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Préfaces de Victor Hugo : manifestes littéraires et politiques

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Victor Hugo
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Portrait par Auguste Vacquerie (vers 1853)
Nom de naissance Victor-Marie Hugo
Naissance
Besançon
Décès (à 83 ans)
Paris (16ème)
Activité principale
Ecrivain, Homme politique, Artiste
Distinctions
Académicien, Pair de France, Officier de la Légion d'honneur
Auteur
Mouvement Romantisme
Adjectifs dérivés Hugolien
Signature de Victor Hugo

Dès la parution de son premier recueil, Odes, à l’âge de 20 ans, Victor Hugo considéra qu’il était de la plus haute importance d’exposer ses conceptions littéraires et politiques : pour ce faire, il prit le plus grand soin à rédiger des préfaces qui soient autant de manifestes. Elles cristallisent les idées modernes de renouvellement littéraire que la Révolution avait entraînées dans son sillage. En ceci, certaines ont davantage marqué l’histoire littéraire que les œuvres qu’elles présentaient, notamment celles de Cromwell et d’Hernani. Elles reflètent également son évolution depuis le chantre du pouvoir royal qu’il fut jeune homme jusqu’au champion du droit du peuple à gouverner. Reste présente l’idée qu’il a défendue tout au long de sa vie, à savoir que le poète est un guide dont la mission est d’éclairer les peuples pour « leur montrer le chemin. » Dès les premiers textes publiés, pour Hugo  la « parole est conçue comme un acte. » De fait, elle doit agir sur le lecteur, comme le discours de l’orateur sur son public [1].

Sommaire

Contexte historique et littéraire

Le développement politique, intellectuel et artistique de Victor Hugo s’est fait dans une époque de combat entre les tenants de l’ordre ancien et les avocats du changement.

Napoléon définitivement vaincu, la France est humiliée par les vainqueurs. Victor Hugo, fils de général d’Empire, a douze ans. Le 17 juillet, il écrit dans son livre de latin : « Vive le roi [2]! » Depuis le 8 juillet, la monarchie a définitivement retrouvé le pouvoir en la personne de Louis XVIII. Le roi demeure l’autorité suprême, mais les principes d’égalité et de liberté sont reconnus et un régime parlementaire est mis en place, fondé sur le suffrage censitaire. Durant l’été, la Terreur blanche conduit au massacre d’anciens républicains et bonapartistes dans le sud de la France. Les élections législatives entraîne l’élection d’une majorité d’ultra-royalistes qui lance une épuration massive dans la fonction publique, l’armée et toute la société : procès, exécutions, bannissements se succèdent.

Victor Hugo éprouvait pour Chateaubriand une admiration qui l’aurait fait s’exclamer à quatorze ans : « Je veux être Chateaubriand ou rien [3]! » Mais il grandit aussi sous l’influence d’une littérature nouvelle, marquée par les bouleversements des années révolutionnaires et par l’épopée napoléonienne. En 1812, Byron publie Le Pèlerinage de Childe Harold, qui dit les désillusions d’une jeunesse mélancolique. Deux ans plus tard paraît l’essai de Madame de Staël  intitulé De l’Allemagne. Elle y ouvre les esprits français aux œuvres allemandes ; elle aborde le thème de la contemplation devant la nature ; elle réfléchit à la distinction classique-romantique et montre la nécessité de créer des œuvres non plus imitées artificiellement de l’antique mais adaptées aux traditions et au goût français. Hugo a 16 ans lorsque Frankenstein ou le Prométhée moderne écrit par Mary Shelley donne au gothique ses lettres de noblesse et introduit la science dans la littérature, de même que Walter Scott, dans Ivanhoé (1819), mêle histoire, imagination, surnaturel, tragique et comique et annonce ainsi la conception que Hugo se faisait du drame romantique. La même année, Géricault expose Le Radeau de la Méduse dont le réalisme dans le choix des lumières et des personnages représentés marque l’éloignement de la peinture classique.

En 1819, il remporte aux Jeux floraux de Toulouse un lys d’or pour son poème La Statue de Henri IV, hommage au fondateur de la dynastie des Bourbons.

Louis XVIII (1755-1824)

En février 1820, le duc de Berry, fils du futur Charles X et héritier des Bourbons, est assassiné. La réaction ultra-royaliste fait adopter des lois muselant la presse complétées par une ordonnance royale établissant une commission de censure. Victor Hugo compose une ode, Sur la mort du duc de Berry, qui lui vaut une gratification de 500 francs de la part de Louis XVIII [3].

Lamartine, dans ses Méditations poétiques de mars 1820, donne à entendre les accents d’un lyrisme intime que la nature recueille et symbolise tout à la fois. En mai, Hugo écrit que si l’on en croit les « distinctions du reste insignifiantes » il vient de lire un « classique parmi les romantiques [4]. »

Le 8 juin 1822, il publie les Odes, appréciées par Louis XVIII, qui lui octroie une pension de 1000 francs annuels [5].

Les préfaces

Poésie

Préface des Odes (juin 1822) 

Hugo pose d’emblée ce qui anime le poète de 20 ans : « Il y a deux intentions dans la publication de ce livre, l’intention littéraire et l’intention politique », le recueil étant placé sous l’éclairage des principes monarchiques et religieux. Déjà, apparaît l’idée que le royaume de la poésie ne connaît aucune frontière, qu’elle doit dire le réel tout autant que l’idéal, l’intime et l’universel, et qu’elle ne saurait être contenue « dans la forme des idées mais dans les idées elles-mêmes [6]. » Avant même la publication de cette préface, Hugo avait exprimé en décembre 1819, dans un article consacré à André Chénier l’importance qu’il accordait aux idées plus qu’à la forme : Chénier était un grand poète, dit-il, parce qu’« il avait tout ce qu’il faut pour l’être, les idées ; le reste est d’habitude. » Deux ans plus tard, la lettre à la Fiancée du 29 décembre 1821 explicitait le propos : « Les vers seuls ne sont pas la poésie. La poésie est dans les idées, les idées viennent de l’âme. Les vers ne sont qu’un vêtement élégant sur un beau corps [7]. »

Préface des Odes (juin 1823) 

Dans cette deuxième préface, Victor Hugo ajoute un postulat qu’il reprendra tout au long de sa vie : le poète se doit d’être utile au monde et à la société. De surcroît, il formule son souci constant de moderniser les formes poétiques – en l’occurrence l’Ode – et de leur apporter le vrai qu’on trouve dans le drame. Le point de vue politique est réitéré lorsqu’il dénonce les « saturnales de l’athéisme et de l’anarchie » auxquelles la Restauration a mis un terme [8].

