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Olga Trostiansky

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Olga Trostiansky en 2011.

Olga Trostiansky, née le 3 février 1962 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) est une femme politique et une militante associative française.

Membre du Parti socialiste, elle est conseillère de Paris de 1995 à 2014 et adjointe au maire de Paris Bertrand Delanoë de 2001 à 2014. Engagée pour la défense des droits des femmes et pour la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes, elle est présidente de la Coordination française pour le lobby européen des femmes[1] depuis 2008 et a participé à la fondation du Laboratoire de l'égalité en 2010[2]. Elle est chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur.

Biographie

Fille d'immigrés d'origine espagnole et russe, Olga Trostiansky a grandi en Seine-Saint-Denis, avant de rejoindre le 10e arrondissement de Paris en 1990. Elle est mariée et mère de trois enfants.

Après des études commerciales, elle devient consultante dans une société d'assurances. Dans ce cadre, elle milite à la CFDT.

Au début de 2014, elle avait rejoint la direction des ressources humaines d'AXA France, avec notamment la responsabilité d'un projet sur l'employabilité des jeunes. En février 2015, elle est nommée Directrice de la diversité de Crédit Agricole S.A.

Engagement politique

En 1994, elle décide de s'engager en politique, au Parti socialiste. Elle rejoint la section du 10e arrondissement. En 1995, la liste conduite par Tony Dreyfus pour les élections municipales arrive en tête au second tour avec 45,92 % des voix. Olga Trostiansky, 3e sur la liste, est ainsi élue conseillère d'arrondissement chargée de la petite enfance, des personnes âgées et des personnes handicapées. Elle est également élue au Conseil de Paris, dans l'opposition.

Aux côtés de Bertrand Delanoë, alors président du groupe socialiste du conseil de Paris, elle s'investit pour préparer l'alternance, travaillant notamment à un programme de développement de l'offre d'accueil de la petite enfance, alors très déficitaire à Paris.

Le 18 mars 2001, Bertrand Delanoë est élu maire de Paris avec 49,63 % des voix. Dans le 10e arrondissement, la liste conduite par Tony Dreyfus l'emporte avec 61,99 % des voix. Olga Trostiansky est choisie par Bertrand Delanoë pour être son adjointe chargée de la famille et de la petite enfance ; dans le 10e arrondissement, elle est nommée conseillère d'arrondissement chargée de la jeunesse et des sports. Sa feuille de route parisienne : réaliser 4 500 places de crèche et halte-garderie et construire une politique familiale municipale de gauche.

Sept ans après, ce sont 5 816 places nouvelles qui ont été réalisées, grâce au développement de l'offre municipale et à un partenariat fructueux avec les associations. 163 établissements ont ainsi été créés. Afin d'améliorer l'offre d'accueil tant quantitativement que qualitativement, sous l'impulsion d'Olga Trostiansky, l'alimentation biologique a été introduite dans les repas des enfants, la première crèche française aux normes Haute Qualité Environnementale (HQE) a été réalisée dans le 19e arrondissement et les conseils de parents dans les crèches ont été lancés.

La politique en direction des familles qu'Olga Trostiansky a impulsée vise à faire de Paris une ville toujours plus accueillante aux familles, dans le respect de leur diversité et de leurs choix de vie. Cette politique est fondée sur l'observation des familles et de leurs évolutions (création d'un Observatoire des familles qui publie un rapport annuel et des enquêtes thématiques), sur l'égal accès à l'information (création des Relais informations familles dans les mairies d'arrondissement), sur le soutien aux familles quelle que soit leur configuration (réforme des aides financières du Centre d'action sociale de la Ville de Paris, avec notamment la mise sous condition de ressources des allocations et la création de Paris Logement Familles monoparentales). Un Conseil consultatif des familles parisiennes éclaire cette politique de ses avis.

En 2008, la liste conduite par Rémi Féraud dans le 10e arrondissement (sur laquelle Olga Trostiansky est en 2e position) récolte 74,96 % des voix aux élections municipales. Bertrand Delanoë, réélu maire de Paris, nomme Olga Trostiansky adjointe chargée de la solidarité, de la famille et de la lutte contre l'exclusion, vice-présidente du Conseil général. Dans le 10e arrondissement, elle est conseillère chargée de la santé. Entre autres titres, elle est première vice-présidente du Centre d'action sociale de la Ville de Paris, vice-présidente du conseil d'administration du Centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre (CASH) et elle représente le Département de Paris au conseil d'administration du SAMU social.

Chargée de piloter les politiques sociales de la collectivité parisienne dans un contexte de crise économique et sociale, Olga Trostiansky s'attaque à plusieurs chantiers : poursuite de la réforme des aides facultatives du Centre d'action sociale (création de Paris solidarité pour les personnes isolées, les couples et les familles d'un enfant ; réforme de l'Allocation Ville de Paris destinée aux personnes âgées ou en situation de handicap) ; mise en œuvre du Revenu de Solidarité Active (RSA) ; amélioration de la prise en charge des personnes sans abri (pilotage d'un programme de création de 2000 places d'hébergement et de logement d'insertion, amélioration de l'offre d'aide alimentaire, coordination des acteurs…).

