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Jacques Ayel

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Jacques Ayel
Naissance
à Paris (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Artiste peintre


Jacques Ayel est un artiste peintre français né le 27 mars 1960 à Paris. Son œuvre présente les caractéristiques de l'abstraction lyrique et de l'art informel.

Biographie

L'enfance


Habitant à Paris, Jacques Ayel fit ses premiers pas place des Vosges, près de chez son Oncle, tailleur de profession et première main chez Dior. Cet environnement lui a permis très tôt d'être imprégné par les teintes et les textures. A 3 ans, il quitte Paris, suivant son père, ingénieur chimiste travaillant aux "Câbles de Lyon", et emménage sur la presqu'île de Lyon. Il se plait à observer les décrochages des rails électriques des bus passant sous sa fenêtre. On retrouve dans certaines de ses œuvres cette fascination pour les enchevêtrements de lignes réalisées à partir de pâtes de structures colorées. En vacances chez ses grands-parents dans la région de Roanne, Jacques Ayel jouait auprès des artisans locaux, ébéniste, cordonnier, bourrelier avec leurs outils et leur quincaillerie... Cette connaissance du monde artisan et de ses techniques influencera sa carrière picturale. On retrouvera régulièrement dans ses toiles les thèmes de l'usure et l'oxydation. Son père passionné de minéralogie, l'initiera à la recherche des minéraux sur les terrils et mines abandonnés ainsi qu'à l'étude de géodes d'azurite bleues et verte (chrysocolle) dans la région de Chessy les mines. Il y trouvera la profondeur des couleurs pures et minérales qui influencera la plupart de ses schémas picturaux. A 16 ans, Ayel s'offre avec son premier salaire un laboratoire photo et s'initiera à la solarisation photographique dans sa salle de bain, passant progressivement du figuratif à l'abstrait.


Formation


Jacques Ayel entre à l'école régionale des Beaux Arts du Mans en 1978 jusqu'en 1981. Il y rencontre deux peintres, Jean Mamez, avec qui il aura une approche philosophique et globale de l'histoire de l'art et Bernard Koura qui l'initiera aux rapports harmonieux des formes et des couleurs.

Lors d'une exposition à Tours dans les années 1980, il est fasciné par l'épaisseur de pâte sur une toile réalisée par Nicolas de Staël. Plus tard, c'est Pierre Soulages et son travail sur la lumière qui l'interpelle, mais aussi les jeux colorés de Poliakoff sans oublier Jean Paul Riopelle ! Ce qui l'amènera à aborder la troisième dimension, avec un travail sur les lumières et les matières qui définissent sa recherche picturale.

Sa rencontre avec Soulages au musée des Beaux-Arts de Rennes lui a donné l'impression d'être "une coquille de noix croisant le Normandie".

Après les Beaux-Arts, Jacques Ayel cherche à diversifier ses savoirs-faire et s'installe en 1985 à Saint Jamme sur Sarthe (72) comme restaurateur de meubles anciens [1]. L'apprentissage de nouvelles techniques comme, la restauration de plaquage, le vernissage au tampon, la pose de cuirs ou la teinte au brou de noix seront utilisées par la suite dans ses peintures.


Carrière artistique

En 1990, Jacques Ayel participe à sa première exposition collective à Vienne (38) et y obtient son premier prix de peinture. Ayel affirmera que c'est en 1992 qu'a réellement débuté sa recherche picturale et son questionnement autour de l'équilibrage des forces, des couleurs, des reliefs et de la lumière[2]. Il obtiendra en 1992 le prix de l'ALEP à Nivolas-Vermelle ainsi qu'un prix de dessin à Bourgoin Jallieu cette même année. C'est à partir de 1994 qu'il s'engage totalement dans une carrière de peintre et s'installe à Rennes[3]. En 2008, bien que touché par une maladie invalidante, Jacques Ayel a su poursuivre son travail pictural grâce à une volonté indéfectible, une résilience. Atteint physiquement, ne pouvant plus utiliser sa main sur la toile, il fera appel à une équipe vierge de toute connaissance de l'art pictural, dont les mains deviendront les siennes. Ces mains, neutres, il les guidera à la voix pour obtenir le résultat voulu afin de continuer à suivre son chemin artistique[4].