Préface des Nouvelles Odes (février 1824)

Hugo établit d’abord un parallèle entre la situation de la France politique et sociale et celui de sa littérature pour constater l’affrontement de deux clans. Il affirme vouloir se placer au-dessus des querelles et déclare ignorer « profondément ce que c’est que le genre classique et que le genre romantique. » Il importe avant toutes choses de savoir distinguer « le bon et le mauvais, le beau et le difforme, le vrai et le faux. » Comment imaginer que la révolution ait pu renverser toute une société sans avoir touché la littérature ? La mission du génie est de « marcher devant les peuples comme une lumière », de donner du sens et une voix à tous ces changements politiques, sociaux, culturels qui disent quelque chose de l’humanité immuable [9]. Il regrette que le vrai ait été chassé de la littérature par le faux goût qui consiste à mêler l’antique au présent, tout autant que la foi en la royauté et en la religion l’a été par les convictions démocratiques et athées des meilleurs auteurs [10].

Préface des Odes et Ballades  (août 1826) 

Victor Hugo insiste : il ne veut être contraint par aucune des distinctions de genres qu’une tradition sclérosée entend imposer : chacun peut s’enrichir du contact des autres. L’application mécanique des règles conduit à l’artificialité, tue le vrai et le beau. Il faut donc rendre la littérature libre, ce qui ne signifie nullement anarchie, car la recherche du vrai implique nécessairement une beauté ordonnée. Le poète doit aussi écrire dans une langue rigoureuse [11]. Ludmila Charles-Wurtz signale la présence de la métaphore du jardin sans ordonnancement  ni interdit, reprise trois ans plus tard dans Les Orientales, pour signifier l’avènement d’une révolution esthétique qui a libéré la littérature. Elle montre aussi comment « la libre circulation de la parole » est posée comme une critique de la réalité sociale qui nie encore la liberté des citoyens [12].

Préface des Odes et Ballades (août 1828)

Victor Hugo attire l’attention sur l’évolution que fait apparaître le rapprochement des différentes versions des Odes et qui manifeste une inspiration libérée de la routine d’écriture et il réjouit de constater que les idées neuves que lui et d’autres ont défendues ont fait leur chemin dans les mentalités, d’où l’espoir que le XIXe siècle restera, dans l’histoire des idées politiques et littéraires, synonyme de liberté [13].

Préface des Orientales (février 1829)

Victor Hugo s’affirme comme un poète qui n’est pas l’esclave d’un « système », mais un « homme de fantaisie et de caprice » qui n’obéit qu’à l’inspiration, laissant à d’autres, si telle est leur envie, de le simplifier pour  mener leurs combats. Il se place uniquement sur le terrain littéraire et ne dit de ces pièces où il dénonce, sans ostentation, l’oppression ottomane, telles que Clair de Lune ou l'Enfant [14]. Pour autant, Ludmila Charles-Wurtz fait remarquer que dans Les Orientales, Hugo donne, au travers du « je » la parole à tous les protagonistes de la guerre d’indépendance, que ce soit les Grecs, les Européens ou les Turcs.  « Les Orientales  actualisent en ce sens le régime de la parole qu'implique la révolution politique :  si le barbare est celui qui refuse de reconnaître le droit de tous à la parole, alors Charles X est un barbare au même titre qu'Ali-Pacha [15]. »

Préface des Feuilles d’automne (novembre 1831)

Dans une époque de bouleversements politiques, sociaux, religieux qui affectent les individus et des peuples entiers, il est bon que l’artiste parle à l’homme de ce qui est intangible en lui : les sentiments d’amour, de douleur, de joie, de tristesse, de mélancolie  – tout ce qui vit en somme dans « le cœur humain ». C’est le privilège de l’artiste que de publier un « un pur ouvrage d’art », un « livre inutile » dans des temps voués à faire advenir des transformations utiles.

Victor Hugo reconnaît aussi ses erreurs politiques de jeunesse, tout en précisant qu’elles lui ont été inspirées par sa conscience, jamais par des questions d’intérêt, et en homme sage, placé au-dessus des querelles et des haines, il conseille de ne pas accabler la royauté déchue [16].

Préface des Chants du crépuscule (25 octobre 1835)

« Tout aujourd’hui, dans les idées comme dans les choses, dans la société comme dans l’individu, est à l’état de crépuscule. » Le recueil est le reflet de cette réalité et le lecteur y trouvera «  tous les contraires, le doute et le dogme, le jour et la nuit. » Victor Hugo ne se pose pas ici comme le voyant qui annonce ce qui va suivre cette grande période d’incertitude personnelle et civilisationnelle : il est celui qui s’est servi de son art pour la dire et qui espère [17].

