en milieu urbanisé. Les habitats analogues en ville émanent d'une réflexion des naturalistes et écologues dans les problématiques de gestion de la biodiversité en ville. D'un point de vue bibliographique, cette notion d'habitat analogue correspond à une similitude dans les typologies des milieux (Lundholm & Richardson, 2010[4]).

Pour admettre qu'un milieu est analogue aux vues des définitions bibliographiques et encyclopédiques, il est essentiel que celui-ci possède des ressemblances à un milieu ancestral connu. Lorsque les formes, les composantes et les similitudes chimiques sont associées il est nécessaire de s'intéresser à la biodiversité associée à ces milieux. Une fois les similitudes faunistiques et floristiques avérées, on peut parler d'habitats analogues.

Habitats analogues en ville, une question d'échelles pour la gestion de la biodiversité

On peut supposer que la différence entre le milieu naturel et urbain réside dans l'échelle de celui-ci. Lorsque des études sont menées en milieu rural ou naturel, celles-ci se déroulent sur une matrice ouverte ou semi-ouverte avec la présence de corridors écologiques naturels ou artificialisés entre les taches. En conséquence, l'échelle d'étude se doit d'être adaptée aux résultats souhaités. En ville, les zones d'études sont plus réduites et adaptées aux dimensions de la ville, la présence de corridors est donc moindre. De plus, la présence de corridors peut être aisément maitrisée aux vues des fortes artificialisations des milieux. D'après ces observations, on peut admettre que l'étude de la biodiversité en milieu urbain porte un intérêt pour appréhender plus facilement la notion d'échelle et les échanges qu'il peut y avoir entre les espaces. Cependant, la porosité du milieu urbain va influencer la diversité écologique de celui-ci de manière considérable.

Ainsi, la création et l'apparition d'habitat analogue en ville peut permettre l'étude de la faune, flore et des écosystèmes dans la matrice urbaine à une échelle plus réduite et éventuellement moins soumises à la compétition et concurrence des espèces entre-elles. Ces études peuvent prendre appui sur les inventaires réalisés en milieu ancestral et conforter la notion d'habitat analogue si il y a lieu.

Des habitats analogues influencés par l'action de l'Homme

Du grec anthropos (homme), ce qui est anthropique est relatif à l'activité humaine. Cela qualifie tout élément provoqué directement ou indirectement par l'action de l'Homme (Wikipédia, 2014). Pour exemple, cet adjectif peut qualifier un paysage, un sol, un relief dont la formation résulte essentiellement de l'intervention de l'Homme. Les villes sont sujettes à une forte influence humaine, et les décisions de gestion ont de fortes conséquences sur les fonctions de l'écosystème (Andersson, 2006[5]). L'une des principales croyances en écologie du paysage est que les villes peuvent être introduites dans les modèles géographiques. Dans le cas des paysages urbains,les activités humaines dépassent les frontières des habitats et s'introduisent entre les taches d'un même habitat (Andersson, 2006) rendant l'application de ces principes difficile. Les actions anthropiques sont donc omniprésentes dans le paysage. Au cours des siècles, l'Homme a développé son mode de vie et a utilisé de plus en plus de ressources naturelles pour subvenir à ses besoins. C'est pourquoi les actions anthropiques se multiplient.

Les différentes actions anthropiques en ville qui peuvent avoir un impact sur la biodiversité sont :

  • L'entretien des espaces verts ;
  • Le piétinement ;
  • La plantation ;
  • La déforestation ;
  • Friches et délaissés urbains ;
  • Constructions…

L'impact humain sur la biodiversité, direct ou indirect, comportent quatre principaux facteurs (Sponsel, 2001[6]):

  • Surexploitation des ressources naturelles ;
  • Modification des habitats, conversion et fragmentation ;
  • L'introduction d'espèces exotiques ;
  • Pollution.

N'importe lequel de ces facteurs peut influencer la composition de l'écosystème, sa structure et sa fonction. Cependant, dans certaines circonstances les 2ème et 3ème facteurs peuvent développer une biodiversité locale, parce que certains composants de la biodiversité sont anthropogéniques (Sponsel, 2001[6]). Tous les systèmes éco-sociologiques sont exposés à deux forces sélectives différentes en même temps, la sélection naturelle et la sélection culturelle. Cette dernière est guidée par les préférences et les idées humaines (Andersson, 2006[5]). L'Homme favorise l'esthétique des espaces dits « naturels » plutôt que de laisser la nature faire. La gestion de ces espaces peut avoir un impact sur la biodiversité. Le paysage est donc constamment modifié par les actions anthropiques, ces dernières pouvant altérer l'équilibre naturel des habitats. La modification de ces milieux peut alors amener l'apparition d'habitats nouveaux ou analogues. Ces derniers, créés inconsciemment par l'Homme, entraînent ainsi l'apparition d'un habitat similaire à un habitat naturel avec une biodiversité spécifique à ce milieu. Par conséquent, l'action de l'Homme a des impacts sur cette biodiversité (urbaine ou rurale), il reste à déterminer si ces derniers sont positifs ou négatifs.

Notes et références

  1. Larousse, Définition de l'analogie
  2. [PDF] Institut de Géographie, Université de Lausanne, Ville et nature : une nouvelle alliance, Dossier n°24, Mai 2010
  3. Eversham, B C Roy, D B Telfer, M G, Urban, industrial and other manmade sites as analogues of natural habitats for Carabidae - 1996
  4. Lundholm, Jeremy T. Richardson, Paul J., MINI-REVIEW: Habitat analogues for reconciliation ecology in urban and industrial environments, Journal of Applied Ecology - 2010
  5. 5,0 et 5,1 Andersson, E., 2006. Urban Landscapes and Sustainable Cities. Landscape and Urban Planning, p. 34.
  6. 6,0 et 6,1 Sponsel, L., 2001. Human impact on biodiversity, overview. Encyclopedia of Biodiversity, pp. 395-409.

Article publié sur Wikimonde Plus.

Erreur Lua dans Module:Suivi_des_biographies à la ligne 197 : attempt to index field 'wikibase' (a nil value).