Ayel participe à des expositions collectives et organise des expositions personnelles ; ainsi, il présente ses toiles à l'Abbaye des Prémontrées à Pont-à-Mousson Centre Culturel de la région Lorraine en 2008[5][6]. En 2009, l'artiste est invité d'honneur du 17ème salon de printemps de Chavagne. A cette occasion, le film documentaire "Essentiel" réalisé par Jean-François Grêlé présentant la démarche artistique du peintre est projeté au public (voir liens externes). Les années passant, il devient de plus en plus prolixe et compte à ce jour près de 600 œuvres. Depuis 2018, une vingtaine de ses toiles sont exposées de manière permanente dans les Concept Store Gallery de Paris (18, rue Dauphine) et La Baule (140 avenue du Général de Gaulle).


Techniques utilisées

La préparation des couleurs


Ses couleurs sont préparées à partir de pigments en poudre broyés et mélangés avec de l'huile cuite (La diagonale orange, 80x100cm, 2012, huile sur toile), du liant acrylique liquide ou en pâte de structure teintée (Recherche du carré 5, 20x20cm, 2018).

Diagonale orange, huile sur toile, 80x100cm, 2012

A partir de 2015, il expérimente l'utilisation d'un liant à sec, lui permettant d'obtenir une peinture mate, veloutée dans les transitions de couleurs différentes (Oxydation temporaire, 100 x 80 cm, 2019; Encore une, 40x100cm, 2017).


La pâte de structure


Elle est présente dans l'essentiel de ses peintures[7]. Elle se présente sous forme de pâte onctueuse et blanche, elle servira à créer des volumes ou des reliefs. Elle durcira au bout de 24h et pourra être travaillée pour donner une troisième dimension à la surface[8]. Elle pourra être également mélangée avec des pigments normaux ou fluorescents (Profusion, 40x50cm, 2017). Elle pourra donner des masses épaisses et lisses (Essai de gris, 80x80cm, 2010). Travaillée avec un outil, elle s'adaptera à celui-ci (Semblables, 90x90cm, 2017).

Ere du verseau, pâte de structure et acrylique sur toile, 50x70cm, 2020

Pouring


Cette technique est utilisée par l'artiste depuis 2019. Il s'agit de verser la peinture sur un support et de la laisser s'organiser librement. Toute la difficulté réside dans le choix des couleurs et de l'ordre logique voulu. (Pink Floyd, 90x60cm, 2019; L'effondrement – covid19, 90x90cm, 2020)

Pink Floyd, pouring sur toile, 90x60cm, 2020

Thématiques abordées:

l'expérience des métaux et minéraux


L'or: Ce métal met en lumière les volumes et formes de la matière intéressants à ses yeux et les glorifie. Attaché à sa symbolique de pureté et de longévité, l'artiste le considère comme un matériel pictural de premier plan. Son utilisation sera systématique de 2005 à 2011 ("le chercheur d'or" 100x80cm 2005, "lumière étrange" 60x80cm 2006) et plus spécifique les années suivantes (Villa florentine 120x90cm 2018, Cité bleue 90x90 2016)[9].

D'autres métaux comme le cuivre ou le bronze tiennent une place prépondérante dans l’œuvre d'Ayel, où il met en exergue leur capacité à s'altérer. Il met en lumière la complémentarité des teintes entre le vert de l'oxydation et la couleur rosée du métal. Les couleurs minérales: Le sable du Sahara accompagne l'artiste dans ses différentes créations. Dans sa recherche des contrastes, Ayel l'utilise afin d'éveiller les regards en le mettant en opposition avec l'aspect lisse de la peinture ou de la feuille d'or[10]. Il s'évertue alors à mettre en avant les aspects rugueux et mât du matériau. De plus, la couleur du pigment est remplacée par le sable possédant déjà la sienne sous sa forme brute. (Écritures, 80x120cm, 2019)


l'organique et le végétal


Il évoque au sujet du brou de noix son caractère "organique", appréciant sa couleur profonde et sa brillance rappelant le bois: Manuscrit, 80x100 2012; L'échoppe 50x50 2012; Code, 50x50cm, 2012.

L'artiste porte ses recherches sur la synchromie. Il explore les différentes possibilités d'harmonie picturale au travers d'oppositions. Il associera par exemple l'écorce brune, dure et rugueuse avec une moisissure à la couleur verdâtre et douce (Sous l'écorce, 30x30cm, 2010; L'automne, 120x40cm, 2010; Vendredi 13, 100x80cm, 2013).