Préface des Voix intérieures (24 juin 1837)

Il appartient au poète de se placer au-dessus des événements afin d’englober sous son regard le monde contemporain et d’en dégager ce qui est digne de rester dans l’histoire ; il importe qu’il demeure vigilant mais ouvert, bienveillant et sévère quand il le faut. Il devient ainsi celui qui étend la civilisation à la foule par « l’adoucissement des esprits et des mœurs [18]

Préface de Les Rayons et Les Ombres (24 avril 1840)

Selon Victor Hugo, drame, roman et poésie déclinent la passion que Dieu a mise en l’homme. Si la passion est couplée à l’action, cela donne le drame ; si le drame quitte la scène pour gagner en finesse d’analyse humaine et historique, il devient le roman ; si la passion se mêle au rêve, on a la poésie. Toutefois, dans l’œuvre des génies, il arrive souvent qu’un genre emprunte à l’autre, car ils ont compris que « tout se tient, […] tout s'accouple et se féconde par l'accouplement. » Leurs qualités maîtresses sont l’observation transformée en art par l’imagination. Le grand poète sait rester libre des contingences et son art doit englober l’humanité et la nature dans son entier, dans son passé, comme dans son présent et son avenir. Quand il aborde la question du style, Victor Hugo se déclare partisan de la rigueur dans la forme : « Le nombre est dans l'art comme dans la science [19]. »

Préface des Odes et Ballades (1853)

Homme mûr et proscrit, Victor Hugo ne craint pas de rappeler l’évolution qui a été la sienne depuis le jeune auteur chantre des idées monarchistes au poète champion de la démocratie, évolution qui est aussi celle de l’erreur vers le vrai [20].

Préface des Contemplations (mars 1856)

Victor Hugo conseille au lecteur de considérer ce recueil comme un miroir : dans l’âme du poète, il verra la sienne. Il l’apostrophe : « Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! » Le poète est un homme qui s'adresse à tous les hommes pour leur parler des hommes de tous les temps [21]. On a là le manifeste d’un homme mûri par les années qui ont passé et par les deuils qu’il a vécus, mais Hugo ne se place plus à l’avant-poste du combat littéraire, car celui-ci a abouti à la victoire : « [...] La poésie, n'ayant plus les mêmes références culturelles, ne sera jamais plus ce qu'elle était auparavant » (Jean Gaudon) [22].

Préface de La Légendes des siècles (septembre 1859)

Et Caïn répondit : « je vois cet œil encore ! »

« Peindre [l’humanité] successivement et simultanément sous tous ses aspects, histoire, fable, philosophie, religion, science, lesquels se résument en un seul et immense mouvement d’ascension vers la lumière », c’est-à-dire le progrès : voilà le premier sujet qu'aborde La Légende des siècles .Victor Hugo annonce qu’il traitera ensuite du Mal et de L’Infini, voulant ainsi démontrer que la poésie peut tout dire [23]. Baudelaire a porté sur la première série du recueil et son projet aux dimensions d’épopée un jugement positif. Selon lui,  avec La Légende des siècles, « Victor Hugo a créé le seul poème épique qui put être créé par un homme de son temps pour des lecteurs de son temps » en composant son œuvre de poèmes généralement courts, ce qui « témoigne d’une connaissance absolue de tout le possible de la poésie moderne » et en se gardant « d’emprunter à l’histoire autre chose que ce qu’elle peut légitimement et fructueusement prêter à la poésie : je veux dire la légende, le mythe, la fable [24] . » Jean Gaudon remarque que la préface annonce une suite de nouvelles séries, « un livre infini », un triptyque qui inclurait Dieu et La Fin de Satan, mais qu’ « aucune de ces promesses ne sera tenue, car aucune n’était tenable [25]. »

Préface des Chansons des rues et des bois (octobre 1865)

Le poète, qui peut et doit tout dire, ne peut négliger la légèreté et la gaieté, et la poésie ne serait pas complète si elle ignorait cette aspiration essentielle de l’âme humaine [26]

Jean Gaudon note que la préface, contrairement à celle des Contemplations, n'apostrophe plus le lecteur devenu simple spectateur [27].

Théâtre

Sylvie Jeanneret montre que dans ses préfaces théâtrales, Hugo, qui est systématiquement en butte à la censure, ajoute une dimension nettement politique en dénonçant les abus du pouvoir et ses ingérences dans le domaine littéraire [1].

Préface de Cromwell (1827)

Manifeste anti-classique, de défense et illustration du drame romantique. Victor Hugo distingue trois âges dans l’histoire de l’humanité : il y eut la littérature lyrique qui correspond aux temps premiers ; épique dans l’antiquité ; il y a enfin la littérature dramatique des temps modernes.

Selon Victor Hugo le drame est né avec le christianisme et la dualité qu’il a introduite entre Terre et Ciel, Chair et Âme, nature mortelle et éternelle, ange et bête, qu’il a traduite dans une peinture totale de la réalité [28]. Le drame, c’est la poésie complète qui associe tragédie (la représentation des passions) et comédie (la peinture des caractères) ; ode et épopée. Il ne s’agit plus de bâtir le théâtre moderne sur la simple représentation des passions qui agitent le cœur des puissants, mais il faut que les événements historiques y trouvent aussi leur place. Il ne saurait être question non plus de se contenter de dire ce qui s’est passé – comme c’est le cas dans le théâtre classique – mais il importe de redonner au théâtre ce qui fait sa force, à savoir montrer les choses ; il ne faut plus donner seulement à entendre, mais aussi à voir.

Le poète des temps modernes doit revenir à la nature :

- la nature comme modèle.

Aux modèles anciens et  classiques, dont l’imitation provoque la sclérose de l’art, l’artiste doit préférer celui de la nature. Il ne saurait y avoir d’art sans nature : «  Tout ce qui est dans la nature est dans l’art » ; « Le drame est un miroir où se réfléchit la nature. » 

- la nature mise au service de l’art.

Mais de même que l’imitation servile des anciens mène à une impasse, l’imitation mécanique de la nature serait stérile. Il importe donc que l’artiste opère un choix dans les possibilités sans limite de la nature. La nature n’est pas l’art, elle le devient sous le regard de l’artiste de génie. L’artiste ne doit pas y chercher le beau, mais le vrai et si à certains le vrai semble laid, eh bien, c’est qu’ils ne savent pas voir. 

