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Jacques Maurras

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Jacques Maurras (Jacques, Henri) (né le 10 mai 1917 à Dijon, Côte-d'Or, mort en février 2004), journaliste français, président et conseiller de diverses sociétés et personnalité royaliste liée au mouvement de l'Action française.

Biographie

Jacques Maurras est le fils naturel du chirurgien Joseph Maurras (frère de Charles) mort au Tonkin en 1917 et de Mlle Henriette Bremond. Son oncle et père adoptif était Charles Maurras, directeur du quotidien L'Action française et chef de file du mouvement royaliste du même nom. Après l'annonce de la mort de son frère, Charles avait adopté son nouveau né Jacques et ses nièces Hélène et Jeanne.

Jacques Maurras poursuit des études au Lycée Janson-de-Sailly et à la Faculté de droit de Paris. Par la suite, il est diplômé de l'École libre des sciences politiques et licencié en droit. Son père adoptif n'avait pas eu les moyens de lui offrir une carrière médicale comme son père et l'avait plutôt orienté vers Sciences Po.

Combattant durant la Seconde Guerre mondiale, il reste toutefois fidèle à l'Action française et, en particulier, au groupe d'Étudiants d'Action française où il retrouvait de proches amis de l'époque comme Jean Bruel et Jean-Baptiste Biaggi. En 1950, une brochure intitulée Lettre à Monsieur le directeur du "New-York herald" est publiée sous son nom (mais l'auteur véritable de cette lettre est Charles Maurras)[1] ; cette lettre tente d'expliquer l'attrait pour la collaboration de Robert Brasillach, par exemple, par sa formation à l'École Normale, laquelle était coupable aux yeux de Maurras d'avoir orienté systématiquent les intérêts de ses étudiants pour l'Allemagne[2].

En 1952, Jacques accompagna son père adoptif jusqu'à sa mort à Clairvaux en compagnie du Dr François Daudet, fils de Léon Daudet et filleul du défunt. Durant les années 1950, Jacques Maurras collabore occasionnellement à La Nation française de Pierre Boutang et Michel Vivier, hebdomadaire qui se réclame de l'héritage de son père. Le 8 juin 1961, il épouse Nicole Maurras. Madame Jacques Maurras prend également part à l'engagement royaliste de son mari et participe encore à plusieurs activités liées aux successeurs de l'Action française. Jacques Maurras avait donné son appui et prêté son autorité morale au mouvement Restauration nationale avec, notamment, Guy Coutant de Saisseval, un autre royaliste de longue date. Il a d'ailleurs longuement appartenu aux Comités directeurs de L'Action Française (RN).

Jacques Maurras disposait d'un grand nombre d'archives et de correspondances de son père qui ont été consultés par de nombreux historiens. Elles ont été déposées aux Archives nationales après sa mort. Hélène Maurras, sa sœur, possède elle aussi une part considérable de cette collection, régulièrement consultée par les chercheurs.

Carrière professionnelle

En tant que directeur ou conseiller d'entreprise diverses, Jacques Maurras avait occupé de nombreux postes durant sa carrière[3] :

  • Directeur de la Société Paris-Outre-mer (1946 - 1958)
  • Directeur de la Société Pierre Rivière et Cie (1958 - 1964)
  • Directeur général adjoint (1965), puis Président-directeur général (1969 - 1980) de la société Les Grandes Marques continentales
  • Président-délégué de la Confédération nationale des vins et spiritueux (commerce extérieur) (1970-1984), Président (1967)
  • Président d'honneur (1996 - vers 2004) de la Fédération des importateurs de vins et spiritueux
  • Administrateur du Salon international de l'alimentation (1969 - 1994)
  • Conseiller du Commerce extérieur de la France (depuis 1973)
  • Membre d'honneur du comité directeur de la Fédération internationale des vins et spiritueux (depuis 1991)

Honneurs

Publication et entrevue

  • [Charles Maurras publiant sous le nom de Jacques Maurras], Lettre à Monsieur le directeur du "New-York Herald", Paris, Éditions de la Seule France, 1950, 27 p. ; rééd. signée Charles Maurras, Paris, Les bibliophiles amis de Charles Maurras, [1950].
Texte écrit à la prison de Clairvaux, en réponse à un article paru dans le New York Herald du 14 juillet 1949[4]

Référence

  • Stéphane Giocanti, Maurras : le chaos et l'ordre, Paris, Flammarion, coll. « Grandes biographies », 2006

Notes et références

  1. Voir Alain de Benoist, Charles Maurras et l'Action française, une bibliographie, Niherne, Éditions BMC, 2002, p. 72-73.
  2. William R. Tucker, "The Legacy of Charles Maurras", dans The Journal of Politics, Vol. 17, n° 4 (Nov., 1955), p. 581
  3. Information disponible sur Who's who in France, Dictionnaire biographique, notice "Jacques Maurras, président de société" [1]
  4. Alain de Benoist, op. cit., p. 72-73.


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