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Liste de fake news par pays

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Cet article présente une liste de campagnes de manipulation de l'information

Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud

Un large éventail de sources médiatiques sud-africaines ont signalé que les fausses nouvelles constituaient un problème et un outil de plus en plus nombreux pour accroître la méfiance dans les médias, discréditer les opposants politiques et détourner l’attention de la corruption[1]. Les médias appartenant à la famille Gupta ont été identifiés par d’autres organisations sud-africaines comme The Huffington Post (Afrique du Sud), Sunday Times, Radio 702 et City Press comme des cibles[2]. Parmi les personnes visées, on compte le ministre des Finances Pravin Gordhan, qui était perçu comme bloquant les tentatives de contrôle de Gupta par l’État en accusant Gordhan de promouvoir le contrôle de l’État par « le capital monopoliste blanc »[1],[3].

Le Congrès national africain (ANC) a été poursuivi en justice par Sihle Bolani pour le travail non rémunéré qu’elle a effectué au nom de l’ANC pendant les élections. Bolani a déclaré que l’ANC l’avait utilisée pour lancer et mener une campagne secrète de 50 millions de rands de fausses nouvelles et de désinformation pendant les élections municipales de 2016 avec l’intention de discréditer les partis d’opposition[4],[5].

Drapeau de l'Allemagne Allemagne

La chancelière allemande Angela Merkel a déploré le problème des reportages frauduleux dans un discours prononcé en novembre 2016, quelques jours après avoir annoncé sa campagne pour un quatrième mandat à la tête de son pays. Dans un discours prononcé devant le parlement allemand, Mme Merkel a critiqué ces faux sites, affirmant qu’ils nuisaient à la discussion politique. Merkel a attiré l’attention sur la nécessité pour le gouvernement de s’occuper des trolls, des robots et des faux sites d’informations sur Internet. Elle a averti que de tels sites d’information frauduleux étaient une force qui augmentait le pouvoir de l’extrémisme populiste. Mme Merkel a qualifié les nouvelles frauduleuses de phénomène croissant qu’il faudrait peut-être réglementer à l’avenir. Bruno Kahl, chef du Service fédéral de renseignement, a mis en garde contre le risque de cyberattaques de la part de la Russie lors des élections allemandes de 2017. Il a dit que les cyberattaques prendraient la forme d’une diffusion intentionnelle de désinformation. M. Kahl a déclaré que l’objectif est d’accroître le chaos dans les débats politiques. Le chef de l’Office fédéral de protection de la constitution, Hans-Georg Maassen, a déclaré que le sabotage par les services de renseignement russes constituait une menace actuelle pour la sécurité de l’information allemande. Les fonctionnaires du gouvernement allemand et les experts en sécurité ont par la suite déclaré qu’il n’y avait eu aucune ingérence russe pendant les élections fédérales de 2017[6],[7]. Le terme allemand Lügenpresse, ou presse menteuse, est utilisé depuis le XIXe siècle et particulièrement pendant la Première Guerre mondiale comme stratégie pour attaquer des opposants[8].

Le journaliste allemand primé Claas Relotius a démissionné de Der Spiegel en 2018 après avoir admis de nombreux cas de fraude journalistique[9].

Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite

Selon Global News, la télévision publique saoudienne a diffusé de fausses informations au sujet du Canada. En août 2018, Canada’s Global News a rapporté que la télévision d’État Al Arabiya, « a suggéré que le Canada est le pire pays au monde pour les femmes, qu’il a le taux de suicide le plus élevé et qu’il traite son peuple autochtone de la même façon que la Birmanie traite les Rohingya - une minorité musulmane massacrée et chassée de Birmanie en masse l’an dernier »[10].

En octobre 2018, Twitter a suspendu des comptes de bot qui semblaient propager une rhétorique prosaoudienne sur l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi[11],[12].

Selon Newsweek, un compte officiel du gouvernement saoudien a posté sur Twitter que « la production de rumeurs ou de fausses nouvelles qui affecteraient l’ordre public ou la sécurité publique ou l’envoi ou le partage par les réseaux sociaux ou tout moyen technique » est passible « de cinq ans de prison et de 3 millions de riyals d’amende »[13].

Des comptes Twitter pro-Iran diffusent de fausses informations sensationnelles et des rumeurs sur l’Arabie Saoudite[14].

Drapeau de l'Australie Australie

Un cas bien connu d’informations créées de toutes pièces en Australie a eu lieu en 2009 lorsqu’un rapport intitulé « Deception Detection Across Australian Populations », d'un certain "Levitt Institute" a été largement repris sur les sites Web d’information à travers le pays, affirmant que Sydney était la ville la plus naïve, malgré le fait que le rapport lui-même contienne une preuve de sa non recevabilité: entre les formules mathématiques, le rapport affirme que : « Ces résultats ont été complètement inventés pour être du matériel fictif à travers un processus de nœuds de vérité et de crédibilité modifiés »[15]. Le Parlement australien a ouvert une enquête sur les fake news à la suite des élections de 2016 aux États-Unis. L’enquête porte sur quelques grandes régions de l’Australie afin d’identifier les auditoires les plus vulnérables aux fake news, en tenant compte de l’impact sur le journalisme traditionnel, en évaluant la responsabilité des annonceurs en ligne et en réglementant la diffusion de ces canulars. Cette action du Parlement a pour but de lutter contre la menace de la puissance des médias sociaux sur la diffusion de fake news[16].