- la nature sublimée par la poésie.

Pour peu que le vers dramatique gagne en liberté et en audace, il pourra traduire le vrai en art. 

Il faut donc revenir au vrai, comme celui qu’offre la  nature, d’où la présence côte à côte du sublime et du grotesque, dont le contraste est « la plus riche source que la nature puisse offrir à l’art [29]. » De même, au nom de la vraisemblance, s’impose le rejet des unités de temps et de lieu, conventions absurdes. De fait, borner la durée de tous les événements à cadre temporel unique fait penser au « cordonnier qui voudrait mettre le même soulier à tous les pieds ». L’unité de lieu n’a pas plus de sens : « Quoi de plus invraisemblable et de plus absurde en effet que ce vestibule, ce péristyle, cette antichambre », lieu de rencontre improbable où se retrouvent « les conspirateurs » et « le tyran ». Parce que l’action la plus digne d’intérêt se déroule dans des lieux trop vils pour être représentés, on en arrive à la situation où « au lieu de scènes, nous avons des récits ; au lieu de tableaux, des descriptions. » Pour un dramaturge moderne, le lieu où se sont déroulés les événements historiques n’est pas un élément superfétatoire mais essentiel.

Seule l’unité d’action trouve grâce à ses yeux. Victor Hugo lui préfère toutefois le terme d’unité d’ensemble afin de montrer qu’une pièce ne se résume pas à une action, mais peut très bien s’appuyer sur plusieurs actions pourvu qu’elles tendent vers l’action principale [30].

Préface d’Hernani  (9 mars 1830)

Cette préface proclame l’ordre de mission des combattants romantiques :

« Le romantisme, tant de fois mal défini, n'est, à tout prendre, et c'est là sa définition réelle, si l'on ne l'envisage que sous son côté militant, que le libéralisme en littérature.

La bataille d'Hernani.

La liberté dans l'art, la liberté dans la société, voilà le double but auquel doivent tendre d'un même pas tous les esprits conséquents et logiques. 

La liberté littéraire est fille de la liberté politique.

À peuple nouveau, art nouveau. »

La littérature du XIXe siècle est celle de la jeune génération et elle doit convaincre les tenants du classicisme que le progrès est nécessaire et inévitable [31].

Préface de Marion de Lorme (août 1831)

Il évoque la censure dont la pièce a fait l’objet de la part de deux gouvernements successifs. Il explique ensuite pourquoi il n’a pas fait pas jouer sa pièce pendant un an alors que cette même censure avait été abrogée. Il savait, dit-il, que sa pièce, comme d’autres servirait à  dénoncer l’oppression que faisait peser l’ancien régime sur les idées. Il rappelle alors ses erreurs de jeune royaliste et s’en prévaut pour ne pas se livrer à l’indignité en accablant Charles X, qu’il avait encensé et  qui avait ensuite été chassé de son trône par les Trois Glorieuses. Cette révolution a permis « l’esprit nouveau du dix-neuvième siècle » et « l’art vrai, consciencieux, sincère » de pénétrer le théâtre comme il l’avait fait des autres domaines de la peinture, de la philosophie, de la poésie, de l’histoire [32]. Il se réjouit de voir que le combat que les novateurs ont mené à conduit à effacer les distinctions stériles entre Romantiques et Classiques et à faire naître un public éclairé. Il exprime son optimisme sur l’avenir de l’art et conclut en une phrase où l’on ne peut s’empêcher de voir une allusion à Hugo lui-même : « Pourquoi maintenant ne viendrait-il pas un poëte qui serait à Shakespeare ce que Napoléon est à Charlemagne  [33]? »

Préface du Roi s’amuse (10 novembre 1832) 

Victor Hugo dénonce dans l’interdiction de sa pièce pour immoralité, un « acte monstrueux de censure et d’arbitraire », un vol à l’encontre de l’auteur et du directeur du Théâtre-Français.

Louis-Philippe aurait vu dans le vers que le bouffon Triboulet lance aux courtisans assemblés  (« Vos mères aux laquais se sont prostituées : / Vous êtes tous bâtards ») une allusion à la rumeur selon laquelle il serait le fruit d’une liaison adultère. Il déplore que le gouvernement profite en réalité d’une aspiration au calme après les bouleversements que la France a connus pour essayer  à nouveau de brider les libertés [34]

Préface de Lucrèce Borgia (11 février 1833)

L’écriture à l’été 1832 du Roi s’amuse et de Lucrèce Borgia aurait été le moyen, pour Hugo de toucher le public à la fois populaire et bourgeois [29] .

Toujours est-il que Victor Hugo annonce dès l’abord son intention de mener de front combat politique et création, car les deux sont indissociables : « Il y a beaucoup de questions sociales dans les questions littéraires,  et toute œuvre est une action. » Il sait que « le poëte a charge d’âmes » et il ne doute pas que le drame remplit une mission sociale et politique.

Il développe ensuite le parallèle d’intentions littéraires entre Le Roi s’amuse et Lucrèce Borgia. Dans la première pièce, il s’agit de montrer comment le grotesque né de la difformité physique touche au sublime lorsqu’il est transfiguré par la beauté d’un sentiment, en l’occurrence l’amour paternel ; la seconde offre le spectacle de la difformité morale sublimée par l’instinct maternel. Cette conception hugolienne du drame romantique a conduit à des mises en scène qui feraient de la pièce une illustration du théâtre de la cruauté d’Artaud [35]. Le monstre à visage de père ou de mère cesse d’être un objet de pur dégoût. Il ne s’agit pas pour lui de se contenter de l’art pour l’art ; il n’est pas non plus question de simplement refléter la laideur du monde, mais de la faire passer par le prisme de l’art [36].

