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Pierre Roland-Lévy

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Pierre Roland-Lévy
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Nom de naissance Pierre Lévy
Naissance
8e arrondissement de Paris
Drapeau de la France France
Décès (à 81 ans)
Saint-Mandé, (Val-de-Marne)
Nationalité Drapeau de la France Français
Profession

Pierre Roland Georges Roland-Lévy, né le 22 décembre 1908 à Paris (8e), fils de Georges Lazare Lévy et de Jeanne Marie Bonn, et mort le 9 novembre 1990 à Saint-Mandé (Val-de-Marne), est un magistrat français.

Biographie

Avocat à la Cour de Paris, il est nommé chef de Cabinet au ministère du Travail, dirigé par Ambroise Croizat. En juillet 1941, à l'occasion d'un différend immobilier, son locataire, le cinéaste Louis Salabert demande l'arbitrage de l'Institut d'étude des questions juives, qui se prononce en sa faveur, considérant sa qualité d'ancien prisonnier de guerre et d'adhérent aux « Amis de l'Institut d'Etude des Questions Juives ». Il est déporté vers le camp d’Oranienburg (camp de concentration)[1] où il est détenu comme employé du bureau des inscriptions (« Schreibstube »)[2], du 25 janvier 1943 au 22 avril 1945, date de la libération du camp par la 47e Armée Soviétique. Numéro de matricule 58 128, il fait partie du convoi des 1500 français[3] qui partent de Compiègne le 24 janvier 1943, est interné au « Grand Camp » de Sachsenhausen, où il rencontre le comédien Claude Lacloche, qui le décrit dans Trois vies pour un seul homme :

« J'ai bien connu Pierre-Roland que je voyais régulièrement jusqu'à son départ de Paris pour la Côte d'Azur. Il me paraît être représentatif de ce que l'emprise insidieuse du camp pouvait opérer sur le psychisme des rescapés, en modifiant peu à peu, voire en brisant, la personnalité de certains d'entre eux. Après avoir longtemps exercé sa profession d'avocat, Pierre-Roland devint magistrat. Père de deux enfants, il en eut trois autres avec sa seconde épouse, Janice, une Américaine. Avant que celle-ci ne mourût d'un cancer, il devint progressivement sujet à des phases de rages subites, non démentielles, mais peu compatibles avec sa fonction de juge pour enfants. Par chance, sa morale et son comportement professionnels n'en furent pas modifiés. Au cours de l'une de ces crises et pour un motif futile, il menaça Janice d'un revolver qu'il conservait dans le tiroir de sa table de nuit. Avec l'âge, il devint de plus en plus misanthrope et mourut, il y a plusieurs années, à Menton où il s'était retiré[4]. »

Il est le fondateur et le président de l’Amicale des déportés au camp d’Oranienburg (camp de concentration), après la guerre. En 1947, il est présenté au Conseil supérieur de la magistrature, par le groupe communiste[5]. Le 22 mai 1949, il figure, avec Georges Séguy, parmi les membres fondateurs du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples). Exclu du Parti communiste au cours de l’hiver 1949-1950 et mis en demeure de donner sa démission, il s’est néanmoins maintenu dans ses fonctions. En mars 1951, il est suspendu de ses fonctions au Conseil supérieur de la magistrature, pour avoir commis une indiscrétion au profit de la presse communiste, à propos d’une demande de grâce formulée par un condamné malgache. Il se lie d'amitié avec Simone Penaud-Angelelli, et collaborateur de Me Rosenmark, les avocats de Jean Voilier et Robert Denoël. Le 30 avril 1950, un journaliste signant sous le nom alternatif de Roger ou Robert Darbois, mentionne son nom dans un article d' Express dimanche, le mettant durement en cause, dans l'assassinat de l'éditeur.

Avec Georgette Glodek (1928-2004), sœur de la peintre Mireille Miailhe et du résistant, René Glodek, il a une fille, Danielle, qui épouse Yves Amblard, avocat du procès de Paul Touvier[6], fils de Gaston Amblard, et un fils, Fabien Roland-Levy, journaliste. Avec Janice Gorin, il a trois enfants Christine Roland-Lévy, Caroline et Jean-Pierre.

Bibliographie

  • Procès Maniu: rapport de M. Pierre Roland Levy à l'Association internationale des juristes démocrates et au mouvement national judiciaire, présenté 27 novembre 1947 à la Maison de la pensée française (1947)[7]
  • Jean-Pierre Royer, Etre juge demain: Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, etc, (1983) (ISBN 978-2859392284)
  • A. Louise Staman, With the Stroke of a Pen: A Story of Ambition, Green, Infidelity(2002)
  • Claude Lacloche, avec Annie Feinberg, Trois vies pour un seul homme, Graveurs de Mémoire (2004)[8](ISBN 2-7475-6672-2)

Liens externes

Notes et références

  1. Amicale, Camp Sachsenhausen
  2. Ghetto Fighters House Archives, Infocenters
  3. Le camp de concentration de Oranienbourg - Sachsenhausen, Encyclopédie BS Editions
  4. Trois vies pour un seul homme, 2004, p. 161]
  5. Etre juge demain: Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, etc. de Jean-Pierre Royer, Presses Universitaires de Lille, p.187
  6. L'affaire Touvier: chronique d'un procès en idéologie, de Jacques Trémolet de Villers, p.153, 379, 383
  7. Procès Maniu
  8. TROIS VIES POUR UN SEUL HOMME, Éditions L'Harmattan


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