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Jean-Luc Salmon

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Jean-Luc Salmon est un auteur-compositeur-interprète et journaliste français né le 4 février 1949 à Nantes.

Il signe son premier album en 1974 chez RCA, et fait 4 autres albums pour cette major. En 1989, il créé la comédie musicale « Teenager », expérience elle aussi surprenante qui vient de fêter son 25e anniversaire ! Deux Olympia, deux mini-tournées aux USA (Boston, le Maine) et beaucoup d'autres spectacles.

« C'est fou mais qu'est ce que j'aime la vie » l'un des titres phares du premier album (« au château de Ty an Ruskos ») reste le credo du musicien et du poète. Aujourd'hui 11 CD disponibles sur le site de l'A.C.D.P.A. (ou Association Citoyenne pour le Développement de la Personnalité Artistique) qui gère l'action "Teenager "[1].

Biographie

Parcours et débuts

De Bretagne à Cuba

Son père, officier de marine, fera une carrière parallèle d'expert des pêches pour la FAO et d'Administrateur des Affaires Maritimes. Une mère au foyer qui élève quatre enfants. Jean-Luc est le plus jeune. Six ans, sept ans et neuf ans le séparent de son frère et de ses deux sœurs. Il est élevé dans une famille de droite résolument catholique intégriste. La famille bretonne passe ses vacances à Lanildut, les enfants Salmon sont élevés avec les enfants Quéffelec. Les deux familles sont amies depuis plusieurs générations.

À l'âge de huit ans, Jean-Luc joue d'oreille des mains droites de Bach. On l'amène voir la vieille tante pianiste professeur d'Anne, mais la vieille dame ferme le piano devant les doigts du petit garçon. J'ouvrirai le piano quand tu connaîtras bien ton solfège et que tu sauras correctement relever tes doigt." Jean-Luc dit au revoir à la dame et dit à ses parents qu'il ne veut pas apprendre le piano, ni la musique. C'est pourtant à l'âge de huit ans qu'il composera ses premières petites chansons et ses premiers poèmes. C'est ridicule! lui dit-on, les Quéffelec sont les artistes, les Salmon les officiers de marine. Jean-Luc s'enferme alors dans son univers personnel d'écriture et de musique.

En 1962, la famille suit son père, l'expert des pêches, à La Havane. C'est l'année de l'alphabétisation, un jour, sur la Plaza Civica où se pressent 3000 personnes, son père lui dira: ‘’tu vois les barbus? celui-là c'est Raúl Castro, celui-là Fidel Castro et celui-là Che Guevara ! '’ Son meilleur ami de l'époque est un petit russe qui habite l'immeuble à côté du sien. Il fréquente le collège international Trottier, réservé aux enfants du corps diplomatique, et naturellement sa première petite copine sera argentine. Entre les deux Jean-Luc refusera de choisir. À la maison, le milicien qui est censé surveiller les locataires de cet immeuble réservé au corps diplomatique, porte une guitare à l'épaule gauche, une mitraillette à l'épaule droite. Il vient chanter des chansons de la révolution à la grande fille de la famille, âgée alors de 19 ans, qui tombe sous le charme... Cette année passée entre les maisons du peuple et les ambassades, les balades à cheval dans la campagne, la pelote basque et le plongeon acrobatique, marquera définitivement le jeune Breton.

L'éducation judéo-chrétienne qu'il continuera à recevoir par la suite ne sera qu'un conflit permanent qui l'amènera à quitter la maison familiale sous prétexte d'études hôtelières faites à Thonon-les-Bains à 1200 km de Brest.

Thonon-les-Bains, Genève puis Paris

Depuis son retour de Cuba, Jean-Luc n'a de cesse de jouer de la guitare, d'écrire des chansons. Pour se payer des week-ends à Genève, il tente sa chance dans tous les bistrots, restaurants et endroits où on le laisse chanter. Cela marche suffisamment pour lui permettre de s'offrir un ou deux dîners pendant le week-end et une nuit à l'hôtel. Il fait sa première radio sur la Radio Suisse Romande. Pendant les petites vacances scolaires, Jean-Luc fait en auto-stop le parcours Thonon-les-Bains / Brest, c'est son premier argent de poche.

