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Halal et cachère en France

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La nourriture rituelle est celle qu'impose certaines religions. En général, il y a une séparation entre nourriture licite ou illicite suivant sa provenance, la manière dont elle est préparée et cuisinée, et qui la prépare (si la personne appartient à cette religion ou non). Les nourritures rituelles en France sont celles de l'Islam - on la dit alors halal, licite, par opposition à haram, impur, illicite - et du judaïsme, on la dit cachère, convenable, par opposition à taref, impropre.

Les six spécificités françaises

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (23 octobre 2010)

La question de l'intégration de la nourriture rituelle dans la sphère publique est spécifique à la France, où six paramètres provoquent une forte cristallisation sur ce problème.

Une société laïque avec une forte minorité musulmane

La laïcité est un concept de société assez peu répandu dans le monde surtout s'il est considéré, comme un des piliers de la société comme c'est le cas en France. Ce concept est tellement associé à la France que les anglo-saxons utilisent, pour le désigner, le mot « laïcité » en français dans le texte. Ce concept n'est vraiment repris dans les constitutions que dans deux autres États : La Turquie et le Mexique. La Turquie, pays à très forte majorité musulmane, a l'habitude, depuis qu'Ataturk a introduit la laïcité, de gérer les conflits entre rituel et société. Le Mexique lui a une population pratiquement chrétienne à 100% ; donc la problématique de la nourriture rituelle y est inconnue. Les Français ont donc développé une aptitude particulière à refuser avec force toute arrivée d'exigence rituelle dans la sphère publique, encore que le calendrier qui rythme leur vie soit fondé sur le calendrier de la semaine et des principales fêtes chrétiennes et son origine sur la date supposée de la naissance de Jésus-Christ. La Révolution française a essayé sans succès de remplacer ce calendrier traditionnel dit grégorien par un calendrier républicain. Inversement, sur ce point fondamental, les États-Unis ont bien plus fortement mis en œuvre la laïcité puisque la seule fête chrétienne du calendrier des États-Unis reste Noël, Thanksgiving étant surtout une fête nationale.

Des exemples de ce qui se passe dans les pays anglo-saxons sont régulièrement mis en avant dans les médias, et surprennent certains lecteurs français, même si ces situations suscitent les mêmes oppositions en France que dans les pays anglo-saxons. On peut citer dernièrement : au Canada des juifs intégristes hassidiques ont obtenu qu'un club de sport de Montréal ait les vitres givrés afin de ne pas apercevoir des femmes en short[1]. En Grande-Bretagne des cours de natation ont été supprimés pendant le ramadan car des élèves risquaient de boire de l'eau. Pendant le même ramadan, des cours d'éducation sexuelle sont suspendus puisque les musulmans « sont tenus d'éviter toute pensée sexuelle » durant ce mois[2]. Et en France, on peut rappeler que, bien avant ces événements, certaines heures avaient été réservées aux femmes dans des piscines en France, pour satisfaire des revendications musulmanes[3],[4].

Dans le monde anglo-saxon, le Québec commence à faire bande à part. Les Québécois ont été de plus en plus nombreux à s'émouvoir de ces décisions dite de « l'accommodement raisonnable », et la polémique a enflé, au point qu'en 2007 le Premier ministre a constitué un groupe d'étude pour réexaminer la question.

Les sites québécois ont relayé cette folie de l'accommodement comme cette plaisanterie sur les exigences rituelles sur les repas en entreprise [5]. Elle fut reprise par de nombreux DRH en France.

Une intégration des nouveaux arrivants par l'assimilation

Les Anglo-saxons, les Allemands, les Hollandais, par exemple, intègrent les nouveaux arrivants, en leur permettant d'être à côté des autochtones mais sans leur être mélangés. Cela crée ainsi des sociétés multiculturelles vivant côte à côte. Au quotidien, les conflits sont quasi inexistants, chacun vit sa vie avec sa culture, ses traditions culinaires[6]. Par contre ces populations ne sont jamais réellement considérées comme locales et, à terme, cela peut provoquer des incidents très violents comme des émeutes en Angleterre ou des meurtres aux Pays-Bas.