La délimitation du format


De 1995 à 2014, Jacques Ayel a délimité chacune de ses toiles avec un cadre blanc afin d'isoler ses peintures, de fermer les espaces pour rendre unique l'objet présenté.

Les traits de lumière colorés


L’intérêt que portait Jacques Ayel, adolescent, pour les pierres fluorescentes telles que la fluorine ou l'autunite s'est matérialisé dans ses toiles à partir des années 2010. L'artiste s'est dit autrefois réticent à utiliser la fluorescence des pigments communs mettant en doute sa fiabilité vis-à-vis de la longévité du matériau en réaction à la lumière. Il résoudra ce problème d'usure en incorporant les pigments dans la patte de structure. (Surabondance, 40x40cm, 2017; Les fils se débinent, 60x40cm, 2017)[11].


Cotation

Les œuvres de Jacques Ayel ont été expertisées par Christian Sorianno, expert agréé Drouot Cotation, en 2015.


Principales expositions

Expositions Collectives:

  • Galerie THUILLIER - 75003 PARIS
  • Les mégalithes - Pleslin-Trigavou
  • Galerie IKKON -” Flavy Kazetenn” - Rennes
  • “Espace Créateurs” SIMAD - Parc des Expos – Rennes
  • Village des Artistes - Bazouges la Pérouse de 1996 à 1999
  • Centre culturel “Bürgehaus Reisholz” - Düsseldorf
  • Art dans l’Orne - Chateau de Serans - Ecouché
  • Expo Franco-Marocaine - Tours
  • Galerie “Calam’art” -Bécherel
  • Théatre de la Gaterie - Saint Grégoire
  • Galerie “Ti Ar Vro” - Carhaix

Sélection d'expositions personnelles:

  • 4 bis, Festival « Retour d'Image » - Rennes [12]
  • 17eme SALON DE PRINTEMPS – Invité d'honneur - Chavagne[13]
  • Vente publique internationale (Casino de Dinard)
  • Abbaye des Prémontrés - Pont-à-Mousson
  • Hôtel de ville - Vern sur Seiche
  • La Caravelle - Saint-Malo
  • Orangerie du Thabor - Rennes
  • Hotel de ville - Noyal sur Vilaine
  • Galerie “Artis-DG” - Rennes
  • “Le 3ème bureau” - Paris XIème
  • "Fortitude" Fort Vauban – Saint Marc en Poulet
  • “Pôle Sud” Centre Culturel - Chartres de Bretagne


Autre

Croqueuses de brumes est un livre d'artiste créé par Jean-Loup Le Cuff, 6ème de la Collection Boigerie. Jacques Ayel a peint les originaux en 2000. Jean-Loup Le Cuff les a imprimé en sérigraphie et s'en est inspiré pour écrire sa poésie. Cet ouvrage comporte douze sérigraphies et s'est tiré à 54 exemplaires.


Notes et références:

  1. Pierre-Henri ALLAIN, « l'homme qui peignait avec les mains des autres », liberennes,‎ (lire en ligne)
  2. Non signé, « Lumières », L'Est Républicain,‎
  3. Emmanuel VACCARO, « Jeux de lumière sur toile », l'Est Républicain,‎ (lire en ligne)
  4. Pierre-Henri ALLAIN, « l'homme qui peignait avec les mains des autres », liberennes,‎ (lire en ligne)
  5. Emmanuel VACCARO, « Jeux de lumière sur toile », l'Est Républicain,‎ (lire en ligne)
  6. Non signé, « Lumières », L'Est Républicain,‎
  7. Pierre-Henri ALLAIN, « l'homme qui peignait avec les mains des autres », liberennes,‎ (lire en ligne)
  8. Non signé, « Jacques Ayel arpente matières et lumières », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  9. Non signé, « Jacques Ayel, le sens de la tâche accomplie », Ouest France,‎
  10. Gwénaëlle de Carné, « "Huile et matière" de Jacques Ayel », Ouest France,‎
  11. Non signé, « Exposition d’Art Contemporain : « Traces fluorées » de Jacques Ayel », Spectable,‎ (lire en ligne)
  12. Marine, « Peindre avec les mains des autres », alter1fo,‎ (lire en ligne)
  13. M.C., « Le 17e Salon de Printemps "In et Out" », Nous, vous, Ille,‎


Liens externes