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Inégalité financière

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L'inégalité financière est la différence de la distribution et de la répartition de l'argent qu'il existe entre les personnes, les États et plus globalement tout agent économique.

Les inégalités financières et leurs impacts

Définition

Une société humaine offre aux gens qui y vivent des ressources. Certaines de ces ressources sont matérielles, comme les revenus du travail, d'autres sont des services comme l'enseignement et la sécurité, d'autres enfin sont des contextes de vie. La question est de savoir si les inegalités en matières de ressources matérielles comme le salaire et plus généralement l'argent influencent des services comme l'enseignement, les loisirs, la politique, la sécurité. Nous verrons dans un premier temps ce qu'est une inégalité, puis nous verrons plus en détail ce qu'est une inégalité financière. Enfin en nous appuyant sur des sources diverses nous expliquerons comment et quelles autres inégalités les inégalités financières entraînent.

On parle d'inégalités lorsque la distribution d'un type de ressource entre les membres d'une société n'est pas égale ; certains membres disposent alors d'une quantité ou d'une qualité de cette ressource supérieure à d'autres, et ceux qui sont moins bien pourvus ressentent une injustice, une inégalité par rapport à d'autres membres. Une inégalité financière c'est donc la différence de la distribution et de la répartition de l'argent qu'il existe entre les personnes, les États et plus globalement tout agent économique.

Leurs impacts

Les inégalités financières[1] des ménages peuvent être considérées comme des inégalités de revenu car c'est le travail rémunérés qui permet aux ménages de gagner de l'argent, c'est-à-dire acquérir des ressources financières. Concrètement, une inégalité financière au niveau des ménages c'est qu'une famille est par exemple 4000 € par mois pour vivre pendant qu'une autre n'en a que 900. Cette différence est généralement basée sur l'inégalité de revenu la répartition inégale des ressources économiques perçues par la population. Ces différences ne sont pas sans impact. Nous limiterons d'abord notre analyse au niveau des ménages pour ensuite l'élargir au niveau des pays. Les inégalités[2] financières comprises ici comme les inégalités de revenus pour les ménages ont de nombreux impacts sur ces derniers et sont le vecteur de nouvelles inégalités diverses. On voit par rapport aux lois d'Engel (économiste et statisticien allemand) que les inégalités financières ont une incidence directe sur les autres inégalités car la loi d'Engel stipule que :

  • La part du revenu affectée à l'alimentation est d'autant plus faible que le revenu est élevé
Cette première loi montre donc que pour des ménages avec des revenus très bas la part du budget consacré à l'alimentation représente une part très importante des dépenses. Ce qui signifie moins d'argent pour les loisirs, la culture, l'éducation, le logement. Mais cela signifie aussi des privations sur la nourriture pour essayer de dépenser le moins d'argent possible. Ces personnes s'alimentent donc moins bien au niveau qualité mais aussi au niveau de la quantité (carence en viande parce que c'est trop cher, saut d'un repas dans la journée…)
  • La part affectée aux dépenses de logement, chauffages, vêtements et éclairage est sensiblement la même quel que soit le revenu.
  • La part allouée aux besoins d'éducation, santé, voyage augmente plus vite que le revenu.

On peut donc observer, grâce à la première loi, que si un ménage dispose de ressource financière très faible alors l'essentiel de ses dépenses seront consacrées à l'alimentation et plus globalement aux besoins primaires c'est-à-dire de première nécessité et la part du budget consacré à d'autres besoins est de fait faible voir très faible.

Selon les ressources financières les ménages peuvent plus ou moins satisfaire leurs besoins. Certains n'ont qu'une très petite part du budget à consacrer aux loisirs et la culture par exemple. Les inégalités financières ont donc un impact et provoquent beaucoup d'autres inégalités que nous allons détaillées dans les paragraphes suivant.

Différences entre dépenses obligatoires et non obligatoires

Une étude du CREDOC[3] datant de début 2009 montre qu'une personne dotée d'un budget médian de 1467 €, soit un Français sur deux, destine 80 % de cette somme aux dépenses contraintes et aux dépenses incontournables (alimentation, transport, santé, éducation). Il reste à cette personne 294 euros pour ses dépenses de loisirs, vacances, habillement, équipement ménager et épargne[3].

En 2008, une personne sur deux disposant d'un budget médian n'est pas partie en vacances, et 37 % ne sont pas allées au cinéma, 34 % n'avaient pas de voiture, 50 % pas d'accès internet à domicile, 40 % pas de produit d'épargne liquide type livret. Pour comparer, la population la plus aisée (10 %) vit avec 4213 € par mois en moyenne, dont 1474 € peuvent être consacrés aux vacances, loisirs, habillement… Parmi ces personnes 97 % des individus disposent d'une voiture, 91 % ont un accès internet à domicile, 90 % partent au moins une fois en vacances par an, 85 % vont au cinéma.