A l'opposé le modèle français est le modèle de l'assimilation par mariage mixte. Ce modèle crée dans la société, dans les nouvelles familles mixtes, des conflits au quotidien mais les nouveaux arrivants deviennent plus rapidement des français à part entière dès la deuxième génération qui sont dès lors métisses. Ce qui est plus surprenant, c'est que plus cette assimilation se fait vite, plus les conflits apparaissent fort et au grand jour, signe du malaise dû à la destruction rapide de la précédente culture, ce qui pour certains médias semble prouver des problèmes d'intégration alors que c'est l'opposé qui se produit. Ainsi les immigrés Algériens ont un taux de mariage mixte en France extrêmement rapide (plus rapide que les immigrés pourtant catholiques des générations précédentes) d'où les crises de changement de culture qui se manifestent par de nombreuses unes de presse, des taux de délinquance élevés. A[7] l'inverse la population d'origine chinoise a un taux d'assimilation faible; il est par exemple très rare qu'un immigré algérien depuis 30 ans en France ne parle pas un mot de français ce qui est courant pour un immigré chinois. Pour les immigrés chinois, les problèmes du quotidien sont très faibles [6]. L'assimilation à la française se termine donc par les mariages mixtes. Le passage obligatoire est le partage d'une nourriture commune. Les ethnologues et sociologues montrent que sans partage de repas ensemble, l'échange prolongé de deux populations est impossible, alors les mariages mixtes chutent et l'assimilation ne se fait pas. Les responsables des religions musulmanes et juives l'ont bien compris. C'est la raison majeure qui les a poussés à développer la nourriture halal et casher : interdire aux populations d'être ensemble( voir Boris Cyrulnik). Les responsables religieux juifs le disent clairement : pour eux l'assimilation par les mariages mixtes est la pire catastrophe arrivée au peuple juif depuis la shoah. Ce peuple risquerait alors la disparition. Pour combattre ce fléau, une des méthodes les plus efficaces est d'obliger les coreligionnaires à manger casher. Pour être certain d'éviter le mariage mixte, le consistoire dit même qu'il ne faut pas manger à coté de non juif car le nourriture ne serait plus casher [8],[9],[10], [11].

De leur coté, les religieux musulmans mettent en avant l'exigence de ne manger que halal, seule nourriture considérée comme licite. Par contre ils passent sous silence le verset du Coran qui tolère comme licite toute nourriture préparée par les fidèles des religions du livre : les chrétiens et les juifs.

La coexistence de Chrétiens, de Juifs et de Musulmans

La France est le seul pays du monde occidental

  1. dont la population est en majorité chrétienne.
  2. dont le peuplement juif remonte à l'époque romaine,
  3. mais qui s'est accru, depuis la fin de la guerre d'Algérie, d'une part significative de juifs sépharades,
  4. et où habitent beaucoup de musulmans arrivés récemment en France, principalement d'Afrique du Nord et d'Afrique sub-saharienne

Une difficile séparation de l'Église et de l'État

Par la séparation de l'Église et de l'État, votée après de violentes discussions en 1905, « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence,[...] seront supprimées des budgets de l'État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes »[12]. On peut donc se demander si l'achat par les cantines publiques de viande hallal ou cachère qui contribuent au financement des cultes est légal. Parlant de la cacherouth à l'école, le grand rabbin de Lyon a, quant à lui, convenu « que l'école n'avait pas vocation à s'y plier »[13].

La cuisine fait partie de la culture française

Plus que dans de nombreux pays, la cuisine fait partie de la culture nationale (de même que Noël par exemple, respecté aussi, pour certaines traditions, par les non croyants). Chaque région se différencie par ses plats traditionnels. La tradition française veut qu'au delà des conflits politiques, religieux, économiques dans les familles ou les villages, tout le monde se réunit en final autour du même repas. Cela a été mis en exergue par le banquet final de chaque album d'Astérix.

Dans cette cuisine le porc et le vin ont une place à part, quasi sacrée

De tous les ingrédients de la cuisine Française, deux ont une place à part : Le vin et le porc. Ils font partie de la vie des villages, ils la rythment. Ils sont les seuls où des fêtes annuelles sont organisées encore et toujours depuis le moyen âge. Le fait que ce soit les deux ingrédients qui soient le plus refusés par les nouveaux arrivants choque de nombreux français. C'est pour surfer sur cette vague que des organisations populistes d'extrême-droite d'une part et laïques d'autre part organisent depuis 2010 des manifestations populistes : les « apéros saucisson pinard ».

Histoire en France

La France est un pays laïc dont la population était traditionnellement de religion ou de culture chrétienne, en particulier catholique. Dans le christianisme il n'y a pas d'interdits alimentaires, parce que la notion d'impureté y a été abolie par le Christ. Par conséquent, les Français n'ont jamais connu d'aliments ou de préparations alimentaires imposés ou interdits par des prescriptions religieuses. Le jeûne, qui est prescrits par l'Église certains jours, était sous l'Ancien Régime une obligation officielle sous forme d'ordonnances de police, comme l'interdiction de travailler le Dimanche. Toutefois, elle n'est pas comparable aux prescriptions rituelles juives ou musulmanes dans la mesure où les repas se font avec des aliments normaux (manger du poisson à la place de la viande, et boire de l'eau à la place du vin) qui sont préparés normalement, sans aucune notion de pureté ou d'impureté. Il s'agit simplement d'un menu particulier à certains jours de fête du calendrier officiel (calendrier romain), comme il y a une galette le jour des rois. Il convient de préciser qu'il existe tout de même des interdits alimentaires en France. Cependant, ils ne sont pas considérés comme ayant un fondement religieux, mais comme inspirant un dégoût qui paraît instinctif. Il y a d'abord l'interdiction de l'anthropophagie, ensuite de manger la chair des animaux carnivores, des reptiles, des vers et des insectes, alors que la consommation des grenouilles, des escargots, et des coquillages est appréciée, ainsi que celle des champignons, Il y a ensuite dans la cuisine l'interdiction de certains mélanges comme la viande et la poisson, le sucré et le salé, et aussi de manger certains mets frais et crus comme la viande et le poisson.

