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Massacre d'Ekité

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Massacre d'Ekité
Date 31 déc 1956
Lieu Ekite, Drapeau du Cameroun Cameroun
Victimes Civils et nationalistes upécistes
Morts entre 20 sources militaires et 200 sources civiles
Blessés Non dénombrés
Disparus Inconnus
Auteurs Forces coloniales françaises, camerounais anti-upc
Motif Pacification du maquis dans la Sanaga-Maritime
Guerre Guerre du Cameroun
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Géolocalisation sur la carte : Cameroun
(Voir situation sur carte : Cameroun)
Massacre d'Ekité

Contexte

Les maquisards - nom donné aux nationalistes upécistes actifs dans les forêts viennent d’attaquer un rassemblement catholique à Ekité. Un garde a la gorge tranchée.

Ekité, comme plusieurs villages de la Sanaga Maritime, est une ville réputé hostile à l'administration et acquise au front des nationalistes upécistes. C'est un fief pour les partisants de l'UPC; la zone d'action de Ruben Um Nyobè. La ville est un abris pour les 'maquisards'.

Le massacre a lieu durant la campagne de 'pacification' menée par les troupes coloniales françaises dans la Sanaga-Maritime[1].

Les forces régulières ont une réaction vive et tirent facilement faisant des dizaines de morts[2].  

Déroulement

La nuit du 30 au 31 décembre 1956, les troupes de l'armée coloniale française entrent à Ekité, où elles ont massacré plusieurs dizaines, peut-être une ou deux centaines(s), de ses habitants. Les troupes coloniales étaient à la recherche de combattants indépendantistes, membres de l'Union des populations du Cameroun (UPC)[3]. Qualifiés de rebelles », de « fous » en « état de surexcitation extraordinaire », sous l'emprise magique de la sorcellerie ou du vin de palme.

Pierre Messmer dira : les pelotons de la garde ont rencontré, dans la forêt entourant ce village, un groupe rebelle important (trois cents ou quatre cents personnes), formé d'upécistes convaincus, venus pour un bon nombre de Douala, et auxquels avaient été administrée une drogue (vraisemblablement du haschich, d'après les constations médicales faites sur les blessés)».

Un 'champs des martyrs'[1] est identifié par des riverains, il est le lieu d'une commémoration des 50 ans en 2016 par des upécistes[4].

Nombre de victimes.

Des nationalistes parlent de 200 morts[4],[5]. Gabriel Haulin dénombre 56 cadavres, et « d'autres cadavres de rebelles tués en forêt, non retrouvés » ne sont pas comptés »[6].

Témoins

Gabriel Haulin est commandant de la troupe qui dirige l'attaque[6]. L'administrateur colonial Philippe Antoine - devenu « père blanc » peu après ses six années au Cameroun et ses quatre ans passés au cabinet de Debré à Matignon - était sur place, et a accompagné/mené la troupe de « gardes très excités »[6]. Les troupes ne distinguent pas et vont « tirer dans le tas, tirer dans les fourrés où se cachaient les maquisards. Pendant 15 minutes, jusqu'à ce que je demande à l'officier d'arrêter le feu »[7]. Il ajoute : « C'est allé très vite, on a fait quelques prisonniers et le chef de région a fait enterrer les morts dans la foulée »[8].

Odile Mbouma était assise au pied d'un arbre quand elle a soudain entendu des coups de feu[9] des troupes à la recherche des nationaliste Upécistes.

Des rescapés, enfants de rescapés tel Benoît Bassemel[10], témoins, populations locales - tels Odile Mbouma[11], M. Kell[12] - et proches de survivants évoquent cet épisode 'avec chair de poule'[13],[14].

Fosses communes

Il se trouve plusieurs - au moins trois[12] - fosses communes dans lesquelles les nationalistes ont été enterrés[15]. Celles ci ont été 'découvertes' récemment et se trouve a quelques dizaines de mètres l'une des autres.

Presse et mémoire

La presse locale au moment des faits semble muette. Le massacre fait partie d'une guerre passée sous silence selon la presse 60 ans plus tard[10].

Les rapports militaires sont inaccessibles et il n'existe pas du coté de l'administration de services officiels pour la mémoire. Quelques personnes y déposer des gerbes[12].