Drapeau de l'Autriche Autriche

Les politiciens autrichiens se sont penchés sur l’impact des fake news et de leur diffusion sur les médias sociaux après la campagne présidentielle de 2016 dans le pays. En décembre 2016, un tribunal autrichien a émis une injonction à Facebook Europe, l’obligeant à bloquer des messages négatifs relatifs à Eva Glawischnig-Piesczek, présidente du Parti Vert autrichien. Selon le Washington Post, les messages sur Facebook à ce sujet « semblaient avoir été diffusés par le biais d’un faux profil » et adressaient des épithètes désobligeantes à l’homme politique autrichien. Les messages désobligeants ont probablement été créés par le même faux profil qui avait déjà été utilisé pour attaquer Alexander van der Bellen, qui a remporté l’élection présidentielle[17].

Drapeau de la Belgique Belgique

En 2006, la radio francophone RTBF a diffusé un faux reportage affirmant que la Région flamande avait proclamé son indépendance. Des images mises en scène de l’évacuation de la famille royale et de la mise en berne du drapeau belge ont été tournées afin d’ajouter du crédit au reportage. Ce n’est que 30 minutes après le début du reportage qu’un encart « Fiction » est apparu à l’écran. Le journaliste de la RTBF qui a créé le canular a affirmé que le but était de montrer la situation du pays et cette dernière en cas de partition du pays[18].

Drapeau de la Birmanie Myanmar

En 2015, BBC News a publié des reportages basés sur de fausses histoires, utilisant des photographies sans rapport et des légendes frauduleuses, partagées en ligne pour soutenir les Rohingyas[19]. Les fausses nouvelles ont eu un impact négatif sur des personnes en Birmanie, entraînant une augmentation de la violence contre les musulmans dans le pays. Le taux d’utilisateur d’internet est passé de 1% à 20% de la population totale de Birmanie entre 2014 et 2016. Les fausses informations concernant les musulmans dans le pays étaient directement liées à l’augmentation des attaques contre les musulmans au Myanmar. La journaliste de BuzzFeed, Sheera Frenkel, a rapporté de fausses nouvelles déclarant de façon fictive que des croyants à l’islam avaient commis des actes de violence dans des lieux bouddhistes. Elle a documenté un lien direct entre les fausses informations et la violence contre les musulmans. Sheera Frenkel a noté que les pays qui étaient relativement jeunes dans le domaine de l’exposition à Internet étaient plus vulnérables aux problèmes des fake news.

Drapeau du Brésil Brésil

Le Brésil a dû faire face à l’influence croissante de fake news après la réélection en 2014 de la présidente Dilma Rousseff et de sa destitution en août 2016. BBC Brésil a rapporté en avril 2016 que durant la semaine de l’un des votes de destitution, trois des cinq articles les plus partagés sur Facebook au Brésil étaient faux. En 2015, la journaliste Tai Nalon a démissionné de son poste au journal brésilien Folha de S Paulo afin de lancer le premier site Web de vérification des faits au Brésil, appelé Aos Fatos ( " aux faits" ). Nalon a déclaré au Guardian qu’il y avait beaucoup de fausses informations et a été tentée de comparer la situation avec celle des États-Unis[20]. Le Brésil connaît de nombreux problèmes liés aux fake news et, selon un sondage, une part plus importante de la population croit que les fake news ont influencé le résultat de leurs élections (69 %) contre 47 % aux États-Unis[21].

Drapeau du Canada Canada

Des fake news en ligne ont attiré l’attention de politiciens canadiens en novembre 2016, alors qu’ils débattaient de leur soutien aux journaux locaux. La députée de Vancouver-Centre, Hedy Fry, a évoqué les fake news comme un exemple pour montrer que les éditeurs en ligne seraient moins responsables que la presse papier.

Les discussions au Parlement ont opposé l’augmentation du nombre de fausses nouvelles en ligne à la réduction de la taille des journaux canadiens et à l’impact sur la démocratie au Canada. Des représentants de Facebook Canada ont assisté à la réunion et ont affirmé aux députés qu’ils estimaient qu’il était de leur devoir d’aider les particuliers à recueillir des données en ligne[22].

En janvier 2017, durant la campagne pour la direction du Parti conservateur, Kellie Leitch a admis avoir diffusé des fake news, y compris de fausses allégations selon lesquelles Justin Trudeau finançait le Hamas. Le directeur de campagne a affirmé qu’il a diffusé les informations afin de provoquer des réactions négatives pour pouvoir déterminer ceux qui « ne sont pas de vrais conservateurs »[23].

