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Pierre de Barrau

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Pierre Firmin Marie de Barrau (1761-1829), est un militaire ayant servi de 1783 à 1789 dans les gardes du corps du roi Louis XVI[1]. Au XIXe siècle il est un notable aveyronnais du canton de Cassagnes-Bégonhès, maire de la commune de Saint-Sauveur[2] dans ce même canton.

Biographie

XVIIIe siècle

Pierre de Barrau est issu d'une famille du Rouergue. En 1765, il a quatre ans quand son père Jean Antoine de Barrau (1737-1798) fait enfermer sa mère, Pauline de Solages, dans un couvent par lettre de cachet. En 1779, il est cadet au régiment de Vexin, puis de 1783 à 1789 il sert dans les gardes du corps du roi Louis XVI[1] (compagnie de Noailles en 1783 puis compagnie écossaise en 1788)[3].

L'un de ses fils, Eugène de Barrau, dira de lui : « officier remarqué par sa bonne mine, son adresse à cheval, aux armes, à la danse »[4]. Il joue également du violon. Lors de ses périodes de service à Versailles, il participe à des fêtes où il figurera un jour dans une contredanse de la reine Marie-Antoinette[4].

En 1790, il épouse Henriette Dablanc, fille de Pierre Dablanc, avocat à Rodez, et de Paule-Henriette de Morlhon[1].

La période révolutionnaire

« En novembre 1792 : le 4 novembre, des révolutionnaires veulent arrêter des prêtres réfractaires dans le village de Trémouilles. Des paysans s'interposent et une troupe de 300 hommes avec à sa tête Pierre de Barrau se porte dans le village. Des coups de feu sont tirés en chemin. Deux jours plus tard, dans la nuit du 6 au 7 novembre, Pierre de Barrau se trouve à nouveau dans le village avec plus de 2 000 hommes. Pour se venger, des forces républicaines investissent Trémouilles dès le 8 novembre et une bande de révolutionnaires de Millau pillera et incendiera la maison du prêtre Sadoux et cherchera à arrêter Pierre de Barrau »[5],[6].

Au début de l'été 1793, Jean-Baptiste Bô, l'accusateur public du département de l'Aveyron s'exprime ainsi : « Rodez, 21 messidor an 2e de la République française une et indivisible. Liberté. Égalité. L'accusateur public près le tribunal criminel du département de l'Aveiron aux citoyens membres du comité de surveillance de la commune de Rodez. Frères et amis, Vous m'avez adressé trois dénonciations contre Barrau père et fils de la commune de Carcenac Salmiech. Elles sont toutes faites par le même individu. Les faits sont très graves et la matière est du tribunal révolutionnaire. Je vous invite de m'indiquer les moyens de s'enquérir sans bruit et de manière que les prévenus ne puissent pas être avertis, il est très dangereux qu'ils s'échappent. Je ne vois pas que les ordres révolutionnaires puissent me permettre de les faire arrêter sur des dénonciations d'un seul individu. Je vous invite à la plus grande prudence. Salut et fraternité. Bo »[7].

L'entrée du Tribunal révolutionnaire en 1793.

Le 1er novembre 1793, sa maison, ses granges et ses fourrages sont incendiés par un détachement de l'armée révolutionnaire[8]. Hippolyte de Barrau, son fils, écrit : « La famille de Barrau était particulièrement notée comme coupable du crime de fidélité à l'ancienne dynastie. Il fut résolu qu'elle serait atteinte des premières »[9]. « Nous rapportons aussi que plusieurs gendarmes avaient précédés la troupe et qu'ils avaient cernés avec célérité les issues de l'habitation dans l'espoir d'y saisir des émigrés, des prêtres réfractaires, des contre-révolutionnaires et le citoyen Barrau fils garde du corps, dont la tête fut mise à prix étant considéré comme chef de parti »[7]. Pierre de Barrau se cache dans les bois ou dans des maisons sûres[4]. Le 1er mars 1794 il se remet aux autorités révolutionnaires de Rodez pour faire élargir son père et sa belle-mère. transmet alors une procédure à Paris qui débouche sur un ordre donné par Fouquier-Tinville de traduire par-devant le tribunal révolutionnaire Barrau père et Barrau fils[10],[11], mais le 23 juillet 1794 au moment où les gendarmes viennent le chercher pour le transférer à la prison criminelle et de là à Paris, il réussit à s'échapper de la maison de réclusion où il est retenu en passant par les toits[12],[13]. Il se réfugie non loin de Belcastel dans une cachette aménagée dans les rochers qui surplombent l'Aveyron, la nuit des amis lui font parvenir de la nourriture[4], ses fils écriront dans leurs Mémoires que leur père sera resté ainsi caché durant trois semaines[4].