Face à l'insuffisance des moyens que l'État accorde à sa compétence de lutte contre l'exclusion, face aux multiples crises humanitaires (situation indigne des populations roms, conditions de vie des réfugiés d'Afghanistan et d'autres pays en guerre, marchés de la misère…), elle participe à la recherche de solutions, en partenariat avec les associations. Soucieuse de piloter une administration bien organisée, réactive, elle engage la collectivité parisienne dans la territorialisation de ses politiques sociales, en lien avec les mairies d'arrondissement.

En 2013, elle soutient la candidature d'Anne Hidalgo pour être la prochaine maire de Paris en 2014.

Vie associative

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Olga Trostiansky est engagée très tôt dans le combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes, avec deux chantiers : la parité en politique et l'égalité professionnelle.

Comme leurs aînées, les féministes d'aujourd'hui doivent continuer à lutter contre les symptômes de la domination masculine et contre les travers d'une société encore patriarcale par bien des aspects : la prégnance des stéréotypes sexistes dans l'éducation des enfants et dans la répartition des tâches au sein du couple, l'image de la femme-objet qui continue à être vendue par la publicité, l'éternel clivage entre la maman et la putain véhiculée dans les médias… Sur les conseils d'Yvette Roudy, Olga Trostiansky s'engage dans l'Assemblée des femmes Paris – Île-de-France, association de promotion de la parité. Elle en prend la présidence en 2004. En 2008, elle est portée à la présidence de la Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF), qui regroupe plus de 80 associations engagées sur tous les combats pour les droits des femmes : emploi, vie familiale, parité dans la vie politique, économique et sociale, violences envers les femmes, extrémismes religieux, système prostitutionnel. En juin 2010, elle est nommée à ce titre membre de l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes.

Évolution notable des luttes féministes, un nombre croissant de femmes et d'hommes s'investissent pour construire ensemble un projet de société égalitaire. L'évolution des modes de vie, qui conduit un nombre toujours plus grand de femmes à ne pas vivre en couple (séparations et divorces, célibat assumé), mais aussi l'autonomisation progressive des femmes par le travail ont fait émerger un nouveau combat : l'égalité professionnelle. Olga Trostiansky, portée par l'intuition que ce combat peut fédérer tous les acteurs, fonde le Laboratoire de l'égalité début 2010, « think tank » qui réunit des associations féministes et féminines, des syndicats, des chercheur-es, des responsables d'entreprise, des élu-es, des journalistes... Les autres membres fondateurs du Laboratoire de l'égalité sont Pascal Bernard, vice-président de l'association nationale des DRH, Armelle Carminati, présidente du réseau Accent sur elles, Cécile Daumas, journaliste à Libération, Caroline De Haas, animatrice d'Osez le féminisme !, Corinne Hirsch, déléguée générale de la Fondation des Femmes pour la Méditerranée, Sabine Salmon, présidente de Femmes solidaires, et Nathalie Tournyol du Clos, présidente de l'association Administration moderne. Un an et demi après sa création, le Laboratoire de l'égalité compte plus de 1 000 membres.

Le travail du Laboratoire de l'égalité a commencé avec le débat sur la réforme des retraites, qui, à ses débuts, avait omis de considérer les inégalités entre les hommes et les femmes au moment de la retraite, conséquence des inégalités à l'œuvre durant la vie active. Grâce à un intense lobbying et à la complicité des médias, la question des inégalités a émergé des débats pour finir par devenir centrale, même si la loi votée l'a insuffisamment pris en compte.

Depuis sa création, le Laboratoire de l'égalité s'est emparé de multiples sujets : la réforme des collectivités territoriales, la question des rythmes scolaires, le congé parental… avant de travailler à un Pacte pour l'égalité[3] qui est proposé à la signature de tous les candidats à l'élection présidentielle de 2012, et par lequel ils s'engageront sur vingt propositions concrètes en matière de parité et d'égal accès aux responsabilités ; d'égalité salariale et de lutte contre la précarité au travail ; de conciliation des temps de vie ; de développement d'une culture de l'égalité.

Tous les candidats aux Primaires citoyennes ont signé le Pacte pour l'égalité à la fin de l'année 2011 et durant la campagne par l'ensemble des forces de progrès. Il a notamment été signé par celui qui allait être élu président de la République, François Hollande. Le Pacte fait également l'objet de présentations en Régions afin que les acteurs locaux puissent se saisir de ses propositions.

En janvier 2012, Le Laboratoire de l'égalité a lancé une campagne de sensibilisation pour l'égalité femmes - hommes, déclinée en un film[4] et des affiches, largement relayés par les médias et les diffuseurs.

Dans la continuité du travail engagé avec le Pacte pour l'égalité, le laboratoire de l'égalité a lancé une nouvelle initiative, le Laboratoire des stéréotypes, travail de réflexion sur la lutte contre les stéréotypes dans l'éducation, le monde du travail et les médias. Couronnement de cette initiative, l'égalité femmes-hommes sera le thème à l'honneur du Salon européen de l'éducation 2013[5] organisé par la Ligue de l'enseignement.

Le Laboratoire de l'égalité, en partenariat avec Médiaprism, a par ailleurs réuni au Conseil économique, social et environnemental les premiers États généraux de l'égalité[6] le 12 septembre 2013, sur le thème l'égalité entre les femmes et les hommes en temps de crise, avec la participation de près de 300 chercheuses et chercheurs, responsables d'entreprise, élu-es, hauts-fonctionnaires, syndicalistes... La journée a été clôturée par Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes.

Notes et références


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