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Rémi Fraisse

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Rémi Fraisse, né le 31 août 1993 à Toulouse[1], est un jeune 21 ans, engagé dans la protection de l'environnement, mort le dimanche 26 octobre 2014, sur le site du chantier contesté du barrage de Sivens.

Personnalité

Rémi Fraisse est diplômé d'un BTS de gestion et protection de la nature, bénévole botaniste dans des associations de protection de la nature, il travaille en intérimaire[2].
Ses autres centres d'intérêts concernent principalement la musique : il joue de la guitare et du didgeridoo, et est amateur de reggae et de blues.
Il a une petite amie prénommée Anna, et une soeur prénommée Chloé [2].
Ses amis le décrivent comme quelqu'un de calme et pacifique[3].

Opposition au barrage de Sivens

Le barrage de Sivens suscite une vive contestation, fondée sur des arguments de nature écologique[4].

Avant l'été 2014, puis en septembre et en octobre 2014, l'opposition au projet s'exprime sous la forme de manifestations, au cours desquelles 56 policiers et gendarmes sont blessés[5].

Le 25 octobre, selon les gendarmes, 2000 personnes manifestaient pacifiquement, mais « 100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus [qui] ont jeté des engins incendiaires » sur les forces de l'ordre[6]. Le professeur de criminologie Alain Bauer indique que les militants pacifiques ont été débordés par les manifestants extrémistes dont le mode d'action est uniquement violent comme les Black Block[7]. Ces derniers sont « vêtus de noirs et gantés, visages dissimulés, pour beaucoup équipés de masques à gaz, ou armés de bâtons »[8].

Décès

Selon les proches de Rémi Fraisse présents au moment du drame, c'est peu avant deux heures du matin, le dimanche 26 octobre 2014, que le défunt décide avec quelques amis d'aller assister aux affrontements entre un groupe de manifestants et des forces de l'ordre, en tant que simples badauds. Selon son amie, Rémi Fraisse « avait un peu bu dans la soirée, mais n'était pas ivre » (les examens toxicologiques révèlent que le jeune homme avait 1,5 gramme par litre de sang[9]). Devant les affrontements, il réagit spontanément et se précipite, en criant « Allez, faut y aller ! », sans aucune protection puis y disparaît. Son corps ne sera pas retrouvé par ses amis[2].

Dans la nuit du 26 octobre 2014, le corps de Rémi Fraisse est retrouvé sans vie, par les gendarmes, à deux heures du matin, sur les lieux des heurts[10].

Très rapidement, il apparaît qu'une explosion est à l'origine de sa mort. Une polémique s'ensuit. Le ministre de l'Intérieur accuse les écologistes « d'instrumentaliser » la mort de ce militant[11]. François Hollande appelle au calme et à la compassion[12]

Le 28 octobre 2014, de nouveaux résultats d'analyses privilégient la thèse d'un décès consécutif au tir d'une grenade offensive par la gendarmerie. Le ministre de l'Intérieur annonce la suspension de l'utilisation de ces armes[13].

L'avocat de la famille de la victime indique que Rémi Fraisse n'a pas été touché par un cocktail Molotov utilisé par les manifestants contre les forces de l'ordre[14].

Hommages

En mémoire à Rémi Fraisse de nombreuses manifestations sont organisées en France[15]. Certaines d'entre elles dégénèrent avec des atteintes aux biens et des affrontements avec les forces de l'ordre provoquant des blessés de part et d'autre[16]. Ainsi à Nantes, selon la préfecture, au moins 6 personnes ont été blessées; 3 policiers par des jets d'acide et 3 manifestants par des coups de matraques, des éclats de grenades de dé-encerclement ou des tirs de flash-ball[17]. Le 4 novembre, Cécile Duflot, ancienne ministre, députée EELV, demande à l'Assemblée nationale une minute de silence à la mémoire de Rémi Fraisse. Le Président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone la lui refuse en notant que la tradition de l'assemblée n'autorise de minute de silence que pour les fonctionnaires de la police et de la Défense nationale morts en mission. Il faut noter toutefois que la majorité de droite de l'Assemblée nationale, en 1986, avait accédé à la demande de la gauche de marquer une minute de silence après la mort de Malik Oussekine, tué lors d'affrontements avec la police au Quartier latin à Paris et qu'une minute de silence y a également été observée lors de la mort de Clément Méric, décédé lors d'une rixe n'impliquant aucune responsabilité de l'Etat.

Notes et références

  1. Fremi-fraisse-un-ecolo-de-base-tres-loin-du-radicalisme- (La Libre.be)
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Grégoire Souchay, Les proches de Rémi Fraisse témoignent : « Il n'a pas mesuré ce qui l'attendait », Association La Pile (Association pour une presse indépendante, libre et écologique), 29 octobre 2014
  3. Mort de Rémi Fraisse : les témoins racontent ce qu'il s'est passé, dimanche 2 novembre 2014
  4. http://www.collectif-testet.org/28+breve-presentation-du-barrage.html
  5. Barrage de Sivens : les gendarmes se défendent, l'avenir du projet en question La Dépêche, 30 octobre 2014
  6. Barrage de Sivens : incidents en marge d'une manifestation La Dépêche, 25 octobre 2014
  7. Alain Bauer, Anarchistes, Anonymous, Black Block : les différents visages de la gauche radicale Le Figaro, 29 octobre 2014
  8. Sivens : une vidéo montre les affrontements qui ont précédé la mort de Rémi Fraisse Libération, 28 octobre 2014
  9. Mort de Rémi Fraisse : ce que montrent les caméras des gendarmes
  10. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/10/26/01016-20141026ARTFIG00043-un-corps-decouvert-apres-la-manifestation-contre-le-barrage-de-sivens.php
  11. http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2014/10/28/25005-20141028ARTFIG00115-sivens-pour-cazeneuve-les-ecologistes-instrumentalisent-la-mort-de-remi-fraisse.php
  12. http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/sivens-hollande-appelle-calme-apr-s-mise-cause-des-cologistes-cazeneuve-703597
  13. http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/10/28/drame-de-sivens-cazeneuve-suspend-l-utilisation-des-grenades-offensives_4514002_3244.html
  14. Barrage de Sivens : la plainte de la famille de Rémi Fraisse déposée ce matin FranceInfo, 28 octobre 2014
  15. http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne/2014/10/27/auxerre-une-vingtaine-de-personnes-rendent-hommage-au-militant-anti-barrage-mort-sur-le-site-de-sivens-579420.html
  16. Rémi Fraisse : les manifestations dégénèrent à Nantes et à Toulouse (http://m.nouvelobs.com/article/20141101.OBS3855/mort-de-remi-fraisse-violents-incidents-a-nantes.html#null) Le Nouvel Observateur, 1 novembre 2014
  17. Mort de Rémi Fraisse : deux manifestations dégénèrent à Nantes et Toulouse (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/01/01016-20141101ARTFIG00147-heurts-a-nantes-apres-la-manifestation-en-memoire-de-remi-fraisse.php) Le Figaro, 2 novembre 2014

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