Préface de Marie Tudor (  17 novembre 1833)

Victor Hugo énonce comme principe théâtral fondamental la mise en scène du « grand et [du] vrai », le grand étant la source du beau et le vrai renfermant la moralité. Il cite Corneille comme maître du premier et comme illustration du second Molière. Shakespeare  réunit les deux, et Victor Hugo se pose lui-même de toute évidence comme son continuateur dans le drame. Seul ce dernier est en mesure de regarder la nature et la vie et l’âme humaine sous tous ses angles, d’englober passé et présent en faisant qu’ils s’éclairent mutuellement. Il affirme à nouveau que le poète doit remplir une mission qui le place au-dessus des petitesses humaines et réitère sa confiance dans l’évolution des goûts du public [37] .

Préface de Angelo, tyran de Padoue (7 mai 1835)

Dans Angelo, Victor Hugo poursuit la défense et illustration de ses théories en créant un drame en prose « princier et domestique ; princier, parce qu’il faut que le drame soit grand ; domestique, parce qu’il faut que le drame soit vrai. » Hugo ose une métaphore audacieuse : le poète doit donner à voir, sous l’habit de velours et de soie, le caleçon des êtres à qui il donne la vie. Il importe de peindre une époque et ses mœurs tout en dégageant des contingences la vérité immuable – à savoir la nature humaine [38].

Cette œuvre provoqua moins de remous que les précédentes car Hugo en avait éliminé presque tout grotesque [39] .

Préface de Ruy Blas (25 novembre 1838)

Sarah Bernhardt dans Ruy Blas.

Victor Hugo commence par distinguer trois grands types de spectateurs : la foule, la femme et le penseur. La première demande de l’action, qu’elle trouve dans le mélodrame ; la deuxième veut de la passion, que lui procure la tragédie ; le penseur s’intéresse aux caractères, lesquels sont le sujet principal de la comédie. La force du drame est de réunir les trois genres et donc de susciter l’intérêt de tous les spectateurs. Le laquais Ruy Blas, issu du peuple, est un exemple de grotesque que la noblesse de son âme sublime ; son amour impossible pour la femme de la condition la plus élevée poursuivie par un implacable désir de vengeance est propre à satisfaire les amateurs de mélodrame ; don Maria de Neubourg n’est pas seulement reine d’Espagne, elle est aussi une femme qui aime et qui souffre ; le tragique l’emporte mais les pitreries de Don César de Bazan et les réparties spirituelles de Casilda, confidente de la reine, ont toute leur place dans la représentation du vrai. En outre, tout cela s’inscrit dans la peinture d’une Espagne décadente. Selon Jean-Marie Hovasse, le choix de l’Espagne par Hugo lui permettait de se laisser davantage de champ pour libérer sa parole, mais il n’en reste pas moins que la liberté comme fondement d’un renouveau politique et littéraire suscita évidemment quelques grincements de dents. Si la commission de censure décida de laisser le texte en l’état, c’est parce qu’il était « bon que le public voie jusqu’à quel point d’égarement peut aller l’esprit humain, affranchi de toute règle [40]. » À nouveau, les parti-pris de Hugo tels que la pièce les illustre firent naître de vives oppositions [41],[42].

En tout état de cause, la passion suscitée par la pièce illustre la place prépondérante qu’occupe le théâtre en ce premier tiers du XIXe siècle [43].

Préface des Burgraves (25 mars 1843)

Le drame comme leçon donnée à la foule par le poète inspiré, voilà encore le but assigné à cette pièce historique. En l’occurrence, il s’agit de rendre « palpable, saisissante, utile » l’idée de la dégradation morale qui affecte les générations les unes après les autres. Il fallait à nouveau mêler les genres, faire que le grotesque côtoie la grandeur, moraliser le propos en faisant triompher la Providence bienfaisante sur la Fatalité impitoyable, sans oublier toutefois de donner toute sa place aux sentiments. Les mythes, les légendes, l’histoire, les familles, oui, mais aussi l’homme [44]

À propos du théâtre de Hugo, Anne Ubersfeld cite Jean Vilar : « Je voudrais écrire sur le fronton de mon théâtre populaire non pas : vive Molière ou Shakespeare, mais : vive Victor Hugo », donnant ainsi à entendre que le dramaturge avait su réconcilier les mots « culture » et « populaire [45]. »

Romans

Préface de Notre-Dame de Paris (février 1831)

L’admirateur du Moyen Âge et de son art religieux dénonce le crime qui consiste à enlaidir, à mutiler , voire à détruire ces trésors architecturaux [46]. La pique que Hugo lance, notamment à l’encontre des architectes, Viollet-le-Duc essaye de la détourner et s’adresse aux « archéologues spéculatifs », aux nostalgiques des  « périodes romantiques » dont les propos tiennent du « galimatias banal qui faisait rage en 1825 ». Il explique qu’un monument tel que Notre-Dame de Paris n’a jamais connu d’état définitif, qu’elle n’a jamais cessé dévoluer [47].

Préface des Misérables (1862)

La courte préface présente l’ouvrage comme une œuvre de combat contre la misère et l’ignorance car le poète ne peut méconnaître les questions sociales et donc les enjeux politiques de son temps. Hugo annonce ici que l'ouvrage que le lecteur a devant lui « se donne pour objet ce qui n'existe pas en désignant la masse irrepérable des exclus » (Annette Rosa) [48]. Comme Hugo l’écrit en 1876 dans le prologue à L’Année terrible : « Le siècle est à la barre et je suis son témoin [49]. »

Préface des Travailleurs de la mer (mars 1866)

La pieuvre - Dessin de Victor Hugo.

Victor Hugo poursuit son entreprise de dissection de l’humanité : après avoir analysé dans Notre-Dame de Paris la fatalité (anankè) que font peser les dogmes ; dans Les Misérables celle sous laquelle les lois écrasent une partie considérable de la société, il fait ici réfléchir à la fatalité de la nature qui contraint l’homme à la lutte. Il ne s’agit pas d’oublier non plus l’anankè attachée à la nature même de l’homme [50].