La pratique de la religion israélite à partir de la création du consistoire central, s'est fondée sur le principe de renoncement aux pratiques communautaires qui obligeaient auparavant les juifs à vivre comme une communauté séparée, ayant un autre calendrier et un autre droit civil. Pour beaucoup, elle impliquait aussi la renonciation à la nourriture rituelle (cacherout), au moins à l'extérieur du domicile. Cette conception qui reprenait la tradition libérale de la communauté juive de Bordeaux, tout en s'inspirant de la conception catholique de la séparation du spirituel et du temporel, a produit en France un judaïsme extrêmement bien intégré à la société française.

Avant la guerre d'Algérie, la minorité juive française d'origine ashkénaze a été traumatisée par sa stigmatisation pendant la guerre, et désirait être le plus intégrée possible (voir le documentaire Heureux comme un juif en France) et pour ceux qui mangeaient cachère à la maison, n'avait aucune autre exigence à l'extérieur du domicile, que d'éviter la nourriture non cachère en se limitant aux plats sans viande ou fruits de mer, en se reportant sur les œufs ou le poisson.

Dans les années 90, les communautés musulmanes issues d'Afrique du nord ont naturellement, comme dans leur pays d'origine, commencé à demander:

  • des nourritures rituelles dans les espaces publics : les entreprises, les cantines scolaires, les restaurants généralistes,
  • pour quelques-uns, la suppression dans ces mêmes lieux, pour toute la population, y compris les non-croyants, des produits porcins considérés comme impurs.

Quant aux Juifs, dans les quartiers où ils étaient assez nombreux, ils ont développé de nombreux restaurants cachères.

Dans un premier temps, ces demandes ont été satisfaites sans trop de heurts. Puis, dans les années 2000, certains s'inquiétant de la montée des communautarismes, des voix se sont élevées contre.

Informations économiques

Le halal en quelques chiffres

  • En 2000 : 200000 tonnes soit environ le dixième de la production nationale. Il s'est accru de 50000 tonnes en cinq ans entre 1990 et 1995[14].
  • Boucheries Halal : 2 000 dont 700 à Paris[15] ou 3 000 boucheries selon une autre source[16],[17].

Le cachère en quelques chiffres

Le cachère en quelques chiffres[18].

Informations sociologiques

Cachère et Halal

La nourriture cachère est licite pour les musulmans, tandis que la nourriture halal n'est pas conforme à la cacherout qui est plus restrictive particulièrement en interdisant les mélanges entre lacté et carné. Donc les musulmans acceptent la nourriture cachère alors que les juifs refusent la nourriture halal. Au quotidien cependant, la propension des musulmans qui continuent à consommer cachère s'avère de plus en plus faible[19]. Le label "halal" prévaut de fait, de plus en plus. Et ce, pour des raisons qui sont faiblement liées à des convictions religieuses. Le halal se voit investi, depuis le début des années 2000, d'une forte charge symbolique et émotionnelle[20]. « Halal » tend alors à devenir une marque communautaire. Manger halal devient une modalité essentielle de l'engagement islamique - excluant la consommation de viande cachère, pourtant normalement admise. Le problème est ici moins théologique qu'ontologique : manger cachère, pour les jeunes musulmans, devient avant tout « manger juif », se dénaturer ; manger halal, a contrario, devient en plus d'un acte de profession de foi, un acte d'affirmation de soi, par affiliation et différenciation [21].

L'acceptation des nourritures rituelles par les autres communautés

Les non-juifs et les non-musulmans en France sont, jusqu'à encore récemment, complètement ignorants de ces questions, à l'exception des parents d'élèves qui vivent dans des zones où la part d'enfants de ces deux religions est important et entraine des changements dans les menus des cantines scolaires. Les médias ont récemment sensibilisé le public lors de deux affaires qui ont fait la une de la presse :

  1. La transformation de restaurants Quick ne servant plus de nourritures non halal.
  2. Et le fait que Laurent Blanc refuse, contrairement à son prédécesseur Raymond Domenech, que les repas de l'équipe de France soit 100 % halal même pour les non-musulmans. Cependant Laurent Blanc interdit toujours la viande de porc dans les buffets de l'équipe de France. Des députés UMP s'opposent alors sur le sujet, Eric Raoult l'approuve, Thierry Mariani et Lionel Luca le désapprouvent[22].

