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Hijab moutabaraj

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L'expression en arabe hijab moutabaraj peut se traduire par « le voile qui dévoile ». Il s’agit d’une affaire de voile islamique qui divise l’Algérie.

Étymologie

Cette expression est un oxymore car "hijab" signifie voile islamique et une "moutabarija" est une femme qui ne porte pas de voile islamique[1]. Ce mot fait parti des insultes que des hommes intégristes prodiguent aux femmes qu'ils jugent insuffisamment religieuse . Ces insultes comprennent notamment[réf. nécessaire] « la honte, la nue, impudique, impure, incapable, incomplète, adolescente, adultère, la pute, la prostituée, roumia, kafra, moutabarrija, aoura, zaniya, talfa »[2]

Particularité de l’affaire

Les polémiques autour du port du voile islamique se développent autour du monde (voir Affaires du voile islamique). Les autres affaires concernent les conflits entre les femmes qui se voilent[Qui ?] et la société civile[Qui ?] qui y voit un retour à des valeurs traditionnelles peu compatible avec les aspirations de modernité et de liberté des femmes en général. Cette affaire est différente car[évasif] le Hijab moutabaraj est au contraire porté par des femmes voulant étendre leur liberté et il est lui critiqué par les franges les plus traditionaliste de la société.

Origine

Les jeunes femmes algériennes sont soumises à deux influences.

  • Les autorités et les traditionalistes sont partisans d’un voile strict afin de ne pas « détruire la pudeur de l’algérie »[3][source insuffisante]
  • Les émissions télévisées sur les chaînes câblées où les femmes sont vêtues à l'occidentale[réf. nécessaire].

D'après un sondage, 70% des étudiantes algériennes reportent la “prise” du voile après le mariage car celui-ci serait un des “principaux obstacles au mariage”[4].

Pour respecter les deux influences, Ce n’est plus l’un ou l’autre mais les deux qui sont portés par les jeunes femmes. Cette mode est appelé « hijab new trend » ou « hijab trendy » « Le hijab en vogue, “trendy” est une manière de satisfaire deux aspirations, l’une exotique poussée par le consumérisme et la vision de la femme libre imposée par les pays européens et américains, l’autre plus islamique véhiculée par la culture et la tradition. »[5]

Description

Les conservateurs[6] le décrivent comme «  le voile tentateur ». Le caractère pudique du voile se transforme en objet de séduction porté avec un jean ou un pantalon fuseau (slim) voire une jupe courte[7]. Ainsi Chaia Djafri, présidente de l’Observatoire algérien de la femme, s’oppose à cette nouvelle tendance « hijab-trendy » porté avec des pantalons slim “qui ressemblent à la couleur de la peau”. « [Je suis] pour la modération et la pudeur dans la manière de se vêtir que ce soit pour celle qui porte le hidjab ou non. Ce que l’on voit aujourd’hui des filles dans les rues n’est pas acceptable. D’un côté, elles mettent un khimmar (foulard) pour se couvrir la tête alors qu’elle porte en bas un fuseau moulant, un jean ou une jupe transparente…. »[8] P Chaia Djafri, est, dit-elle, « pour la pudeur dans la manière de se vêtir », et ce qu’elle constate dans les rues « n’est pas acceptable. » « D’un côté, elles mettent un khimmar (foulard) pour se couvrir la tête alors qu’elle porte en bas un fuseau moulant, un jean ou une jupe transparente…. Les filles en hidjab sont devenues plus ciblées par le harcèlement que celles qui ne le portent pas ! »[9]

D’après ces traditionalistes « La France à l’époque de la colonisation a d’ores et déjà cherché à dévoyer les femmes algériennes spécialement en cherchant à les inciter à se dévoiler. Mais les femmes musulmanes ne sont pas dupes et doivent orienter leurs choix en adéquation avec l’islam et loin de ces mascarades matérialistes et avilissantes. »[10]

Les filles qui le portent sont affublées du terme[évasif] très péjoratif de "fitna" « ce "hidjab moderne" qui fait des jeunes filles "des fitna (séditions) marchant sur terre se drapant d'habits étroits, moulants et aguichants". Ces jeunes filles portent atteinte à la crédibilité de cet habit islamique en le transformant en simple fichu couvrant les cheveux, sans plus »[11]

Campagne de lutte contre cette mode

En 2013 une campagne appelée « ils ont dit, laisse tomber le hijab”. 50 étudiantes de l’université de Bab Ezzouar sont revenues à un voile moins provocateur et se sont vues gratifiées du “hijab de haute qualité en cadeau de leur décision”[réf. nécessaire].

En 2014 Une campagne de “rectification” du voile légiféré est lancée dans les facultés, écoles et sociétés[10],[12], d'apres Oumma.com « Ce hijab new-look qualifié de "hijab moutabaraj" (qui dévoile) serait encore plus "tentateur" en direction des mâles que l'absence de hijab. Le thème est d'ailleurs récurrent dans certaines mosquées dont les imams ne peuvent pas s'empêcher de parler des femmes chaque vendredi »[13],[14].

Extension de cette mode dans d’autres pays

En Europe et aux États-Unis, des femmes se désignant "mipsters" ou "mipsterz"[15], contraction de musulman et hipster, utilisent leur voile comme atout de beauté et danse dans des vidéo Rap[16] Une de ces jeunes femmes explique « Je ne cherche pas à m'adapter à la société occidentale, j'en suis issue et je suis musulmane. Pourquoi ne serait-il pas possible d'exprimer cette double culture ? ». Elles sont aussi surnommées Islamo-fashionistas[17].

Notes

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