Préface de L’Homme qui rit (avril 1869)

Victor Hugo entend toujours donner une valeur didactique à son œuvre : il s’agit à présent d’éclairer ce corps social nuisible qu’est l’oligarchie, ou pour le dire autrement, l’aristocratie. Pour ce faire, il entraîne le lecteur au temps de la féodalité anglaise [51]. Dans cette préface, très courte, Hugo semble réduire le propos de L’Homme qui rit à la peinture d’un système et d’une époque. Léon Cellier a montré qu’on avait également affaire là à un roman initiatique dans lequel le héros, Gwynplaine, traverse un certain nombre d’épreuves et de tentations avant de trouver le salut [52].

Écrits sur la littérature, le voyage, son œuvre et sa vie

Préface du Rhin (janvier 1842)

Même un récit de voyage est propice à l’expression de sa conception du rôle de l’artiste. Citons Victor Hugo : « Pour peu qu’il vive à l’une des époques décisives de la civilisation, l’âme de ce qu’on appelle le poëte est nécessairement mêlée à tout, au naturalisme, à l’histoire, à la philosophie, aux hommes et aux événements, et doit toujours être prête à aborder les questions pratiques comme les autres. Il faut qu’il sache au besoin rendre un service direct et mettre la main à la manœuvre. Il y a des jours où tout habitant doit se faire soldat, où tout passager doit se faire matelot [53]. » La dimension politique n’est pas absente : « […] infailliblement, un jour, bientôt peut-être, le Rhin sera la question flagrante du continent », d’où la nécessité d’y porter le regard du voyageur et du penseur, pour proposer ensuite des éclaircissements et des solutions aux problèmes que cette question soulève. Comme le font remarquer André et Danielle Cabanis : « Hugo n’est jamais meilleur prophète que lorsqu’il paraît complètement coupé de la réalité de son temps [54]. »

Préface de William Shakespeare (1864)

Le XIXe siècle a amené un tel bouleversement des schémas artistiques que Victor Hugo a toujours ressenti la nécessité de s’interroger sur tous les aspects de l’art, comme il le fait dans cet ouvrage qui analyse l’œuvre de l’inspirateur du drame romantique. Il y développe également la mission dévolue au poète. « Esprits ! soyez utiles ! servez à quelque chose », écrit-il au commencement du livre VI, intitulé « Le beau serviteur du vrai » : l’art pour l’art est insuffisant [55].

Préface de mes œuvres et post-scriptum de ma vie (vers 1863)

Ce texte ne sert pas de préface à une œuvre en particulier. Victor Hugo y résume sa vision du monde et de l’art. Il dénonce l’interprétation  bornée que les sciences comme les religions veulent imposer. Seul le poète de génie, le visionnaire, grâce à ses dons d’observation, d’imagination et d’intuition englobe l’humanité et la nature entières pour en rendre compte sous tous leurs aspects. Mais changer le regard erroné du monde sur le monde exige du courage [56]. Claude Gély note la profonde signification que le terme « contemplation » revêt pour Hugo. Le mot apparaît deux fois dans la Préface des Rayons et des Ombres, puis servira de titre au recueil de 1856 les Contemplations. Dans les Feuilles d’automne (1831), Hugo utilise déjà le verbe « contempler » pour désigner l’attention à la voix de Dieu que la nature rend audible [57].

Textes politiques

Actes et Paroles – Avant l’exil – Le droit et la loi (juin 1875)

Victor Hugo  exprime sa confiance en un avenir radieux dédié entièrement à la paix et au progrès, dans lequel la France devenue une nouvelle Grèce ou Rome rayonnera sur le monde. La parenté d’idées avec Garibaldi est manifeste lorsqu’il s’agit d’élargir la notion de patrie à l’humanité entière. Plus généralement, selon Carol Bergami, on assiste en cette seconde moitié du XIXe siècle à une « européisation du pacifisme », le principe étant que  la paix ne pourra exister que si elle repose sur des fondements juridiques et en Europe en particulier sur la mise en place d’une fédération des nations. Qui plus est, Hugo n’ignorait sans doute pas les théories du saint-simonien Augustin Thierry qui, dès 1814, prônait la création d’un parlement franco-anglais comme point de départ d’une union plus vaste. Il est à noter cependant que Hugo opte plutôt pour un rapprochement avec l’Allemagne, « à ses yeux la collaboratrice naturelle de la France », comme il l’écrit dans la préface au Rhin [58] [59]

Il reprend aussi l’antienne du prêtre et du matérialiste tous deux aveuglés par les dogmes. Il reconnaît encore avoir « traversé beaucoup d’erreurs », mais sans jamais avoir failli dans son combat pour la liberté et continue de clamer : « il faut s’aimer, s’aimer, s’aimer ! », seul moyen de lutter contre ce qu’il dénomme « l’égoïsme social [60]. » 

Actes et Paroles – Pendant l’exil – Ce que c’est que l’exil  (novembre 1875)

Victor Hugo sur le Rocher des Proscrits à Jersey (Charles Hugo - été 1853).

