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Islamophilie

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L'islamophilie est un néologisme pour décrire un engouement pour les valeurs de l'islam, généralement associé à une admiration de la civilisation islamique.

Arts

Ce terme est employé au tournant du 20e pour décrire la curiosité des collectionneurs et orientaliste envers les arts islamiques. Pouillon et Vatin voient dans la promotion de ce terme d'islamophilie le pendant de l'islamophobie ambiante et la réapparition de l'orientalisme[1].

Médias

Dans The Guardian (18 septembre 2001), Julie Burchill oppose islamophobie et islamophilie, arguant que l'islamophilie naît d'une certaine culpabilité de ses confrères lorsqu'ils évoquent les exactions de personnes d'origine musulmane.

Politique

Pour Pierre-André Taguieff, l'islamophilie contemporaine est lié en occident « à la crainte bienpensante de se montrer islamophobe.[2] »

Extrême droite

Selon Shmuel Trigano, il existe à l'extrême droite plusieurs formes d'islamophilie : de type mystique (chez Julius Evola) ou de type islam mondial (chez René Guénon) mais toutes sont antisionistes et paradoxalement liées à un racisme anti-arabe[3].

Extrême gauche

Malgré l'athéisme radical, Shmuel Trigano note que l'islamophilie de l'extrême gauche s'exprime vers les courants islamistes opposés à la démocratie liée au capitalisme[4].

Gauche

Pour Lydia Guirous, l'islamophilie est lié au déni du communautarisme religieux (dont islamique) par la gauche[5].

Religion

René Grousset de l'académie Française note que l'empereur Frédéric de Hohenstaufen avait la réputation d'être islamophile. « Elevé en Sicile, sur cette terre encore à demi musulmane où la domination normande était loin d'avoir effacé les traces de l'occupation arabe, tout dans la civilisation arabo-persane flattait ses goûts : la philosophie arabe, alors à son apogée, qui permettait à cet esprit curieux et presque libre penseur de s'échapper du cercle de la pensée chrétienne - l'exemple du califat héréditaire qui renforçait ses tendances au césaropapisme - le dévouement aveugle de ses sujets arabes de Sicile qui lui fournissaient des régiments qu'aucune menace d'excommunication ne pouvait émouvoir- les mœurs musulmanes enfin avec leur polygamie ». Devenu roi-consort de Jérusalem en 1225, veuf en 1228, Frédéric mène ensuite la Sixième croisade, reprend par la négociation la ville perdue du temps de Saladin, s'y fait couronner en 1229, s'y montrant plus respectueux des musulmans que des prêtres chrétiens, puis rentre en Italie sans avoir relevé les murailles de la ville[6].

Pour Philippe de Villiers, le relativisme religieux explique l'islamophilie rampante du clergé catholique et des élus français (selon lui : laïcards et christianophobes)[7].

Bibliographie

  • (en) «Islamophobia/Islamophilia: Beyond the Politics of Enemy and Friend.» Andrew Shryock, éditions Indiana University Press, 2010.

Références

  1. Après l'orientalisme. : L'Orient créé par l'Orient., Karthala Editions, , p. chapitre musée des arts arabes du Caire .
  2. «La Nouvelle judéophobie.» de Pierre-André Taguieff, éditions Fayard/Mille et une nuits, 2002
  3. L'avenir des juifs de France. de Shmuel Trigano Grasset, 2006
  4. L'avenir des juifs de France,  .
  5. «# Je suis Marianne». Lydia Guirous, éditions Grasset, 2016, chapitre : «l'islamophilie béate de la gauche est angioxène»
  6. L'épopée des Croisades. de René Grousset, éditions EDI8, 2016 (première édition 1936)
  7. Revue des Deux Mondes, février 2016: Les bien-pensants. article : La bien pensance de droite. de Philippe de Villiers

Articles connexes

Liens externes

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