Drapeau de la République populaire de Chine Chine

De fausses nouvelles lors des élections américaines de 2016 ont été propagées en Chine. Des articles populaires aux États-Unis ont été traduits en chinois et diffusés en Chine[24]. Le gouvernement chinois s’est servi du problème croissant des fausses nouvelles pour justifier la recrudescence de la censure d’Internet en Chine en novembre 2016[25]. Le gouvernement chinois a ensuite publié un éditorial dans le journal du Parti communiste The Global Times : « La croisade des médias occidentaux contre Facebook », et a critiqué les problèmes politiques « imprévisibles » posés par les libertés dont jouissent les utilisateurs de Twitter, Google et Facebook. Les dirigeants chinois réunis à Wuzhen lors de la troisième conférence mondiale sur l’Internet en novembre 2016 ont déclaré que les fausses informations diffusées lors des élections américaines justifiaient l’ajout de nouvelles restrictions à l’utilisation libre et ouverte de l’Internet. Le ministre adjoint chinois Ren Xianliang, responsable de l’Administration du cyberespace de la Chine, a déclaré que la participation croissante en ligne conduisait à des « informations nuisibles » et à la fraude. Kam Chow Wong, ancien agent des services de police de Hong Kong et professeur de justice pénale à l’Université Xavier, a loué les tentatives des États-Unis de surveiller les réseaux sociaux. Le Wall Street Journal a remarqué que la censure d'Internet en Chine était devenue un thème important de Conférence mondiale sur l’Internet, du fait de l’accroissement du phénomène des fake news[26].

Le problème des fausses informations lors des élections américaines de 2016 a donné au gouvernement chinois une raison de critiquer plus fortement la démocratie occidentale et la liberté de la presse. Le gouvernement chinois a également accusé les médias occidentaux de partialité, s’inspirant du président Trump[27].

En mars 2017, le Quotidien du peuple, un journal dirigé par le Parti communiste chinois, dénonçait la couverture médiatique de la torture de l’avocat chinois et défenseur des droits humains Xie Yang, qualifiant l’information de fausse. Le journal a publié un message sur Twitter déclarant que « les rapports des médias étrangers selon lesquels la police a torturé un avocat détenu sont faux, fabriqués pour ternir l’image de la Chine ». L’agence de presse publique Xinhua News Agency a affirmé que « les articles étaient essentiellement des fausses informations ». Le gouvernement chinois a souvent accusé les médias occidentaux d’être partiaux et malhonnêtes.

Le gouvernement chinois a également affirmé que des gens se faisant passer pour des journalistes diffusent des informations négatives sur les réseaux sociaux afin d’extorquer de l’argent à leurs victimes en échange d’un arrêt de leur chantage. David Bandurski, du China Media Project de l’Université de Hong Kong, a déclaré que ce problème n’a cessé de s’aggraver[28].

Les dirigeants taïwanais, dont le président Tsai Ing-wen et le premier ministre William Lai, ont accusé une armée de trolls chinois de diffuser des fake news via les réseaux sociaux pour soutenir des candidats plus favorables à Pékin avant les élections locales de 2018[29],[30],[31].

Drapeau de la Colombie Colombie

À l’automne 2016, Whatsapp a été utilisé pour la diffusion de fausses informations qui ont eu un impact sur les votes lors du référendum colombien de 2016[32]. L’une des fake news qui se sont rapidement répandues via WhatsApp était que les citoyens colombiens subiraient une baisse des pensions alors que les anciens combattants de la guérilla recevraient plus d’argent[33]. La désinformation a commencé à partir d’une question : les utilisateurs Whatsapp approuvaient-ils ou non l’accord de paix entre le gouvernement et les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) ? L’accord de paix aurait fin à cinq décennies de guerre entre les groupes révolutionnaires d’une part et le gouvernement colombien et les paramilitaires d’autre part. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué de vastes déplacements de personnes dans tout le pays.

La campagne pour le « non » a tenté de convaincre les citoyens colombiens de ne pas accepter l’accord de paix parce qu’il permettrait aux groupes rebelles de s’en tirer « trop facilement »[34].

Uribe, ancien président de la Colombie et du parti le Centre démocratique, a mené la campagne du « non ». Santos, président en 2016, a adopté des approches libérales pendant sa présidence et a remporté le prix Nobel de la paix en 2016 en raison de ses efforts pour parvenir à un accord de paix avec les forces rebelles[35],[36]. D’autres nouvelles ont été mal interprétées par le public, notamment que le but de Santo était de soumettre la Colombie à un régime chaotique. Dans une entrevue avec Juan Carlos Vélez, le directeur de campagne du « non », ce dernier présente leur stratégie ainsi: « Nous découvrions le pouvoir viral des réseaux sociaux ». La campagne pour le « oui » a également participé à la diffusion de fausses nouvelles par le biais de whatsapp. Par exemple, une image photoshoppée d’un sénateur du Centre Démocratique, le sénateur Everth Bustamante, avec une pancarte portant l’inscription « Je ne veux pas de guérillas au congrès » a été fortement diffusée. La campagne du « non » a fortement influencé les votes dans toute la Colombie, celle du « oui » dans les régions où le nombre de victimes est le plus élevé et celle du « non » dans les régions influencées par Uribe. Au final , il y a eu 50,2 % de votes « non » contre 49,8 % de votes « oui ». Une autre conséquence de la diffusion de fake news par l’application a été la création du « détecteur de mensonges » en janvier 2017 par la journaliste Juanita Leon pour lutter contre les fausses informations dans WhatsApp.

Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud

Les journalistes et experts des médias sud-coréens déplorent l’hostilité politique entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui dénature la couverture médiatique de la Corée du Nord, et la Corée du Nord a attribué à la Corée du Sud et aux États-Unis des reportages erronés pour avoir critiqué l’organisation médiatique Chosun Ilbo alors que la journaliste américaine Barbara Demick avait également fait les mêmes critiques sur la couverture médiatique du Nord[37],[38].

