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Philologie afrocentrique de T3 n Km.t

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En général, l'égyptologie étudie l'Egypte ancienne seulement pour elle-même[1] ; ou alors dans le cadre institutionnel de l'historiographie des civilisations anciennes du Proche-Orient[2]. Mais les auteurs afrocentristes étudient l'Egypte ancienne dans son cadre géographique naturel de l'Afrique ; plus précisément en tant qu'une des civilisations négro-africaines anciennes[3].

Aussi voient-ils dans les différentes occurrences graphiques de T3 n Km.t, T3 Km.t et Km.t un corpus épigraphique dont l'analyse philologique constituerait une pièce supplémentaire à verser au crédit de leur théorie de l'Egypte ancienne comme une « Ethiopie » :

« Le nom de l'Egypte le plus courant la désigne donc comme une Ethiopie. Ce que corroborrent les noms que se donnaient les Egyptiens comme habitants du pays, à côté du générique civilisationnel classique rmtt, rmtw, les Hommes : km.t, les Noirs, ou kmtyw, les Noirs.[4] »

Du point de vue afrocentrique, l'intérêt crucial de ce corpus réside en ce qu'il constituerait un témoignage intrinsèque, une sorte d'auto-définition de la négro-africanité des anciens Egyptiens par eux-mêmes, et de leur pays comme un « Pays Noir »[5] ; locatif analogue à "Afrique Noire"[6], où l'adjectif qualifierait le phénotype de ses habitants[7]. Ces indices internes à l'étude des mdw ntjr viendraient compléter les nombreuses dépositions d'auteurs grecs anciens sur l'origine éthiopienne (négro-africaine) de la civilisation égyptienne[8], et sur la négro-africanité de ses auteurs[9].

Toutefois, cette perspective philologique n'est pas expressément attestée dans les ouvrages de référence (Gardiner, Faulkner, Erman/Grapow, etc.), et elle est globalement méconnue par les autres courants épistémologiques de l'égyptologie.

Traductions

Les traductions de T3 n Km.t, T3 Km.t ou km.t mobilisent essentiellement des arguments d'ordre philologique, tandis que leurs interprétations renvoient à des arguments plus généraux, notamment historiographiques. Il conviendrait de proposer une théorie philologique pour chaque graphème avant d'envisager quelque interprétation.

Tȝ n Km.t

<hiero>N16:N35* I6-m-t:O49</hiero>

Selon Alain Anselin,

« L'Egypte est connue dans l'Hymne d'Akhenaton (Nouvel Empire) sous le nom générique de Tȝ n Km.t [...]L'expression la plus courante, Tȝ km.t, fait l'économie du génitif indirect, n, employé dans l'hymne. Tȝ y désigne toujours le pays, et non l'article féminin [...], Tȝ km.t consiste donc dans la simple juxtaposition de deux substantifs, expression classique du génitif direct.[10] »

Dans ce graphème, le signe <hiero>N16</hiero> est noté Tȝ. Il se lit « ta », un mot de genre masculin en égyptien et qui signifie "pays". Anselin traduit l'ensemble de la graphie par « Pays de Noirs ».

Tȝ Km.t

Selon Oscar Pfouma, <hiero>t-A-I6-m-t:O49</hiero>

« Tȝ-Km.t désigne, non pas la totalité du territoire égyptien, mais seulement une de ses parties ; il n'y a pas synecdoque : Tȝ-Km.t = « der bestimmte teil ägyptens »[11]. De surcroît Km.t dérivé de

<hiero>I6-m</hiero> « univers, terre habitée »,
ne fait aucunement référence à la couleur du sol nilotique. La traduction de Tȝ-Km.t par « la Noire » est erronée . [12] »

On sait en effet que la traduction grecque de Aiguptos désignait à l'origine la ville de Het-Ka-Ptah[13], c'est-à-dire Mn nfr (ou Memphis), avant de désigner, par synecdoque, l'ensemble du pays.

