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Paul Henri Durand-Cazelles

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Paul Henri Durand-Cazelles
Description de l'image Paul Henri Durand Cazelles.jpg.
Naissance
Sétif
Décès (à 61 ans)
Nice
Activité principale

Paul Henri Durand-Cazelles, né à Sétif en Algérie le et mort à Nice le , est un peintre expressionniste français, premier professeur de dessins sourd nommé en France, le représentant dans le monde de l’art et la culture des personnes sourdes.

Biographie

Éducation et formation à la peinture 1926-1946

Café Mauresque [Quand ?].

Atteint de surdité profonde de naissance, il entre à l'Institut national des jeunes sourds de Bordeaux-Gradignan, dont il est l'élève de 1926 à 1937.

De retour en Algérie, il entre à l'École nationale des beaux-arts d'Alger, dont il est l'élève de 1937 à 1942.

Il remporte dans cet établissement le premier prix de peinture, qui lui permet d'obtenir une bourse pour un séjour de deux ans à Paris, où il ne se rend qu'après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Jusqu'à la fin de la guerre, il travaille également comme dessinateur à l'imprimerie Bacconnier, où il illustre notamment Mes frères du Congo de M.H. Lelong[1] et L'Ermite du Hoggar de Claude-Maurice Robert, qui décrit la vie au désert de Charles de Foucauld.

Formation artistique à Paris Montmartre 1946-1948

Paris (1948).

En 1946, il entre à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où il se perfectionne pendant deux ans.

Il est à cette époque le disciple d'Yves Brayer à la Grande-Chaumière.

Quelques mois plus tard, il est présenté à Eugène Paul, dit Gen Paul, qui lui propose de l'admettre dans son atelier. Emballé par la vivacité du style de Gen Paul, qu'il préfère au classicisme de Brayer, il accepte cet accueil dont il mesure toute la valeur. Il travaille alors de longs mois à Montmartre avec Eugène Paul, dont l'influence est perceptible dans la plupart de ses œuvres.

Pendant son séjour à Paris, il reste très actif pour la cause des sourds et malentendants ; il fonde en 1946 l'Amicale des sourds d'Île-de-France, dont il restera un président très actif jusqu'à son retour en Algérie.

Carrière en Algérie 1948-1962

Autoportrait (1952).
Cavaliers (1955).

De retour en Algérie en 1948, il est nommé professeur de dessin à l’École nationale des sourds à Alger.

Il commence à exposer en 1952. En 1956, le succès de son exposition à la galerie Charlet, rue Michelet à Alger, le révèle comme un peintre de talent. La plupart de ses œuvres exposées sont vendues.

En 1958, il obtient la médaille de vermeil à l'exposition mondiale des artistes sourds à Rome.

Chambéry, carrière artistique 1963-1971

1963 : à la fin de la guerre d'Algérie et à l'Indépendance, il est nommé professeur de dessin à l'Institution des jeunes sourds de Cognin, près de Chambéry.

Outre la peinture, qui est sa raison d'être, sa sensibilité et sa générosité le poussent aussi à se mettre au service des sourds, auxquels il aimerait faire connaître son art et sa culture.

En 1964, il fonde la Maison savoyarde des sourds. Il créera aussi en 1965 la section Rhône-Alpes de la société centrale d'assistance aux sourds-muets de France.

Au sein de la Confédération nationale des sourds de France, il s'occupe de tout ce qui touche à l'art et à la culture.

En 1968 il devient président national de la Commission art et culture au sein de la Confédération nationale des sourds de France.

En 1971, il expose à la Maison de l'Unesco à Paris.

Reconnaissance internationale 1972-1980

Hotel Carlton Croisette Cannes 1975.

En 1972, il devient président international de la Commission art et culture de la Fédération mondiale des sourds. Cette fonction l'amène à parcourir le monde entier. Il expose vend, offre de nombreuses œuvres à l'occasion de ses rencontres internationales.

Cette même année, il est fait chevalier des Palmes académiques.

En 1973, il est nommé chevalier de l'Ordre national du Mérite.

En avril 1975,il expose à Rome et rencontre le président de la république italienne Giovanni Leone.

Cette même année, il expose également à Washington pendant le Congrès de la Fédération mondiale des sourds, du 31 juillet au 8 août 1975.

Il militera toute sa vie pour la reconnaissance de la langue des signes en tant que langue à part entière ,notamment, suite à son voyage à Washington. En 1976 le premier observatoire linguistique de la langue des signes s’ouvre à Washington, avec notamment le sociologue Bernard Mottez.

Ses activités artistiques continuent et notamment dans le domaine théâtral, où il démontre ses talents d'acteur et de metteur en scène à Albi en 1977.

En 1977 il expose à Stockholm.

Rencontre avec Paul VI en 1978.

En 1978, au cours d'un de ses voyages en Italie, il est reçu par le pape Paul VI.

En décembre 1978, il emporte le premier prix lors de l'Exposition universelle de peinture des sourds à Moscou, avec un tableau intitulé Le Lapin agile.

Pendant son séjour à Moscou, par une température de -53°, il est victime d'un grave accident cardiaque.

Il passe un mois et demi à l'hôpital de Moscou, enfermé dans son silence. Rapatrié par avion sanitaire à Paris, puis à Nice où demeure sa mère et où il a son atelier, il essaie de continuer à peindre quand ses forces le lui permettent.

Même malade, il conserve son but : peindre toujours, toujours plus et toujours mieux, faire sortir les sourds de leur ghetto, leur faire partager, comme au monde entier, cet amour de l'art qui lui a toujours donné la joie de vivre. Quelques jours avant sa mort, il fonde l’association Le Cri du silence.

La maladie a finalement raison de lui le .

Notes et références

Bibliographie

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