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Hermann Laatsman

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Né à Gent le 14 septembre 1903, Johan Hermann LAATSMAN de BAILLEUL est un des grands héros de la Seconde Guerre mondiale.

Pour exprimer la gratitude du peuple américain, le Président Truman lui décerne le 21 novembre 1946 la « Medal of Freedom with Silver Palm » :

« Johan H. Laatsman de Bailleul, Dutch Civilian, for exceptionally meritorious achievements which aided the United States in the prosecution of the war against the enemy in Continental Europe, from January 1943 to February 1944. He displayed outstanding organizational ability, keen foresight, and inspiring leadership in commanding the French section of the Dutch-Paris escape line. Completely disregarding personal danger, he performed self-imposed mission with outstanding success and was directly responsible for the evasion of one hundred and twelve Allied fliers. His unselfish and courageous devotion to the Allied cause contributed materially to the success of the war effort, meriting the praise and recognition of the United Nations » (1).

(1) GO 315, Hq USFET, 1 November 1946.

La création du réseau Dutch-Paris

L'action de LAATSMAN est notamment retracée par plusieurs des documents déclassifiés le 15 mai 2009 par le NARA. Ces documents ont été notamment rédigés d'après :

• la retranscription des entretiens menés auprès de l'intéressé par les Britanniques juste après sa libération

• les témoignages des personnes qui ont reçu son aide dans différentes régions

• le rapport spécial réalisé par la BBC à la libération de Hermann LAATSMAN.

LAATSMAN est nommé à Paris le 16 septembre 1939 en tant que Vice Consul des Pays Bas. Après la chute de la France, avec l'assistance de deux autres résistants éminents, WEIDNER et WITT, il se rend en différents endroits en Hollande, en Belgique et en Espagne pour structurer un réseau d'agents opérant contre l'envahisseur nazi.

Le Consulat néerlandais cesse d'exister en tant que tel pour devenir une « Section hollandaise » du Consulat suédois. En octobre 1942, le Consulat suédois prévient la « Section hollandaise » que les autorités allemandes n'entendent plus protéger les intérêts néerlandais en France et que les membres de la Section doivent retourner en Hollande.

LAATSMAN continue le combat. Il ne se soumet pas aux instructions de l'occupant. Il entend poursuivre les opérations de résistance du Réseau Dutch-Paris. Pendant les deux années qui précèdent son arrestation, il est soutenu par Londres. Les actions que conduit le diplomate hollandais en faveur de la résistance sont développées avec méthode et succès.

Grâce aux connexions nouées avec le gouvernement néerlandais de Londres, il obtient de nouveaux moyens financiers. La mission principale qui lui est confiée est de développer l'évacuation des pilotes alliés vers la Suisse et l'Espagne, afin qu'ils puissent être réacheminés vers l'Angleterre. Il importe à tout prix de sauver ces hommes, qui tombent de plus en plus nombreux en Hollande, en Belgique et en France et qui représentent un capital stratégique considérable du point de vue de la victoire finale (1),

La contribution de Dutch-Paris à l'effort de guerre sera élevée. Selon une première estimation datant de 1945, le nombre des pilotes alliés que le réseau dans son ensemble a permis de sauver est, de manière directe ou indirecte, s'élève à 440. D'autres estimations, portant sur les pilotes répertoriés, seront faites par la suite. Les chiffres moins élevés n'en demeurent pas moins appréciables.

Ceci implique une organisation très développée. Le réseau Dutch-Paris comptait au moment de sa dénonciation plus de 300 personnes. Sur Paris, la liste dont les noms suivent comprend les agents et points de contacts qui ont pu être identifiés : BOETSELAER MILLERET BRANTSEN MOHR CAUBO NYSSEL COK OKKUYSEN COMITI PICHON DUCHANEL ROGGE GOESTSEL ROUME HILTERMANN RUFERS HOURY RUYS HUITEMA STARING LAFFONT STRANGERS LESIEUR SWANNE LINDEMANS VAN DOREN MERIOT « WEIDNER »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 5 mai 2013) MERMILLOT

Des logements et cachettes étaient, entre autres, fournis par l'École normale supérieure, l'hôtel Médicis, l'hôtel Montholon et l'hôtel Massé.