Km.t

Exemples de graphie
<hiero>I6-m-t:O49</hiero>
<hiero>km:t-A1*B1:Z2</hiero>
km.t

L'on documente plusieurs graphies de Km.t, dont celle avec le déterminatif A1 <hiero>A1*B1:Z2</hiero> est réputée « unique » dans les ressources épigraphiques disponibles. Elle désigne les habitants de l'Egypte, « Egyptians (Egyptiens)»[14] ; tandis que la graphie déterminée par O49 <hiero>O49</hiero> désigne le pays lui-même, « the Black Land, Egypt (la Terre Noire, Egypte)»[15] , dans les ouvrages de référence[16].

Km

Kam
<hiero>I6*G17*D3</hiero>
km

La racine du mot km.t est l'adjectif km, qui se transcrit en « kem » ou « kam » et qui signifie « noir ». Au Moyen Empire, une des formes graphiques attestées de km est rapportée comme ci-contre par Faulkner[17].

Le déterminatif D3 <hiero>D3</hiero> de cette graphie figure une « mèche de cheveux »[18], ou plus précisément une tresse de cheveux. Il signale que la couleur "km" est à l'image de celle des cheveux des Egyptiens ; lesquels seraient généralement noirs[19], en tout cas au Moyen Empire. Or, selon Aboubacry Moussa Lam, la tresse de cheveux est « un trait culturel profondément négro-africain »[20].

Cependant la couleur noire peut être réaliste ou symbolique, selon les occurences épigraphiques de la racine Km.

En ce qui concerne Km.t (notamment dans T3 n Km.t ci-dessus), le contexte est plutôt celui de la géographie, voire de la géographie humaine (Km.t-A1); c'est-à-dire où km qualifie réellement la couleur des objets déterminés.

.t comme marque du collectif

Les ouvrages de référence traduisent Km.t-O49 tantôt par « la Noire », tantôt par « Egypte ». Et la référence unique de Km.t-A1 a été notée « Egyptians ». Toutefois, selon Alain Anselin, dans ces deux graphies de Km.t la valeur du signe X1 <hiero>X1</hiero> noté « -t » n'est pas un suffixe du genre féminin. Pour cet auteur, dans un contexte toponymique (d'écriture des noms de lieux) ce signe X1 marque plutôt le collectif : comme dans Ws.t, dd.t ou en l'occurrence Km.t.

En effet, selon Pierre du Bourguet,

«  Le hiéroglyphe <hiero>X1</hiero> est également la caractéristique de l'abstrait, du collectif et de noms de pays étrangers. Aux deux premiers s'ajoutent généralement la marque du pluriel [21] »

. Gustave Lefebvre souligne également que :

« Il existe d'autre part des collectifs féminins, exprimant l'idée d'une multitude, d'une pluralité, de quelque chose de composite, et qui, bien qu'au singulier, sont accompagnés du déterminatif du pluriel [...][22] »

En somme, la langue égyptienne ancienne distingue un « collectif » et un « pluriel », qui sont graphiés respectivement

<hiero>X1</hiero> noté X1

et

<hiero>Z2</hiero> noté Z2

. Un graphème au collectif porterait toujours la marque (X1) comme dans Km.t-A1 ; tandis qu'il peut se passer de celle du pluriel (Z2) dans certains cas, comme dans Km.t-O49.

Km.t comme toponyme

Selon Oscar Pfouma, le graphème km.t-O49 <hiero>I6-m-t:O49</hiero>

renvoie à l'Egypte en tant que « collectivité territoriale [23] ».

Il s'analyse comme suit :

<hiero>I6-G17-X1</hiero> qui se lit km.t
où <hiero>I6-G17</hiero> (km)

est un qualificatif (adjectif ou nom) qui signifie littéralement « noir ».

et <hiero>X1</hiero> (.t)

marque le collectif, car le champ sémantique est celui d'un toponyme.