Le 27 novembre 2018, les procureurs ont perquisitionné la maison du gouverneur de la province de Gyeonggi, Lee Jae-myung, à la suite de soupçons selon lesquels sa femme aurait utilisé un pseudonyme Twitter pour diffuser de fausses nouvelles au sujet du président Moon Jae-in et des autres rivaux politiques de son mari[39],[40].

Drapeau de l'Espagne Espagne

Les fausses nouvelles en Espagne se sont répandues dans les années 2010, mais elles ont occupé une place importante auparavant. Le gouvernement des États-Unis a publié article concernant l’achat des Philippines à l’Espagne basé sur de fausses informations[41]. Malgré cela, le sujet des fausses nouvelles n’a pas reçu beaucoup d’attention en Espagne, jusqu’à ce que le journal El País lance le nouveau blog dédié strictement aux informations vérifiées intitulé « Hechos », « les faits » en français[42].

Drapeau des États-Unis États-Unis

Les fausses informations sont devenues un sujet mondial et ont été largement présentées à des milliards de personnes comme une question importante en raison de l’élection présidentielle américaine de 2016[43],[44],[45]. Donald Trump a tweeté ou retweeté de « faux médias » ou comportant de fausses informations 176 fois au 20 décembre 2017, selon un inventaire tous les tweets de Trump[46]. Les géants de la technologie en ligne Facebook et Google ont commencé à mettre en place des moyens pour lutter contre les fausses nouvelles en 2016 à la suite de la diffusion du phénomène. Google Trends indique que le terme « fake news » a gagné du terrain dans les recherches en ligne en octobre 2016[47].

Le professeur Philip N. Howard du Oxford Internet Institute de l’Université d’Oxford a étudié le trafic Internet aux États-Unis avant l’élection. Il a découvert qu’environ la moitié de toutes les nouvelles sur Twitter destinées au Michigan étaient fausses, et l’autre moitié provenait de sources de nouvelles professionnelles[48].

Selon BuzzFeed, au cours des trois derniers mois de la campagne présidentielle, sur les vingt principaux articles truqués liés aux élections sur Facebook, dix-sept étaient anti-Clinton ou pro-Trump. Les utilisateurs de Facebook interagissaient plus souvent avec ces documents qu’avec les reportages de véritables agences de presse[49].

Le débat sur l’impact des fausses nouvelles dans l’élection a conduit les chercheurs de Stanford à étudier l’impact des fausses nouvelles partagées sur les réseaux sociaux, dont 62% des adultes américains tirent leurs informations. Ils ont évalué que 8 % des lecteurs de fausses informations croyaient le contenu qu’ils lisaient[50],[51]. En comparaison, plus de 50 % des participants se souvenaient avoir lu des articles et croyaient aux nouvelles véridiques. Les auteurs n’évaluent pas l’impact final de ces chiffres sur l’élection, mais cherchent à « offrir un contexte théorique et empirique » au débat[52].

Selon des chercheurs de l’Oxford Internet Institute, aux États-Unis, à l’approche de l’élection présidentielle de 2016, les fausses nouvelles étaient particulièrement répandues et se propagèrent rapidement par des bots sur les réseaux sociaux[53],[54]. Dans un discours prononcé peu après sa défaite, Hillary Clinton, ancienne candidate démocrate, a averti des « conséquences réelles » des fausses informations[55].

En décembre 2016, un homme armé de Caroline du Nord, Edgar Maddison Welch, s’est rendu à Washington, et a ouvert le feu sur la pizzeria Comet Ping Pong, sous l’impulsion d’un faux reportage en ligne connu sous le nom de Pizzagate, qui accuse la pizzeria de tenir un réseau pédophile dirigé par des dirigeants du Parti démocrate[56],[57]. Les systèmes de réseaux sociaux, comme Facebook, jouent un rôle important dans la diffusion de fausses informations. Lors d’une conférence de presse conjointe, M. Trump s’est dit « très fier » d’entendre le président brésilien Jair Bolsonaro utiliser le terme « fake news »[58].

Drapeau de la Finlande Finlande

Des responsables de 11 pays se sont réunis à Helsinki en novembre 2016 et ont planifié la création d’un centre de lutte contre la cyberguerre et la désinformation, comprenant la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux. Le centre devrait être situé à Helsinki et combiner les efforts de 10 pays, dont la Suède, l’Allemagne, la Finlande et le Premier ministre finlandais Juha Sipilä, qui prévoit d’aborder le sujet du centre au printemps 2017 par une motion au Parlement.

Le secrétaire d’État adjoint aux affaires européennes, Jori Arvonen, a déclaré que la cyberguerre, ainsi que les intrusions de la Russie et de l’État islamique en Finlande, est devenue un problème croissant en 2016. Arvonen a cité des exemples tels que les fausses nouvelles en ligne, la désinformation, et les petits hommes verts durant la crise ukrainienne[59].