C'est au cours de ces voyages qu'il fera la connaissance de Max Molliet, personnalité reconnue parmi les autonomistes savoyards, mais aussi fils spirituel de Léo ferré. Sa rencontre avec Léo se fera difficilement. Ils dînent ensemble. À table il y a Léo et son père spirituel, un personnage trouble de la IVeme République, Max Molliet et Jean-Luc, âgé alors de 16 ans. Le jeune adolescent intéresse peu les grands hommes qui se retrouvent. C'est aussi sur la route qu'il rencontrera Jacques Dinnat, le régisseur de Gilbert Bécaud. Il suivra quelques jours l'équipe technique en 1967. La même année, un de ses camarades de deuxième année, fils du directeur artistique de Georges Chelon, lui fait rencontrer son père, René Vannest. Aux vacances suivantes, il fait son premier essai en studio chez Pathé Marconi. Ce sont des chansons mignonnes, sympathiques, sans prétention, qu'un petit ado de 17 ans a écrites pour une fleur ou pour sa petite copine.‘’Reviens nous voir que tu auras fini tes études, lui dit René Vanneste.

1968 est l'année de rupture consommée avec sa mère, qui ne supporte pas ses fréquentations. À Noël, Jean-Luc refuse de rejoindre Brest, il reste à Paris chez des amis de son père en mission au Pérou. En février, Jean-Luc a 19 ans, mais la majorité de l'époque est à 21 ans. Sa mère décide de le rapatrier manu militari à Brest à la fin de son année scolaire. Mais le 6 mars 1968, le Boeing 707-328C, qui la ramène du Pérou, s'écrase sur la Soufrière à la Guadeloupe. Jean-Luc restera donc à Paris où il fera une terminale philo à Voltaire. Cette terminale, il la passe le plus souvent dans les cabarets ou restaurants de la rive gauche, chez Georges au Port du salut et au restaurant les Anistiers du roi, où il chante tous les soirs. Les parents de son père lui ont prêté une soupente éclairée par une verrière de 10 m2 en face du métro Buzenval, pour l'étudiant inscrit à la fac de lettres, c'est le Paradis !

Tous les jours il chante sur son magnéto Grundig quatre pistes, jusqu'au jour où un type un peu bizarre vient lui demander qui est la fille qui chante. Il répond c'est moi, un peu surpris. Viens, je t'emmène à l'Olympia voir le directeur dit le bonhomme. Jean-Luc plutôt inquiet suit le bonhomme jusqu'à l'Olympia. Celui-ci rentre par les coulisses et Jean-Luc se fait refouler. Miraculeusement ce soir là, c'est Bécaud qui passe à l'Olympia, et au même moment Jacques Dînat sort dans la cour du 8 rue Caumartin et voit Jean-Luc désemparé ‘’ Tiens tu es là toi ! dit il, tu es venu nous voir c'est sympa ! Tu le connais demande le videur ? Ben oui c'est un de nos copains répond le régisseur! Bah pourquoi tu ne me l'as pas dit gamin !.'’ Jean-Luc se retrouve donc dans les coulisses du music-hall, happé à nouveau par l'étrange bonhomme qui s'avère être un ancien pompier de l'Olympia. Le voila devant Jean-Michel Boris, auquel l'ex-pompier dit très à l'aise ‘’Jean-Michel je vous présente une future vedette de la chanson française !'’ Jean-Luc dans ses petits souliers s'excuse et soudain Jean-Michel lui dit tu t'appelles Jean-Luc Salmon, on m'a déjà parlé de toi !!!

En fait, Jean-Luc s'était lié d'amitié avec le fils du couturier, Stéphane, un petit voisin, qui est alors le couturier officiel de l'Olympia. Stéphane a laissé à Jean-Michel Boris des bandes d'essais que son fils lui avait données. Ces bandes naturellement traînaient sur un bureau. Du coup, Jean-Michel lui promet de les écouter et lui demande de le rappeler 15 jours plus tard.

Pendant 20 ans et jusqu'au début de l'aventure Teenager, Jean Michel suivra ses productions et lui permettra d'assister à tous les spectacle de l'Olympia.