XIXe siècle

Au commencement du XIXe siècle il est un notable ruthénois du canton de Cassagnes : « À côté du canton de Bozouls, celui de Cassagnes attire six notables ruthénois, pour la plupart membres de grandes et anciennes familles rouergates (...) Mais le notable dont l'assise foncière semble la plus importante dans ce canton n'est autre que Pierre-Firmin Barrau de Carcenac. Cette famille est connue notamment par la destruction de son château pendant la Révolution. Il apparaît dans les sources fiscales et à l'Enregistrement comme un propriétaire rentier dont les biens s'étalent dans la région de Carcenac-Salmiech, Caplongue, Arvieu, Trémouilles et Salmiech »[14].

En 1803, Pierre de Barrau fait amener à l'église de Carcenac-Salmiech, du mobilier d'art provenant de l'abbaye de Bonnecombe et du couvent des Cordeliers de Rodez[15].

À partir de 1811, il est maire de la commune de Saint-Sauveur (Aveyron)[16].

En 1814, lors du retour des Bourbons sur le Trône, il est décoré du Lys[16].

Notes

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Hippolyte de Barrau, Documens historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes. Éditeur : impr. de N. Ratery (Rodez) 1853-1860, page 99.
  2. Saint-Sauveur, ancienne commune.
  3. Les chemins d'une vie (Carnets intimes d'un notable aveyronnais, 1832-1862) (Mémoires d'Eugène de Barrau), Archives historiques du Rouergue, 27, éd. Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, 2007, pages 12, 22 et 179.
  4. 4,0, 4,1, 4,2, 4,3 et 4,4 Les chemins d'une vie (Carnets intimes d'un notable aveyronnais, 1832-1862) (Mémoires d'Eugène de Barrau), Archives historiques du Rouergue, 27, éd. Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, 2007, page XII.
  5. Amans Claude Sabatié, La révolution et l'Église en province, 1912, page 225.
  6. Abbé Debertier, La Révolution et l'église en province. Debertier, évêque constitutionnel, et le clergé de Rodez, pages 225 à 227. Hippolyte de Barrau, Documents historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes, tome 1, page 456.
  7. 7,0 et 7,1 H., E. et F. de Barrau, L'Époque révolutionnaire en Rouergue. Étude historique.
  8. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, volume 13, 1886, page 359 : « Le Directoire du département informé que la force armée envoyée à Bonnecombe vient d'incendier la maison, les granges et les fourrages du sieur Barrau, de Carcenac et que de pareils actes se sont produits sur plusieurs autres points de l Aveyron écrit à la commission révolutionnaire déléguée par Taillefer que si la vengeance nationale et la sûreté publique exigent la démolition des maisons qui ont servi d'asile aux brigands l'intérêt public réclame aussi impérieusement la conservation des comestibles et des fourrages surtout dans une armée où leur pénurie se fait déjà si vivement sentir ».
  9. Hippolyte de Barrau, Documents historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes. Éditeur : impr. de N. Ratery (Rodez) 1853-1860, page 104.
  10. Hippolyte de Barrau, Documents historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes, tome IV, page 107.
  11. Fonds H. de Barrau, Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, Rodez.
  12. Hippolyte de Barrau, Documents historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes, tome IV, page 108 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k853237z/f138.image).
  13. Berthe Bonnefous, Quelques images, un peu d'histoire de Rodez, 1979, pages 72, 74 et 78.
  14. Benoît Delheure, « Les notables ruthénois et la propriété foncière au temps de l'affaire Fualdès », La Revue du Rouergue, n° 62, nouvelle série, été 2000, pages 178 et 200 à 201.
  15. Pierre Lançon, Sophie-Jeanne Vidal, Caroline de Barrau, Le groupe de Pitié de l'église de Carcenac-Salmiech : histoire, art et techniques, Études aveyronnaises 2013, pages 213 à 230, Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron.
  16. 16,0 et 16,1 Pierre Lançon, Sophie-Jeanne Vidal, Caroline de Barrau, Le groupe de Pitié de l'église de Carcenac-Salmiech : histoire, art et techniques, Études aveyronnaises 2013, page 217.

Bibliographie

  • Gilbert Bodinier, Les gardes du corps de Louis XVI, étude institutionnelle, sociale et politique, dictionnaire biographique, 2005
  • Benoît Delheure, Les notables ruthénois et la propriété foncière au temps de l'affaire Fualdès, dans La Revue du Rouergue
  • Amans Claude Sabatié, La révolution et l'Église en province, 1912
  • Abbé Debertier, La Révolution et l'église en province. Debertier, évêque constitutionnel, et le clergé de Rodez
  • Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, volume 13, 1886
  • Les chemins d'une vie (Carnets intimes d'un notable aveyronnais, 1832-1862), éd. Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, 2007
  • Hippolyte de Barrau, Documents historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes, tome IV, pages 104 à 109
  • H., E. et F. de Barrau, L'Époque révolutionnaire en Rouergue. Étude historique
  • Berthe Bonnefous, Quelques images, un peu d'histoire de Rodez, 1979
  • Raymond Noël, Dictionnaire des châteaux de l'Aveyron, tome 1, pages 240 et 243, Rodez, 1971-1972

Liens externes

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