Drapeau de la France France

Au cours des dix années qui ont précédé 2016, la popularité des sources d’information alternatives d’extrême droite a été croissante[60]. Le sociologue Antoine Bevort, citant les données du classement Alexa Internet affirme que les sites politiques les plus consultés en France en 2016 étaient Égalité et Réconciliation, François Desouche et Les Moutons Enragés[61],[62]. Ces sites ont accru le scepticisme envers les médias grand public, à la droite comme à la gauche de l’échiquier politique.

En septembre 2016, le pays a été confronté à une controverse au sujet de faux sites Web diffusant de fausses informations sur l’avortement. L’Assemblée nationale a manifesté son intention d’interdire ces faux sites. Laurence Rossignol, ministre française des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, a informé le parlement, que ces sites se présentant comme politiquement neutres servent en réalité à désorienter les femmes à la recherche d’information sur l’avortement.

Élection présidentielle de 2017

La France a connu une augmentation de la désinformation et de la propagande, principalement en période électorale. Une étude portant sur la diffusion de l’actualité politique au cours du cycle électoral présidentiel de 2017 suggérait qu’un lien sur quatre partagé dans les médias sociaux provient de sources qui contestent activement les récits des médias traditionnels. Facebook a supprimé 30 000 comptes Facebook associés à de fausses informations politiques en France[63].

En avril 2017, la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron a été perturbée par de faux articles d’information plus que par la campagne de la candidate Marine Le Pen ou du candidat socialiste[64]. Un des articles en question annonçait que Marine Le Pen avait remporté l’élection avant même que le vote ait eu lieu[65]. Les emails professionnels et privés de Macron ainsi que des notes, contrats et documents comptables ont été affichés sur un site de partage de fichiers. Les documents divulgués ont été mélangés à de faux documents sur les réseaux sociaux afin de tenter d’influencer le vote[66]. Macron a déclaré qu’il combattrait les fausses nouvelles du genre de celles qui avaient été diffusées pendant sa campagne électorale[67].

Dans un premier temps, la fuite a été attribuée à l’APT28, un groupe lié à la direction du renseignement militaire du GRU russe[68]. Cependant, le chef de l’agence française de cybersécurité, l’ANSSI, a déclaré plus tard qu’il n’y avait aucune preuve que le piratage avait un rapport avec la Russie, expliquant que l’attaque était si simple, que « nous pouvons imaginer que c’est une personne qui a agi seule. Ils peuvent se trouver dans n’importe quel pays »[69].

Drapeau de l'Inde Inde

En Inde, les fausses informations ont donné lieu à des épisodes de violence entre castes et religions, interférant avec les politiques publiques. Elle se propage souvent par le biais de la messagerie instantanée Whatsapp, qui comptait 200 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans le pays en février 2017[70].

Le 8 novembre 2016, l’Inde a établi un billet de 2 000 roupies le même jour que la démonétisation des billets de 500 et 1 000 roupies indiennes. De fausses nouvelles se sont propagées sur Whatsapp que le billet était équipé d’une technologie d’espionnage qui permettait de suivre les billets à 120 mètres sous terre. Le ministre des Finances Arun Jaitley a réfuté ces informations, mais pas avant qu’elles ne se soient répandues dans les principaux médias du pays[71]. Plus tard, en mai 2017, sept personnes ont été lynchées alors que la rumeur d’enlèvements d’enfants se répandait par WhatsApp dans un village[72].

Prabhakar Kumar, de l’agence indienne de recherche sur les médias CMS, a déclaré au Guardian que l’Inde avait été frappée plus durement par de fausses nouvelles parce que le pays ne disposait pas d’une politique de vérification des médias. En Inde, des agents des forces de l’ordre ont arrêté des personnes accusées d’avoir créé des articles fictifs, surtout s’il était probable que ces articles exacerbent un conflit social.

En avril 2018, le ministère de l’Information et de la Radiodiffusion a déclaré que le gouvernement annulerait l’accréditation des journalistes qui partageaient de fausses informations, mais cette décision a été rapidement retirée après des critiques mettant en avant qu’il s’agissait d’une atteinte à la liberté de la presse[73].

En juin 2018, une foule a assassiné un fonctionnaire, Sukanta Chakraborty, qui luttait contre les fake news et les rumeurs, et deux autres personnes sans lien avec les fake news. D’autres personnes ont été grièvement blessées. Le gouvernement local a temporairement fermé l’Internet mobile et les services de messagerie[74].

Pour lutter contre la menace des fausses informations au Cachemire, Amir Ali Shah, un jeune homme du district Anantnag du sud du Cachemire, a développé un site web appelé « Stop Fake in Kashmir » où les informations peuvent être vérifiées. Ce site est le premier du genre développé dans la vallée du Cachemire[75].

Drapeau de l'Indonésie Indonésie

Récemment, l’Indonésie a connu une augmentation du nombre de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux. Le problème s’est posé pour la première fois lors de l’élection présidentielle de 2014, durant laquelle le candidat Jokowi a été la cible d’une campagne de diffamation qui prétendait à tort qu’il était le fils de membres du Parti communiste indonésien, d’origine chinoise et chrétien[76]. Si durant l’élection de 2016 aux États-Unis, les réseaux sociaux se sont de plus en plus engagés à lutter contre les fake news, leur rôle dans l’augmentation des tensions ethniques et politiques pourrait être potentiellement mortel en Indonésie avec une multiplication des actes de terrorisme intérieur et l’héritage des pogroms anticommunistes, anti-chrétiens et anti-chinois. Le gouvernement, des groupes de surveillance et même des organisations religieuses ont pris des mesures pour empêcher leur diffusion. Des sites Web ont été bloqués et des applications de vérification des informations crées. La plus grande organisation islamique de masse en Indonésie, Nahdlatul Ulama, a créé une campagne de lutte contre la contrefaçon appelée #TurnBackHoax, tandis que d’autres groupes islamiques ont défini la diffusion de fake news comme un péché[77]. Alors que le gouvernement considère actuellement les sanctions pénales comme son dernier recours, les autorités travaillent dur pour garantir le respect par la police de la liberté d’expression.