Jean-Luc, grâce à lui, fait ses premiers pas sur des scènes parisiennes, à l'Hôtel Lutétia et à la Taverne de l'Olympia. Sur la scène de l'Olympia pendant 10 ans, il voit passer à peu près toutes les vedettes françaises et beaucoup d'autres. En 1970 il reprend contact avec Pathé Marconi et René Vanneste. Mais entre-temps il a rencontré Léo Ferré bien sûr, mais aussi Jean Ferrat, Brel, Georges Brassens, qui lui demande de chanter quelques-unes de ses chansons, et Claude Nougaro, qui lui a conseillé de se mettre au piano ! De1962 à La havane, à Mai 68 à Paris, le gentil chanteur de 16 ans est devenu beaucoup plus agressif. Golgotha, diatribe enflammée contre l'argent du Vatican, lui vaut quelques jolis succès ! Hélas, Pathé Marconi ne l'entend pas de ce cette oreille. Il y a déjà un Jacques Brel et un Léo Ferré, tu n'es pas de taille ! Si tu veux continuer dans ce style, c'est sans nous. La porte se ferme. Jean-Luc repart dans les cabarets, bistrots, restaurants, maison des jeunes etc… Alan Stivell vient de faire un spectacle magnifique au Vieux-Colombier. Jean-Luc, complètement fanatisé, provoque un rendez-vous entre le breton joueur de harpe et Jean-Michel Boris. Il s'en suivra l'album de Stivell à l'Olympia, Alan reconnaissant invitera Jean-Luc l'année suivante à faire la première partie de son spectacle à Bobino Jean-Luc, qui est toujours un grand fan de musique classique, fréquente beaucoup la Maison des Artistes, près du Marais. C'est ainsi qu'il aura l'occasion d'être accompagné pendant une saison par Manfred Stills, et même une fois par Frédéric Lodéon. Il voit se créer le premier octuor à corde de Jean-Pierre Wallez. Le théâtre Mouffetard lui ouvre ses portes. Il y passe pendant un mois durant. Il a découvert un jeune guitariste de 15 ans qu'il trouve prodigieux et avec lequel il fait tous ses concerts. Ce jeune guitariste, c'est Louis Bertignac. Peu après, Louis commence aussi à jouer avec Jacques Higelin. Rencontre avec l’ éditeur Jean Constantin. Le projet projet Téléphone voit le jour...

Les années RCA[2]

"Pourquoi pourquoi pas?"

Après avoir essayé de forcer toutes les portes de toutes les maisons de disques, Jean-Luc trouve enfin un éditeur qui l'amène chez RCA. Son style est alors très inspiré par le rock celtique que domine parfaitement Alan Stivell, mais aussi par l'actualité du moment: l'invasion de la Tchécoslovaquie par les Russes, la mise à mort programmée de Gabrielle Russier, qui se suicide pour une merveilleuse histoire d'amour, et surtout un crédo qu'il conservera toute sa vie : ‘‘ C’est con mais qu'est ce que j'aime la vie.

Jean-Luc tente d'imposer à son producteur son génial petit guitariste avec lequel il a fait toutes ses maquettes. Au studio Davout, Jean Marc Bell, le producteur, a fait appel à de grosses pointures de l'époque, Slim Pezin, Andre Ciccareli, Christian Padovan, Marc Chanterau, Georges Avanitas, Benoit Kaufman ,etc. toute l'équipe de Jean Claudric. L'idée de faire jouer le petit Bertignac avec ces monstres amuse tout le monde. Jean-Luc se bat pour l'imposer, mais lors de la première séance, Louis casse une corde et n'en a pas de rechange. Il se fait virer du studio.

La presse encense cet album, mais mixé avec la voix trop loin, cela passe mal en radio. De plus la production RCA ne voit pas l'intérêt de lui faire faire l'émission de Philippe Bouvard sur la chanson idiote que lui vaut l'écriture du titre ‘’Pourquoi pourquoi pas. Dommage, c'est la même émission qui fera sortir William Sheller de l'ombre avec Rock ‘n’ roll dollar.

