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Midour Dengloine

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Midour Dengloine est un peintre expressionniste dadaïste franco-malgache, né à Pont-Aven le 12 avril 1902 et mort à Tuléar le 17 septembre 1984, des suites d’une longue maladie[1]. Décorateur, théoricien, son style influence les peintres contemporains. Influencé par les nabis de l'école de Pontaven, Midour Dengloine traverse le XXe siècle et ses grands mouvements artistiques[2]. Certains le classent parmi les expressionnistes[3].

Biographie[1],[3]

Midour Dengloine est un peintre iconoclaste Français de mère Malgache et de père Breton, né en 1902 à Pontaven, mort en 1984 à Madagascar. Sa mère, « Mino » (diminutif de Minodrianana) est originaire du sud de Madagascar ; Louis Dengloine la rencontre lors d’une campagne de pêche, puisqu’il est capitaine de sardinier et parcourt toutes les mers du globe. Ensemble, ils ont une première fille, Lalatina, née en 1900, puis un fils, né en 1902, qu’ils décident d’appeler Midour. Le choix du prénom a, semble-t-il, deux origines : une française et une malgache. Le Midour est un petit affluent qui jouxtait la propriété de la mère de Louis en Nouvelle Aquitaine, mais Midouriana signifie également « bonté » en malgache betsimisaraka (dialecte parlé dans le sud de Madagascar).

Son enfance se déroule donc en Bretagne, à Pont-Aven, d’où son père est natif. Midour fréquente l’école primaire de Nizon, place des Grands chênes, puis passe son certificat d’études au collège Penanroz, situé route de Rosporden, non loin de la pension Gloanec de la célèbre Marie Jeanne, où travaille sa mère Mino, comme femme de chambre. Midour y côtoie des peintres illustres (Jarry, Jourdan et surtout Gauguin qui aime à surnommer Midour « Madoure » qui signifie « bon secours » en breton). Ces rencontres sont tout à fait décisives dans l’amour de Midour Dengloine pour la peinture. Ses professeurs de collège décrivent un élève « brillant, intuitif et doué d’une grande créativité»[1].

Louis Dengloine est mobilisé en 1914 et meurt dès le 16 août 1914 lors de la bataille d’Antivari, pourtant remportée par la France contre l’Autriche ; il est alors sous capitaine de vaisseau, sous les ordres de l’amiral Auguste Boué de Lapeyrère et succombe à des blessures par arme à feu.

Profondément marqué par la disparition de son père et par les horreurs de la guerre, Midour revendiquera durant toute son existence une âme pacifiste et affichera un antimilitarisme assumé[4].

Après ce premier conflit mondial, Midour poursuit ses études à Rennes et finit par s’installer à Paris en 1923, pour fréquenter l’académie Julian[1]. La peinture devient sa principale discipline, il s’y consacre assidument et Midour connaît sa période la plus prolifique sur le plan productif et technique, puisqu’il créé de nombreux tableaux et s’essaie aux différents courants en vogue à l’époque ; il se montre particulièrement intéressé par le mouvement impressionniste[2]. Le 13 juin 1926, Midour Dengloine élit domicile au 3 de la rue Mézières, non loin des jardins du Luxembourg, il s’y créé un atelier qui deviendra célèbre par la suite, notamment lorsque le photographe Brassaï l’immortalisera en plein travail. Il y peint jusqu’en 1939, date à laquelle il fuit la France pour éviter la mobilisation militaire à laquelle il est farouchement opposé. Midour et sa mère rejoignent le village d’où elle est originaire et arrivent à Tuléar.

Style et technique picturale

Le contraste entre la vie parisienne et la vie malgache est brutal, les tragédies humaines durant ce second conflit mondial conduisent également Midour Dengloine à aborder la peinture sous le seau d’un changement radical : la naïveté volontaire vient alors incarner sa contestation idéologique. Ainsi, après une assez longue période où sa grande technicité (« Tempête » 1924 qui avait notamment impressionné le milieu artistique parisien[5]), Midour opte pour un style pictural figuratif, ne respectant volontairement plus les règles de la perspective sur les dimensions, l'intensité de la couleur et la précision du dessin. Son premier tableau réalisé dans ce style date de 1939 [1]et ne fait aucun doute sur son intention puisque Dengloine l’intitule « l’ingénu » ; il passe de la technique du flochetage propre aux impressionnistes à celui d’une superposition assez grossière de couches de gouache qui confère désormais à ses tableaux un potentiel spéculatif peu évident[6]. Ce parti pris ne sera jamais totalement abandonné puisque Dengloine alternera toute sa vie entre l’art naïf et l’impressionnisme ou le dadaïsme, sans jamais se créer une identité artistique repérable[2].