Pour les personnes les plus pauvres (10 % de la population), sur 625 € de ressources, il reste chaque mois 80 € pour les dépenses non obligatoires

[4],[3]

Inégalités face à l'accès à la culture et à l'éducation

On voit donc bien que différence de ressources financières et inégalités diverses sont liées. Les inégalités financières entraînent donc des inégalités face à l'accès à la culture (visite de musée, achat de livre…), des inégalités face aux loisirs (accès à des activités physique et sportive hors de l'école ou en dehors du travail, cinéma, sorties diverses…). Cela amène aussi des inégalités face à l'éducation (moins de possibilité de payer un professeur particulier pour élève en difficulté pour les familles qui ont un revenu bas, difficulté d'accès aux études supérieures souvent très chères même avec l'aide des bourses…) [3]

Inégalités face au logement

On retrouve aussi des inégalités face au logement, les personnes ayant peu de ressource financière n'ont parfois pas assez d'argent pour loger dans un logement décent et aux normes, de plus elle paye souvent leur loyer plus cher que sa vraie valeur. De plus ces logements moins chers sont souvent mal isolés comme le montre un article publié dans le magazine Alternatives Economique du mois de décembre 2010[5], expliquant que ces logements mal isolés et vétustes habités par des gens avec peu de moyen sont très couteux au niveau du chauffage et les personnes ne peuvent pas toujours chauffer leur logement comme il le souhaite ce qui entraîne parfois des maladies liées au froid et à l'humidité[6],[7].

Inégalités face à la santé

Des inégalités face à la santé sont aussi entraînées par les différences de ressource financière. En effet les personnes avec peu de ressource iront moins chez le médecin ou chez le dentiste et leur état de santé général peut se dégrader progressivement. De plus les assurances et les mutuelles coûtant chères ces personnes ne sont pas toujours couvertes pour leurs dépenses. Les hospitalisations ne sont donc pas financièrement envisageables pour certaines personnes avec des revenus très bas[3].

Inégalités face à la consommation

Les inégalités financières entraînent aussi des inégalités face à la consommation. Comme nous l'avons dit précédemment les personnes à faible revenu s'alimentent moins bien, déjà au niveau de la qualité des produits, les produits de moins bonne qualité étant moins chers. Au niveau quantité également il y a souvent un déséquilibre par rapport à la prise des repas, beaucoup d'étudiant par exemple, avec des revenus très bas sautent un repas dans la journée. Ces inégalités face à l'alimentation entraînent le bilan c'est parmi les personnes ayant le moins de ressource financière qu'on trouve le plus d'obèse. En effet les alimentations riche en gras sont parfois moins chère et donc plus accessible pour ces personnes démunis, cette inégalité face à l'alimentation fait le lien avec la santé car ce sont des personnes qui n'auront pas les moyens de se soigner. Mais d'autres consommations sont aussi concernées par les différences de ressources financières par exemple au niveau des ordinateurs il est très difficile pour une famille ayant de faible revenu d'acheter un ordinateur et d'avoir en plus un accès à internet or aujourd'hui pour l'école, pour le travail, internet et l'accès à un ordinateur est très demandés. On peut, ici aussi, faire le lien avec les inégalités face à l'éducation (un élève ayant accès à internet depuis chez lui aura plus de facilité pour des recherches par exemple)[3].

Inégalités face à l'emploi

Cela provoque aussi des inégalités face à l'emploi, les études coûtant chère, elles ne sont pas toujours accessible aux personnes démunies, elles sont donc déjà défavorisées par rapport au niveau de leur diplôme pour trouver un emploi. De plus, bien souvent un patron embauchera plus facilement une personne véhiculée or une voiture coûte chère et n'est pas à la portée de toutes les bourses[3].

Inégalités face à la réversion retraite

Contexte juridique

L'article L.39 du code des pensions civiles et militaires de retraite[8] prévoit que «  seules les années de mariage sont prises en compte pour attribuer le bénéfice de la pension de réversion. »

Position de l'Europe

La Cour de justice des Communautés européennes (CJCE)a également rendu un arrêt le 1er avril 2008 jugeant discriminatoire le refus d'accorder une pension de veuf-ve au compagnon survivant lié par un partenariat civil dans les mêmes conditions que celles prévues pour les couples mariés. La Directive 2000/78/CE relative à l'égalité de traitement en matière d'emploi et de travail prohibait un tel refus puisqu'elle constituait, selon la Cour de justice européenne, une « discrimination directe fondée l'orientation sexuelle. » Elle estime que « la directive exclut de son champ d'application les régimes de sécurité sociale et de protection sociale dont les avantages ne sont pas assimilés à une rémunération ». Pour autant, la Cour considère que, dans ce cas précis, « la pension de survie découle de la relation de travail du partenaire décédé et doit, en conséquence, être qualifiée de rémunération. » En conséquence, la distinction faite entre les couples mariés et les couples de même sexe unis par un partenariat civil constitue bien une discrimination en matière de rémunération, au sens de la directive ».

