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Jean-Claude Desrayaud

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Jean-Claude Desrayaud, né en 1948, est un syndicaliste français des PTT où il est entré en 1969 es comme « contrôleur en installations mécaniques » (CIEM), avant de devenir permanent syndical de 1980 à 1994.

Salarié de la banche télécom, il constate que cette branche profitera sur le plan syndical de la fusion en 1980 entre la CFDT et la Fédération nationale des télécommunications (FNT)[1], créé en 1959 sous l'égide de Pierre Le Morvan, une ex-association devenue syndicat autonome, implanté chez les cadres et techniciens des Télécommunications, en particulier les « contrôleurs en installations mécaniques » (CIEM)[2]. La FNT réclame une séparation de la Poste et des Télécom dès 1960 et entame un lobbying en ce sens auprès des ministères. Elle réclame aussi pour les « contrôleurs en installations mécaniques » (CIEM) un statut proche de celui des contrôleurs de l'aviation civile et obtient partiellement gain de cause en 1971. La Fédération nationale des télécommunications (FNT) obtient 10 000 voix aux élections professionnelles de 1977, soit 11 %. Cette fusion avec la FNT permet ensuite à la nouvelle « Fédération Unifiée » CFDT de devancer FO aux élections aux commissions administratives paritaires des PTT[3].

Jean-Claude Desrayaud observe aussi qu'entre 1980 et 1988, la Direction général des télécoms souhaite contribuer à la réflexion syndicale en organisant des voyages d'étude communs avec les syndicats? en Europe, aux États-Unis et au Japon chez les opérateurs des télécoms, tandis que la CGT refuse de participer à ces voyages.

En novembre 1987, après que la CFDT se soit jointe le 15 octobre 1987 à une grève contre le projet du ministre Gérard Longuet de changement de statut de France Télécom en société anonyme, la Fédération démocratique unifiée des PTT, qui deviendra la Fédération unie des postes et télécoms (FUPT CFDT) subit la démission de Denis Tonerre. Jean-Claude Desrayaud est élu secrétaire général à sa place. À ce titre, il est un des personnages-clés de la Réforme des PTT de 1990, entamée dès l'été 1988. Jusqu'en octobre 1991, pendant trois ans, la CFDT ne participera à aucune grève[4] et Bernard Bresson, DRH du groupe, déclarera plus tard que « jamais un syndicat n'avait autant porté une réforme »[3].

En octobre 1988, la grève des centres de tri touche la province, relayée quatre semaines plus tard par une grève des conducteurs de camion, qui paralyse d'autres centres de tri, cette fois en région parisienne. La direction confédérale de la CFDT estime qu'il s'agit de mouvements corporatistes téléguidés par l'extrême-gauche. Le 3 novembre, sept responsables de section ayant participé à la grève des centre de trio sont démis de leur fonction. Le 7 novembre, cinq responsables des sections CFDT des garages postaux parisiens apprennent à leur tour qu'ils sont relevés de leur mandat syndical. Trois jours plus tard, Jean-Claude Desrayaud, invite le ministre Paul Quilès à prendre toutes ses responsabilités et à faire respecter les libertés fondamentales, dont celle du travail[5]. Plus tard, il signe le 9 juillet 1990, au nom de son organisation syndicale, un « accord social » qui réforme profondément l'application à La Poste du statut des fonctionnaires.

Jean-Claude Desrayaud a par ailleurs été élu au conseil d'administration du groupe France Télécom de 1986 à 2003[1], groupe qui compte alors 80 % de fonctionnaires et 90 % d'actionnaires-salariés[6]. S'il récuse la privatisation du groupe en octobre 1997, avec un appel à la grève dès octobre 1993[4], et le départ fin 1995 du PDG Marcel Roulet[6], il soutient à partir de 1996 la politique du PDG Michel Bon, en particulier le rachat d'Orange en 2000 : « C'était cher, mais nous avons voté pour ce rachat dans les mobiles, qui était stratégique », a-t-il déclaré à la presse.

En 2000, il récuse les « discours révolutionnaires et jusqu'au-boutistes » des autres syndicats et « un positionnement de principe » qui « conduirait à être en permanence contre tous les projets, toutes les propositions de l'entreprise » mais estime cependant que « depuis 10 ans, le personnel du groupe s'est totalement investi sur les axes stratégiques, sur les priorités et face à la concurrence » et veut « désormais être plus respectés, plus écoutés »[6].

En septembre 2002, alors que le groupe croule sous 70 milliards d'euros de dettes et des pertes qui pourraient monter jusqu'à 10 milliards d'euros, il réclame la part de l'État un effort d'urgence de 10 à 15 milliards d'euros sous forme de prêt garanti[7] et dénonce une possible «recapitalisation qui entraînerait la spoliation des actionnaires» de France Télécom, mais celle-ci a lieu quelques semaines plus tard[8]. lorsque le gouvernement débarque Michel Bon, remplacé par Thierry Breton.

Notes biographiques

Jean-Claude Desrayaud entre aux PTT en mars 1969, comme Contrôleur des installations électromécaniques.. Deux années plus tard il se syndique à la CFDT.

  • mai 1977: membre du Bureau national de la CFDT des PTT
  • 1986 : secrétaire national-adjoint de sa fédération syndicale
  • novembre 1987, est élu secrétaire général de la Fédération unie des postes et télécoms (FUPT-CFDT), responsabilité qu'il détient jusqu'en mai 1994. Il est à ce titre un des trois partenaires syndicaux, avec Jacques Marçot de la fédération Force ouvrière et Jean-Pierre Beaufort de la CFTC-PTT, à avaliser la réforme des PTT, mise en chantier par le ministre Paul Quilès.
  • 1995 : il est élu au Conseil d'administration de France Télécom. Lors de ce scrutin, la CFDT est devancée par les deux syndicats adversaires de la réforme: la CGT et SUD cumulent 58,6 % des voix, alors que la CFDT chute de 33 % en 1991, à 18 % en 1995.

Références

  1. 1,0 et 1,1 « Les choix de la CFDT », par Jean-Claude Desrayaud, ancien secrétaire de la CFDT-PTT [1]
  2. Présentation de Pierre Le Morvan [2]
  3. 3,0 et 3,1 « L'évolution des relations sociales dans une société en mutation - Communication coupée à France-Télécom », mémoire de Mastère en Relations humaines, par Jef Blanc-Gras [3]
  4. 4,0 et 4,1 « Paroles syndicales », dans l'Humanité du 11 octobre 1993 [4]
  5. « Un peu d'histoire », par Syndicat Sud SDIS[5]
  6. 6,0, 6,1 et 6,2 Blog de la FUPT CFDT [6]
  7. « France Télécom : Cacophonie syndicale », le 12 septembre 2002 [7]
  8. « Les syndicats se tournent vers l'État », dans Libération du 9 septembre 2002 [8]

Sources

  • Ministère des PTT: Histoire d'une réforme, Paris, 1990.

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