La première réaction à chaud des personnes interrogées est, en général positive et elles acceptent, si on leur propose de manger cette nourriture Halal. Le problème se pose quand on informe les personnes que halal ou cachère, signifie notamment que les animaux sont abattus sans étourdissement, que cela est contraire aux lois européennes car on soupçonne une augmentation de la souffrance de l'animal. D'ailleurs un rapport de l'Union Européenne demande à la France de respecter ces lois, ce qui peut conduire à l'interdiction des viandes halal et cachère comme c'est déjà le cas dans certains pays de l'union. Dans un sondage de l'IFOP à la question : acceptez-vous de manger de la viande rituelle ? (donc d'un animal abattu sans étourdissement), la réponse est non à 77 %.

Le rituel dans les régions françaises

L'acceptation des exigences alimentaires rituelles dont la principale est la demande de ne pas manger de porc, n'est pas homogène dans les différentes régions Française. Elle dépend de l'importance qu'a le porc dans la vie de cette région.

  • En région parisienne, dans les grandes villes et les grandes banlieues françaises, cette exigence est bien acceptée. Les habitants sont habituées de longue date maintenant à la présence d'immigrés, alors que peu de personnes se sentent plus ou moins proches d'éleveurs de porcs ou de producteurs de charcuteries.
  • Dans les Landes et le Béarn, la culture principale tournant autour du canard, là aussi le refus de consommer du porc est bien toléré[réf. nécessaire].
  • En revanche dans les autres régions, et principalement dans les régions périphériques de l'hexagone, Bretagne, Corse, Alsace, qui ont une très forte culture populaire à base de porc, ce refus passe très mal[réf. nécessaire]. La tradition de ces régions est, au moins depuis le moyen âge de fêter le porc. Les fêtes du Porc font parties des plus importantes fêtes des villages. La tradition d'accueil de ces régions est de faire gouter aux nouveaux arrivants, en guide de bienvenue, les plats principaux, charcuteries corses comme la Coppa Lonzo Figatelli , choucroute alsacienne, quiche lorraine. Dans toutes ces régions, les plats traditionnels ont quelque chose de sacré. Refuser de les manger, surtout en arguant le fait qu'ils seraient impurs, est le signe d'un affront, une « atteinte au sacré » qui est très difficilement supporté par les autochtones[réf. nécessaire]. Dans ces régions, les réactions peuvent être violentes. La chaine Quick aurait renoncé à créer un Quick Halal en Corse à cause de menace de plasticage. Les mouvements régionalistes et/ou d'extrême droite s'approprient cette lutte contre Quick [23],[24],[25]

Le rituel dans les cantines scolaires

Dans les écoles publiques, les spécificités alimentaires dues à la religion sont normalement prises en compte. Face aux premières exigences religieuses, les gestionnaires de cantines ont donc été très tolérants et on essayé de trouver le compromis permettant de se trouver dans la « position de moindre conflit ». Ils ont d'abord proposé des repas sans porc pour les personnes l'exigeant, puis supprimé totalement le porc pour tout le monde. Certains ont même fini par créer des cantines séparées pour les différentes religions. Mais plus ils aménageaient l'organisation, plus les exigences religieuses augmentaient. Par exemple, après les réfectoires séparés, certains réclamaient des toilettes séparées car les robinets pouvait être contaminés par de la nourriture impure. Il y eu alors un retour en arrière et la volonté d'être strict dans la non-application des exigences des religieux. Le rapport Obin[26] cite par exemple que « dans un collège public d'une grande agglomération, présenté comme « multiconfessionnel » parce qu'un grand nombre d'élèves juifs s'y est ou y a été rassemblé du fait de l'antisémitisme, la surenchère alimentaire entre familles juives et musulmanes (à laquelle quelques familles chrétiennes se sont jointes) a été telle que le conseil d'administration a voté un amendement au règlement intérieur imposant la confection de menus « sans références religieuses », et rappelé la liberté des familles à faire manger leur enfant hors de établissement ».

L'avis des enseignants

Un sondage montrent que les enseignants sont plutôt tolérants sur le sujet : 65 % considèrent que la demande de viande cachère ou halal n'est pas une remise en cause de la laïcité[27],[28].

Le rapport Obin

Le rapport Obin adressé au ministère de l'Education nationale note que « les manifestations d'appartenance religieuse, individuelles et collectives, ont tendance à se multiplier et à se diversifier avec une rapidité et une dynamique fortes ; dans certains quartiers, elles peuvent affecter tous les domaines de la vie personnelle, familiale et sociale ; les jeunes y sont particulièrement sensibles, voire ils en sont les principaux vecteurs ; l'école enfin est impliquée dans ce mouvement d'ensemble et les formes qu'il y prend sont bien plus diverses et complexes qu'une certaine émotion médiatique autour du voile peut le laisser croire ».