Cette décision ne s'applique donc pas aux régimes de base de retraites, mais, en ce qui concerne le pacs français, il peut être étendu à certains régimes complémentaires et aux prestations sociales proposées dans les entreprises ou les conventions collectives[9].

Cette absence de réversion retraite institutionnalise une discrimination pourtant confirmée le Le 29 juillet 2011 par le Conseil Constitutionnel après une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) et malgré les nombreuses interventions et demandes d'associations LGBT[10],[11]comme l'Inter-LGBT ou Flag !.

Décision du Conseil constitutionnel

Le communiqué du Conseil constitutionnel est clair, pour les Sages, « les personnes ayant vécu au sein d'un couple non marié (concubinage ou Pacs) en sont exclues »[12] puisque « le législateur a défini trois régimes de vie de couple qui soumettent les personnes à des droits et obligations différents (concubinage, Pacs, mariage). » Ils concluent « compte tenu des différences entre ces trois régimes, la différence de traitement quant au bénéfice de la pension de réversion entre les couples mariés et ceux qui vivent en concubinage ou sont unis par un pacte civil de solidarité ne méconnaît pas le principe d'égalité. »[13]

Le mariage n'étant pas accessible aux couples gays et lesbiens et le pacs ne permettant pas, selon le Cour Européenne de Justice et le Conseil Constitutionnel, de disposer du droit à la réversion, les gays et lesbiennes demeurent soumis à une inégalité de traitement en matière de retraite puisque seuls les couples mariés peuvent, selon des critères de revenus, en bénéficier.

Inégalités face à la réversion invalidité

Conclusion

Les inégalités financières entraînent donc pour les personnes des nombreuses autres inégalités notamment sociales. Les différences au niveau des ressources financières peuvent être considérées comme la base des autres inégalités. Nous avons analyser ces inégalités à l'échelle des personnes mais au niveau des pays, plus ou moins riches, le problème se pose également avec par exemple les difficultés d'importations d'engrais pour les cultures dans les pays pauvres, l'importation également de produit de premières nécessités tels que les médicaments est également très compliquée pour ces pays disposant de peu de ressources financières. Il existe donc beaucoup d'inégalités dans le monde[14] Les inégalités financières ont donc un impact très important par rapport au fait qu'elles engendrent d'autres inégalités au niveau des populations et plus globalement du monde.

Notes et références

  1. Article "Les inégalités en France de Daniel Martin, mars 2009 (lire en ligne)
  2. Article internet inégalités "La finance malade des inégalités sociales", Courrier International
  3. 3,0, 3,1, 3,2, 3,3, 3,4, 3,5 et 3,6 Fichier power point de R. Bigot Etude du CREDOC
  4. R. Bigot, "Les classes moyennes sous pression" mars 2009 numéro 219 http://www.credoc.fr/pdf/4p/219.pdf
  5. Alternatives économiques
  6. Article "Quand se chauffer rend (très) pauvre", paru dans Alternatives économiques, numéro 297, décembre 2010, publié par Thibaut Schepman http://www.alternatives-economiques.fr/logement--quand-se-chauffer-rend--tres--pauvre_fr_art_978_51926.html
  7. Étude du credoc de R.Bigot "Les difficultés de logement des classes moyennes" Juin 2010 http://www.perl.fr/IMG/pdf/etude-credoc-difficultes-mobilite-residentielle.pdf
  8. Article L.39 du Code des pensions civiles et militaires de retraite, Legifrance
  9. La Justice européenne reconnaît aux unions de même sexe des droits égaux à ceux ouverts par le mariage, Site de l'Inter-LGBT, Communiqué de presse du 2 avril 2008
  10. Successions et pension de réversion pour les couples pacsés : l'Inter-LGBT vous invite à écrire à votre Sénateur/Sénatrice, Site de l'Inter-LGBT, 2006
  11. Successions et réversion pour les couples pacsés : écrire à son député/sénateur, Site de l'Inter-LGBT, 2007
  12. Décision n° 2011-155 QPC du 29 juillet 2011, Légifrance, JORF n°0175 du 30 juillet 2011 page 13048, texte n° 78
  13. Retraite: Les pacsés restent exclus de la pension de réversion, Têtu, vendredi 29 juillet 2011
  14. Article Ecolife "inégalités dans le monde" http://www.eco-life.fr/fiches/dossier_inegalites_monde.pdf

Sources

Article publié sur Wikimonde Plus.