Le droit est un des visages du vrai : Victor Hugo se présente comme celui qui s’est toujours battu pour l’un et l’autre. Il rappelle quels sont tous les combats qui seront un jour couronnés de victoire : abolition de la peine de mort, de l’analphabétisme, des classes et des frontières ; établissement du divorce, du droit de vote pour les femmes, de la laïcité. Il est le poète, le sage et le voyant : « La grande voix sombre lui parle. […] Il regarde l’infini, il écoute l’ignoré.. Toute la nature en foule s’offre à ce solitaire [61]. »

Actes et Paroles – Depuis l’exil – Paris et Rome(juillet 1876)

De retour en France, il constate que le cléricalisme triomphe et son crédo reste le même : l’Église n’est pas Dieu, et l’éducation des enfants ne doit pas lui être confiée. Il ne craint pas la virulence en déclarant que « abrutir est un art. Les prêtres des divers cultes appellent cet art Liberté d’enseignement. » Il assumera une fois encore sa responsabilité de guide car le XIXe siècle finissant, dit-il, est à cheval entre deux révolutions : celle que la France a connue en 1789 et celle à venir qui bouleversera l’Europe [62]

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 « Sylvie Jeanneret, « Dire, c'est faire » : la parole dans l'oeuvre romanesque de Victor Hugo », sur Groupe Hugo, Paris VII, (consulté le 20 juin 2017)
  2. Jacques Marseille, Françoise Gomez, Les années Hugo, Paris, Larousse, , 215 p. (ISBN 9782035052926), p. 26
  3. 3,0 et 3,1 Henri Guillemin, Hugo, Paris, Le Seuil. Ecrivains de toujours, , 191 p. (ISBN 2-02-000001-6), p. 177
  4. Victor Hugo, Littérature et philosophie mêlées, Paris, FB Editions, , 214 p. (ISBN 978-1514609255), p. 46
  5. Jacques Marseille, Françoise Gomez, Les années Hugo, Paris, Larousse, , 215 p. (ISBN 9782035052926), p. 40
  6. « Odes et Ballades », sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  7. Claude Gély dans Victor Hugo - Poésie I, Robert Laffont, 1985, 1118 p., ISBN 2221046919, p. II.
  8. « Odes et ballades », sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  9. Michel Brix, Le romantisme français: esthétique platonicienne et modernité littéraire, Collection d'études classiques - Volume 13, Louvain-Namur, Peeters Leuven, , 302 p. (ISBN 978-9042907386), p. 65
  10. « Odes et ballades », sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  11. « Odes et Ballades », sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  12. « Des Odes et Ballades aux orientales, vers une libre circulation de la parole poétique, », sur Groupe Hugo, Paris VII (consulté le 26 juin 2017)
  13. « Odes et ballades » (https://fr.wikisource.org/wiki/Odes_et_Ballades/Pr%C3%A9face_de_1828), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  14. « Les Orientales - Préface de février 1829 » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Orientales/Pr%C3%A9face_de_f%C3%A9vrier_1829), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  15. « Des Odes et Ballades aux Orientales, vers une libre circulation de la parole poétique (Ludmila Charles-Wurtz) », sur Groupe Hugo - Université Paris VII (consulté le 20 juin 2017)
  16. « Les Feuilles d’automne - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Feuilles_d%E2%80%99automne/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  17. « Les Chants du crépuscule/Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Chants_du_cr%C3%A9puscule/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  18. « Les Voix intérieures/Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Voix_int%C3%A9rieures/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  19. « Les Rayons et les ombres - Préface », sur Les trésors de lys (consulté le 17 juin 2017)
  20. « Odes et Ballades - Préface de 1853 » (https://fr.wikisource.org/wiki/Odes_et_Ballades/Pr%C3%A9face_de_1853), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  21. « Les Contemplations - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Contemplations/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  22. Victor Hugo (Présentation de Jean Gaudon), Poésie II, Paris, Robert Laffont, , 1112 p. (ISBN 2221046927), p. III
  23. « La Légende des siècles - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_des_si%C3%A8cles/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  24. Baudelaire (Rédaction : Marcel Ruff), Oeuvres complètes - Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains - Victor Hugo, Paris, Editions du Seuil, , 759 p. (lire en ligne (https://fr.wikisource.org/wiki/R%C3%A9flexions_sur_quelques-uns_de_mes_contemporains/Victor_Hugo)), p. 473-474
  25. Victor Hugo, Poésie II (Présentation : Jean Gaudon), Paris, Robert Laffont, , 1112 p. (ISBN 2221046927), p. 1081
  26. « Les Chansons des rues et des bois - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Chansons_des_rues_et_des_bois/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  27. Victor Hugo (Présentation de Jean Gaudon), Victor Hugo, Poésie II, Paris, Robert Laffont, , 1112 p. (ISBN 2221046927), p. V
  28. Maurice Souriau note, à côté des erreurs commises par Hugo dans son historique de la littérature antique, que sa théorie d’un christianisme à l’origine du grotesque et du drame fait peu de cas de ses sources antiques. Il reconnaît cependant que son œuvre a su dépasser les outrances du romantisme telles qu’elles pouvaient être exposées dans la préface et la pièce. (Maurice Souriau - La Préface de Cromwell, Boivin, 1897, p. 162)
  29. 29,0 et 29,1 « Les fiches d'Universalis », sur Google livres (consulté le 20 juin 2017)
  30. « Cromwell - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Cromwell_-_Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  31. « Hernani 1889 - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Hernani_1889/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  32. Dans son souci de donner une voix à « l’art vrai, consciencieux, sincère » Hugo donne pour modèle de vertu une prostituée. Isabelle Roche (Groupe Hugo –Université Paris VII) montre comment l’ancienne courtisane Marion annonce dans les romans de Hugo d’autres personnages de prostituées qui accèdent à la rédemption par l’amour et le sacrifice sublime qu’il entraîne. (Marion Delorme et le “goût de la réhabilitation” » de Victor Hugo - 26 mars 2011 - Site Web :http://groupugo.div.jussieu.fr/Groupugo/11-03-26roche.htm#_ftnref7)
  33. « Marion de Lorme - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Marion_de_Lorme/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  34. « Le Roi s’amuse » (https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Roi_s%E2%80%99amuse), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  35. Lucrèce Borgia, image d'un « théâtre de la cruauté » - Comédie française - Mise en scène Denis Podalydès (14/04 -19/07 - 2015)
  36. « Lucrèce Borgia », sur Gallica - BnF (consulté le 17 juin 2017)
  37. « Marie Tudor (Victor Hugo) » (https://fr.wikisource.org/wiki/Marie_Tudor_(Victor_Hugo)), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  38. « Angelo, tyran de Padoue » (https://fr.wikisource.org/wiki/Angelo,_tyran_de_Padoue), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  39. « Les fiches de lecture d'Universalis » (consulté le 20 juin 2017)
  40. Jean-Marie Hovasse, Victor Hugo, Tome I - Avant l'exil, Paris, Fayard, , 1366 p. (ISBN 978-2213610948), p. 412
  41. La préface rappelle celle de Chatterton, sans doute en réponse à Vigny qui niait que le drame romantique ait une portée philosophique. Dans la Revue des deux mondes, Gustave Planche condamne dans Ruy Blas « un cynisme révoltant », se demandant si la pièce est « une gageure contre le bon sens, ou […] un acte de folie. » Emile Zola, en revanche, voit dans le drame qui illustre les théories de Hugo « un souffle nouveau, une bouffée de grand air » comparé à l’air étouffant « de la vieille école classique. » (Victor Hugo – Ruy Blas – Nouveaux classiques Larousse 1971 pp. 31, 220,221) 
  42. « Ruy Blas » (https://fr.wikisource.org/wiki/Ruy_Blas), sur Wikisource (consulté le 20 juin 2017)
  43. Jacques Marseille, Françoise Gomez, Les années Hugo, Paris, Larousse, , 215 p. (ISBN 2035052920), p. 63
  44. « Les Burgraves » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Burgraves), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  45. « Avec Hugo », Jean Vilar, sous la direction de Jacques Téphany, Cahiers de L’Herne, 1995, pp. 212-218.
  46. « Notre-Dame de Paris - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Notre-Dame_de_Paris/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  47. Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Volume 8 - Article : Restauration, Paris, Morel, , 519 p., p. 31
  48. Victor Hugo (Présentation de Annette Rosa), Victor Hugo, Roman II, Paris, Robert Laffont, , 1270 p. (ISBN 2221046897), p. II
  49. « Les Misérables » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  50. « Les Travailleurs de la mer - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Travailleurs_de_la_mer/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  51. « L’Homme qui rit (éd. 1907) - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Homme_qui_rit_(%C3%A9d._1907)/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  52. Léon Cellier, "Chaos vaincu". Victor Hugo et le roman initiatique (L'Homme qui rit) - Bulletin de la Faculté des Lettres de Strasbourg, janv.-mars 1962, pp. 213-223.
  53. « Le Rhin - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Rhin/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  54. André Cabanis, Danielle Cabanis, L'Europe de Victor Hugo, Paris, Privat, , 126 p. (ISBN 978-2708969353), p. 117
  55. « William Shakespeare (Victor Hugo) - Préface » (https://fr.wikisource.org/wiki/William_Shakespeare_(Victor_Hugo)/Pr%C3%A9face), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  56. « Préface de mes œuvres et post-scriptum de ma vie » (https://fr.wikisource.org/wiki/Pr%C3%A9face_de_mes_%C5%93uvres_et_post-scriptum_de_ma_vie), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  57. Claude Gély, dans Victor Hugo - Poésie I, Robert Laffont, 1985, 1118 p., ISBN 2221046919, pp. III, IV.
  58. Carol Bergami, « Européisme et cosmopolitisme. D’une spécificité européenne dans le pacifisme français des années 1840 », Matériaux pour l’histoire de notre temps (n°108),‎ , p. 7/12
  59. « L'Europe de Hugo et Garibaldi » (http://groupugo.div.jussieu.fr/Groupugo/16-12-17radicchi.htm#_ftnref11), sur Groupe Hugo, Paris VII, (consulté le 26 juin 2017)
  60. « Actes et paroles/Avant l’exil » (https://fr.wikisource.org/wiki/Actes_et_paroles/Avant_l%E2%80%99exil), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  61. « Ce que c’est que l’exil » (https://fr.wikisource.org/wiki/Ce_que_c%E2%80%99est_que_l%E2%80%99exil), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2017)
  62. « Actes et paroles/Depuis l’exil/Paris et Rome » (https://fr.wikisource.org/wiki/Actes_et_paroles/Depuis_l%E2%80%99exil/Paris_et_Rome), sur Wikisource (consulté le 17 juin 2014)