L'adaptation des cantines

Les cantines et restaurants scolaires ont fait des efforts d'adaptation depuis de nombreuses années, puisque qu'ils offrent systématiquement une alternative à la viande de porc pour les élèves qui le souhaitent, voire ont supprimé pour tous les élèves la viande de porc.

De nouvelles augmentations des exigences

Le rapport Obin signale cependant qu'un nombre croissant d'élèves ne se contentent plus du "sans porc" et refusent également « toute viande non abattue selon le rituel religieux », ce qui « correspond aux changements d'habitudes alimentaires des familles, liées à l'islamisation des commerces de proximité : la viande halal est partout disponible ». Le résultat est que, soit les élèves ne mangent plus de viande à la cantine, soit leurs familles réclament de la viande halal. Le rapport note aussi l'augmentation des violences faites au enfants pratiquant imparfaitement les règles alimentaires[29].

Les réponses à ces nouvelles exigences

4 réactions possibles :

  1. Une tentative de faire des cantines 100% halal a été faite par un proviseur du lycée professionnel Lavoisier de Roubaix, mais cette initiative a été abandonnée suite aux nombreuses protestations[30],[31]
  2. Certains gestionnaires proposent des menus sans viande ou offrent systématiquement du poisson
  3. certains établissements instaurent une ségrégation entre musulmans et non-musulmans en composant des tables distinctes ou en imposant un menu à chaque catégorie
  4. Mais le cas le plus en plus fréquent est de répondre aux parents qu'ils sont libres de faire manger leurs enfants hors de l'école (en janvier 2005, dans la région lyonnaise, la presse s'est fait l'écho d'un différend entre plusieurs municipalités et des familles qui demandaient qu'on ne serve pas de viande à leurs enfants. Ainsi, à Villefranche-sur-Saône, les gestionnaires menacèrent d'exclure de la cantine ces élèves, scolarisés en maternelle, accusant de communautarisme les parents qui encourageaient leurs enfants à ne pas partager le même repas que les autres. Mais ils se disaient aussi soucieux de l'équilibre alimentaire des jeunes élèves). Pour refuser ces demandes particulières, certaines municipalités ont invoqué le rôle de l'école comme « lieu de formation où les futurs citoyens non seulement acquièrent le savoir mais font également l'apprentissage du "vivre ensemble" »[32].

Les effets économiques

La fourniture de plats spécifiques pose des problèmes financiers à certaines cantines. Les plats réservés sont calculés au plus juste. Les gestionnaires doivent alors repérer physiquement les ayants droits. Plus la cantine est petite, plus les effets de stigmatisation sont portés par l'institution, cela contribue à construire un effet ethnique[33].

Les directives du gouvernement

Face à ces réactions au cas par cas et non coordonnées, les députés et le gouvernement prônent une politique de plus en plus stricte. Une commission de l'assemblée nationale conclut : « Leur travail approfondi, les nombreuses auditions auxquelles elles ont procédé, les ont conduites à la même conclusion : le principe de laïcité qui connaît des difficultés d'application dans une société de plus en plus multiculturelle doit être réaffirmé et en premier lieu à l'école, lieu de formation où les futurs citoyens non seulement acquièrent le savoir mais font également l'apprentissage du « vivre ensemble »[34].