En effet, l'ensemble de signes est déterminé par le symbole du territoire administré : <hiero>O49</hiero>

Ce qui atteste que dans le contexte visé, Km.t prend exactement le sens de pays/État. En tout état de cause, ce graphème ne comporte pas l'idée de « terre » au sens physique comme chez Pierre Montet[24], mais plutôt celle de territoire en tant que domaine politique.

Par ailleurs, selon Pierre Montet, Km.t-O49 fut également une des appellations du chef lieu du nome jh (ou kȝ) km "Le Boeuf noir" en Basse Egypte[25].

Km.t comme ethnonyme

Ce graphème de <hiero>I6:X1-A1*B1:Z2</hiero> Km.t

se décompose comme suit :

<hiero>I6:X1</hiero> qui se lit km.t,
avec <hiero>I6</hiero> pour km un qualificatif (adjectif ou nom) signifiant litteralement noir ;
et <hiero>X1</hiero> qui note « .t » la marque du collectif.
À ce premier groupe de signes s'ajoute le déterminatif notant une multitude d'hommes et de femmes, c'est-à-dire un peuple : <hiero>A1*B1:Z2</hiero>

Aboubacry Moussa Lam traduit ce graphème par « les Noirs » ; entendant par là qu'en cette occurrence épigraphique, les Egyptiens se sont nommés en référence à la couleur (noire) de leur peau[26].

Kemetyou

Kemetyou
<hiero>km:M:t*y-G4-Z3</hiero>
km.tyw

Un des nombreux mots que les Égyptiens utilisaient à l'époque des Ptolémées pour se désigner est km.tyw[27], que certains égyptologues interprètent comme « les habitants de la terre noire ». Il s’agirait d’un dérivé qui résulte de l’adjonction d’une désinence au substantif km.t, « la (terre) noire » : km.tyw signifierait « ceux de la (terre) noire », de même que jmn.tyw, formé à partir de jmn.t, « l’Ouest », signifie « ceux de l’Ouest », c’est-à-dire « les (bienheureux) défunts »[28].

D'autres égyptologues traduisent km.tyw par "les habitants de km.t", ou encore "ceux de Km.t", à l'instar de jmn.tyw qui signifie "ceux de Jmn.t". Ces mêmes égyptologues, tel qu'Aboubacry Moussa Lam, récusent la traduction de Km.t par "la terre noire", faisant observer que cet énoncé est au masculin pluriel, et ne comporte aucune idée de "terre". Pour autant, aucun dictionnaire hiéroglyphique n'associe un quelconque dérivé du mot km.t à la couleur prétendue « noire » des habitants de l'Égypte. De plus, les Égyptiens eux-mêmes n'utilisaient jamais ce terme pour désigner leurs voisins.

Interprétations

Ces traductions ("Pays de Noirs", "Peuple noir") seraient conformes aux traditions grecques rapportées, notamment, par Hérodote, Strabon, Diodore de Sicile, selon lesquelles les kmtw étaient des Noirs (voire qu'ils étaient "excessivement noirs").

Le fait par les égyptiens de se désigner selon des considérations phénotypiques n'est pas unique dans l'ancien temps. On trouve également les Anunaki qui se disaient "Sag Sig", expression traduite par "Têtes noires"[29], mais qui pourrait bien vouloir dire "Faces noires" ; comme dans Aithiops des Grecs s'agissant des Nubiens. Et bien entendu, Éthiopie renvoie étymologiquement à la couleur (du visage) des habitants du pays ainsi désigné.

<hiero>O49</hiero> Les scribes égyptiens n'emploient jamais ce déterminatif pour parler du sol, ou de la terre au sens physique.

Il s'agit d'un terme de géographie humaine, exactement comme aujourd'hui dans l'Afrique Noire. L'accent est sur la population qui habite cette contrée.

Les déterminatifs de terre au sens physique sont plutôt un canal d'irrigation, une bande de terre, des terres avec de l'eau courante pour l'irrigation (Gardiner, p. 488). Ces derniers déterminatifs peuvent également être utilisés pour désigner des lieux habités (Gardiner, p. 488). La confusion sur la traduction du terme kemet aurait pu avoir lieu si les scribes les avaient choisis pour désigner leurs pays. Mais ils ont choisi celui qui est sans confusion, car exlusivement assigné aux lieux habités, administrés.