Drapeau d’Israël Israël / Drapeau de la Palestine Palestine

En 1996, des personnes ont été tuées durant ses émeutes au Mur des Lamentations en réaction à de fausses nouvelles[78]. Un journal égyptien a fait état de requins espions israéliens formés pour manger des baigneurs arabes en mer Rouge[79]. En avril 2018, l’équipe de football palestino-israélienne Bnei Sakhnin a menacé de poursuivre en justice le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour diffamation, après avoir affirmé que les supporters avaient hué une minute de silence pour en l’honneur des victimes israéliennes d’inondations[80].

Dans un article sur les réseaux sociaux, Netanyahou a critiqué plusieurs médias israéliens qui le critiquaient, notamment Channel 2, Channel 10, Haaretz et Ynet le même jour où le président américain Trump a dénoncé de "fausses nouvelles".

L’organisation politique islamiste palestinienne Hamas a publié un programme politique en 2017 destiné à assouplir sa position sur Israël. Entre autres choses, cette charte a accepté les frontières de l’État palestinien issues de la guerre des Six Jours de 1967[81]. Bien que ce document constitue un progrès par rapport à leur précédente charte de 1988, qui appelait à la destruction de l’État d’Israël, elle ne reconnaît toujours pas Israël comme une nation indépendante et légitime. Dans une vidéo, le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahou, réagit à la couverture de cet événement par des médias comme Al Jazeera, CNN, New York Times et The Guardian, qualifiant leurs reportages de fausses informations[82]. Il s’oppose particulièrement à l’idée que le Hamas aurait accepté l’existence de l’État d’Israël dans sa nouvelle charte, et appelle cela « une complète déformation de la vérité ». Il a affirmé que : « Le nouveau document du Hamas dit qu’Israël n’a pas le droit d’exister ». Dans un discours ultérieur, adressé à ses partisans, Netanyahou a répondu aux allégations contre lui : « L’industrie des fausses informations est à son apogée... Regardez, par exemple, comment ils couvrent avec un enthousiasme illimité, chaque semaine, la manifestation de gauche. Les mêmes manifestations dont le but est de faire pression sur les forces de l’ordre pour qu’elles déposent un acte d’accusation à tout prix ». Les observateurs ont comparé son utilisation générale du terme « fausses nouvelles » pour décrire les médias de gauche aux déclarations de Donald Trump durant la campagne électorale de 2016[83].

Dans une étude menée par Yifat Media Check Ltd et Hamashrokit (« The Whistle », une ONG de vérification des faits), ils ont constaté que plus de 70% des déclarations faites par les dirigeants politiques israéliens n’étaient pas exactes[84].

Drapeau de la Malaisie Malaisie

En avril 2018, la Malaisie a mis en œuvre le projet de loi anti-fake News de 2018, une loi controversée qui considère la publication et la diffusion d’informations trompeuses comme un délit passible d’une peine pouvant aller jusqu’à six ans de prison ou d’amendes pouvant aller jusqu’à 500 000 Ringgit[85]. Au moment de sa mise en application, le Premier ministre du pays était Najib Razak, dont les associés étaient liés à la mauvaise gestion d’au moins 3,5 milliards de dollars selon un rapport du département de la Justice des États-Unis[86]. De cette somme, 731 millions ont été déposés sur des comptes bancaires contrôlés par Razak. La convergence entre la loi sur les fausses information et le rôle de Razak avec le scandale a été clairement établie par le ministre malaisien des communications et du multimédia, Salleh Said Keruak, qui a déclaré que relier Razak à l’affaire pouvait être une infraction passible de poursuites[87]. Aux élections générales malaisiennes de 2018, Najib Razak perd son siège de Premier ministre face à Mahatir Mohammad qui avait fait le serment de supprimer cette loi durant sa campagne. Après avoir remporté les élections, le Premier ministre Mohammad, nouvellement élu, a déclaré : «  Même si nous soutenons la liberté de la presse et la liberté d’expression, il y a des limites »[88],[89]. En mai 2018, Mohammad a soutenu la modification de la loi, plutôt que son abolition complète.

Paul Bernal, conférencier dans le domaine de l’information et de la technologie, craint que l’épidémie de fausses nouvelles ne soit un « cheval de Troie » pour des pays comme la Malaisie pour « contrôler les histoires inconfortables ». L’imprécision de cette loi signifie que les satiristes, les rédacteurs d’opinion et les journalistes qui commettent des erreurs pourraient être poursuivis[90]. La loi rend également illégal le partage de fausses informations. Un Danois et un citoyen malaisien ont été arrêtés pour avoir partagé de fausses nouvelles en ligne et ont été condamnés à un mois de prison[91].