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

• Michel Brix, Le romantisme français: esthétique platonicienne et modernité littéraire, Collection d'études classiques - Volume 13, Louvain-Namur, Peeters Leuven, 2000, 302 p. (ISBN 978-9042907386)

• Henri Guillemin, Hugo, Paris, Le Seuil. Écrivains de toujours, 1978, 191 p. (ISBN 2-02-000001-6)

• Jean-Marie Hovasse, Victor Hugo, Tome I - Avant l'exil, Paris, Fayard, 2001, 1366 p. (ISBN 978-2213610948)

• Victor Hugo – Critique (Présentation de Jean-Pierre Reynaud), Paris, Robert Laffont, 1985, 761 p. (ISBN 2221046978)

• Victor Hugo – Poésie II (Présentation de Jean Gaudon), Paris, Robert Laffont, 1985, 1112 p. (ISBN 2221046927)

• Victor Hugo - Roman II (Présentation de Annette Rosa), Paris, Robert Laffont, 1985, 1270 p. (ISBN 2221046897)

• Sylvie Jeanneret - « Dire, c'est faire » : la parole dans l'œuvre romanesque de Victor Hugo - Préfaces à l'œuvre (poésie, théâtre) – Groupe Hugo – Consultable en ligne : http://groupugo.div.jussieu.fr/Groupugo/99-11-20Jeanneret.htm

• Jacques Marseille, Françoise Gomez, Les années Hugo, Paris, Larousse, 2002, 215 p. (ISBN 2035052920)


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