Le rituel dans les entreprises

Le rapport de la commission Stasi affirme que la situation est aujourd'hui différente des premières années de l'arrivée des immigrés en France. Les entreprises ne sont plus confrontées à l'expression de besoins, mais à des revendications, notamment du fait de l'arrivée dans le monde du travail d'une nouvelle génération d'actifs. Ces revendications, d'après de nombreux chefs d'entreprise, dépassent les limites du "vivre ensemble" »[35],[36] (Bergeaud-Blackler et Brisebarre, 2005). On cite par exemple le cas d'une grève déclenchée car des non-musulmans utilisaient dans un micro-onde collectif des plats à base de porc. L'entreprise dut acheter un nouveau micro-onde interdit aux non-musulmans[37]. Ces exigences alimentaires n'ont touché au début que les non cadres. Les cadres, même croyants, adaptaient de façon plus tolérante leurs principes lorsqu'ils étaient dans l'entreprise. Avec le développement de ces exigences chez plus de croyants et avec l'arrivée au poste de cadre de plus en plus de ces croyants, de nouveaux problèmes se posent dans les entreprises. Bien que ce ne soit jamais stipulé dans le contrat de travail ou la fiche de poste, un cadre a des obligations implicites de déjeuner avec ces collègues et patrons. Ne pas le faire, est considéré comme un affront. Dans certains cas, cela a conduit à un licenciement pour faute. Pour un cadre commercial, cette exigence est accrue. Non seulement il est évident que le cadre commercial doit manger avec ses clients, mais les us et coutumes veulent qu'il adapte son régime alimentaire à celui du client. Les premier refus pour motifs religieux ont beaucoup perturbé les Directeurs des Ressources Humaines [38] Ils se sentent très démunis dans de telles situations et jusqu'à récemment refusaient d'aborder ce sujet [39]. Comme dans le cadre des cantines scolaires , les DRH ont été dans un premier temps réceptifs aux premières exigences espérant ainsi vite clore les polémiques mais cela a conduit a des exigences de plus en plus forte. D'où un revirement, d'ailleurs approuvé par les consultants spécialistes [40]. La solution la plus simple serait en effet de clairement aborder le sujet en entretien d'embauche, la personne qui refuserait ou accepterait serait pleinement responsabilisée quant aux conséquences de sa réponse. Malheureusement, il semble, d'après le code du travail, strictement interdit d'aborder un certains nombre de sujets dont la religion[41]. Cette loi est faite pour protéger les minorités d'éventuelles discriminations. Dans ce cas la, la loi a l'effet contraire. Rien qu'un nom, un prénom, une apparence physique comme une barbe, vêtement ethnique… peut faire suspecter une personne de vouloir introduire dans l'entreprise des exigences religieuses qui perturberaient gravement le fonctionnement de l'entreprise. Cette personne a, alors, de grandes chances de se voir refuser le poste de cadre commercial, et ce, alors que la probabilité que cette personne formule réellement ces exigences est actuellement extrêmement faible en France. Pire, le fait qu'aucune consigne écrite ne soit donnée pour éviter une infraction au code du travail, entraine toutes les dérives (xénophobe, raciste, antisémite) possibles. Pourtant, Dounai Bouzar pense que le code du travail permet quand même d'aborder ses sujets [42]. Ces cas ne concernent, pour le moment que les musulmans. En effet, Il existe de nombreux cadres commerciaux juifs, mais, à ce jour seuls de rares cas de refus de cette obligation de déjeuner sont recensés. La multiplication de ces cas aurait les mêmes effets désastreux pour la communauté israélite. Les premiers cas recensés concernent des refus lors de Kippour. Or Kippour tombe en septembre octobre, ce qui correspond pour les entreprises françaises aux périodes de définition des budgets annuels qui s'accompagnent de longs séminaires suivis des seuls grands repas annuels totalement obligatoires[43],[44],[45], [46],[47]

Le rituel dans les restaurants

L'ouverture de fast-food comme le Mak Halal des Minguettes, à Vénissieux, celui situé à Bobigny, ou le Burger King Muslim de Clichy puis surtout la transformation par Quick début 2010 de 2 restaurants en restaurants 100% halal, montrent que la grande distribution est sensible au potentiel économique de ce nouveau marché. Comme les résultats économiques étaient excellents[48],[49], Quick a décidé d'ouvrir 20 restaurants supplémentaires. Devant l'ampleur de ce déploiement, des députés et des maires commencent à s'en émouvoir[50].

Les nourritures rituelles et la cuisine Française

La cuisine en France, du fait des nombreuses vagues successives d'immigration, a toujours accepté les plats arrivés avec ces immigrés. Depuis l'arrivée au milieu des années 1920 des italiens, la pizza est devenue un des plats les plus populaires. Le couscous arrivé, avec les immigrés d'Afrique du nord prend le même chemin. A l'inverse les immigrés ont toujours adopté, à terme, la cuisine locale. Bien que dans toutes vagues d'immigration la cuisine soit un paramètre avec le temps d'assimilation le plus long. Emmanuel Todd dans « le destin des immigrés » dit que les immigrés en phase d'assimilation prendre d'abord la langue du pays d'accueil, puis la religion et enfin la cuisine, parfois seulement à la deuxième ou troisième génération, preuve du rapport très fort entre nourriture et culture. Les immigrés souhaitent garder leurs plats traditionnels ou au moins ce qu'ils se rappellent de ces plats. Mary C Waltes cite par exemple[51], que des descendants d'Irlandais, Américains vivant à new York depuis 3 générations font encore un plat sensé rendre hommage à l‘Irlande de leurs ancêtres : la choucroute ! Par contre l'existence de pratiques rituelles limite l'assimilation de la cuisine française par les immigrés. On pense tout naturellement aux plats à base de porc qui ne peuvent être consommé par les juifs et les musulmans, mais ils y a d'autres limitations. Pour les musulmans la situation est plus simple, à partir du moment où ils utilisent de la viande halal, ils peuvent très bien faire tous les plats de la cuisine française. Pour les juifs c'est beaucoup plus limitatif. Le commandement de la torah ordonne de ne pas mélanger dans le même repas de la viande et des produits laitiers. Or dans une grande partie de la France (les 3/4 nord est ) La viande se cuit au beurre (le 1/4 sud ouest utilise plus volontiers l'huile) . Et partout en France les recettes de viande sont un mélange de sauce, toutes ayant des composants laitiers. Dans tout les cas le repas traditionnel français est composé de viande suivi de fromage et/ou dessert. Tout ceci est interdit par la Torah.[réf. nécessaire]