Drapeau du Maroc Maroc

En 2018, un important mouvement de boycott est lancé via les réseaux sociaux à partir du 20 avril contre les marques Danone (produits laitiers), Sidi Ali (eau minérale) et Afriquia (distribution de carburants). L’appel au boycott aurait été suivi par 42% de la population du pays[92]. Le mouvement a été qualifié de “ spontané “ par une grande partie de la presse et de nombreux observateurs[93]. Rapidement quelques médias marocains ont mis pourtant en cause l’indépendance du boycott, de sa préparation et la diffusion de fake news dont celle concernant des importations de poulets cancérigènes depuis les États-Unis[94].

En septembre 2019, une étude de l’École de pensée sur la guerre économique dévoile la préparation minutieuse et financée du boycott par de très nombreux comptes sur les réseaux sociaux (Astroturfing)[95]. L’étude met en avant le rôle de sympathisants du parti islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane (Justice et bienfaisance) dans l’organisation du boycott ainsi que les positions pro-Erdogan ou pro-Morsi des comptes en question[96].  

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas

En mars 2018, l’équipe East StratCom de l’Union européenne a dressé une liste d’articles surnommés « le hall de la honte » regroupant des tentatives présumées du Kremlin d’influencer des décisions politiques. Cependant, la controverse a éclaté lorsque trois médias néerlandais ont affirmé avoir été cités à tort pour des citations attribuées à des personnes dont les opinions n’étaient pas répandues[97]. Tous les trois ont été signalés pour avoir publié des articles critiques à l’égard des politiques ukrainiennes. Cet incident a contribué à la question croissante de ce qui définit des informations comme fausses, et comment les libertés de la presse et de parole peuvent être protégées pendant les tentatives pour limiter la propagation des fausses nouvelles.

Drapeau du Pakistan Pakistan

Khawaja Muhammad Asif, ministre de la Défense du Pakistan, a menacé d’atomiser Israël sur Twitter à la suite d’une fausse histoire affirmant qu’Avigdor Lieberman, le ministère israélien de la Défense, avait déclaré : « Si le Pakistan envoie des troupes terrestres en Syrie sous un prétexte quelconque, nous allons détruire ce pays avec une attaque nucléaire »[98],[99].

Drapeau des Philippines Philippines

Les fausses informations sont problématiques aux Philippines où les réseaux sociaux ont déjà joué un rôle très important dans la vie politique. Après l’élection de 2016 aux Philippines, le sénateur Francis Pangilinan a demandé qu’il y ait une enquête sur l’attitude des réseaux sociaux qui ont permis la diffusion de fausses nouvelles[100]. Pangilinan a exigé que des sanctions soient prises à l’encontre des réseaux sociaux ayant autorisé la diffusion de fausses informations sur ses idées. Face au poids des fake news, les autorités du pays souhaitent la mise en place d’un outil de filtrage du web aux Philippines afin de « pour garantir l’intégrité du cyberespace aux Philippines »[100].

Drapeau de la Pologne Pologne

L’historien polonais Jerzy Targalski soutient que des sites d’informations ont tenté d’infilter la vie du web polonais en copiant et diffusant massivement des contenus de Russia Today, un média favorable à la Russie. Selon lui, une vingtaine de sites participent ainsi à la diffusion massive de fausses informations à partir de sources russes[101].

Drapeau de la République tchèque République tchèque

En République tchèque, de fausses agences de presse diffusent des informations en tchèque et en anglais produites des sources russes[102]. Le président tchèque Miloš Zeman a soutenu les médias accusés d’avoir diffusé de fausses informations.

Le Centre contre le terrorisme et les menaces hybrides (CTHH) est une unité du ministère de l’Intérieur de la République tchèque qui vise principalement à lutter contre la désinformation, les fausses nouvelles, les canulars et la propagande étrangère. Le CTHH est entré en activité le 1er janvier 2017. Le CTHH a été critiqué par le président tchèque Miloš Zeman, qui a déclaré : « Nous n’avons pas besoin de censure. On n’a pas besoin d’une police de la pensée. Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle agence de presse et d’information tant que nous voulons vivre dans une société libre et démocratique »[103].

Drapeau de la Russie Russie

En mars 2019, la Russie a adopté un nouveau projet de loi visant à interdire aux sites Web de diffuser des fake news. En plus de s’attaquer aux fausses informations, la nouvelle loi punit toute source ou tout site Web qui publie du matériel offensant pour l’État, le gouvernement ou des personnalités politiques. En cas de récidive, les auteurs sont passibles de 15 jours de prison[104],[105].

Drapeau de Singapour Singapour

Singapour criminalise la propagation de fausses nouvelles. En vertu de la législation en vigueur, « Quiconque transmet ou fait transmettre un message qu’il sait faux ou fabriqué est coupable d’une infraction ».

Le gouvernement de Singapour a présenté en avril 2019 un projet de loi sur les fausses informations, intitulé « loi sur la protection contre les falsifications et manipulations en ligne », qui vise à réglementer les sites Web qui diffusent de fausses informations et à combattre les fake news[106]. Ce projet de loi est appuyé par le Parti d’action populaire du Premier ministre Lee Hsien Loong, qui détient la majorité au Parlement, mais les critiques soulignent également que ce projet de loi accroître son contrôle des réseaux sociaux.