Fichier:Kemmiou 1.jpg Kemmiou[30]

Selon René-Louis Parfait Etilé, jusqu'au pharaon Sésostris III, la graphie ci-dessus, notée Kemmiou, était utilisée pour désigner les populations de la vallée du Nil, car il n'existait encore aucune frontière entre Égypte et Basse-Nubie. Il le traduit littéralement par "Les Noirs". L'on sait par ailleurs, grâce à l'archéologue Bruce Williams, que (chronologiquement) le premier État fédéral à se constituer dans la vallée du Nil est le Tȝ Seti (ou Pays de l'Arc : -3500/-3400), dont le territoire s'étendait sur la Basse-Nubie et la Haute-Égypte. Du premier déclin de cet État (de -3400 à -3200) émergeront diverses principautés, notamment en Haute-Egypte où certaines seront contrôlées par la Dynastie Zéro. C'est environ deux siècles plus tard que se formera le second État fédéral, le Tȝ.wy, ou Double Pays ; dont le territoire s'étendra de la Haute-Égypte vers la Basse-Égypte, puis vers le delta du Nil.

Nota : Tȝ Km.t = "Pays des Noirs" est construit grammaticalement de la même manière que Tȝ Seti = "Pays de l'Arc" : Pays de + Déterminatif.

Parmi les expressions les plus anciennes pour désigner l'Égypte et les Égyptiens, il y a respectivement Tȝ.wy (le Double-Pays) et rmt.w pȝ tȝ. C'est bien plus tard, au Moyen Empire qu'est référencée la graphie déterminant les autochtones du pays comme étant km, c'est-à-dire noirs. Cela peut s'expliquer par le fait qu'à partir de la Première Période Intermédiaire, des populations exo-africaines (les Heka Kasouta) interviennent dans le cours de l'histoire de l'Égypte, d'une façon sans précédent. Et qu'alors la question de l'autochtonie, de la distinction entre ceux qui sont "de souche" et les autres va se poser ; trouvant une résolution dans cette graphie du Moyen Empire. En tout état de cause, la dimension chronologique est incontournable pour mieux saisir les différentes acceptions du nom de l'Égypte pharaonique, au cours de sa longue histoire millénaire.

Le thème km (Km.t au collectif ou au féminin) est très probablement polysémique, au regard des nombreuses façons de le graphier. On comprend qu'au temps des Fari d'origine étrangère, notamment des dynasties saïtes et ptolémaïques, la valeur de km.t soit moins en référence au phénotype qu'aux notions générales de beauté, perfection, prospérité attachées à la couleur Km, et traduisant l'idéal de vie (et de mort) des Égyptiens. En sorte que le déterminatif anthropographique sera de moins en moins usité, au profit de déterminatifs moins restrictifs, plus notionnels ou symboliques.