Voir aussi

Liens externes

  • Mary C Waltes, Ethnic Options. Choosing identities in America page 121

Notes et références

  1. [PDF]Les cahiers du DRH
  2. Source La Croix
  3. La piscine de Lille-Sud réserve un créneau aux femmes, 16 juin 2003
  4. Isère: lundi, la piscine était réservée exclusivement aux femmes, 19 juin 2008
  5. Le repas de fin d'année sur forum.palmattitude.org
  6. 6,0 et 6,1 Emmanuel Todd, le destin des immigrés
  7. Hammouche " choix du conjoint, relations familiales et intégration sociales chez les jeunes maghrébins" Revue européenne des migrations internationales 1990 Volume 6
  8. Toute cuisson d'aliments cachers, effectuée par un non juif, même chez le juif entraine l'interdition de la nourriture et des ustensiles. (consulter autorité rabbinique compétente, pour la cachérisation des ustensiles). Cette mesure a été décrétée par nos sages, en vue d'éviter des rapports trop intimes entre juifs et non juifs, qui risqueraient d'aboutir à des mariages mixtes. Cette interdiction s'applique aux aliments que l'on ne consomme généralement pas crus, et qui sont aptes à être servis à une table royale accompagnés de pain..
  9. Un vin cacher sera considéré comme taref si un non-juif a manipulé du vin dans une bouteille
  10. la Torah interdit l'usage et la consommation des boissons à base de raisin ou d'alcool de raisin, et tout produit du pressoir qui n'auraient pas été fabriqués sous le contrôle d'un rabbin compétent, ou qui auraient été manipulés par un non-juif. Ceci s'étend jusqu'au vinaigre, l'huile de pépins de raisins ou le sucre de raisins
  11. Nos Sages ont interdit de consommer l'aliment cuit par un non-Juif, que ce soit chez un particulier, dans une usine ou un restaurant, même si les ingrédients étaient cachères, et même lorsque le non-Juif est employé par le Juif. La raison profonde de cette interdiction est d'éviter au maximum les risques d'assimilation et de mariage mixtes
  12. {{lien web|url=http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006070169&dateTexte=20101106%7Ctitre=Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'Etat|site=Legifrance
  13. Le "complet sans viande" lyonnais fait débat, 2 octobre 2007
  14. rapport du Haut Conseil à l'Intégration
  15. Viande Magazine 2003
  16. Le Monde (14 juin 2005)
  17. [PDF]http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/08/99/18/PDF/ConsoHalal-FR.pdf
  18. [PDF]http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj10-11.pdf
  19. Bergeaud-Blackler, 2006 Halal : d'une norme communautaire à une norme institutionnelle, Journal des Anthropologues, 106/107, 77-103.
  20. [PDF]http://www.escp-eap.net/conferences/marketing/2008_cp/Materiali/Paper/Fr/RobertDemontrond.pdf
  21. Bergeaud- Blackler, 2006 Halal : d'une norme communautaire à une norme institutionnelle, Journal des Anthropologues, 106/107, 77-103.
  22. http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Bleus-Le-porc-de-la-discorde-216513/
  23. http://www.rmc.fr/editorial/125239/plainte-dun-parti-regionaliste-alsacien-contre-les-quick-halal/
  24. http://www.lemonde.fr/depeches/2010/09/06/plainte-d-un-parti-regionaliste-alsacien-contre-les-quick-halal_3208_38_43321400.html
  25. Novopress qui se dit agence de presse indépendante, est une émanation de l'extrême droite
  26. [PDF]ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/rapport_obin.pdf
  27. Sondage CSA pour Le Monde et La Vie
  28. Considérez-vous que les attitudes suivantes sont une remise en cause de la laïcité dans les collèges et les lycées ? », les réponses étaient les suivantes :
    • Refus de suivre les cours de sciences naturelles : 87% oui, 13% non
    • Absentéisme en cours d'éducation sportive : 76% oui, 24% non
    • Remise en cause de la mixité dans les cours : 68% oui, 32% non
    • Rupture du jeûne de ramadan en cours : 39% oui, 59% non
    • Demande de viande halal ou casher : 35% oui, 65% non
  29. . D'autres incidents plus ponctuels ont été signalés, dont la plupart tournent autour de la stigmatisation agressive, par les élèves estimant suivre à la lettre les commandements alimentaires de la religion, de ceux qui ne les suivent qu'imparfaitement Rapport Obin
  30. 70% étant de confession musulmane. Quand il a été connu, ce choix du proviseur de satisfaire le plus grand nombre a suscité un tollé chez nombre de parents non-musulmans
  31. Voir Téo Magazine du site internet de L'école des journalistes de Lille
  32. rapport Clément, 2004