Plateforme militante Le Online Citizen considérait la législation contre les fausses nouvelles comme une tentative du gouvernement de restreindre la libre circulation de l’information afin que seule l’information approuvée par le gouvernement soit diffusée au public[107]. Dans un texte en ligne, l’activiste et historien Thum Ping Tjin conteste que les fausses informations soient un problème à Singapour et accuse le gouvernement d’être la seule source majeure de fausses informations[108].

Facebook et Google se sont opposés à l’introduction de nouvelles lois pour lutter contre les fausses informations, affirmant que la législation existante est suffisante pour résoudre le problème et la lutte contre la désinformation passe par l’éducation des citoyens[109].

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni

Le 8 décembre 2016, le chef des services secrets du MI6, Alex Younger, a prononcé un discours devant des journalistes au siège du MI6 durant lequel il a affirmé que les fake news ont un pouvoir de nuisance contre la démocratie. Il a également affirmé que le MI6 devait lutter contre les fake news et aider d’autres États à le faire[110].

Cependant, au Royaume-Uni il existe une controverse sur la définition de ce qu’est une fake news, la satire politique étant considérée comme un élément clé de l’humour britannique[111].

Drapeau de la Suède Suède

En 2015, le Service de la sûreté de l’État suédois a publié un rapport dans lequel il identifiait la propagande de la Russie en Suède dans le but d’attiser les conflits sociaux. La Swedish Civil Contingencies Agency (MSB), qui fait partie du ministère de la Défense, a identifié de faux reportages ciblant la Suède en 2016 et provenant de Russie[112].

Selon l’Oxford Internet Institute, huit des dix premières sources d’ « informations indésirables » durant la campagne électorale suédoise de 2018 étaient suédoises, et « les sources russes représentaient moins de 1 % du nombre total d’URL partagées dans l’échantillon de données »[113].

Drapeau de la Syrie Syrie

En février 2017, Amnesty International a rapporté que jusqu’à 13 000 personnes avaient été pendues dans une prison syrienne dans le cadre d’une campagne d’ « extermination ». Le président syrien Bachar al-Assad a mis en doute la crédibilité d’Amnesty International et a qualifié le rapport de fake news créé pour attaquer le gouvernement[114].

La Russie a mené une campagne de désinformation pendant la guerre civile syrienne pour discréditer l’organisation des Casques blancs. Les Nations unies et des inspecteurs internationaux ont affirmé Bachar al-Assad responsable de l’utilisation d’armes chimiques. La Russie a rejeté ces affirmations[115],[116],[117].

Drapeau de Taïwan Taïwan

Dans un reportage publié en décembre 2015 par The China Post, une fausse vidéo diffusée en ligne montrait un spectacle de lumière prétendument réalisé au réservoir Shihmen. Le Bureau des ressources en eau de la région du nord a déclaré qu’il n’y avait pas de spectacle de lumières au réservoir et que l’événement avait été inventé. La manipulation a conduit à une augmentation des visites touristiques à l’attraction réelle.

Selon un article Time World sur la menace mondiale contre la liberté d’expression, le gouvernement taïwanais a réformé sa politique en matière d’éducation et inclura l’ « éducation aux médias » dans les programmes scolaires. Cette évolution doit permettre de développer la pensée critique nécessaire à l’utilisation des médias sociaux. De plus, l’éducation aux médias comprendra également les compétences nécessaires pour analyser la propagande et les sources, afin que les élèves puissent comprendre ce qui qualifie une fake news[118].

Drapeau de l'Ukraine Ukraine

Depuis l’Euromaidan et le début de la crise ukrainienne en 2014, les médias ukrainiens ont fait circuler plusieurs faux reportages et images trompeuses, dont une photo de rebelle mort avec un tatouage ajouté via Photoshop qui indiquerait qu’il appartenait aux forces spéciales russes[119] ; une image tirée d’un jeu vidéo diffusée sous forme d’une image satellite montrant prétendument le pilonnage de la frontière par les russes et la menace d’une attaque nucléaire russe contre des troupes ukrainiennes. Le thème récurrent de ces fausses informations était l’implication de la Russie dans la crise et de la guerre dans le Donbass[120].

En 2015, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a publié un rapport critiquant les campagnes de désinformation menées par la Russie pour perturber les relations entre l’Union européenne et l’Ukraine après la destitution de Viktor Ianoukovitch. Selon la Deutsche Welle, des tactiques similaires ont été utilisées par de faux sites d’information pendant les élections américaines. Un site Web, StopFake, a été créé par des militants ukrainiens en 2014 pour démasquer les fausses nouvelles en Ukraine, y compris la représentation médiatique de la crise ukrainienne[121].

Le 29 mai 2018, les médias ukrainiens et des représentants de l’État ont annoncé que le journaliste Arkady Babchenko avait été assassiné dans son appartement à Kiev. Plus tard, Babchenko est apparu vivant et le Service de sécurité de l’Ukraine a affirmé que ce faux meurtre monté avait été nécessaire pour arrêter une personne qui aurait planifié un véritable assassinat. Alexander Baunov a expliqué que ce faux assassinat était le premier exemple de fausses nouvelles utilisées directement par les plus hauts fonctionnaires d’un Etat[122].

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