Articles connexes

Afrocentrisme Kemet Origine des anciens Égyptiens

Notes

  1. Cf. Adolf Erman, Hermann Ranke, La civilisation égyptienne, Paris: Payot, 1994, p. 49.
  2. Cf. Ibid., p. 70 sqq.
  3. Cf. Cheikh Anta Diop, Nations nègres et Culture. De l'antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique Noire d'aujourd'hui, Troisième édition, 2 tomes, Paris: Présence Africaine, 1979. Voir aussi Aboubacry Moussa Lam, Les chemins du Nil. Les relations entre l'Egypte ancienne et l'Afrique Noire, Paris: Présence Africaine / Khepera, 1997.
  4. Cf. Alain Anselin, Samba, éd. UNIRAG, 1992, p.14
  5. Théophile Obenga, La philosophie africaine de la période pharaonique. 2780-330 avant notre ère, Paris: L'Harmattan, 1990, p. 239.
  6. Ibid.
  7. Cheikh Anta Diop, Nations nègres et Culture. Tome I, p. 126.
  8. Cf. Diodore de Sicile, Bibliothèque Historique, Livre III, Paris, Les Belles Lettres, 1989, p. 4, § III, 1.
  9. Cf. Hérodote, Enquête. Tome I. Histoires de Crésus et de Cyrus (livres I à III), Clermont-Ferrand, Éditions paleo, 2005, p. 139, § 22, p. 161, § 57, p. 183, § 104.
  10. A. Anselin, "Samba", éd. UNIRAG, Guadeloupe, 1992, p.11
  11. L'auteur renvoie au (Wb. V.217.1), édition de 1957
  12. Cf. Oscar Pfouma, Histoire culturelle de l'Afrique Noire, éd. Publisud, 1993, p.10.
  13. Cf. Théophile Obenga, "L'Égypte, la Grèce et l'école d'Alexandrie. Histoire interculturelle dans l'antiquité. Aux sources égyptiennes de la philosophie grecque", éd Khepera/L'Harmattan, Paris, 2005, pp.176-177
  14. Raymond O. Faulkner, Concise Dictionary of Middle Egyptian, Oxford: Griffith Institute, p. 286.
  15. Ibid.
  16. En plus de Faulkner déjà cité, voir aussi Rainer Hannig, Die Sprache der Pharaonen. Großes Handwörterbuch Ägyptisch-Deutsch, Mainz: Verlag Philipp von Zabern, 1995, p. 883.
  17. Cf. A Concise Dictionary, éd. 1999, p.286. Voir aussi Alan Gardiner, Egyptian Grammar, p. 607
  18. Cf. Gustave Lefebvre, Grammaire de l'Egyptien classique, p.388, D Parties du corps humain 3
  19. Plutarco, Iside e Osiride e Dialoghi delfici, Milano: edizione Bompiani Testi a fronte, 2002, p. 63, § 33.
  20. Aboubacry Moussa Lam, L'affaire des momies royales. La vérité sur la reine Ahmès-Nefertari, Paris: Khepera / Présence Africaine, 2000, planche IV, n° 14.
  21. Pierre du Bourguet, Grammaire égyptienne. Moyen Empire pharaonique, Leuven: Peeters, 1980, p. 20, § 15.
  22. Cf. Grammaire de l'Egyptien classique (2e édition), Le Caire, 1955, p.72, § 121
  23. « Km.t [-O49] traduit le concept de collectivité territoriale ou de cité (...) Comme la Grèce antique, l'Egypte était une confédération d'états, de cités (Km.t) partageant une même aire linguistique et culturelle. [Cf. Histoire culturelle de l'Afrique Noire, éd. Publisud, p.14] »

  24. Pierre Montet, Géographie de l'Egypte ancienne. Première partie. La Basse Egypte, Paris: Imprimerie nationale, Librairie C. Klincksieck, 1957, p.4.
  25. Ibid., p. 119.
  26. Cf. Aboubacry Moussa Lam, De l'origine égyptienne des Peuls, p. 262 :

    « Ce collectif se décompose comme suit : kmt, féminin de km (qui comme nous l'avons déjà vu, signifie noir), est déterminé par un homme et une femme, les trois traits qui viennent après étant la marque du pluriel. En clair, cette manière d'écrire, qui est absolument conforme à la règle régissant la formation des noms collectifs, signifie que Kmt s'applique à une collectivité (les trois traits qui marquent le pluriel l'attestent) composée d'hommes et de femmes (l'homme et la femme accroupis le prouvent). Le scribe pouvait-il être plus explicite dans sa volonté de montrer qu'il entendait donner à sa graphie le sens de « Les Noirs »? »

  27. Wörterbuch der Ägytischen Sprache – Tome V, p. 128, l. 1
  28. Alan Henderson Gardiner, Egyptian Grammar, Oxford University Press, 1973, p. 61 sqq.
  29. Cf. Alain Anselin, "Le mythe d'Europe", éd. Anthropos
  30. http://www.africamaat.com/IMG/jpg/Kemmiou-s.jpg

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