À la fin de la seconde guerre mondiale, Dengloine retourne régulièrement à Paris, il est souvent hébergé par Denise René, qui se charge de vendre certaines de ses œuvres[2] ; mais globalement, en pleine période du triomphe de la peinture abstraite, les œuvres de Midour peinent quelque peu à trouver preneurs.

Inspirations et influences

Dengloine vit principalement à Madagascar, notamment à Tuléar, mais aussi plus au nord, dans l’Imerina, les hauts plateaux et la capitale. Dengloine y fait d’ailleurs la connaissance de Joseph Ramanakamonjy, son pendant, plus spécialisé dans « l’art mimétique malgache ». Les deux hommes deviendront très amis, ils recevront tous les deux une distinction du ministre de la culture française Jack Lang en 1983[6].

Dengloine peindra durant trente ans entre Paris et Tuléar, avec une productivité moindre et toujours une approche dichotomique de la peinture qui désappointera beaucoup d’experts et amateurs d’art.

Cote

La cote de Dengloine a connu des variations importantes au cours de son existence, mais également après sa mort. Il existe actuellement un regain d’intérêt, notamment pour les œuvres naïves (le musée d’arts bruts de Lausanne a acquis plus de six œuvres récemment, dont les « nus couchés [3]» et « l’ingénu »), même si Dengloine reste un auteur très confiné et peu connu par le grand public.

Une rétrospective sur son œuvre doit se dérouler au musée Mahafaly de Tuléar en 2021[3].

Références - Bibliographie

  • Patrick Schaefer, “L’œil”, n° 395 juin 1988 - Article bibliographique
  • Thèse : - Cristina I. Gatchaluba Kyshakevych, The Expressionnist Art of Midour Dengloine, Krushelnytsky, Ukrainian Free University, Munich, 2004[6]. Viliane Mabenberger, Les grands tableaux de Midour, Etang salé, 1959-60[2].
  • “Merveilleux Midour”, dans Le Journal de l'île de la Réunion, 28 novembre 1976[5].
  • “Midour Dengloine parmi nous”, dans St Denis Word, 1er décembre 1976[4].

Liens externes

Site web de la FOMIDE (Fondation Midour Dengloine): www.midourdengloine.fr[3]

Expositions

  • première exposition particulière, Paris, 1946
  • Exposition Etang salé, Galerie Wierschem, 1952.
  • Exposition particulière, Verviers (Belgique), 1952.
  • Exposition rétrospective de dix ans, Etang salé, Galerie Wierschem, 1953.
  • Le peintre Midour, Etang Salé, Galerie Wierschem, 1954.
  • œuvres récentes de Midour, Bâle, Galerie Alioth ; Berne, Atelier théâtre ; Zurich, galerie Kirchgasse, sept. nov 1954.
  • Exposition collective, ST Denis, galerie d’Art Municipale, 1984 - Exposition personnelle, Lausanne, Galerie Focus, 1986
  • Midour, Lausanne, Galerie Catherine Niederhauser, 1994-95.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Patrick Schaefer, « L’œil », N° 395,‎
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3 et 2,4 Les grands tableaux de Midour, Etang salé,, 1959-60. 
  3. 3,0, 3,1, 3,2, 3,3 et 3,4 « Midour Dengloine - Accueil », sur Midourdengloine.fr
  4. 4,0 et 4,1 « Midour Dengloine parmi nous », St Denis Word,‎ 1er décembre 1976.
  5. 5,0 et 5,1 « Merveilleux Midour », Le Journal de l'île de la Réunion,‎ 28 nov. 1976.
  6. 6,0, 6,1 et 6,2 Thèse : Cristina I. Gatchaluba Kyshakevych, The Expressionnist Art of Midour Dengloine, Krushelnytsky, Ukrainian Free University, Munich, 2004.

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