Sans se décourager, Jean-Luc continue à gagner sa vie sur scène. Chez RCA, il se lie d'amitié avec Alain Souchon puis sur scène avec Renaud, qui vient de faire son premier album. Renaud est en difficulté avec sa production. Jean-Luc, qui s'est fait une équipe de musiciens solides et amis, réalise avec ceux-ci la première maquette du 33 tours Laisse béton, dans sa cave. Il y a en l'occurrence François de Baker, plus tard ‘’Au bonheur des dames, aujourd'hui ‘’Chiffon'‘, qui joue du piano. Jean-Luc essaye alors de faire venir Renaud chez RCA. mais se fait rabrouer, trop zonard ton copain ! Jean-Luc habite alors à Massy-Palaiseau, où est écrit, un soir de Marie Brizard, le tango Massy-Palaiseau. Laisse béton fait décoller Renaud, et deux ans plus tard un autre 30 tours sort avec le tango de Massy-Palaiseau, signé par Renaud tout seul... Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac viennent de créer le groupe Téléphone. Jean-Luc a perdu son guitariste de vue, et ne verra jamais le groupe sur scène…

La Ballade de M. Dupont et Et va le monde

Malgré tout, François de Baker et six musiciens viendront l’ aider à faire son deuxième album cher RCA : La Ballade de M. Dupont. Cette fois, il n'y aura que FIP pour défendre cet album.

Il faudra attendre 1981, pour que Jean-Luc fasse un troisième album RCA, avec cette fois le groupe de Jean-Yves Lozac'h qui tourne avec François Béranger.

En 1982, pour le gala du premier anniversaire de Radio Bleue, il rencontre Roger Gicquel, alors en disgrâce. Roger Gicquel veut se lancer dans la chanson. Il se lie d'amitié avec Jean-Luc et lui demande de le manager. La collaboration durera quelques mois mais n'ira pas à son terme.

L'album Et va le monde voit des critiques de journaux enthousiastes, mais il n'y a que le titre ‘’Nicolas'’ qui sortira de l'ombre, sans en faire un succès suffisant pour faire connaître son auteur. La même année, avec des amis, il crée l'association ACDPA, association citoyenne pour aider les jeunes artistes.

De la planche à voile au journalisme en passant par la Bande Dessinée

Jean-Luc est aussi un fanatique de planche à voile et de funboard, moins cher que le dériveur mais tout aussi enivrant.

Le journal Planche à Voile Magazine lui commandes alors des nouvelles de science-fiction, qui deviendront plus tard scénarios de bandes dessinées.

Et puis passionné par la bande dessinée, il devient critique et journaliste à son tour dans ce domaine. Des idées iconoclastes et une très bonne connaissance du sujet l'amènent rapidement à se faire une place dans le milieu des journalistes critiques de B.D. Il signe alors pour Témoignage chrétien, Politis, Armor Magazine.

Malgré tout, c'est le chanteur qui fait vivre le journaliste. Il reste un chanteur engagé et signe en 1984 une chanson intitulée ‘‘La race‘‘, qui souligne les aberrations et mensonges du leader du Front national. Seul José Arthur sur France Inter, et Roger Gicquel sur TF1 pour les Nuits Vagabondes passeront ce titre sur les ondes. La même année, il crée à Angoulême le ‘’Prix Témoignage Chrétien Résistance‘‘, qui plébiscite la bande dessinée la plus engagée contre toute forme de racisme, dans sa forme et son contenu.

Le jury de ce prix est prestigieux: Danielle Mitterrand, Roger Gicquel, Guy Orange, Bernard Kouchner, Fred le dessinateur.

Teenager pour l'ACDPA

En 1989, Thierry Bellet, son régisseur, rencontre des animateurs Sarcellois et le convainc de créer une comédie musicale à partir de ses chansons avec des jeunes de banlieue.

Ce sera le début de l'aventure Teenager. L'aventure Teenager, pendant 26 ans, ce sera plus de 1800 jeunes qui monteront avec Jean-Luc sur scène, 26 tournées d'été, deux Olympia, six voyages en Tunisie, deux mini tournées aux USA, huit albums CD, un DVD. Mais pendant ces 26 années, Jean-Luc produit encore quatre autres albums et continue d'affirmer son crédo: C'est con mais qu'est ce que j'aime la vie !

Références

  1. A.C.D.P.A. - Association Citoyenne pour le Développement de la Personnalité Artistique
  2. André-Georges Hamon, Chantres de toutes les Bretagnes: 20 ans de chanson bretonne, Paris, Jean Picollec, (ISBN 2864770342)

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