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 cameroun24 net-Master Communication, « L’UPC se souvient des patriotes martyrs », sur cameroun24.net (consulté le 24 juin 2020)
  2. CAMEROUN : LE COMBAT POUR L’INDEPENDANCE SOUS L’EMPRISE D’UNE FRANCE COLONIALE [lire en ligne], p. p. 71 & 72 
  3. (en) « Survivors tell of France's 'dirty war' in Cameroon independence », sur France 24, (consulté le 24 juin 2020)
  4. 4,0 et 4,1 « UPC Archives », sur KalaraNet Magazine (consulté le 24 juin 2020)
  5. Émilie Doré, « Les classes moyennes vues à travers leur lieu de résidence : le cas de La Molina, dans la périphérie de Lima », dans Ségrégation et fragmentation dans les métropoles, Presses universitaires du Septentrion, (ISBN 978-2-7574-0582-6, lire en ligne), p. 137–154
  6. 6,0, 6,1 et 6,2 Thomas DELTOMBE, Manuel DOMERGUE et Jacob TATSITSA, Kamerun !: Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971, La Découverte, (ISBN 978-2-348-04238-6) [lire en ligne (page consultée le 2020-06-24)] 
  7. Manuel DOMERGUE, Jacob TATSITSA et Thomas DELTOMBE, La guerre du Cameroun, La Découverte, (ISBN 978-2-7071-9372-8) [lire en ligne (page consultée le 2020-06-24)] 
  8. Thomas DELTOMBE, Manuel DOMERGUE et Jacob TATSITSA, Kamerun !: Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971, La Découverte, (ISBN 978-2-348-04238-6) [lire en ligne (page consultée le 2020-06-24)] 
  9. (en) « Survivors tell of France's 'dirty war' in Cameroon independence », sur The Citizen (consulté le 24 juin 2020)
  10. 10,0 et 10,1 Le Point magazine, « Indépendance du Cameroun: sur les traces de la », sur Le Point, (consulté le 24 juin 2020)
  11. La Majalla, « Cameroun : L’indépendance, une mémoire encore présente… », sur Majalla - Leader du Magazine Arabe - Majalla Magazine, (consulté le 24 juin 2020)
  12. 12,0, 12,1 et 12,2 « Indépendance du Cameroun: sur les traces de la "sale guerre" de l'armée française », sur L'Obs (consulté le 24 juin 2020)
  13. (en-US) « Survivors report France’s “dirty war” in Cameroon’s independence www.archyde.com Archyde », sur Archyde, (consulté le 24 juin 2020)
  14. « Au Cameroun, sur les traces d’une guerre d’indépendance longtemps tabou », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 24 juin 2020)
  15. La Libre.be, « Indépendance du Cameroun: sur les traces de la "sale guerre" de l'armée française », sur www.lalibre.be (consulté le 24 juin 2020)

Voir aussi

Bibliographie

  • Compte rendu d'une opération ayant été effectuée le 31.12.1956 près d'Edéa (SHAT (Service Historique de l'Armée de Terre), 6H239).
  • CR concernant les enseignements à tirer des récents incidents qui se sont déroulés en Sanaga-Maritime , 1" février 1957, p. 3 (SHAT, 6H239).
  • Coup de cœur pour l'Afrique, 1956-1957, Éditions du Pressoir de Montalègre, Cologny, 1992, p. 184.
  • JMO [journal de marche et des opérations] de l'état-major du colonel commandant militaire du Cameroun , 2e semestre 1956, p. 11 (SHAT, 6H110). et Enseignement tirés des opérations de l'ordre en Sanaga- Maritime en décembre 1956 et janvier 1957 , p. 5.
  • Trop de sang a coulé, L'Effort camerounais,
  • Comment le massacre des Kamerunais a été préparé et consommé par le gouvernement français , 3 janvier 1957 (ref. Achille Mbembe, Écrits sous maquis, p. 186).
  • Le Sillage militaire de la France au Cameroun, 1914-1964, p. 198, 199).CAOM, carton 3336 (Cité in Eugène-Jean DUVAL,

Articles connexes

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