L'acheminement des aviateurs supposait une coordination parfaite afin de :

- infiltrer l'ennemi pour obtenir les informations nécessaires en temps utile

- organiser des endroits sûrs depuis le nord de la Hollande pour cacher les pilotes jusqu'à leur entrée en Espagne et en Suisse

- disposer de vêtements adaptés et de nourriture

- mobiliser tous les vrais papiers nécessaires et fabriquer les faux

- avoir des guides fiables dans les villes, comme dans les campagnes (traversée des chaînes de montagne)....

LAATSMAN n'était pas seulement un génial organisateur, comme l'ont rapporté les personnes qui l'entouraient. Il a personnellement caché dans son appartement parisien 11 rue Schoelcher à Paris XVIe les aviateurs dont les noms suivent :

  • SHERMAN Howard N°742098
  • MILLER W-J., N°33365620
  • HORTON Jack, Lt. SW0672358
  • MILLER Karl, Lt. 801163044
  • DOWNE Charles, Lt. 0678624
  • GRUBB Ernest, F/O 120800
  • TRACY James, Sgt 31128008
  • HICKS Chaucy, Lt. 0735197
  • TRIOBRANSKY Jan (RAF).

Le 22 février 1944, une information, provenant probablement de la filière MINCKOWSKI/MERMILLOT, membre du réseau Dutch-Paris qui travaille à l'ambassade d'Allemagne, apprend à LAATSMAN que la Gestapo est à ses trousses. Il part se cacher à Etang-La-Ville près de Marly.

Le 26 février 1944, il est arrêté par la police allemande.

Détenu pendant 8 mois à Fresnes, il subit des interrogatoires au « troisième degré ». Il est interrogé par un officier du nom de « WILLY », un grand Allemand blond, qui parle tant le français que le hollandais. Son fils, arrêté lui aussi, est torturé devant lui. Son fils ne sera jamais retrouvé.

Le 15 août 1944, il est transféré à Buchenwald. Employé à la fabrication des missiles V1 et V2, il organise, avec d'autres prisonniers de guerre et déportés, à chaque occasion possible, le sabotage du matériel.

Il est libéré le 15 avril 1945 : les Britanniques le prennent en charge à Bergen Belsen.

(1) http://wwii-netherlands-escape-lines.com/airmen-helped/arrest-prison-concentration-camps/1945-letter-to-bureau-of-ex-political-prisoners/

La dénonciation

D'après le document déclassifié NND745001 par le NARA le 21 février 2008, Suzy KRAAY, une des agentes du groupe Toulouse, est arrêtée à Paris par la police française au Café Arc En Ciel, Place des Fêtes. Ce sont les inspecteurs BOTTRAUD et BALCON qui l'emmènent auprès du Commissaire BIZOIRE, 3e section des RG à la Préfecture de Police.

Suzy est déférée à la Gestapo. Elle livre énormément d'informations. Près de 300 personnes seront arrêtées et déportées. Parmi elles, 19 pilotes américains.

Le réseau Dutch-Paris est trop affaibli après ces arrestations pour poursuivre ses activités à plein rendement. Il concentre son action sur le renseignement. Le débarquement allié a lieu. Un autre rapport a été remis aux autorités américaines sur ces questions.

L'après-guerre

L'action d'après-guerre d'Hermann LAATSMAN mérite d'être approfondie. Il a occupé plusieurs postes diplomatiques pour la couronne des Pays-Bas, notamment à Madrid et au Caire. Alors qu'il est en poste en Égypte, il revoit Suzanne Hiltermann, une des membres éminentes du réseau Dutch-Paris, dont le navire en partance pour la Chine fait halte dans le canal de Suez. L'historien français Roger FALIGOT souligne que, dans les années cinquante, l'armée secrète espagnole a été dirigée par le Consul des Pays-Bas Hermann LAATSMAN.

Références


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