  33. Jean-François Bruneaud, Chroniques de l'ethnicité quotidienne chez les Maghrébins français, L'Harmattan, , 309 p. (ISBN 2747588025, lire en ligne), p. 204
  34. [PDF]RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION DES LOIS CONSTITUTIONNELLES, DE LA LÉGISLATION ET DE L'ADMINISTRATION GÉNÉRALE DE LA RÉPUBLIQUE SUR LE PROJET DE LOI (N° 1378) relatif à l'application du principe de laïcité dans les écoles, collèges et lycées publics, par M. Pascal Clément, député, 2 février 2004
  35. [PDF]http://www.lemangeur-ocha.com/fileadmin/images/sciences_humaines/AM_Brisebarre_manger_halal_France.pdf
  36. http://books.google.fr/books?id=uvs90ui-0-UC&pg=PA261&lpg=PA261&dq="nombreux+chefs+d'entreprise,+dépassent+les+limites+du+"&source=bl&ots=MgMXmh0d7D&sig=-WLmZcVy_-2yJ4jYjLk-GNmM7BQ&hl=fr&ei=2reCTJP9BcOC4AbslfGCDA&sa=X&oi=book_res
  37. G. Noiriel, Le creuset français. Histoire de l'immigration XIXe-XXe siècle, Paria, Points-Seuil, 1988.
  38. voir Patrick Banon, consultant en gestion de la diversité culturelle. Dieu et l'Entreprise Comprendre et gérer les cultures religieuses dans le monde du travail Eyrolles, Editions d'Organisation, 2006
  39. . Les langues ont commencé à se délier lorsque, pour la première fois en novembre 2007, l'ANDRH (Association nationale des directeurs des ressources humaines) a pris l'initiative d'organiser un colloque sur ce thème
  40. Ce n'est pas le rôle de l'entreprise de fournir une alimentation consacrée, tranche Patrick Banon. Si l'on accède à cette demande, elle peut être exponentielle. L'étape suivante peut être “je ne mange pas à côté de quelqu'un qui ne consomme pas de la nourriture halal ou casher”. C'est prendre le risque que les interdits alimentaires pèsent beaucoup trop lourd. Les cahiers du DRH n° 148 – Novembre 2008
  41. Article L. 1221-6 et Article L. 1132-1 sur www.entreprise-et-droit.com
  42. Un des cauchemars du recruteur : la jeune fille en foulard à l'entretien d'embauche. Embarrassé, il ne se sent, la plupart du temps, ni le droit ni les moyens d'aborder le sujet et se retranche derrière de faux motifs, du genre « vous habitez trop loin ». Pourtant, si à la place de la jeune fille il voyait arriver un candidat avec un badge du PS ou de l'UMP, son attitude serait tout autre. « Il lui dirait sans détours que pour représenter l'entreprise il faut rester neutre, affirme Dounia Bouzar. Eh bien, il faut appliquer la même grille de lecture, expliquer qu'avec le foulard, ce que l'on voit d'abord, c'est une religieuse alors que dans l'entreprise, ce que l'on doit voir, c'est une employée
  43. http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2353805&rubId=51050
  44. [PDF]www.wk-rh.fr/actualites/.../CDRH148_div_religieuse.pdf
  45. Allah, Mon Bosse et Moi, Editions Dynamique Diversité : Dounia Bouzar ébauche de guide des bonnes pratiques, construit sur les travaux d'un groupe de recherche qui s'est formé en 2007.
  46. [PDF]la religion dans l'entreprise un sacré malaise
  47. http://www.lcpan.fr/La-religion-un-tabou-dans-l-03549.html
  48. http://www.ladepeche.fr/article/2010/09/04/899714-Quick-Le-halal-a-double-notre-clientele.html
  49. http://www.20minutes.fr/article/591290/economie-quick-etend-sa-strategie-halal
  50. http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/18/la-ville-de-roubaix-porte-plainte-contre-quick_1308216_3224.html
  51. Mary C Waltes Ethnic Options. Choosing identities in America page 121
  52. http://www.lemangeur-ocha.com/fileadmin/images/compte_rendu/CR_par_CHRISTINE_RODIER__A_croire_et___manger.pdf a étudié la cuisine dans les couples mixtes juifs et non-juifs. Dans les couples rencontrés, la culture religieuse prédominante est le judaïsme et la culture alimentaire devient identifiable dans les couples mixtes non pratiquants. Elle se substitue même à une culture religieuse et devient le symbole d'une identité juive, au cœur d'une mémoire familiale et de la mémoire d'un groupe. À travers des rites recomposés, la cuisine fait ressortir cinq dimensions : retrouver l'enfance, s'inscrire dans une mémoire familiale, faire l'apprentissage de l'autre, se différencier et se distinguer et transmettre un judaïsme sécularisé de mémoire, ces cinq dimensions étant intriquées les unes aux autres. Dans les familles, ce sont les femmes qui ont habituellement en charge la cuisine qui offre une représentation chaleureuse et conviviale d'une communauté disparue. Ce qui compte, c'est la mémoire des corps et des sens, forgée dans une histoire familiale et collective.


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